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De l'électricité comme agent de cautérisation dans le traitement des affections chirurgicales

M. le docteur Amussat fils adresse à l’Académie une note dans laquelle il fait connaître les résultats qu’il a obtenus en se servant de l’électricité comme agent de thérapeutique chirurgicale.

En employant un fil de platine chauffé à une température très-élevée, au moyen d’une batterie électrique composée de grandes piles de Bunsen, il a pu :

1° Cautériser l’intérieur d’une grenouillette du volume d’une grosse amande et en obtenir la guérison ;

2° Cautériser l’intérieur d’une cavité anfractueuse , occupant toute la face postérieure de la glande mammaire droite, chez une femme de 24 ans, et en obtenir la cicatrisation;

3° Cautériser extérieurement et intérieurement le col de l’utérus, dans les cas d’engorgement avec ulcération de cette partie de l’organe ;

4° Faire l’ablation de deux tumeurs cancéreuses, l’une

siégeant dans la paume de la main, et ayant 10 centimètres de longueur et 8 centimètres de largeur; l’autre, plus volumineuse encore , placée dans la région mammaire.

Pour l’ablation des tumeurs mobiles, il emploie le procédé suivant : soulevant la tumeur avec la main gauche, il en traverse la base avec une aiguille d’acier portant une anse de fil de platine ; lorsqu’elle est parvenue du côté opposé, il la retire en coupant l’anse métallique. 11 a alors deux fils distincts, dont les extrémités sont tenues en rapport avec les pôles de deux batteries électriques puissantes.

En tirant doucement les fds en sens opposé, il fait l’ablation de la tumeur; il reste ensuite une surface cautérisée, sur laquelle on applique d’abord des réfrigérans, et que l’on v panse ensuite avec des compresses trempées dans de l’eau simple, jusqu’à cicatrisation complète.

Le nombrp des éléments doit être tel, que les fds métalliques projettent une lumière très-vive, et l’on doit les tirer doucement, car à cette température ils se brisent facilement quand on sectionne la base de la tumeur ; on obtient ainsi une cautérisation suffisante de la couche de tissus placée au-dessous du fil.

(Extrait de VUnion médicale. 1853.)

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