‹ De l'égalitéChapitre 63 sur 145 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Jésus est le destructeur des castes,

Jésus, c'est le Bouddha de l'Occident, le destructeur des castes , celui que l'écho du monde, réveillé après dix-huit siècles , saluera comme le plus sublime des révolutionnaires, et que la Révolution Française reconnaîtra comme son principe et sa source. Législateur de la fraternité en attendant que l'Égalité soit possible, il vient répandre dans le monde la doctrine de I'unité du genre humain. Le monde l'adorera pendant dix-huit siècles sans le comprendre, et il ne sera réellement compris que lorsqu'il sera détrôné du rang où la superstition l'avait placé.

On pourrait, jusqu'à un certain point, ne voir dans l'Evangile qu'une chose, le projet formé et exécuté par Jésus de donner un sens profond au signe de t égalité des anciennes républiques ; Gi l'Évangile ainsi conçu n'en serait pas moins admirable.

Quel était le signe de l'égalité citoyenne dans les anciennes î'épubliques? Les Repas en commun.

DEUXIÈIMK PARTIE. 123

Hé bien, c'est ce signe, ce symbole de l'Egalité, que Jésus a perfectionné dans son Euchakistie.

Toute l'institution de Jésus est là. Il s'agissait de montrer aux hommes qu'ils ne formaient tous qu'un seul corps et qu'une seule âme. Il s'est trouvé un initiateur, un messie, pour apprendre cela aux hommes aux dépens de sa propre vie. L'antiquité avait eu un Décius, qui s'était jeté dans le gouffre pour sauver l\ome ; elle avait eu un Socrate, qui avait mieux aimé mourir que mentir : voici un Décius aussi supérieur au premier que l'IIunianilé l'est à Rome ; voici un Socrate qui ne se contente pas de souffrir la mort quand elle vient, mais qui, ayant reçu uue plus grande mission, va lui-même au-devant de la mort.

Ecoutez Jésus révéler lui-même à l'avance son dessein t

« Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne » dans le désert, et ils sont morts. C'est ici le pain qui est M descendu du ciel, alin que celui qui en mange ne meure » pas. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si » quelqu'un mange de ce pain , il vivra éternellement. Et » le pain que je donnerai, c'est ma chair que je donnerai » pour la vie du monde. ( S. Jean , ch. vi. ) »

Et tout s'accomplit comme il l'avait voulu. L'Évangile est un drame dont la Pûque, célébrée par Jésus avec ses disciples , est le dénouement ; car entre la Pâque et le mort de Jésus il n'y a pas d'intervalle.

Jésus vient à Jérusalem pour célébrer sa Paque, c'est-à dire pour mourir. Il assemble ses disciples, leur lave luimême les pieds, mange avec eux. « Et comme ils man- » geaient, Jésus prit du pain, et ayant rendu grâces, il le )) rompit, et le donna à ses disciples, et dit : Prenez, man-- » gcz, ceci est mon corps. Ayant aussi pris la coupe, et V rendu grâces, il la leur donna, disant : Buvez-en tous ;

» car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle-alliance, » lequel est répandu pour plusieurs en rémission des pé- » chés. Or Je vous dis que désormais Je ne boirai point de » ce fruit de la vigne , Jusqu'à ce Jour auquel Je le boirai » de nouveau avec vous dans le royaume de mon Père, » S. Matthieu, ch. xxvi, v. 26-29. ) »

Les disciples interrogent Jésus; il fortifie leur âme par ses discours ; puis, songeant que tout est terminé, que sa mission est accomplie, qu'il a institué le repas égalitaiUe, et qu'il va mourir, parcequ'il faut qu'il meure pour donner à ce repas son sens et sa valeur, il éloigne son esprit de la terre , et se met à prier :

« Jésus dit ces choses , puis , levant les yeux au ciel , il dit : » Mon Père, l'heure est venue... Je t'ai glorifié sur la » terre ; J*ai achevé l* ouvrage que tu m* avais donné à faire» » ( S. Jean , ch. xvii. ) »

Quel est donc cet ouvrage qu'il a achevé ? Voulez-vous le savoir, écoutez sa prière pour ses disciples et pour l'Humanité en eux :

« Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés^ B afin qu'ils soient un comme nous... Or je ne prie pas seu- » lement pour eux, mais je prie aussi pour ceux qui croiront » en moi par leur parole, afin que tous ne soient qu'm. » Comme toi, ô Père, tu es en moi, et que je suis en toi, » qu'eux soient aussi en nous, et que le monde croie que » c'est toi qui m'as envoyé. Je leur ai fait part de la lumière » que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un, comme nous » sommes un. Je suis en eux, et tu es en moi , afin qu'ils » soient perfectionnés dans /'unité. (Ibid. ) »

Et quand il eut prononcé cette prière, sa mission fut finie; il passa le torrent de Cédron, et vil Judas venir à lui avec les sbires de Pilate,

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