Catechismus, p
SECONDE PARTIE
d'hommes de dos jours de poursuivre le beau, sans se soucier du bon. » — Quoi de plus innocent, je vous prie?
« La pudeur t*a été donnée pour t*empécher de faire ce qui offenserait la délicatesse des autres hommes... Sois chaste! rhomme s'abaisse en vivant à la manière des bétes. La volupté est un feu qui dévore. Sois chaste dans tes paroles et dans tes pensées, d
Voilà qui est irréprochable. H. Uhlich parle du devoir et des lois, il faut bien lui en savoir gré : mais c'est là évidemment, chez lui, une vieille réminiscence de la pensée chrétienne, qu'il invoque encore au moment où il la déserte, et qu'il n'affirme qu'en se démentant.
L'homme en accomplissant le devoir suit la loi de son être, qui vous l'a dit? Demandez à Fourier! A côté de l'idée du devoir, l'homme trouve en soi, vous le déclarez vous-même, l'impulsion de ïinsiincê. De l'instinct ou du devoir, lequel suivrai- je? Le premier comme le second, antérieurement au second, se révèle et commande. De quel droit l'immoler? Pourquoi le divin, dos GoiiUche, comme vous dites, ne serait-il pas dans l'un autant et plus que dans l'autre? Et, en effet, qu'est-ce que l'instinct? l'impulsion donnée par la nature antérieurement à la réflexion. Or, si la nature se confond avec Dieu, si la nature, conséquemment, est sainte, comment et pourquoi la combattre? Ce n'est plus de l'instinct qu'il faut se défier; c'est la réflexion, réaction de la pensée contre l'instinct, qu'on doit tenir pour suspecte. Ce n'est plus le devoii*, idée factice et création arbitraire, qu'il faut glorifier, c'est Vatiraction passionnelle. Et, à la place de cette théorie qui prouve à la fois et l'honnêteté de votre esprit et son inconséquence, ô pasteur Uhlich, il faut introniser un de ces systèmes qui battent en brèche les vérités morales dont vous vous dites, eu toute naïveté, le défenseur. Vous avez cru dresser un pié-
RÔLE DE l'église ÉViNG^IQUE.
destal pour la statue du Devoir; il vous faut y élever la statue delà Passion.
Et, d'ailleurs, que parlez-vous de lois^ quand vous n'osez donner à ces lois, par de là cette existence d'un jour, ni sanction pi point d'appui ; et que, pour fondement de la vie morale, vous ne posez qu'une énigme : peut-être I La personnalité de rhomme subsiste-t-elle après la mort, ou, comme on disait autrefois, Tâme est-elle immortelle? Ilest permis deVespérer, répondez-vous. Permission magnanime, mais que la sagesse antique accordait déjà à l'humanité, il y a 2,000 ans ! Encore, vous ne donnez cette permission qu'au prix d'une contradiction nouvelle. Car, à la manière dont vous concevez Dieu, si l'esprit est permanent dans la nature qui demeure, il ne l'est pas dans les individus qui se succèdent.
C'est après avoir donné au genre humain, pour le guider vers l'avenir, un enseignement de cette nature, que le pasteur Uhlicb s'écrie d'un ton qui fait sourire : c .... Voilà notre religion I Les autres hommes ont le droit de comprendre la religion autrement que nous. L'histoire nous apprend que toutes les religions, jusqu'à ce jour, ont été impuissantes à conduire Thumanité dans la voie de ses hautes destinées, ou qu'elles ont même entravé sa marche. »
Que M. Uhliph se soit insurgé contre révangélisme légal, qu'il ait invoqué contre une autorité sans titres le principe même du protestantisme, pour ma part, je n'y trouve rien à redire : c'est affaire de famille entre lui et l'Église officielle. Que cette Église se défende, et que le conseil supérieur ecclésiastique aiguise de fins arguments contre le plat rationalisme^ du pasteur ! Je dirai plus : dans cette partie de l'entreprise de M. Uhlich, ce n'est pas en faveur de révangélisme orthodoxe que s'éveillent en moi des sympathies. Le pasteur.