‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 4 sur 114 · LETTRES I> APPROBATION IX · texte numérisé non relu

LETTRES I> APPROBATION IX

LETTRE DE M«r DOMINIQUE-GASPARD LANCIA

Archevêque de Monréale (Sicile).

lion Très Révérend Père,

l idi civitatem sunctam Jrrusalem novam descendentem de cœlo. a Deo. Ces paroles sont venues spontanément à mes lèvres après que j'ai lu et plusieurs fois relu l'introduction de votre beau livre : De l'Eglise et de sa divine Constitution. Ce n'est pas tant une lecture ou une étude qu'une contemplation. Celte lecture a toutes les douceurs de la contemplation, dont l'àme ne peut plus se détacher quand elle les a une fois goûte

Elle est belle, cette exposition des trois grandes œuvres de Dieu : la création des anges, celle de l'homme et la mission du Christ; les relations du Père avec le Verbe incréé et fait homme, du Christ avec son Eglise, de celle-ci avec Dieu : le Père premier principe dans l'éternité, Jésus-Christ principe dans soti Eglise, l'évèque dans son Eglise particulière.

Je suis encore au commencement du livre et je prévois que j'arriverai lentement à la fin, parce que cette lecture est pour moi plus qu'une méditation; elle est cette contemplation que les mystiques appellent celle du «ilence, alors que l'esprit, absorbé en Dieu, en contemple les grandeurs et s'abîme dans l'immensité de ses miséricordes, dont les œuvres, comme vous l'exprimez très heureusement à la page -, ne connaissent point de bornes, à la différence des autres, dans lesquelles la toute-puissance est modérée par la sagesse qui fait tout avec poids et mesure. En contemplant dans votre livre, pour ainsi parler, les profondeurs de Dieu, l'àme s'anéantit; elle se tait; et elle jouit du plus grand bonheur qui se puisse goûter ici-bas, puisqu'il est l'avant-goût de la béatitude éternelle du ciel.

Monseigneur de Genève, dans la lettre qui précède votre livre, dit très bien que les besoins de la défense et de la lutte ont obligé les autres théologiens à n'exposer que l'architecture des dehors de l'Eglise; mais le don de la contempler dans sa nature intime et dans son essence même appartient à ceux à qui le Fils a voulu révéler la connaissance plus parfaite du Père.

Oui, mon Révérend Père, cette théologie ne s'apprend pas dans les livres; l'étude, quelque longue et assidue qu'on la suppose, ne suffit pas à donner une connaissance aussi pleine, claire et sûre des grandeurs des œuvres de Dieu: mais c'est un don qu'il fait à qui il lui plaît de se révéler; et je le bénis et lui rends grâce d'avoir bien voulu vous donner cette connaissance et, par vous, à nous-mêmes.

Saint Paul, ermite, en passant les longues nuits absorbé dans les contemplations divines, se plaignait au matin que le soleil vint trop tôt en interrompre les douceurs. Hélas! moi aussi, en lisant votre livre, ou mieux en contemplant en lui les richesses cachées du Christ et de son Eglise, je suis contraint de me plaindre des occupations de ma charge pastorale, qui en

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