‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 47 sur 114 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Dl I ÉP1SI "l'A I DISPERSE

L'autorité de l'épiscopal dans l'Eglise universelle est essentiellement la propriété commune du Collège épiscopal tout entier, el c'esl en qualité de membres de ce Collège que les évoques l'exercent. \",--i c'esl au Concile, où le Collège épiscopal esl assemblé ei nr nifeste plus clairement son action, que cette autorité s'exerce avec plus d'éclat.

Toutefois, l'épiscopal dispersé ne perd rien de ce qui le constitue, et, hors dos Conciles, le Collège demeure indivisible dans la dispersion de ses membres, par le lien secret de la communion rdotale.

\ussi les évéques dispersés ne cessent pas de coopérer tous ensemble, quoique d'une manière plus obscure, au gouvernement de toute l'Eglise catholique, el d'exercer en elle ce magistère doctrinal el cette autorité disciplinaire qui nous esl apparue d'abord dans les assemblées conciliaires.

En ceci les évéques ne cessent pas d'être subordonnés pleinement au Vicaire de Jésus-Christ, leur Chef.

Leur enseignement, soumis au sien, s') unit et opère avec lui la diffusion et le développement de la parole révélée; et là encore cet enseignement garde, dans son universalité, cette infaillibilité de Second ordre dont nousavons parlé plus haut el qui est le fruit et une communication de l'infaillibilité principale du Cbef de l'Eglise confirmant ses frères dans le concours qu'ils lui donnent.

Semblablemenl dans l'ordre de la discipline, les évéques recevant ot exécutant les décrets qui viennent du Souverain Pontife joignent à leur obéissance l'action de leur autorité, et font que toutes les lois qui émanent du chef, encore qu'elles aient par son autorité même toute leur force, toutefois deviennent aussi, à cause des mysté- . rieuses coopérations de la hiérarchie, l'oeuvre commune de l'autorité épiscopale.

Nous pouvons même dire (pie. dans les coutumes générales qui s établissent par le consentement de l'épiscopat, bien que ces coutumes ne soient légitimes que par l'acceptation tacite qu'en fait le

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Souverain Pontife, l'autorité de l'épiscopat concourt à former la 'loi, comme au Concile cette autorité concourt à la formation dos canons. L'acceptation du Souverain Pontife est ainsi pour ces coutumes ce qu'est aux canons des Conciles la confirmation qu'il leur donne. Cette activité quasi-conciliaire de l'épiscopat dispersé uni à son chef et recevant de lui son autorité et sa force tient ainsi à ce qu'il y a de plus profond dans la vie de l'Eglise et s'y exerce sans cesse, sans attirer spécialement l'attention des eanonistes par sa continuité même (i). Mais c'est toujours à cette union du chef et des membres, du chef agissant dans les membres et des membres agissant dans la dépendance absolue du chef, qu'il faut revenir.

Ainsi l'action de l'épiscopat dispersé a, par le mystère et l'essence de la hiérarchie, la même nature et la même force que dans le Concile assemblé. Que ce mystère d'unité soit manifesté au dehors ou qu'il demeure caché dans le secret le plus intime de la vie de l'Eglise, toujours le Christ en saint Pierre enseigne infailliblement et commande avec l'autorité suprême; toujours le Christ en saint Pierre donne aux évoques d'enseigner et de gouverner avec lui.

C'est ainsi que subsiste sans cesse dans l'Eglise l'imitation vivante de la société qui est entre Dieu et son Christ : le Père, donnant sa parole à son Fils et donnant à son Fils son opération ; le Fils parlant la parole du Père et opérant avec lui: Verba quse ego loquor vobis a meipso non loquor ; Paier meus usque modo operatur, et ego operor. Pater autem in me manens ipse facit opéra (2). Semblablement le Christ à son tour, par l'organe de saint Pierre, donne à son Eglise, dans le corps des évêques, et de parler sa parole et d'agir dans l'unité de son action.

(1) Il en est toutefois quelques exemples plus frappants: nous pouvons citer ici l'ancienne forme de la canonisation des saints. Cette canonisation, commencée souvent par l'initiative d'une Eglise particulière, s'accomplissait par le consentement de l'Eglise universelle, c'est-à-dire de l'épiscopat tout entier uni à son chef et recevant de lui, avec la confirmation de ses sentences, l'autorité et l'infaillibilité. Benoît XIV fait très bien remarquer que la sentence particulière des évêques ne pouvait équivaloir qu'à la simple béatification. (De. beatif. el canon. 1. I, c. x, n. 6 et 7.)

(2) Joan. xiv, 10; v, 17; xiv, 10.

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