XXIV PRÉFACE
et M. Decoppet, dans la Préface de lIntroduction à la Dogmatique, en ont parlé infiniment mieux que je ne saurais le faire. Je n’ai, d’ailleurs, que des souvenirs personnels fort lointains et fort confus. Ce que je me rappelle, c’est le. orand respect dont M. Jalaguier était entouré, la grande et légitime autorité qu'il avait. Je me lexplique facilement . aujourd’hui. Cette autorité venait de lui-même, sans doute; de sa modération, de son grand bon sens, de sa valeur intellectuelle, de sa modestie, de sa foi vivante, de sa piété, de sa bonté et de ce je ne sais quoi, plus rare qu’on ne pense, qui fait qu'un homme n’est pas seulement quelque chose, mais quelqu'un. Mais elle venait surtout, j'imagine, de.ce qu'il était, de ce qu'il s’efforçait d’être, en tout cas, un vrai chrétien, un vrai réiormé, c'est-à-dire, un homme de la Bib'e. Devant elle, il s’'inclinait entièrement; d’elle, 1l voulait tout tirer; c’est elle qu’il voulait partout, dans sa vie privée ou publique et dans son enseignement, essayer de réaliser. Au fond, toute sa méthode consistait en ceci : prendre sa Bible, la lire et la relire avec prière et la plume à la main, faire servir ses autres et nombreuses lectures à la mieux comprendre, puis dire ce qu'il y avait trouvé. Il portait en lui, il transmettait aussi, comme un reflet de son inspiration. De là son autorité et une autorité durable. N'ayant voulu valoir que par la Bible, il vaut vraiment à cause d'elle. Quelle autorité, d’ailleurs, est réelle et durable, sinon celle que nous voulons ne pas tenir de nous-mêmes ?
Quant à louvrage, au premier abord j'avais craint, je n'hésite pas à le dire, que la publication d'un traité de. l'Eglise ne fût, à l'heure actuelle, une entreprise bien hasardeuse, une sorte d’anachronisme. Il faut convenir que, dans notre Protestantisme, les préoccupations semblent se porter ailleurs; convenir également que, sur la question d'Eglise, les idées, si tant est qu’il y en ait, sont terrible-