‹ De l'éducation pȯpulaire dans l'Allemagne du word et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 59 sur 136 · Sonntags-blatt, von Uhlich, Sr année · texte numérisé non relu

Sonntags-blatt, von Uhlich, Sr année

SECONDE PARTIE

« Notre dogme, c'est de n'en avoir pas. Les anciennes religions ont successivement répondu aux besoins de l'humanité, en offrant à son intelligence des formules différentes. La religion d'aujourd'hui consiste à saisir les lois de ce développement indéfini. Notre religion n'est autre chose que la fleur dont l'épanouissement signale chaque progrès de l'esprit humain {die Blûthe die der Menschengeisf in jeder Zeit hervortreib{)\ et notre profession de foi, — si nous pouvons nous servir de ce terme vieilli, — se résume en ceci : Amour de l'humanité! — Et Dieu, qu'en faites-vous? — Je pense qu'il y a dans la nature une force qu'on appelle Dieu, et je crois peut-être (vieU leichi) à l'immortalité de Tàme. — Peut-être! c'est de la prudence; et décidément vous ne mourrez pas d'orthodoxie Mais quelle idée vos fidèles de Mpgdebourg se font-ils de cette force quonappelle Dieu? — Aucune idée uniformément adoptée par tous ; chacun se représente la Divinité à sa manière, selon la diversité des esprits. Ce que je puis dire, c'est que le Dieu de l'ancienne religion, un Dieu distinct du monde (etTi^ Goit ausser der Welf)^ un tel Dieu nous ne le connaissons pas. >

Négation de la personnalité divine, voilà le terme auquel aboutit, pour M. Uhlich, la revendication hautaine des droits de la souveraineté individuelle. Et telle est bien la pensée du pasteur; car je retrouve cette pensée développée presque à chaque page de la Feuille du Dimanche. M. Uhlich se défend d'être athée; et, en effet, il prononce souvent le nom de Dieu, et n'abrite ses négations ni sous le système de Feuerbach, ni sous la théorie de Bruno Bauer; de même encore il prétend au litre de chrétien, parce qu'il répugne aux pitoyables arguments qui traînent dans l'arrière-fond des écoles allemandes, contre l'existence même de la personne du Christ. Mais, en vérité, qu'< sl-ce que le Dieu de M. Uhlich? Rien déplus que le Dion du chef actuel de Tcxtrèmc hégélianisme, unepuissance

EÔLE DE l'Église évangélique.

ou une force qui vit en tout * , Vâme du monde qui paJpite en toute chote^^ qui trouve son expression la plus haute dans l'esprit de l'homme, et qui ne doit pas en être distingué : voilé le Dieu de M. Uhlich. Or, lisez le Nouveau Christianime de M. Michelet (de Berlin), et demandez au philosophe hégélien s'il entend désavouer ce Dieu-là !

Avec une semblable théodicée pour base, que devient la morale?

Dans son Catéchisme, je me hâte de le dire, M. Uhlich ne révèle que des intentions honnêtes. L'homme, dit le pasteur, sans grandes prétentions à la nouveauté philosophique, trouve en lui-même une triple loi, la loi du vrai, la loi du bon, la loi du beau. En obéissant à ces lois il obéit à sa conscience, il accomplit le devoir (Pflicht). Or, l'homme, est tenu à l'accomplissement du devoir, en dépit de ses passions premièrement, et ensuite en dépit des obstacles extérieurs. Pourquoi? Parce que faire son devoir c'est, pour l'homme, suivre les lois de «on être.

De ce principe, M. Uhlich déduit des préceptes dont assurément il faut souhaiter l'application: c ... Que l'amour de tes semblables l'emporte sur l'amour de toi : le propre de l'amour est de s'oublier soi-même, et de trouver son bien dans le bien de son frère... » Rien de mieux, «c... Donne à ton àme la jouissance du beau, dit encore M. Uhlich. Cette jouissance, le plus pauvre peut la trouver dans la nature. Orne le monde, autant qu'il est en toi, des attraits de la beauté : il reste encore beaucoup à faire pour que le monde devienne le jardin de Dieu. Les peuples anciens, les Grecs, ont, en cela, fait plus que nous; mais c'est le crime de beaucoup

1. SonntagS'Blait ^xx \^ février 1852, dans un article intitulé Unsert Aussichten^ et du 18 janvier, dans le morceau : Gott mit uns.

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