DEUXIÈME PARTIE. 1U
largue Platon comme Aristotc, pour maintenir le régime des castes. Elle signifie : Vous êtes lous de la môme nature; vous êtes tous un composé d'or, d'argent, et d'airain, c'està-dire de connaissance, de sentiment, et de sensation. Mais ceux mêmes dans lesquels l'airain domine sont appelés comme les autres ; ils ne sont pas moins que les autres dans le royaume du ciel, c'est-à-dire dans l'idéal. Ils ont le même droit que les autres, parceque la virtualité qui est en eux peut les rendre semblables aux autres, et que ce qui est surtout airain peut devenir, par la portion d'or et d'argent mêlée à cet airain, un composé toi^t aussi précieux que celui qui paraît maintenant tout or. Ne niez donc pas le droit aux pauvres d'esprit, ne les reléguez pas dans une caste, ils sont appelés comme les autres ; ne dites pas qu'ils sont sortis du pied de Brahma, et qu'ils conserveront éternellement la trace de cette origine ; ne dites pas qu'ils ne sont qu'airain, et n'en faites pas le grossier piédestal de votre statue à tête d'or.
Voilà ce qu'à dit Jésus, et ce qui est supérieur à ce qu'avait dit Socrate. La gloire de Socrate, la gloire de Platon, c'est d'avoir servi d'introducteurs à la doctrine du Christ. Ils le précèdent, ils préparent sa venue, ils l'ont peut-être formé, comme je le dirai tout-à-l'heure : en tout cas, ils portent avant lui le flambeau qu'il recevra de leur main pour le faire briller au loin sur le monde.