DEUXIÈME PARTIE
il est une chose certaine : si la création du monde en six jours est aussi positivement marquée dans la Genèse , c'est que le législateur, qui voulait instituer le Sabbat, savait bien l'usage qu'il voulait en faire. Ainsi la création du monde ou son gouvernement vient en aide à la législation, et la législation ne semble être autre chose qu'une imitation et une copie de l'œuvre divine :
« Et Dieu eut achevé au septième jour l'œuvre qu'il avait » faite; et il se reposa au septième jour de toute l'œuvre » qu'il avait faite :
» Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce- )) qu'en ce jour il s'était reposé de toute l'œuvre qu'il avait » créée en agissant. ( Genèse, ch. ii, v. 2-3. ) »
Cette base jetée, les commandements suivent. D'abord le Décalogue, où, à côté des commandements les plus augustes de la loi sociale, le repos du septième jour prend place, comme tout aussi sacré que la défense de commettre un meurtre ou le précepte d'honorer son père :
« Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier ; » Tu travailleras six jours, et tu feras toute ton œuvre ; » Mais le septième jour est le repos de l'Éternel ton Dieu ; i> tu ne feras aucune œuvre ce jour-là, ni toi, ni ton fils, » ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, » ni ton étranger qui est dans tes portes ;
» Car l'Eternel a fait en six jours les cieux, la terre, la
» mer, et tout ce qui est en eux, et il s'est reposé le sep-
» tième jour : c'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du
» repos, et l'a sanctifié. {Exod., ch. xx, v. 8-11. )n
Mal prit à un des Israélites, quand ils étaient encore dans
^) Saturni feratur, ac pleraque cœlestîum vim suam et cursum sepiimos per 9 numéros con/iciant, { Histor., lib, v, c. 4. ) »
le désert, de n'avoir pas obéi strictement à ce précepte du Décalogue : il fut condamné à mort et lapidé par le peuple. ( Num. , cil. XV. )
Puis, dans le livre détaillé des lois et des préceptes, le Lévitique, au chapitre des fêtes, le Sabbat de la semaine est de nouveau présenté comme la première des fêles :
« L'Éternel parla aussi à Moyse, disant :
» Parle aux enfants d'Israël, et dis-leur: Ce sont ici les » fêtes solennelles de l'Éternel que vous publierez, et les » saintes convocations ; ce sont ici mes fêtes solennelles.
» On travaillera six jours; mais au septième jour, qui est » le Sabbat du repos, il y aura une sainte convocation ; vous » ne ferez aucune œuvre : car c'est le Sabbat à l'Éternel » dans toutes vos demeures. (Levit, , ch. xxiii, v. 1-3. ) »
Jusque là, dans la Bible, un voile mystérieux dérobe le sens de ce commandement si formel du repos. Mais enfin le sens profond de cette institution se révèîe'dans l'établissement de la semaine d'années, ou de l'Année sabbatique, et du carré de cette semaine d'années amenant le Jubilé; pour le coup , il est impossible là de ne pas voir clairement le but de la législation mosaïque :
« L'Eternel parla aussi à Moyse sur la montagne de Sinaï, » disant :
» Parleaux enfants d'Israël, et dis-leur: Quund vous serez » entrés au pays que je vous donne, la terre se reposera; » ce sera un Sabbat à l'Éternel.
» Pendant six ans tu sèmeras ton champ, et durant six » ans tu tailleras ta vigne, et recueilleras son rapporl.
» Mais en la septième année, il y aura un Sabbat de re- » pos pour la terre; ce sera un Sabbat à l'Eternel; tu ne » sèmeras point ton champ, et tu ne tailleras point ta vigne;
» Tu ne moissonneras point ce qui viendra de soi-même