‹ De l'égalitéChapitre 37 sur 145 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

revionl exactement à dire qu'un homme a virtuellement les mêmes droits que tout autre homme ; 2** qu'un membre quelconque de la cité a des droits en sa seule qualité de citoyen, ce qui également revient à dire qu'un citoyen a virliiellemcnt les mêmes droits que tout autre citoyen.

Voilà le droit reconnu et démontré. Qu'importe la limite que notre ignorance actuelle impose à ce droit qui ressort de la qualité d'homme ou de la qualité de citoyen! Ce droit est reconnu : le temps se chargera de le développer.

Aujourd'hui vous limitez arbitrairement ce droit, et vous dites , en vertu du présent : L'homme , en cette qualité d'homme, le citoyen, en cette qualité de citoyen, n'a droit qu'à telle ou telle chose. Moi, je vous dis, au nom de l'avenir ; Le droit de l'homme en tant qu'homme , le droit du citoyen en tant que citoyen, est plus étendu que vous ne le faites ; l'homme, en cette qualité d'homme, le citoyen, en cette qualité de citoyen, a droit à plus que vous ne pensez.

Prenez donc garde à ne pas confondre le droit avec sa limite actuelle. Le droit, celte virtualité inlinie qui résulte du caractère d'homme et du caractère de citoyen, aura toujours des restrictions et des limites. Mais il y en aura de légitimes et d'illégitimes , de raisonnables et de non fondées en raison. Il faut bien distinguer ces deux causes de restrictions apportées au droit. Il ne faut pas confondre les limites nécessaires et commandées par la raison mênie^ avec les limites temporaires que l'ignorance et l'erreur peuvent apporter aujourd'hui, et que nos efforts, au contraire, doivent tendre à faire disparaître.

Suspendez, tant que vous voudrez, votre jugement sur les conséquences légitimes du principe; mais admettez le principe et la nécessité de ses conséquences légitimes. Reconnaissez donc^ par un véritable acte de foi ;

Que, dans l'ordre delà nature telle qu'elle se révèle aujourd'hui à notre intelligence, l'homme est égal à l'homme, et que les conséquences légitimes de ce principe , quelles qu'elles soient, se réaliseront;

Que dans la cité, telle que nous la concevons aujourd'hui, le citoyen est égal au citoyen, et que les conséquences légitimes de ce principe, quelles qu'elles soient, se réaliseront.

Il faut être aveugle, encore une fois, pour s'imaginer que notre société actuelle , si souffrante et si pleine de fléaux, a découvert les bornes d'Hercule de la justice, le nec plus ultra de l'équité; il faut avoir un triple bandeau sur les yeux pour oser dire que toutes les applications d'un principe aussi nouveau dans le monde que l'Égalité sont faites ; et, d'un autre côté, il n'y a qu'un insensé qui puisse croire que les conséquences de ce principe pourront être vaincues par la violence ou escamotées par la ruse. C'est croire , en d'autres termes, que la création divine va s'arrêter. Faites donc cesser le mouvement dans l'univers, arrêtez les astres dans leur marche , empêchez la pierre de tomber.

DEUXIËME PARTIE.

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