‹ De l'électricité comme agent de cautérisation dans le traitement des affections chirurgicalesChapitre 2 sur 4 · FAITE A L’ACADÉMIE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

FAITE A L’ACADÉMIE DES SCIENCES

Dans la séance du 1 6 octobre 1 854 ,

Par M. le docteur A. AMU S S AT fils

J’ai employé d’abord, dit ce chirurgien, pour obtenir le calorique électrique, des piles de Bunsen de 21 centimètres de hauteur, réunies en batterie de 3 à 15. Une batterie de 15 couples, avec de l’acide nitrique du commerce et de l’eau acidulée marquant 15°, permet de porter au rougesombre un fil de platine du n° 27, d’un mètre de longueur. On peut élever à une température à peu près semblable un fuban de platine de môme longueur, d’une épaisseur inférieure au n° 36 de la filière ordinaire. Mais, pour obtenir une température plus élevée et nécessaire aux opéralions, je me suis borné à ne donner au fil que 20 à 25 centimètres de longueur. C’est l’appareil dont je me sers ordinairement.

Depuis ma première communication , j’ai fait l’ablation d’une troisième tumeur carcinomateuse, siégeant dans la région mammaire, en faisant subir au manuel opératoire une modification consistant à pédiculer la tumeur avec un instrument d’acier, au lieu de le faire avec la main, comme dans les deux premières opérations.

L’appareil se compose de deux fortes rainures droites ou courbes, garnies intérieurement de deux minces lames d’ivoire. L’une des pièces porte aux deux extrémités une tige droite en acier qui s’engage dans un trou percé aux extrémités de l’autre pièce , de manière à les empêcher de se renverser. De plus, deux anneaux oblongs traversés par

une vis plate, permettent de rapprocher les rainures et de les maintenir dans une position fixe.

La base de la tumeur étant placée entre les deux rainures et suffisamment comprimée , j’en ai opéré la section avec deux fils de platine du n° 27, de 25 centimètres de longueur, mis chacun en rapport avec une

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batterie de 1 5 éléments, de 21 centimètres de hauteur.

En considérant les résultats obtenus avec l’appareil décrit plus haut, j’ai pensé qu’en employant des piles de Bunsen plus puissantes, il serait possible d’appliquer l’électricité à l’amputation des membres. Réunissant dix couples de Bunsen, de 35 centimètres de hauteur, et employant les acides au degré de concentration déjà indiqué, j’ai pu faire rougir, dans l’étendue de 80 cen-

timètres, un iil de platine du n° 18 et un ruban du même métal du n° 32, de 3 millimètres de largeur et de GO centimètres de longueur. Mais, comme avec le premier appareil, je pense qu’il ne faut donner au fil ou au ruban de platine que 20 à 30 centimètres de longueur , pour qu’il soit à une température plus élevée et plus convenable pour le but que l’on se propose.

A l’aide de cet appareil j’ai pratiqué sur la nature inanimée, suivant les méthodes circulaire et à lambeaux, la section des chairs de la cuisse et du bras d’un adulte. La section de l’os faite avec la scie, jJen ai cautérisé la surface avec le ruban de platine. J’ai pu également, à l’aide du ruban de platine porté à une très-haute température, avec le même appareil, calciner circulairement les couches externes d’un fémur, et carboniser les parties internes de manière à obtenir la rupture de cet os par un léger effort. Je pense, néanmoins, qu’il est préférable de carboniser la surface de l’os scié plutôt que de vouloir en obtenir la rupture uniquement par l’électricité.

J’ai cautérisé circulairement la base d’une tumeur liémorrhoïdale à l’aide d’une pince en ivoire, dont les baguettes,

articulées à l’une de leurs extrémités, sont traversées par un mince ruban de platine de 3 millimètres de largeur, fixé par un petit anneau à l’articulation de la pince.

La malade s’étant placée dans la position ordinaire , j’ai introduit dans le rectum la pince fermée, en l’entr’ouvrant vis-à-vis de la tumeur; celle-ci s’y est engagée, et je l’ai comprimée de manière à la maintenir dans une position fixe. Mettant alors les deux extrémités du ruban de platine en rapport avec une batterie composée de 6 piles de Bunsen de 35 centimètres de hauteur, j’ai pratiqué la cautérisation circulaire de la base de la tumeur en quelques secondes. Cette opération pourrait se faire également avec 12 couples de Bunsen de 21 centimètres de hauteur et un ruban de platine très-mince.

Enfin j’ai cautérisé avec l’électricité le col de l’utérus dans un cas de névralgie de cet organe.

Pour apprécier l’intensité du calorique électrique développé dans une étendue donnée, je me suis guidé sur l’éclat lumineux plus ou moins grand du fil ou du ruban de platine.

Pour opérer la section des tissus, j’ai toujours trouvé avantageux d’imprimer au fil ou au ruban de platine un mouvement de va-et-vient, semblable à celui d’une scie.

Si le ruban de platine pouvait être dirigé aussi facilement que le fil de ce métal du volume correspondant, je pense qu’il lui serait préférable, surtout sous le rapport hémostatique.

J’ai employé comme conducteurs, pour mettre le platine en rapport avec les pôles de la batterie, de minces rubans de cuivre recouverts de soie.

Il m’a semblé très-avantageux de placer la batterie électrique le plus près possible du lieu de l’opération, sans incommoder le malade, afin de donner aux conducteurs moins de longueur, et d’éviter la déperdition du calorique électrique.

Tels sont les moyens que j’ai employés, et les principes que j’ai suivis dans l’application de l’électricité.

(Extrait de V Union médicale, 1854.)

PORTE-CAUTÈRE GALVANOCAUSTIQUE

La galvanocaustique, quoique de date récente, a rendu déjà assez de services à la thérapeutique chirurgicale pour

que son avenir soit assuré. Mais pour qu’un agent devienne d’une application générale, il doit être facile à employer, et les instruments qu’il nécessite simples et peu nombreux.

M. Grenet, en inventant un appareil électrique peu volumineux et cependant très-puissant, a rendu un grand service. Il était nécessaire que l’appareil chirurgical fut en rapport avec l’appareil électrique.

M. le docteur Amussat, qui depuis 1853 s’occupe de l’application de la galvanocaustique, a cherché à simplifier l’appareil instrumental. Dès l’origine, notre confrère a compris qu’il était important d’avoir un porte-cautère, sur lequel on put monter les pièces en platine qui servent à la cautérisation.

Nous avons examiné avec intérêt les différents essais qu’il a tentés dans ce but, et nous donnons ici le dessin, demi - grandeur , de l’instrument qui lui a fourni les meilleurs résultats.

Il se compose de deux tiges de fer quadrangulaires B, terminées par deux cylindres A, fendus

suivant leur axe, à leur extrémité libre. C’est dans ces fentes que s’introduisent les différentes pièces en platine, destinées à la cautérisation, deux coulants C, servent à serrer les pinces et à maintenir les cautères complètement fixes. Les deux tiges métalliques sont isolées par une lame d’ivoire L, et assujetties par un manche composé de deux pièces d’ébène M. De plus, notre confrère enroule autour des tiges un cordonnet desoie, qui les maintient solidement unies, et complète l’isolement. Les extrémités O s’adaptent aux conducteurs du docteur Middeldorpf, avec ou sans interrupteur. M. le docteur Amussat a fait disposer les conducteurs du chirurgien de Breslau, de manière à pouvoir les mettre en rapport avec la pile de M. Grenet.

(Extrait de la Gazette des hôpitaux, 1865.)

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