PRÉFACE XXVII
garde contre l'illusion de croire qu’on s’improvise homme d’'Eglise? qu’on peut se passer de l'éducation ecclésias tique, dont Je viens de parler”? Leur éducation ne doit-elle pas être, au contraire, d'autant plus documentée, si l’on peut ainsi dire, que leur place est plus grande dans nos corps dirigeants? et, pour tout dire, serait-il excessif d’espérer de les voir, le jour où ils seraient, en général, encore plus au courant des enseignements de la Bible et de ceux de notre histoire, qu'ils ne le sont déjà, moins accessibles à certaines influences, à certaines théories, de droite ou de gauche, et plus fermes encore dans le maintien de ce qui est bibliquement et historiquement vrai?
Enfin — car 1l faut décidément se borner — l'ouvrage de M. Jalaguier ne me paraît pas devoir être, à un autre point de vue encore, d’une moindre utilité. On entend parler d’un mouvement dans le clergé catholique. On le dit considérable, et en étendue, et en profondeur. On affirme qu'il souffle par là je ne sais quel vent de réforme. Certes, j'en loue Dieu, car je crois moins à la réformation de l'Eglise romaine par les protestants, que par les catholiques eux-mêmes, par les prêtres, enfin mis en contact direct avec le pur et simple Evangile de Jésus-Christ.
Or, il suffit d’avoir été en relations avec des catholiques pieux, les seuls qui comptent, pour savoir combien, s’ils veulent quitter leur Eglise et se ranger à la nôtre, ils se trouvent, d'entrée, en plein désarroi.
Quel contraste, en effet, entre les formes et les formules rigides, ankylosées, dirais-je, du catholicisme romain, et ce qu'on pourrait appeler, non sans exagération, heureusement, notre désossement ecclésiastique! Quelle distance entre : l'Eglise est presque tout, et : l'Eglise n'est presque rien! Quelle chute, de la « robe sans couture », que l'Eglise romaine se glorifie de représenter, à notre désagrégation et, comme on le répète souvent, à notre anarchie!