DU PARTAGE DES ATTRIBUTIONS ENTRE LES MEMBRES DU CLERGE DES ÉGLISES
Si les prêtres forment le Collège de l'Eglise particulière, appelés tous, à un titre commun et dans l'unité de ce Collège, à coopérer à l'évêque et à recevoir de lui la communication du ministère sacerdotal, il faudra que, dans le fond et la substance des choses, ces prêtres soient tous égaux entre eux.
Qui dit membres d'un Collège évoque la notion d'égalité entre ces membres : car un Collège est une assemblée d'hommes appelés au même titre à former un corps et liés entre eux par des droits et des devoirs communs.
Les prêtres de Rome, de Jérusalem ou d'Antioche auront tous également, dans ces Eglises, la même dignité : leur titre de prêtres de ces Eglises, c'est-à-dire le lien qui les attache à elles, est le même pour tous, et leur ordination ou leur inscription au Canon ne leur donne par elle-même aucun avantage qui ne leur soit commun.
Cependant, cette égalité essentielle et qui fait le fond des relations du presbytère ne doit point engendrer la confusion.
Et d'abord, elle n'exclut pas un certain ordre de préséance tel qu'il peut exister entre les frères, comme un ordre de primogéniture.
Il y avait, dès les premiers temps, dans le presbytère un premier prêtre ou archiprètre, un deuxième, un troisième prêtre, et cet ordre de séance réservait, par une dévolution naturelle, aux premiers du Collège l'exercice principal et souvent exclusif de fonctions communes à tout le corps.
Ces réserves portaient ou sur les plus importantes de ces fonctions, ou du moins sur celles qui devaient convenablement être exercées par un seul ou par un petit nombre.
Ainsi les archiprètres étaient appelés, par un usage général, à suppléer l'évêque absent dans les fonctions sacrées; et quand les prêtres se multiplièrent dans les Eglises, les principaux d'entre eux se char-
i n.[ [SB PARTICULIÈRE
il des parties les plus considérables du gouvernement eccl tique el formèrent le Conseil ordinaire de l'évêque, à l'exclusion
plus ou 1 1 ic > i 1 1 s absolue il»1 f'>us les autres.
A L'origine, l'ancienneté d'ordination suffisait à établir cet ordre de pr< i de dévolution entre les prêtres. La simplicité <lu
■unistère a ces époques primitives H dans les Eglises encore peu nombreuses ne demandai) pas entre eux d'autre distinction que celle de l'âge, et saint Léon s'élève contre le- perturbateurs de cette Antique disposition i . .
M. us le temps apporta des nécessités nouvelles; le peuple chrétien s'était multiplié, le nombre des prêtres s'était accru dans la même proportion. I)es relations nouvelles venaient compliquer 1 exercice de la charge pastorale. L'antique simplicité du presbytère, où tout ce (pu ne s'- taisait pas en commun subissait la loi vénérable de la dévolution faite à l'âge sacerdotal, ne pouvait suffire aux besoins qui naissaient de cette situation. Il fallait établir d'autres distinctions et d'autres partages. Lu choix éclairé dut, peu à peu, remplacer la désignation aveugle de la simple ancienneté; des titres, des offices el des fonctions nouvelles furent réservés au libre choix de l'évêque et prirent place à côté de l'ancien arebiprêtré.
Si. aux veux d'un observateur inattentif, la diversité de ces charges semble altérer l'unité indivisible du presbytère primitif, il suffira de rappeler ici la doctrine de l'exercice de juridiction que nous avons proposée dans notre premier livre i 3 .
Les pouvoirs proprement hiérarchiques, nous l'avons dit en ce lieu, sont communs à tous les membres du Collège et appartiennent également à tous dans leur fond; mais l'exercice de ces pouvoirs ou l'exercice de la juridiction peut être en chacun de ces membres restreint et lié par des réserves ou étendu par les délégations du supérieur, et celui-ci, sans toucher à la substance des degrés hiérarchiques, fait entre les personnes d'un même degré tous les partages d'attributions que réclament les besoins des temps et des lieux.
Du reste, la simple dévolution de l'époque primitive avait déjà cet effet, en donnant aux uns, à l'exclusion des autres, l'exercice de certaines prérogatives et de certains ministères ecclésiastiques, et le choix des évêques, dans la distribution des charges et des offices qui furent érigés dans la suite, ne fit pas autre chose.
(il Epist. XIX, ad Dor. Benev. epiïc.
(a) V. supra, 1, I, c. vil, § 4.
Rien de-plus naturel d'ailleurs, il faut bien le reconnaître, que cette multiplication des charges dans le Collège du presbytère, à mesure que la société chrétienne se développa et que le jeu des institutions ecclésiastiques devint plus complexe. Et dans ces nécessites nouvelles, le Collège du presbvtère obéit à la loi commune de toutes les assemblées, où les fonctions qui, convenablement, doivent être exercées par un seul ou par un petit nombre, leur sont d'ordinaire exclusivement attribuées.
On vit ainsi naître peu à peu. dans l'antique presbvtère, des économes, des pénitenciers, desprévôts. desdovens.descbefsd'école. etc., sans que la création successive de ces offices et de ces dignités altérât l'unité essentielle du Collège.
Le cours naturel des choses accrut ou diminua les attributions de ces officiers. L'archiprêtre se vit souvent réserver, sous l'autorité de l'évèque, la charge pastorale du peuple fidèle: les dignités et les grands canonicats des cathédrales se distinguèrent des bénéficiers inférieurs ou des autres prêtres inscrits au canon de ces Eglises : et les évêques, par des délégations de l'autorité épiscopale attachées aux offices, contribuèrent encore à relever au-dessus de leurs frères ceux qui en étaient revêtus.
| II
Mais ce n'est pas tout, et. à côté de ces institutions qui donnaient au presbvtère son organisation et sa police intérieure, il s'est fait dès les premiers temps, dans les Eglises principales, un autre partage de l'exercice de la juridiction qu'il faut aussi exposer.
On sentit de bonne heure dans les Eglises plus considérables l'utilité, ou plutôt la nécessité, de diviser entre les prêtres le soin d'un peuple trop nombreux et d'attribuer distinctement à chacun d'eux une portion du troupeau fidèle. Ce fut là ce qu'on appela les titres des prêtres dans une même Eglise.
L'Eglise romaine en donna le premier exemple (i), comme il convenait à la maîtresse de toutes les autres. L'Eglise d'Alexandrie suivit cette discipline. Peu à peu, à mesure cjue le nombre des chrétiens s'accrut, des nécessités semblables firent naître ailleurs le même établissement. Il devint enfin d'un usage général dans toutes les grandes Eglises, et un Concile de Meaux, prescrivant à tous les
in L'h. pontifï, in SS. Evarist. et Marcel, et passim.
l. ÉG1 [81 i\vit l ICI LIEUE \\
ios de pourvoir canoniquemenl aux litres cardinaux établit .Lui- les villes el Ios faubourgs », en parle comme d'une institution notoirement km or partout i i . En même temps, les attributions mx piètres dans leurs litres prirent insensiblement une plu- grande importance, et il fallut les étendre à mesure que la multitude des affaires ecclésiastiques rendit ce partage plu- n. '•..-,- Mire au sein du Collège presbytéral. Ainsi la désignation des prêtres titulaires dans l'Eglise romaine n'est d'abord accompagnée d'aucun bdice précis sur leurs attributions; (mis ils semblent appliqués aux secours urgents à donnei aux âmes, le Baptême el la Pénitence n ■ans doute dans les cas qui ne permettaient pas d'attendre les époques solennelles et l'intervention du pontife et de tout le presbytère, el les litres sont alors désignés comme i des di ses ou
des circonscriptions administrativ< - formées.
Enfin, parmi ces titres, il j en eut qui prirent une m grande importance qu'il fallut \ attacher plusieurs prêtres et v former comme des Collèges partiels membres du Collège total du clergé de I Eglise. < est ainsi que nous voyons à Rome, au v* siècle, plusieurs prêtre- titulaires ou cardinaux dans un certain nombre de litres m et <ju à Alexandrie il y avait un second prêtre attaché au titre de Baucale, titre du malheureux Arius 3 . D'autres titres, au contraire, demeurèrent réduits à un seul piètre, ce développement in. '-al du clergé des titres dépendant entièrement des circonstances locales.
Et tout ce que nous disons ici des titres proprement dits, établis pour le service ordinaire des populations^ doit s'entendre également de I institution des prêtres des cimetières, martyria ou lieux -
i" ' ' lituloa cardinales in urbibus vel suburbiis constitutos episcopi canoaice el honeste ordinent el disponant, (Cow . Meld, an. 845-, can. 54») Le prêtre cardinal de Saint-MarUn-des-Champs était le douzième cardinal de pw.s. /■■ \aris, I. XIX, c. i.xxvm vel i.xxix (ms. des
Archiv. nation.) — t'Ordinarium d<> l'Eglise de S.-ns écrit en l'an i3o6 (Bibl. nation. appelle tous les prilres cardinaux de la ville et les archipretre*
du diocèse à assister à la consécration du saint clirème : omnes eli
omnes archipresbyteri. Les premiers, chefs de paroisses urbaines, appartiennent au presbytère de la cité: les seconds sont les chefs des pi [ères, diocésains, dont nous parlerons plu- loin.
\xp. Rom. sub. Symm. an. Jgg, ap. Labbe, t. IV, col. i3i.'{. Alexandrie) unicuique Ecclésise unus presbyter assisrnatus erat : erant enim milita- ecclésise, nunc vero etiam pluies: et illi (Ario) ecclesia Baucala) commissa erat, et alius erat catn to, iS. Epipii. adv. har, 1. U, i.xvm. n. '(.i
attachés à honorer par le culte divin les oratoires des martyrs et à y recevoir les fidèles qui les visitaient. Ces martyrva sont de véritables titres dans le sens large du mot, puisqu'ils appartiennent également à la répartition locale des prêtres du presbytère dans le sein d'une même Eglise.
Le lecteur apercevra sans peine clans cette répartition, dans la création des titres et oratoires et dans les développements divers qu'elle reçut en chaque cité, selon les circonstances, l'origine du moderne état de choses que nous avons partout sous les veux, et dont il convient de retrouver dans l'histoire les racines profondes et hiérarchiques.
Les titres à charge d'âmes furent l'origine des paroisses des villes et de leurs faubourgs, et les titres qui furent pourvus d'un nombre de prêtres plus ou moins grand donnèrent naissance aux collégiales établies dans ces mêmes Eglises.
Et si, plus tard, on érigea dans les villes des paroisses et des collégiales sans les rattacher aux titres primitifs et sans se préoccuper de cette origine, elle n'en demeure pas moins la raison d'être de ces institutions et suffit à expliquer leur valeur hiérarchique 1 .
Il est bon, en effet, de le rappeler: par la création des titres et leur développement, le presbytère, gardant son unité et demeurant un seul corps autour de la chaire épiscopale, voyait l'exercice des pouvoirs qui lui appartiennent utilement répartis sans schisme ni division; et le peuple fidèle à son tour, sans cesser de former tout entier une même Église et d'appartenir indivisiblement à l'évèque et au presbvtère de cette Eglise, trouvait dans ce partage le secours
(i) Les églises urbaines ne furent que peu à peu et inégalement rendues distinctes de l'église cathédrale dans l'exercice des ministères ecclésiastiques. Jusqu'au xvn' siècle, daus les villes considérables d'Otrante, de Tarente, de Brindes, de Cosenza, de Bari., la charge d'àmes appartenait à l'unique église cathédrale. (Cf. Ughelli, t. IX, col. 6, 19, 54, 18O; t. VII, col. 188, 287.1 Dans d'autres églises, le baptême ne pouv.it être administré, au moins au temps pascal, hors du baptistère de la cathédrale. Dans beaucoup d'autres, enfin, tes cun's et les clercs des églises urbaines devaient, à certains jours, assister à l'office de l'église cathédrale et s'unir à l'évèque et à son Collège à la manière des anciens cardinaux des titres dont ils sont les successeurs. iCf. Lipl's, de Purochiis, etc. Bergomi, 1788, p. 333.)
L'ÉGI [SE P kRTICULlÊRE fi
d'une activité pastorale rendue |>l >i> vigilante, el plus efficacement mise .1 sa port
Mais, ila us ces partages el leurs suites, l'unité des Eglises n'a point été rompue dans son fond : les litres, les collèges, les oratoires «1rs martyrs el les paroisses urbaines elles-mêmes ne cessèrent pas d'appartenir au même corps de L'Eglise particulière el il-' former dans la substance la couronne du trône épiscopal et du pontife qui y Li te.
L'Eglise romaine, comme il convient à la maltresse de toutes les autres, nous donne solennellement cet enseignement.
Elle conserve jusqu'à nos juins les désignations antiques, elle a ses prêtres cardinaux répartis dans les titres de la ville.
Us sont tous appelés en commun prêtres cardinaux de la Sainte Eglise romaine, malgré la diversité de leurs titres.
Il- lui appartiennent tous également; les circonscriptions distinctes qui leur sont attribuées ne scindent pas leur auguste Collège. L'Eglise romaine en forme son unique sénat : elle réunit en eus et par eux en un seul corps, et, pour ainsi dire, en un seul grand Coltous 1rs clercs et les Collèges partiels qui sont en chaque titre sous leur dépendance.
Par eux, connue par ses membres principaux et ses chefs secondaires, tout le clergé des lié m'' lires inférieurs, tous tes chapitres, toute- les paroisses et tout le peuple fidèle de Rome constituent l'unique et indivisible Eglise romaine,
i li eette notion sacrée de L'Eglise particulière qu'il ne faut jamais perdre de vue, à travers toutes les modifications extérieures et accidentelles que le temps apporte avec lui.
Toujours semblable à elle-même dans la substance du mvsièrede la hiérarchie, auquel elle appartient et dont elle est la dernière expression. F Eglise particulière tout entière s'attache a son évèque et au Collège de - s prêtres dans un sentiment intime d'unité, Jorei . et cette lielle comparaison du martyr -aint Ignace a toujours Lieu : le presbytère est toujours, dans l'accord dé toute- ses parties, eette lyre sacrée sur laquelle le Saint-Esprit ne ce>-e de chanter Jésus-I lu isl i : et encore que, par la distribution des fonctions entre ses membres, chacun des piètres rende, pour ainsi dire, comme autant de cordes distinctes de cette lyre mystique,
III S. Ign. Epist. ad Eph. n. 20.
ibid., a. 4,
44 l'église
un son différent et qui lui est propre, la divine mélodie n'en garde pas moins sa suite et son unité à travers le cours des âges.
| IV
Ce que nous venons d'exposer au sujet de l'égalité radicale des membres du presbytère et de l'unité de leur Collège dans la diversité des emplois, convient également aux diacres et à tous les Ordres des ministres.
De bonne heure et selon les besoins, il se fit entre les ministres du même degré un partage d'exercice qui n'altéra point cette égalité et cette unité essentielles.
Le premier diacre, dont l'importance ne cessa de grandir par la confiance de l'épiscopat, ne tarda pas. sous le nom d'archidiacre, d'être préposé à toute la police ecclésiastique.
Les fonctions les plus importantes de son Ordre lui furent à peu près exclusivement réservées : il eut seul, ou du moins sous sa haute direction, la conduite des clercs inférieurs, la surveillance du peuple fidèle, l'examen des pénitents et des catéchumènes; il présentait les uns au baptême, les autres à la réconciliation; il présentait même les clercs à l'ordination : ad testimonium diaconi présbyter ordinalur, dit saint Jérôme (i). Il fut chargé de l'administration du temporel de l'Eglise.
Les délégations du pouvoir épiscopal qui s'attachèrent à la fonction de l'archidiacre l'élevèrent plus haut encore : il devint le vicaire de l'évêque : en cette qualité, il eut autorité sur les prêtres euxmêmes au nom de l'évêque, seul supérieur de l'Ordre sacerdotal.
Ces délégations le firent sortir de l'Ordre du diaconat, et nous ne le suivrons pas en ce moment au delà de ces limites qu'il franchit et dans ses nouveaux accroissements (a).
Qu'il nous suffise de considérer en lui le chef de l'Ordre des diacres, exerçant seul, par le droit ordinaire de dévolution, les plus importantes des fonctions de cet Ordre.
A l'imitation du diaconat, les ministères inférieurs eurent aussi leurs chefs d'Ordre ou primiciers, primiciers des lecteurs, primiciers des notaires, etc., selon les diversités des Eglises.
(i) Epist. CXLVI ad Evangel. n. 2.
121 Voir notre Essai historique sur les archidiacres, que nous reproduisons à la fin du volume.
l'église particuliers '\~>
le voit, h- mêmes lois s'imposèrent à Ions les degrés, la d lu (Son fut la forme naturelle qui régla entre les personnes I exercice île- mûmes pouvoirs; les archidiacres et les primiciers furent, a I des ministres, ce que le- archiprêtres furent dans l'ordre des prêtres.
Mais l'analogie ne s'arrête pas là. et, de même que les prêtres ont
partis dans les Eglises par l'institution des titres, de même
aussi il \ eul dans leur sein un partage des diacres et des ministres,
Dans ['Eglise romaine, en laquelle toutes les autres ont leur modèle et vers laquelle il faut sans cesse élever les veux, cette répartition de- ministres se lit d'abord par régions (i), et cette distribution lut -ans doute suivie en d'autres Eglises considérable-
Les sept diacres de l'Eglise romaine furent préposés aux sept régions ou divisions urbaines de cette Eglise, et sous eux les sousdiacres, les acolytes et les notaires, tous appartenant au clergé inférieur, lurent distribues entre ces niènies régions et suivirent le même ordre.
Nous croyons d'une grande importance de faire remarquer au lecteur la diversité de ce double partage de l'Eglise en titres poulies prêtres et en régions pour les diacres et les ministres.
Nous trouvons, en effet, une preuve éclatante du maintien de l'unité du presbytère et de l'unité de l'Eglise dans la diversité même de cette double répartition.
Ni les titres, en ellét, ni les régions, ne possèdent les éléments complets du ministère ecclésiastique : les titres n'ont que le -eul sacerdoce, et les régions n'ont que le seul ministère des diai des clercs intérieurs. Par suite de cette disposition, le sacerdoce et le ministère des lévites ne s'appartiennent mutuellement el ne forment un tout complet que dans l'unité même de l'Eglise et dans l'unité de leurs Collèges autour de la chaire épiscopale.
L'évêque, centre de cette unité, dirigeait également les diacres des régions et les prêtres des titres, et comme la région contenait plusieurs titres, les diacres et les ministres régionnaires prêtaient
li) Hic (sanctus Clemensi fecit septem regiones dividi notariis fidelibus Ecclesia-. qui gesta martyrum sollicite et curiose UBUsqoisqoe per regionem suam perquirerent. \Lib. pontif., in S. Clan.) — Hic (sanctus Fabianus) regiones divisit diaconibus, et fecit septem subdiaconos, qui septem notariis imminerent, ) martyrum in integrum colligerent. [Ibid., in S. Fab.) ' n diacre régionnaire de l'Eglise de Cari nage est mentionne dans un Concile d'Afrique.
46 l'église
sans doute indifféremment leur concours au ministère sacerdotal de tous les prêtres cardinaux de leur circonscription.
Avec le temps, de nouveaux besoins donnèrent, un plus grand développement à ces institutions; les titres surtout, nous l'avons dit plus haut, prirent une plus grande importance, et une partie des ministres inférieurs, jusque-là attachés aux seules régions sous la conduite des sept diacres légionnaires, furent répartis dans les titres eux-mêmes et placés immédiatement sous la conduite des prêtres de ces titres. Il y eut ainsi des diacres et des sous-diacres des titres, distincts des diacres et des sous-diacres légionnaires proprement dits, ceux-ci appartenant simplement aux Collèges de leurs Ordres dans l'Eglise romaine, ceux-là appartenant à ces Collèges par le moyen des Collèges des titres. Collèges partiels auxquels ils étaient attachés.
Il y eut de même, dans les titres, des acolytes et des lecteurs; et ainsi certains titres plus importants devinrent des corps ecclésiastiques complets en apparence et formés de prêtres et de ministres nombreux. On vit même quelquefois le premier prêtre du titre y prendre le nom d'archiprêtre, sans que cet archiprêtré du titre, dignité secondaire et relative au Collège partiel, portât préjudice à l'archiprètre de l'Eglise romaine, seul véritable chef d'ordre du presbvtère tout entier i i).
Du reste, à côté des titres, l'institution des régions reçut du temps, elle aussi, des modifications et des accroissements.
Dans l'Eglise romaine, les régions augmentèrent en nombre et prirent peu à peu pour centre des hospices et des oratoires appelés diaconies. Ces oratoires, recevant à leur tour des prêtres et un clergé particulier, finirent par devenir assez semblables aux titres eux-mêmes.
Mais tous ces changements accidentels, ne cessons de le répéter, ne touchent point au fond des choses. L'Eglise romaine, en qui toutes les autres ont leur type essentiel et leur modèle, ne cesse de former un seul tout et d'avoir à sa tête un seul Collèae de prêtres et de diacres. Ce Collège unique la représente tout entière dans son unité, et rassemble, dans cette unité, tous les titres et toutes les parties qui la composent (2).
(1) V. apud Lupus: un acte du titre de saint Nicolas in Carcere. (a) Cf. Mabillon, in. Ord. Rom. comment, prœv. c. in, P. L. t. LXXVIII. col. 858 et seq.
L'ÉGLin 1 • A l : I ici l.lï i;i. \~
I <■- aiitri's I .'li-r» suivent 1rs mêmes loi-, essentielles, el ce que
disons i i.- l'Kulise romaine, en tant qu'elle esl une Eglise parti-
« uli Te, leur roimentà toutes /gaiement. L'unité essentielle qui leui
gpparlient par leur nature el pai la notion qu'on doit s'en for i
iserve inviolable en elles, quoique arec moins d'éclat, a tra fers toutes les vicissitudes auxquelles les choses humaines sujettes, il auxquelles les institutions divines elles— mêmes, toujours Immuables dans la substance, se prêtent dans les formes accidentelles, avec une sortede salutaire condescendance, selon les variables isilions îles temps et les nécessités des peuples.
:mIc- joie pour le chrétien de voir la divine constitution de L'Eglise particulière demeurer toujours immuable dans la substance sous le vêtement variable des accident-, et des institutions bornâmes, el son unité essentielle se maintenir inviolable dans Le partage fécond que les ministres de l'Evangile se font entre eux de leurs travaux et de leurs sollicitudes.
Dans l'antiquité, et pendant de longs siècles, cette bienheureuse unité de l'Epouse de Jésus-Christ, gardée en chaque Eglise, était clairement rappelée au peuple fidèle par deux ««âges vénérables, singulièrement propres à ramener sans cesse ses pensées vers cette unité et vers la chaire de l'évêque, son centre et son foyer.
Nous les décrirons brièvement ici pour la consolation du lecteur en terminant cette exposition.
Le premier de ces usages antiques est celai de la eoncèlébralion dan- les saints mystères.
l'ont le presbytère de l'Eglise s'assemblait autour de révêqueaux jours solennels, l'assistai! à l'autel et offrait avec lui un même sacrifice.
Les titres \ étaient représentés par leurs prêtres cardinaux, ou du moins pai Je chef de leurs Collèges partiels. Le peuple de ces titres était confondu en une seule assemblée.
^ Dans cette action sainte, Pévêque, tout le presbytère et tout le peuple apparaissaient unis autour du même autel. L'é\éc|ue offrait le sacrifice comme chei el prince du sacerdoce; les prêtres l'offraient aussi, mais s'unissent à lui dans une liturgie commune, coopérant à son sacrifice el taisant dépendre leur action de la sienne.
Le peuple recevait le don divin par le ministère unique c( indivi-
të
b e de son eveque et de ses prêtres, et les plus augustes mystères do la religion avertissaient ainsi de tout l'ordre de l'Eglise • l îrand sacrement de la hiérarchie lui était révélé en même temrWil * tapait à 'autel, et il connaissait ainsi la par" Tlu es^fït e't sa"
Cet enseignement sacré et cette célébration du mystère de l'unité étaient jugés emportants par la sainte Eglise romain 'edan le cas ou la concelébration de la divine liturgie était imposée elle y suppl,ut et enseignait aux Eglises à y suppléer pa^ne amr observance également sainte. F
et dêftLT effet> ^ C°UtUme d'enV°^r SUX Prétres des cimetières et des titres qui ne pouvaient s'assembler, le ..ferment c'est-à-dire les divines eulogies ou la Sainte Eucharistie elle-mèm con ac ee par 1 eveque et offerte d'abord à son autel, afin que, m é Tusacr fice de ces prêtres, ce ferment divin fût un symbole d'unité et L>ieveque nu 6 t0US ^ mêmC 3UteI et au sacrifice0 de
L'Eglise romaine, mère et maîtresse de toutes les Edises leur donna a toutes l'exemple de la concelébration, et elle J da 1 usage jusque dans le xm* siècle (2). g
ell^m^Ie:5^11116' ""' de Cette *™ P-cipale, était-
d.m^l/'0^118,.^1^6 3U'd,e ëtait °bservée exactement' in uscrn'à nn • " "T* ** CharlemaSne (*)■ Elle se maintient jusqu a nos jours dans toute sa vigueur en Orient. Les Edi.es d Occident lont conservée en quelques occasions solennelles, et !î
(il S. Iknoc. I, Epist. XXV, ad Décent. Cf. Maillon in Ord Rnm prœv. c. vi, /oc-, cit., col. 87o. ^abillo>. m (J,d. Rom. comment.
(a) Consueverunt autem presbyteri cardinales Romanum circumstam Ponti ficem, et cm eo panter celebrare. (lNNOC. III, de sac. ait. my! TTv^J) S usage disparut sans doute lorsque la résidence desPaoes à Avi.nl, V pratiquement l'offi™ H* i»j?„k • , ues raPeî> a A^'enon transforma
iîe^y.' SAS S»t. " f"' ?'»« «^ « D= *
(3i Sacerdos qui in circuitu urbis, aut in eadem m-he «„nt ;,
publicam missarum cele.rationem co'nveniant Îh^. Zpï'alLTTm In c.v.ta.e m qua episcopus constituas est, omnes presbyteri tan ci v.'utii
post" siStr ni, reVCSt,U " ipSa miSSa d6VOta -"te ^de n r
^i/Sr-ityj1 muios benedicti°ne ■« c°™ p-pu
L'ÉGLISE PARTICULll RE fi)
pas difficile «l'en trouver (les vestiges et un souvenir dans certain usages du cérémonial moderne i i.
uautre usage donl nous voulons aussi parler esl relui des stations. tssemblées sacrées auxquelles l'évéque convoquail tout son el son peuple avaient lieu successivement dans les diverses Basiliques el oratoires <|ui formaient les titres de l'Eglise. ïoutesces basiliques semblaienl ainsi n'être qu'une seule el unique cathédrale de l'évéque, qui j dressait successivement sa chaire épiscopale aux gours désignés.
Millions étaient de deux sortes : les unes se rapportaient aux hréti -. les autres rendaient plus solennelles les supplication- des jour- de pénitence.
L'Eglise romaine présidait aussi à cette discipline, et ses stations
-ont encore aujourd'hui connues des fidèles. Mais toutes les autres
is marchaient sur ses traces.
Nous >.i\ons par le> homélies de saint Jean Chrysostome 121 que
l'Eglise de Constantinople avait des stations solennelles. On en
retrouve des témoignages dans les autres pays d'Orient (3 .
En < lecident, les anciens ordinaires des Eglises nous ont conservé le calendrier de leurs stations, et elles s'observèrent longtemps.
L'Eglise de Besançon, celles de Lvon. de Paris, d'Orléans et un grand nombre d'autres en gardent Tes monuments dans leurs archives el !• s textes anciens '1 .
L'Eglise de Metz les faisait annoncer par. le diacre au peuple, le dimanche précédent, conformément à un rite institué par l'Eglise romaine 5 .
La sainte Eglise romaine elle-même les maintenait par son autorité comme par son exemple; et le pape saint Grégoire "S II rappelle à l'Eglise de Poitiers la nécessité d'être fidèle à la discipline des sta-
(il Le cérémonial des évoques prescrit aux chanoines d'entourer l'évéque, revêtus de la chasuble sacerdotale, lorsqu'il célèbre solennellement. (a) Hom. LXV, de martyr., et alibi passim.
5. Grec Ntss. Encom, S. Greg* Thojun.-; Tbeodoret. Serm. vin de martyr.;
Cow . G.vngr. — Saint Léon engage l'évéque d'Alt-xandrie à se conformer pour
le cérémonial des stations à l'Eglise romaine. [Epis!. IX, aâ Diosc. Aies, episc.)
l'p Lib. station. Paris, ecel. Bibl. nation, ms. 986; Consuetadines SJ-Craeis (Attre~
■'.) Bibl. d'Orléans, ms. n3. Cf. Ordinaire de S. Prothade, ap. Dcmod,
l'Eglise et cité de Besançon.
[5] Feria N. veniente. erit festum N., slatio in ecclesia N. ora competenti.
\Lil>. de ordinal, ad offic. totius anni in ecel. Met. Bibl. nation, ms. (jijo. Cf. Ord.
R . M. a. 34, l'.L. t. LXXVIII, col. io38.»
oo l'église
tions « comme à une coutume universelle dans l'Eglise catholique » i i).
Aujourd'hui encore il en reste quelques traces dans les processions solennelles auxquelles s'assemblent en commun le clergé et le peuple de tous les Collèges et de toutes les paroisses d'une même cité; certaines Eglises ont conservé d'autres débris de ces vénérables usages.
Le lecteur nous saura gré, sans doute, de lui avoir remis sous les yeux, dans la concélébration et la coutume des stations, ces deux insignes monuments disciplinaires de l'unité de l'Eglise particulière, et de lui avoir fait respirer un instant le parfum cpii s'exhale de ces rites vénérables et de l'antique religion de nos pères.
Les temps ont pu transformer peu à peu et emporter avec eux ces pratiques excellemment propres à rappeler aux -peuples le mystère de la hiérarchie. Mais ils n'ont pu abolir ce mystère lui-même, et ces mêmes peuples ne cessent d'v puiser, dans la communion de leur évèque, la vie divine qui, de Jésus Christ, découle par l'épiscopat dans tout le corps de la sainte Eglise.
(i) S. Grkg. VU, 1. I, epist. LIV, ad canonic. S. Hiï.