DEUXIÈME PARTIE
Le sacrifice est accompli : Consummalum est. Le signe à*union est trouvé ; la victime est immolée. Mais elle est immortelle ; elle pourra donc toujours fournir au repas commun, à la Paque, au Banquet des Égaux. La doctrine de Vunité est semée dans le monde. Voilà S. Paul qui s'écrie : « Il n'y a ni Juif, ni Grec ; ni Esclave , ni Libre ; ni » homme, ni femme. Car tous vous cies un en Jésus-Christ : » Non est Judœus, neque Grœcus; non est scrims, neque » liber ; non est mascu/us , neque femîna. Omnes enim vos » unum estis in Cliristo Jesu. ( Galat., c. m, v. 28. )» Les Agapes ont commencé; les Agapes, c'est-à-dire le repas d'union, le repas iï amour.
Qu'étaient les repas en commun des cités grecques, les repas des hommes libres de Platon et d'Aristote, auprès des agapes du Christ ! Aux agapes de Platon et d'Aristote qui prenait part ? Les Esclaves en étaient exclus ; il n'y avait de participants que les Libres ; il y avait un convive sur trente ou quarante hommes. Aux agapes de Platon et d'Aristote, oii était la nourriture morale, le pain spirituel, comme Jésus s'appelle lui-même? Là tout était matériel ; le pain qu'on mangeait était du pain. Seulement on se réunissait pour manger ensemble ; mais on ne savait pas qu'on vivait de la même vie. Il a fallu qu'un homme se fît victime , et se donnât pour ainsi dire en nourriture aux autres hommes, pour leur apprendre qu'ils se nourrissent spirituellement les uns des autres, qu'ils sont la vie les uns des autres, qu'ils ne forment qu'un même corps et qu'ils n'ont qu'une même vie.
Mais cet homme, qui s'est fait la victime du festin pour donner cette grande leçon, s'est bien gardé d'exclure du festin les Esclaves. Loin de la, c'est avec des pauvres qu'il a célébré son repas d'initiation.
0 Jésus, que tu es grand encore après Socrate, qui t'avait précédé dans ta voie douloureuse, et qui était mort comme toi pour le salut des hommes!