‹ De l'égliseChapitre 11 sur 76 · PRÉFACE XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXI

et celui d'exclusion; et, en faveur du fidèle, le droit de séparation, doivent-ils être maintenus? Parce que lPEglise, étant à la fois une institution divine et une libre association, 1l faut que le double principe d’autoritéet de liberté soit toujours respecté. En face de ces droits, se dressera le double devoir de la fidélité et de la condescendance. Et quant au Protestantisme, il devra, vis-à-vis de l’ecclésiasticisme et de l’indépendantisme — de droite ou de gauche, — rester fidèlement attaché à la doctrine du Nouveau Testament. Puis, cette doctrine sauve, montrer une grande condescendance. En effet, la plupart des maux ecclésiastiques viennent de ce que l’un ou l’autre de ces principes est méconnu. Le séparatisme méconnaît la condescendance ; le latitudinarisme, la foi ; ie catholicisme, la liberté. Le système réformé, le vrai, cherche à les combiner tous, Aussi est-il d’une application plus difficile, puisqu'il veut, en même temps, le maintien de la vérité et le maintien de Punion ; une Eglise générale et une doctrine positive; la conciliation entre la liberté et l’ordre.

Mais si les Réformés, en général, sont d'accord, par définition, sur le but à atteindre, ils ne le sont pas sur les moyens. Les uns, dit M. Jalaguier, demandent le retour pur et simple aux anciens symboles; d’autres veulent les remplacer par des formulaires réduits aux seuls points essentiels ; d’autres, enfin, « veulent que les liturgies et les catéchismes soient substitués aux formulaires ».

M. Jalaguier repousse ce troisième moven, comme laissant, indépendamment des difficultés d'application, .trop peu de place à la liberté; il repousse également le premier, parce que les formulaires mêlent trop d'interprétation humaine à la pure et simple donnée scripturaire, sont trop souvent «une religion greffée sur une théologie », et bles-

sent ainsi, en méconnaissant la liberté et en compromet-

tant l’unité, l’esprit de condescendance.

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