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CHAPITRE IV

DB l ORDRE DES DIACRES i 1 DES AUTRES MINISTRES DANS L'EGLISE PARTICULIERE

Pour donner au lecteur une idée complète de l'Eglise particulière, il est nécessaire que noua lui lassions connaître le ministère des ■ i el des clercs inférieurs, ministère établi en elle pai l'institution divine et dès le temps des apôtres i ,

Les diacres sont les ministres de l'évèque.

Leur ordre n'esl pas le sacerdoce, mais il lui est, pour ainsi dire, collatéral, tout en lui demeurant inférieur. Il- ne son) pas sacrificateurs, et, par suite, ils ne -«ont pas, comme l'évèque et les~prêtres, les ministres ordinaires des sacrements.

Le diacre prépare, il assiste, il prête son aide à l'action île l'évèque 1 1.

Le diacre va de l'évèque au peuple pour lui porter ses ordres et ses avertissements 3 : il va du peuple à L'évèque pour lui faire connaître sou état et ses nécessités et lui apporter ses vœux et ses prières 'i .

A lui est confiée la distribution des aumônes, le soin des pauvres.

(1) i^one. Trid, sess. xxm, can. G.

Sil diaoonus episcopi auris et oculus, et item os, cor et anima. [Const apost. 1. II, c xliv. ap. Labbe. t. I, col. 283.)

Mi (diaconi) roces tonitruorum: ipsi enim clara voce in modiun prseconis admonent cunctos sive in orando, sive in tlectendis genibus, sive in psallendo, sive in lectionibus audiendis; ipsi ctiam, ut aures habeamus ad Dominant acclamant. (S, Imd. de Beel. of/ir. |. II, c. vin, n. 3.)

Obeant miinus riunciandi, peregrînàndi, ministrandi, serviendi, sient de Domino aiebat Esaias : Justificavit justum bene servientem multis. (Consl. apost. I. III. c. xix, loe. cit. col. 324. (

(4) Neque enim ad omnipotentem Deum accedere licet, nisi perChristum: ad huno ertro modum quœcumque volnnt laici per diaconum episcopo indicent, atijuc ita ut ei videbitur agant. (Consl. opost. 1. II. c. xxtui, U4d., col. 266.)

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des infirmes, des orphelins et des veuves i i\ Porteur des ordres de l'évêque, il peut apparaître revêtu de son autorité dans les mandats qui lui sont confiés. Il peut aussi porter la parole en son nom, et c'est ainsi que, lecteur de l'Evangile, il peut en être le prédicateur.

Mais, en toutes ces diverses actions, il n'est pas comparable aux prêtres, seuls associés au sacerdoce de l'évêque.

Les prêtres ont avec l'évêque un même sacerdoce; ils montent avec lui à l'autel, ils opèrent avec lui les mystères, et il les fait asseoir avec lui à l'entour de sa chaire principale.

Les diacres n'ont point séance dans le sanctuaire. Semblables aux anges, ils entourent comme eux l'autel et ne sacrifient qioint. Debout auprès de 1 évèque et des prêtres, le diacre entend les paroles mvstiques, mais ne les prononce point; il. est le témoin du mystère, mars il ne l'opère point ( 2 ) ; il est l'ami de l'époux, et il lui convient en celte qualité de se tenir debout tout auprès de l'époux, d'entendre sa parole et de s'en réjouir: mais il n'est point l'époux, c'està-dire qu'il n'est point l'évêque ni le prêtre, en qui est l'époux de l'Eglise, Jésus-Christ, opérant par eux le mystère ineffable de son union avec son épouse (3).

Aussi il ne lui convient point de siéger dans le presbvtère. L'évêque. qui fait asseoir ses prêtres avec lui, laisse le diacre debout au milieu d'eux (4)-

Debout auprès du trône de l'évêque, debout auprès de l'autel, portant dans l'étole flottante qui tombe de son épaule comme une image des ailes qui figurent la nature angélique, il est toujours prêt, ange visible de l'Eglise, à voler au milieu du peuple fidèle et à lui porter, brûlant de zèle, les ordres sacerdotaux 1 5 .

(1) Oportet igitur ut vos diaconi omnes visitetis quibus visitatione opus est, et de calamitosis et afflictis nunciate episcopo vestro : debetis enim esse ei anima. {Consl. apost. 1. III, c. xix, Aid., col. 3s5.)

121 Levitœ operiunt arcam Testamenli : non enim omnes vident alta mysteriorum, qua> operiuntur a levitis, ne viderait qui videre non debent. (S. Isin. l"C. rit. n. 4-1

(3j Qui habet sponsam. sponsus est; amicus autem sponsi, qui stat et audit eum, gaudio gaudet propter vocem sponsi. {Joan. ni, 29.)

(4) Sit solium episcopi in medio positnm, et ex utroque ejus latere sedeaut presbyteri, et adstent]diaconi succincti et expediti sine multa veste. {Consl. aposl. 1. II, c. lvii, loc. cit., col. aoA)

(5) Eorum in quibus gratito actS sunt distributio fit et communicatio unicàîqpc pr.-esentium, et absentibus per diaconos mittitur. iS. Just. Apol. I, n. 67.)

il QLISB PARTICULIÈRE

Appartenant à l'éveque, prêtre principal, le diacre appartient aussi inséparablement, par l'essence même de son Ordre, aux prêtres, qui n'on( avec l'évèque qu'un seul sacerdoce 11 sert dans [«• prêtres et dans l'évèque cet unique et indivisible sacerdoce, et il rend aux prêtres les mêmes devoirs el 1rs mêmes empressements qu'il rend a l'évoque i .

■ •pu-, en donnant aux prêtres boni ee qu'il a el tous 1rs biens le s,,,, sacerdoce, lem donne aussi s,., propres ministres, et, en les I. us. mi prêtres, il leur subordonne les diacres, et met ceux-ci, à leur I, dans la même dépendance qu'ils ont envers lui.

Ainsi, dans la loi nouvelle, POrdre des dkeres est l'ordre lèviti<|ue. il n'est poinl l'Ordre sacerdotal. L'Ordre sacerdotal a deui s, l'épiscopal et la prêtrise : et comme, dans l'ancienne loi, les lévites servaient à l'autel Aaron el ses fils, le pontife et les prêtres mosaïques, ainsi les diacres servent également l'évèque et les prêtres de l.i nouvelle alliance.

On le voit assez, sans exercer le sacerdoce, les diacres sont élevés à une incomparable dignité dans l'Eglise, In Père de la solitude vit le diaconat sous l'image dune colonne de feu qui montait jusqu'au ciel, et d lui l'ut révélé qu'une vertu sublime était nécessaire à ceux qui relevaient cet ordre auguste.

Et toutefois les fonctions des diacres, qui les font approcher de 1 autel et des divins mystères, les fonl aussi descendre par les emplois lies divers auxquels ils • sont tour à tour conviés, comme par une suite de degrés, jusqu'aux derniers et plus humbles services de 1 Eglise. Ils accomplissent ainsi en eux la figure des anges, qui. appelés à contempler sans cesse la lace du Père, ne dédaignent pas de prendre s.. in des faibles enfants.

(0 loi; u-v à-.cr/.o-o:; ta tt,; àpy.spM^vr,; èvs:aau.r,, toT; 5k irpeff6urÉpo« ■ra -cf.; UptoTv/r,;, Toi; 8è 8c«x<$votç Ta tr,; Ttpbç àjiçorépouç BtaxoVfoç. {Const. apost. 1. VIII, c. .xlvi, loe. cit., col. 5o8.) — Diaconus vero ministret episropo et presbyteris, hoc est, ministerium exerceat. [IbitL, 1. III, c. xx, col. 325.)

Ad diaconum pertinet assistere sacerdutibiis et ministrare in omnibus qu« fcgtratarn sacramentis Christi, in baptismo scilicet, in clirismate, in patena et calice oblatioues inferre et disponere in altario, componere mensam Domini at.pie vestire, crucem terre, pra-clicare evaagelhun et apostolum. (B. Isn,. Jcn. Epist. ad. Leudefr.ap. L.ujbe, t. VI, col. $2i.j

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Aux temps des apôtres, ils exerçaient en personne tous ces divers ministères.

Mais dès ces premiers temps, par une sage dispensation, l'Eglise, usant en cela d'un pouvoir que Dieu lui a donné, et pour réserver aux diacres les plus hautes fonctions, a ouvert pour ainsi dire le trésor du diaconat, elle en a distribué les richesses et elle en a fait comme des démembrements en instituant les ordres inférieurs.

On put ainsi conserver longtemps clans chaque Eglise un petit nombre de diacres en multipliant les autres ministres (i), on ne laissa point le diaconat s'avilir aux yeux des peuples, qui jugent du prix des choses par leur rareté, et on garda pour cet Ordre sublime le nombre septénaire consacré par l'institution primitive (2 ), et qui convient aux rapports mystérieux que les diacres ont avec le ministère des anges et avec ces « sept esprits » qui sont devant le trône de Dieu (3 .

Ainsi, à mesure que l'arbre de l'Eglise prenait un plus grand accroissement, cette branche maîtresse du diaconat, obéissant aux lois d'une divine expansion, s'ouvrit et se divisa en plusieurs rameaux, qui furent l'Ordre du sous-diaconat et les autres appelés Ordres mineurs.

Mais, pour entendre comment ce grand partage se put accomplir et comment le diaconat put avoir cette admirable fécondité et donner naissance aux Ordres inférieurs, il faut rappeler une doctrine que nous avons proposée dans notre premier livre, à savoir qu'il y a en ceci une différence essentielle entre le sacerdoce et le ministère.

Le sacerdoce est simple et indivisible de sa nature ; il ne peut se

(i) Apud Romanos diaconi non plures sunt hactenus quam septem. (Sozom. Hist. eccl. 1. VII, c. xix.)

(In ecclesia Romana esse) septem diaconos, totidemque subdiaconos, acolythos duos et quadraginta, exorcistas et lectores cum ostiariis quinquaginta duos. (S. Corn. PP., ap. Eus. Hist. eccl. 1, VI, c. lxiii.)

(21 JDiaconi septem esse debent ex canone, etiamsi sit magna civitas. Ejus autem rei fidem faciet liber Actorum. (Conc. Neoc.es. an. 3i4, cari. i5, ap. Labbe, t. I, col. i483.)

Xunc septem diaconos esse oportet. (Comm. in I Tint. c. m, S. Ambr. vulgo attrib.)

(3) Decreverunt apostoli, vel successores apostolorum, per omnes ecclesias septem diaconos, qui sublimiori gradu ceteris proximi circa aram Christi, quasi columnœ altaris adsisterent, et non sine aiiquo septenarii numeri mysterio. Hi sunt enim quos in Apocalypsi legimus septem angeli tubis canentes ; hi sunt septem candelabra aurea ; hi voces tonitruorum. (S. Isid. loc. cit.)

communiquei partiellement, encore qu'il puisse êtr£ possédé à des titres distincts, c'est-à dire au titre de chef <•( au titre de participant, d'évèque ou de prêtre; il admet des degrés, mais il ne se démembre point » 1 . 1 1 1 - son fond.

Le ministère, au contraire, dont le diaconat contient la plénitude, est indéfiniment susceptible de partage, parce que les multiples fonctions des ministres, toutes relatives au sacerdoce qu'ils doivent lervir; et ramenées en cela à l'unité, n'ont point entre < • l les de rapports nécessaires, et peuvent, sans briser aucune convenance, appartenir séparément à diverses personnes.

La sagesse divine, qui conserve auv rtres leur essence, avant imprimé au ministère ecclésiastique ce caractère de divisibililité, tout en le fondant d'abord dans le diaconal et lui donnant ainsi, pour toute la suite, une divine origine, laissa à l'Eglise la liberté d'en distribuer i son ri'; les différentes parties.

L'Eglise, à son tour, lit souverainement ce partage, selon les exigences des lieux et des temps, et les Ordres inférieurs sortirent ainsi du diaconat, divinement institués dans le diaconat, mais formés et distribués en plusieurs degrés par l'institution ecclésiastique.

Le premier de ces Ordres inférieurs est le sous-diaconat, commun à toutes les K^lises.

( eux qui le suivent ont été diversement admis dans l'Eglise latine, dans l'Eglise grecque, dans les Eglises d'< trient; et, à part l'Ordre de lecteur qui appartient, comme celui du sous-diaconat, à toutes les Eglises, les autres ministères diffèrent selon les lieux par le nombre et par les attributions.

L'Eglise romaine, au-dessous des sous-diacres, admet quatre Ordres mineurs : les Ordres de l'acolyte, de l'exorciste, du lecteur et du portier.

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