PRÉFACE XIII
supprimer la raison d’être même du Protestantisme, ce qui fait sa force et sa vie; en amener infaillible ruine. — Et quant au dogmatisme, positif ou négatif, 1l faut s’en garder, car il transforme trop souvent une conception théologique en une idole, devant laquelle tous doivent se courber.
Que faire donc? En revenir d’abord, « à l’esprit pratique du Nouveau Testament », en mettant la vie de la foi au-dessus de sa formule métaphysique ; en ayant plus de religion que de théologie. Par là, on pourra arriver à une unité morale, en préparant peu à peu lunité formelle, autant qu’elle est possible ici-bas
Mais surtout, il faut pratiquer le grand précepte de la charité... Non pas cette prétendue charité, qui n’est qu’un « tolérantisme indéfini..., que l’imdifférence pour la vérité, et qui légitime toute espèce de relâchement ». Non, mais la charité, « fruit de la foi..., substance du Christianisme », ‘et qui est comme « le ciment du Royaume de Dieu, au milieu des imperfections de la terre, de même qu’elle le sera au sein des gloires du ciel ».
C'est cette charité qui aurait prévenu les ruptures, partout où les points fondamentaux auraient été maintenus. Bien plus : où l’unité dogmatique et disciplinaire se serait brisée, la charité aurait redoublé d’efforts pour sauvegarder Punité morale. Toutes les portions de la Chrétienté, « divisées comme branches, seraient restées unies comme tronc. »
Dira-t-on que c’est là un idéal auquel la réalité ne correspond, ni ne correspondra peut-être jamais dans ce monde ? C'est possible. Mais outre que c’est le cas pour la plupart des préceptes évangéliques, le devoir de chaque Eglise, le devoir de chaque chrétien en est-il atténué pour cela ? | . Ge devoir de la charité, l’auteur lui donne, par une réminiscence biblique facile à reconnaitre, le nom de condescendance, et il montre, à l’aide de faits tirés de l’histoire