LES DEFINITIONS
Ici vient se plaesr naturellement la question suivante : Quelles sont les connaissances qui concourent à former les données de l'anthropologie ? Chacun répondra selon le point de vue auquel la science est considérée, et là-dessus tout le monde est loin d'être d'accord.
Philosophes et savants se sont disputé le domaine de l'anthropologie. Les uns voulaient en faire une science philosophique, les autres une science purement biologique ou naturelle. De là sortent les définitions qui se croisent ou se confondent.
Parmi les philosophes, c'est surtout dans Kant que l'on
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trouve pour la première fois une définition systématique, rompant positivement avec l'idée que les savants s'en sont faite depuis Blumenbach, On sait que le savant philosophe de Kœnigsberg a écrit un traité d'Anthropologie pragmatique; mais c'est dans un autre de ses ouvrages qu'il définit ce' qu'il entend par cette expression. « La pîrysique, dit-il, a en effet, outre sa partie empirique, sa partie rationnelle. De même de l'éthique. Mais on pourrait désigner plus particulièrement sous le nom d'anthropologie pratique, la partie empirique de cette dernière science et réserver spécialement celui de morale pour la partie rationnelle (1) ». Cette division de l'éthique en « anthropologie pragmatique (2) » et en * morale proprement dite » peut paraître bizarre, mais elle s'accorde parfaitement avec la méthode générale de réminent philosophe qui distinguait dans toute notion pouvant résister à la critique de la raison, l'objectif et le subjectif, l'être et la pensée.
L'école kantienne a longtemps conservé la même définition et attaché aux mêmes mots les mêmes idées, sauf les évolutions de forme que le kantisme a subies, en passant du maître à Hegel. Celui-ci, qui a ruiné le prestige des spéculations métaphysiques, à force de contro verser sur les notions les plus claires, a 'touché à toutes les branches des connaissances humaines, dans une série de travaux un peu confus, mais d'où sortent parfois des fulgurations brillantes, à travers le dédale d'une terminologie trop arbitraire pour être toujours savante.
Ainsi l'anthropologie, selon Hegel, est la science qui considère les qualités de l'esprit encore engagé dans la na-
(1) Karit, Fondements de la 'métaphysique des mœurs, traduct. de M. Tissot.
(2) Ce mot est ici plus exact que pratique; son aspect difficile seul a dû porter le traducteur à se servir de ce dernier terme beaucoup moins expressif»
ture et lié au monde matériel par son enveloppe corporelle, union qui est le premier moment ou, plus clairement, la première détermination de l'être humain ! * Cet état fondamental de l'homme, si nous pouvons nous exprimer ainsi, dit-il, fait l'objet de l'anthropologie (1). » On sent bien ici que la définition de Kant a passé de l'idéalisme transcendental de Fichte à la philosophie de l'identité absolue de Schelling, pour aboutir à l'idéalisme absolu dont la Philosophie de L'esprit de Hegel est le couronnement.
Cette enveloppe corporelle de l'esprit serait difficilement acceptée par les spiritualistes orthodoxes. Je doute fort que M. Janet ou le professeur Caro consentent jamais à lui faire une place dans leurs doctrines philosophiques; mais c'est déjà trop s'attarder dans cette promenade à travers les entités et les quiddités. Ce dont on pourrait s'étonner à juste titre, c'est que Kant et son école ignorassent les travaux de ses savants contemporains sur l'anthropologie, telle qu'elle est constituée depuis la fin du siècle dernier. Son Anthropologie pragmatique date de l'année 1798. Or, en 1764, Daubenton avait publié son beau travail Sur les différences de positions du trou occipital dans Vhomme et les animaux; vinrent ensuite les dissertations de Camper (2) et de Sœmmering (3), la thèse inaugurale de Blumenbach (4), qui, réunies au discours de Buffon sur L'homme et les variétés humaines paru dès 1749, donnèrent à la science anthropologique une consécration suf-
(1) Dièse — ivann wir so sagen dùrfen — Grundlage des Menschen macht den Gegenstand der Anthropologie . (Hegel, La philosophie de l'Esprit). ' •
(2) Camper, Dissert, sur les variétés natur*de la physionomie dans les races humaines (1768).
(3) Sœmmering, Ueber die Korperliche Verschiedenheit des Negersvon Europo&r, 178(1
(4) Blumenbach, De generis humani varielate nativa.
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usante pour qu'elle fût nettement distinguée des autres connaissances humaines. Aussi est-ce intentionnellement que Kant avait adopté la rubrique sous laquelle il exposa ses idées sur la morale pratique ! Non-seulement il avait donné au mot anthropologie une signification et une définition autres que celles que les savants y ont attachées; mais en outre il contesta la propriété de ce terme adapté aux études naturelles de l'homme. « Pour ce qui est, dit-il, des simples crânes et de leur forme, qui est la base de leur figure, par exemple du crâne des nègres, de celui des Kalmoucs, de celui des Indiens de la mer du Sud, etc., tels que Camper et surtout Blumenbach les ont décrits, ils sont plutôt l'objet de la géographie physique que de l'anthropologie pratique (1). »
Hegel qui ne fait que présenter les idées du maître sous une forme nouvelle, passe légèrement sur la question des races humaines, en s'arrêtant pour le fond à l'opinion de Kant. « La différence des races, dit-il, est encore une diffé-
rence naturelle, c'est-à-dire une différence qui se rapporte à l'âme naturelle. Comme telle, celle-ci est en rapport avec les différences géographiques de la contrée où les hommes se réunissent en grandes masses (2). »
Mais d'autre part, les savants, sans s'inquiéter des opinions du grand philosophe, continuèrent à travailler dans leurs sphères et, avec Blumenbach, persistèrent à considérer le mot anthropologie comme synonyme d^ histoire naturelle de l'homme. Cette acception une fois reçue et consacrée, les naturalistes réclamèrent, comme on devait bien s'y attendre, le privilège exclusif de s'occuper de la science anthropologique de préférence à tous les autres savants qui n'y travailleraient qu'à titre de simple toié-
(1) Kant, Anthropologie (traduct. de M. Tissot).
(2) Hegel, Philosophie de l'esprit (trad. du Dr Vera).
rance. Rien de plus rationnel au prime abord. Mais, en y regardant de plus près, on découvre un fait incontestable : c'est que la méthode imposée à l'histoire naturelle quand il s'agît d'étudier les minéraux, les végétaux et les animaux inférieurs à l'homme, ne peut toujours s'adapter à l'étude complète de ce dernier venu de la création. Tandis que la conformation des êtres inférieurs tend essentiellement à réaliser la vie végétative et animale, celle de l'homme tend invinciblement à la vie sociale qu'il finit toujours par réaliser, en constituant sa propre histoire.
Cette distinction est assez considérable pour que, dès le premier essai de systématisation de la science, un certain schisme se soit manifesté parmi les naturalistes même. Il fallait savoir si l'homme ainsi distingué devait pourtant entrer dans le cadre des classifications adoptées généralement pour toute la série zoologique, ou s'il ne fallait pas en faire plutôt une catégorie particulière.
Linné qui, le premier, fit entrer l'homme dans la série animale, le classa parmi ses primates, à côté des singes, des chéiroptères et des bradypes. Quel événement ! Le roi de la création placé ainsi parmi les animaux les plus laids et les moins gracieux 1 Quelques naturalistes, humiliés de voir grouper leur espèce en si grossière et vile compagnie, se révoltèrent contre la taxonomie du grand naturaliste suédois (1). Blumenbach(2) divisa bientôt l'ordre des primates en bimanes et quadrumanes et mit l'homme dans la première catégorie, en l'isolant des autres animaux de toute la distance d'un ordre. Lacépède (3) que son âme élevée,
(1) Il ne faut pas croire pourtant que Linné ait voulu méconnaître la dignité de l'homme. Dans l'introduction au Systema Naturœ il a écrit en parlant de l'homme : Finis creationis tellurisest gloria Del ex opère Naturœ per hominem solum. Expression de visible enthousiasme où il fait l'homme plus grand que le reste de la création.
(2) Manuel d'histoire naturelle.
(3J Hist. naturelle de l'homme.
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l'ampleur de sou esprit devait naturellement conduire à voir en lui-même un modèle humain placé si loin et tellement au-dessus des singes, adopta la classification de l'éminent naturaliste allemand. Quand à cette école vint s'ajouter le poids et l'autorité de l'opinion de l'immortel Cuvier (1), dont la haute personnalité domine toute l'histoire des sciences naturelles, dans la première moitié de ce
; siècle, tout sembla s'incliner dans le sens d'une distinction
ordinale entre l'homme et les autres animaux qui circulent à la surface du globe et au sein de l'océan immense.
% :v - Ce qui a frappé les savants qui ont voulu isoler l'espèce
humaine du reste du règne animal, c'est la grande sociabi-
|2 lité de l'homme et le résultat qu'il en acquiert, a L'homme n'est homme, a écrit Buffon, que parce qu'il a su se réunir à l'homme (2). »
Ge besoin de la société ne se rencontre avec tout son développement que dans l'humanité. D'autres animaux, sans doute, vont par bande et poussent parfois le sentiment de la solidarité au point de se sacrifier pour le salut de leur communauté, en déployant une énergie qui nous étonne; mais à qui viendra- t-il à l'esprit de comparer ces mouvements instinctifs et accidentels à la constance raisonnée que met l'homme, même à- travers les luttes les plus sanglantes, à la constitution de la société ? Une idée hautement philosophique domine d'ailleurs toutes les autres considérations. Chaque être a ici-bas des conditions en dehors desquelles il lui est impossible de réaliser sa destinée, c'est-à-dire de développer toute la somme d'aptitudes dont il est doué. Or, dans toute l'échelle de la création, les individus isolés peuvent se suffire à eux-mêmes, pourvu qu'ils aient l'énergie suffisante pour lutter contre
(1) Tableau élém. d'histoire natur. des animaux.
(2) Nature des animaux.
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les difficultés matérielles des milieux où ils séjournent. Mais l'homme ne se suffit jamais à lui-même. L'orgueil ou la misanthropie dépressive, qui lui inspire parfois l'idée de cet isolement, n'est jamais autre chose qu'un cas pathologique décelant toujours une lésion quelconque del'organisme. C'est que l'homme a besoin de l'homme pour le perfectionnement et pour l'étude même de sa personnalité propre. Gœthe, réunissant à la science du naturaliste et du philosophe la compréhension large du poète, a dit quelque part :
Der Mensch erhénnt sich nur in Menschen, nur Da$ Leben lernt Jedewi vous er sei!
Rien de plus vrai. L'homme n'apprend à se connaître que dans son semblable et le commerce de la vie seul enseigne à chacun sa propre valeur. Mais revenons aux discussions des naturalistes, s'efforeant d'établir îa place de l'homme dans les classifications zoologiques.
L'autorité de Cuvier reposait sur des titres vraiment solides. Créateur réel de l'anatomie comparée qui n'a été que vaguement étudiée dans les travaux de Vie d'Azir et de Daubenton> travaux peu remarquables si on veut envisager les importantes acquisitions déjà faites à la science par Aristote, Cuvier était mieux que personne à même de trancher la question, à savoir si l'homme mérite une place à part dans l'échelle zoologique* Aussi ses opinions et celles de son école devinrent-elles bientôt l'expression de l'orthodoxie scientifique.
Bien plus ! Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, suivant les traces de son père illustre dans la culture d'une science dont les attraits ne le cèdent à aucun autre, mais gardant l'indépendance d'esprit qui caractérise le vrai savant, enchérit sur l'école classique, en proposant de reconnaître un règne humain. Ici, non-seulement l'homme est séparé des animaux supérieurs, mais encore il occupe une place à
:i%; DE LÉGALITÉ
part dans la création. Il surpasse tout en dignité et en prééminence. Hollard, Pruner-Bey, M. de Quatrefages pour ne citer que quelques noms, se sont réunis à l'opinion de l'auteur de la théorie de la variabilité limitée de l'espèce. Mais tout excès affaiblit. Les savants qui se déclarèrent partisans du règne humain, ne purent nier que l'homme ne soit un animal soumis aux mêmes exigences naturelles que les autres animaux, tant par ses fonctions organiques que par sa conformation anatomique. Le mot règne dut perdre dans cette théorie la signification ordinaire qu'il a en histoire naturelle et il en fut fait bon mar-. ché. On perdit donc.de vue le terrain sur lequel s'étaient placés Blumenbach et Cuvier, pour ne considérer que les hautes qualités intellectuelles et morales qui font de nous une espèce unique en son genre.
En effet, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, reconnaissant que les différences taxonomiques qui séparent le groupe humain des groupes simiens ne sont que des différences familiales et non ordinales, revenait, intentionnellement ou non, au giron des naturalistes qui avaient adopté, avec plus ou moins de modifications, le système de classification de Linné, tels que Bory de Saint-Vincent, Lesson, etc. Il en résulta une espèce de compromis à l'aide duquel chaque opinion resta maîtresse de son camp, en négligeant le reste. Lacenaire, appelé à dire son mot au public qui Técoutait avec un charme toujours nouveau, formula enfin cette transaction : « Oui, par sa forme, par sa structure, par l'ensemble de ses dispositions organiques, dit-il l'homme est un singe ; mais par son intelligence, par les créations de sa pensée, l'homme est un dieu. » Le^savant professeur se tira ainsi dune position délicate avec une adresse non commune ; mais là ne s'arrêta pas la lutte.
L'école orthodoxe avait puisé sa principale force dans le crédit des doctrines spiritualistes qui régnèrent souve-
raineraient sur les esprits, au commencement de ce siècle. L'idéalisme allemand et le rationalisme français y aboutissaient. Mais il n'en fut pas longtemps ainsi. Bientôt la psychologie, enfermée jusque-là dans l'enceinte de la métaphysique, fut envahie par une cohorte de profanes. De toutes parts, on se mit à contrôler les pensées et les actions humaines, en s'efforçant de les expliquer par des impulsions physiologiques. La chimie donnant la main à la physiologie, la libre pensée se ligmant avec la science, on vit d'illustres savants nier catégoriquement l'origine, divine et laprécellence de l'intelligence humaine, pour ne la regarder que comme le résultat d'une simple fonction du cerveau. — Le mot fut enfin lâché : Okne Phosphorus, hein Gedanke, s'écria Moleschott. Toute la génération scientifique dont la première efflorescence date de 1850 prit parti pour la nouvelle école. Le phosphore détrôna l'esprit divin et. on lui fit tout l'honneur de la pensée. En vain cria-t-on au matérialisme . Quand M. Flammarion, un des rares savants* spiritual] stes de ces temps-ci, eut écrit son livre de combat, Dieu dans la nature t sa voix, quoique empreinte d'une onction merveilleuse, limpide comme le langage de Platon, eut moins d'écho que celle de M. Louis Bûchner. La force ou l'énergie fut reconnue comme partie intégrante de la matière. Ce qui était considéré comme une manifestation divine, parut un simple phénomène organique, nutrition ou désassimilation des tissus, excitation ou dépression nerveuse î L'ingratitude humaine oublia toutes les belles tirades écloses sous l'inspiration du mens agitât molem et le spiritualisme dut en prendre son deuil. C'en était fait. Les esprits fatigués de controverse et rassasiés de spéculations, se réfugièrent dans le positivisme d'Auguste Comte ou l'évolutionisme de M. Herbert Spencer, quand ils purent échapper à la philosophie de l'inconscient de Hartmann. — De fiers lutteurs,
tels que les Paul Janet, les Renouvier, les Saisset, surtout le professeur Caro, poussant le courage aussi loin que leur conviction, ont lutté et luttent encore ; mais le courant ne peut être remonté.
Toute évolution philosophique entraîne inévitablement une évolution adéquate dans les théories scientifiques, de même que celles-ci agissent lentement sur la désagrégation et la transformation des idées courantes. L'influence des théories régnantes n'a donc pas besoin d'être expliquée. L'homme est aujourd'hui généralement considéré comme un animal quelconque. Pour la majeure partie des savants, il ne diffère des autres animaux que par quelques degrés de supériorité. Dans les classifications les mieux reçues, il est replacé dans la première famille de l'ordre des primates. Il naît, vit et meurt, est condamné au travail, et subit toutes les transformations imposées par les lois naturelles, selon les exigences des milieux où il traîne son existence. L'éclair de l'intelligence luit encore sur son front ; mais ce n'est plus cette couronne antique, c'est le modeste attribut d'un roi détrôné devenu le premier parmi ses égaux dans la république zooiogique.
Cette petite course, à travers les broussailles de la philosophie, a été nécessaire pour nous aider à bien comprendre les définitions que les naturalistes donnant à l'anthropologie. Elles se ressentent généralement du point de vue eu ils se sont placés pour considérer le sujet.
« L'anthropologie est la branche de l'histoire naturelle, qui traite de l'homme et des races humaines, » dit M. Topinard (1). D'après le savant professeur, cette définition renferme les suivantes :
1° « L'anthropologie est la science qui a pour objet l'étude du groupe humain, considérée dans son ensemble,
(1) Topiaard, l'Anthropologie.
dans ses détails et dans ses rapports avec le reste de la nature. » (Broca).
2° « L'anthropologie est une science pure et concrète ayant pour but la connaissance complète du groupe humain considéré : 1° dans chacune des quatre divisions typiques (variété, race, espèce, s'il y a lieu) comparées entre elles et à leurs milieux respectifs ; 2° dans son ensemble, dans ses rapports avec le reste de la faune, » (Bertillon).
3° « L'anthropologie est l'histoire naturelle de l'homme faite monographiquement, comme l'entendrait un zoologiste étudiant un animal. » (de Quatrefages).
Il y a bienioin, on doit en convenir, de ces définitions à celles des philosophes ; mais pour nous qui pensons que l'histoire naturelle de l'homme, à quelque point de vue où Ton se place, ne sera jamais bien faite si on l'étudié exactement comme on étudierait un autre animal, nous considèrerons l'anthropologie comme a l'étude de l'homme au point de vue physique, intellectuel et moral, à travers -les différentes races qui constituent l'espèce humaine. » Cette définition diffère sensiblement de celles des savants regardés â juste titre comme les maîtres de la science; cependant malgré la grande autorité de leur opinion, je n'ai pas cru devoir m'y ranger. Je ne donne pas la mienne pour la meilleure ; mais elle répond admirablement au plan que je compte suivre dans le cours de cet ouvrage et fait aussi prévoir quelles sont les connaissances que je crois indispensables à l'anthropologiste.
Je divise ces connaissances en quatre grandes classes, en suivant autant que possible la hiérarchisation adoptée par Auguste Comte et l'école positiviste. En premier lieu nous placerons les sciences cosmologiques où il faut embrasser la géologie, la physique, la chimie inorganique, la géographie et l'ethnographie.
Viendront ensuite les sciences biologiques réunissant
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l'anatomie,, la chimie organique, la physiologie, la botanique, îa zoologie, la paléontologie et l'ethnologie.
Viennent encore les sciences sociologiques comprenant l'histoire, l'archéologie, la linguistique, l'économie p<r»7itique, la statistique et la démographie.
On ajoutera enûn Jes sciences philosophiques proprement dites, comprenant la jurisprudence, la théologie, la psychologie, l'esthétique et la morale.