‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 3 sur 114 · VIII LETTRES D APPROBATION · texte numérisé non relu

VIII LETTRES D APPROBATION

On connaît assez de l'Eglise les caractères ou les notes extérieures ; mais on ignore trop généralement tout ce qu'il y a de divin dans sa constitution intime et dans sa hiérarchie. Vous nous l'enseignez, vous nous le révélez avec une science, je dirai même avec une sorte de dévotion qui échauffe le cœur après avoir éclairé l'esprit.

Vous prenez et traitez la question de haut. Après nous avoir montré la place de l'Eglise dans le plan divin ; après nous avoir nommé les chefs de sa hiérarchie : Dieu, Jésus-Christ, le Souverain Pontife, les évêques, vous nous faites assister à la naissance et à la formation de l'Eglise dans le temps. C'est d'abord l'Eglise universelle qui nous apparaît dans la personne et le siège providentiel de celui qui en est le chef visible; l'autorité, la perpétuité, le principat de saint Pierre et de l'Eglise de Rome se déroulent à nos yeux dans une lumière qui les fait admirablement ressortir. Puis, passant du général au particulier, vous terminez par la description de ces églises partielles et secondaires qui sont les Eglises épiscopales, et vous nous en exposez la constitution primitive, si belle dans sa simplicité, puis leurs développements successifs dans le cours des âges, enfin leur état actuel dont vous ne dissimulez pas les imperfections et les desiderata.

Voilà le cadre large et spacieux dans lequel vous avez su introduire tout ce que la théologie, les saints canons et l'histoire ecclésiastique renferment de plus intéressant et de plus précis sur un thème jusqu'ici trop peu connu et rarement traité dans son ensemble.

Je puis dire pour mon compte personnel que la lecture de votre travail m'a fait du bien; et qu'après avoir fermé le livre, me rappelant l'éloquente apostrophe de Bossuet aux évêques de France : « La comprenez-vous maintenant, cette immortelle beauté de l'Eglise catholique où se ramasse ce que tous les lieux, ce que tous les siècles présents, passés et futurs, ont de beau et de glorieux? » J'ai répondu et me suis écrié avec le grand évèque : « Quam pulchra tabernacula tua, Jacob I Que vous êtes admirables sous vos tentes, enfants de Jacob ! quel ordre dans votre camp ! quelle merveilleuse beauté paraît dans ces pavillons si sagement arrangés! Et si vous caxisez tant d'admiration sous vos tentes et dans votre marche, que sera-ce quand vous serez établis dans votre patrie I »

Il serait téméraire et d'ailleurs inutile de rien ajouter à de telles paroles. Mais, avant de prendre congé de vous, je tiens à vous renouveler, mon Révérend Père, avec mes sincères félicitations, l'assurance de mes meilleurs sentiments.

■J- Benoit-Marie, Archevêque de Reims.

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