‹ De l'électricité statique en médecine [microforme]Chapitre 1 sur 7 · DE L°ELECTRICITE · texte numérisé non relu

DE L°ELECTRICITE

: dant ces dernières années. Cela tient-suivant nous à deux causes : Ÿ 1° A l'éducation même du médétin :

Ë 2° A l'indifférence raisonnée de celui-ci; soit qu'il ait pris l’ha- | “bitude de cousidérer ces applications comme des passe-temps sans M « onséquence,soit que des auteurs trop trunscendants, trop techniques,

k rop mathématiques et surtout trop exclusifs, l’aient découragé dans

L: ette étude, les uns n’attribuant d'effets heureux qu’à la franclinisa-

Mion, d’autres qu’à la galvanisation, à la faradisation, etc. La vérité

| “est dans l’éclectisme, la combinaison, l'emploi simultané ou successif

“des diverses modalités électriques. Cet exclusivisme de certains au-

“teurs pour l’élecirothérapie elle-même en général fait que beaucoup

e médecins considèrent encore celle-ci comme une spécialité, alors

‘au’ elle mérite certainement de prendre place, et une grande place,

ia l'arsenal thérapeutique de tout praticien. Il arrive donc assez

L CAT, ASE

souvent que, your les deux raisons déjà mentionnées, les nécessités journalières l’emportant sur une conviction à psine assise, le médecin néglige l'électricité, l'oublie, arrive même à la déconseiller, parcequ'il ne peut se mettre dans le cas désagréable d'être obligé d'appliquer un remède dont il ne connaît que vaguement la théorie et la pratique.

Avant d'entrer dans le vif de notre sujet, nous tiendrions à mettre en regard les divers générateurs d'électricité et dire un mot de leurs réactions physiologiques respectives. Ces appareils se divisent en 4 classes :

1° Les thermo-électriques.. Nous ne mentionnons ceux-ci que pour les nommer, car leur faible”! intensité et leur force électromotrice presqu'insignifiante les éxéluent des applications courantes. Les physiologistes ne les emplotent que dans des cas extrêmement rares, le plus souvent pour coythhitre la température des couches profondes de l’économie, Ve

2° Les piles hydro-électriques, ou électro-générateurs à liquide, Dans ceux-ci, c’est l’action chimique qui développe le courant ; la pile d’ailleurs est une machine, dif sert à transformer l'énergie chimique en énergie électrique. Deux qualité indispensable en médecine est la constance. Ces appareils äbitent donc directement ce qu'on appelle le courant constant et edñtinu, ou em un mot le courant galvanique dont le caractère spécial consiste en beaucoup d'intensité (on emploie thérapeutiquement jusqu’à 250 milliampères et plus) et peu de tension ; ii peut être également obtenu au moyen des accumulateurs et par l'emploi des machines dynamos. Appliqué au malade ce courant ne produit ni choc, ni douleur, à moins qu’on ne l'interrompe artificiellement au moyen d'un rléotome ou du manche interrupteur ; si le courant est faite le patient ressent à peine quel- ‘que chose, s’il est fort il se traduit alors par une sensation de brûlure. Cotte modalité électrique de la galvanisation, si puissante en elle-même, donne les effets les plus marqués, mais il n'entre pas dans le cadre de ce travail de faire la description de ceux-ci. Les piles on réunions de piles (batteries) les plus employées en électrothérapie

À sont celles au sulfate de cuivre, au bichromate de potasse, au chlorhydrate d’anmoniaque, au bi-sulfate de mercure et enfin au chlorure d'argent ; le nom de piles sèches que l'on donne couramment à ces dernières n’est justifié qu'en ce sens que le composé chimique est hermétiquement renfermé dans une boîte métallique (élément) facilement démontable et transportable, Leur important avantage est de s'améliorer avec le temj:s comme aussi d’être à l'abri de la corrosion

et de toute perte du l'quide. Voici un de ces blocs hermétiques. Fig.i

Fig. 1 Batterie à combinaison (galvanique et faradique avec milliampèremètre et rhéostat.—25 éléments galvaniques, à chlorure d'argent. Force électromotrice de la partiegalvanique 25 volts, intensité jusqu’à 250 milliampères.

3° Les machines d'induction. Celles-ci réunissant quelquefois la force électromotrice des machines statiques à une intensité souvent supérieure à celle des piles à liquide, l'énergie électrique qu'elles

OU eee

engendrent est considérable. Les appareils d’induction sont nombreux mais peuvent se'classer tous dans les 3 groupes suivants :

a) Appareils volta-faradiques ; type bobine de Faumkorff et la plupart des batteries faradiques. Les courants fartdiques sont ainsi nommés parce qu'ils sont dus à des phénomènes d’induction découverts par Faraday en 1831 ; ils sonx de fait alternatifs. La source d’électriciué galvanique (dans la classe des volta faradiques) est la pile qui envoie dans la bobine (ou transformateur) ce qui s'appelle le courant primaire ; le courant induit que l’on recueille s'appelle le courant secondaire et les bobines correspondantes portent les mêmes. noms. Pour interrompre périodiquement le courant fourni au primaire, les appareils employés. pôur la faradisation portent le plus souvent un trembleur dont la.forme peut être quelconque : celui-ci effectue en moyenne de 60 à &0': Vibrations par seconde. La propriété physiologique caractéristique, des courants faradiques est donc de produire brusquement et par Sütéades les différentes excitations. 9trices et sensitives ; leur tensiôrr Étant souvent très haute, ils se rapprochent ainsi plutôt de ; l'électaigité franklinienne que du galvanisme et leurs effets électrolytique’ sont naturellement presque nuls. Voici deux types très en vogue ds machines de ce premier groupe : dans la première (fig. 2), qui.est très portative comme vous voyez, un seul élément (à chlorure d'aigent) de la force électro-motrice de 1 volt développe le courant d’induction dans la bobine ; pour établir celui-ci on n’a qu’à faire le contact du bloc chimique avec les armatures que voici et qui communiquent avec la bobine, le trembleur est mis en action par le même mouvement. L'autre appareil (fig. 3) est à deux éléments et possède en outre un rhéostat ou contrôleur du courant, qui permet de graduer celui-ci suivant la susceptibilité sensitive du sujet. Des commutateurs spéciaux amènent à volonté le courant primaire ou le courant induit ou les deux réunis. Au point de vue tant de l’économie que de la commodité cesinstruments

méritent considération, car chaque élément individuellement vit cent

heures et peut être facilement échangé par la malle, pour un prix

modique.

Fig. 2 Batterie faradique à 1 élément.

F-E--M —— 1 voit

(b) Appareils magnéto-faradiques, dans lesquels l'induction est développée à l’aide d’aimants permanents. Les courants induits de cette famille possèdent une tension et une intensité moyennes. Tls

Fig. 3 Batterie faradique à 2 é éments, avec rhéostat F—E-—M — 2 voits

sont d’ailleurs continus ou alternatifs selon les dispositions adoptées. par le fabricant. C'est le type des machines faradiques à manivelle.

Les appareils faradiques sont les plus répandus généralement.

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parmi les médecins ; ce sont aussi ceux dont on se sert le plus intempestivement et sans connaissances électrologiques suffisantes,

(c) Appareils dynamo-électriques. Ils diffèrent des magnétos en ce que les inducteurs, au lieu d’être constitués par des aimants permanents le sont par des électro-aimants,

Ces caractères différentiels et ces préliminaires étant posés, £ ordons maintenant l'étude.

4° des machines électro-statiques. Elles fournissent peu € intensité où ‘ampérage” mais jouissent en revanche d’une haute force électromotrice, 50,000, 66,000 volts, ete. On appelle franklinisation l'application de l'électricité statique, prise sous une forme queleunque, au corps de l’homme dans un but thérapeutique. Comme s:n nom l'indique, s’est en souvenir de celui qui a, l’un des premiers. étr lié ces phénomènes que cette méthode a été nommée ainsi. C'est la forme de l’énergie électrique qui, la première, a été connue et qui, par conséquent, a été essayée sur le corps humain. Elle fut tour à-tour employée comme panacée universelle, puis délaissée ; actuellement elle semble devoir prendre en thérapeutique, la place légitime, dépouillée de toute exagération, qui lui convient, Il ne faut pas remonter à plus de 150 ans pour trouver les premiers essais en électrothérapie statique ; on ne connaissait du reste à cette époque que l’électricite obtenue par le frottement. Nous ne ferons pas l’historique fastidieux de cette question, qu'il nous suffise de dire que ce mode de traitement a surtout été remis en honneur par les belles expériences et les heureux résultats obtenus à la Salpètrière, à Paris, par l'élève de Charcot, le Dr. Vigouroux. Nous mentionnerons, à titre de souvenir, les machines de Ramsden, de Nairne, etc. qui peuplent encore les cabinets de physique mais qui ne sont guère susceptibles d'aucun usage médical ; celles de Holtz et de Carré offrent beaucoup plus d'avantages à ce dernier point de vue, cependant, de toutes, c'est la mackine Wimshurst qui est aujourd’hui incontestablement reconnue comme la meilleure, en électrothérapie du moins. Fig. 4°”

Fig. 4 Machine de Winshurst modifiée par Bonetti Modèle No 6, Rodiguet—Longueur diamétrale des plateaux.—Om, 55

DESCRIPTION DES APPAREILS En frottant un bâton de verre ou de cire, »n ne peut produire que de très petites quantités d'électricité, et les phénomènes auxquels donne lieu celle-ci, développée de cette manière, ne se manifes-

Med

tent qu'à un faible degré. Pour obtenir des effets plus puissants on se sert de machines dites à frottement dont le type est celle de Ramsden bien connue. Dans la machine de Holtz l'induction seule intervient, il n'y a pas de frottement proprement dit, celle de Winshurst fonctionne aussi par des effets d’inflrence. Il faut généralement amorcer la plupart des modèles de ces appareils pour obtenir leur fonctionnement, c’est-à-dire leur commnniquer un commencement de charge que le mouvement dévelor pe et. amplifie par des actions inductrices qui se succèdent et s'ajoutent : ce sont les machines dites à influence c'est-à-dire où il y a création d’un champ électrique et où les phénomènes d'influence servent à faire la transformation de l'énergie mécanique en énergie électrique. La machine à secteurs Métalliques s'amorce toutefois d'elle-même après quelques tours.

La machine Wimshurst modifiée se compose essentiellement de deux plateaux, en ébonite ou en verre, sur la surface extérieure desquels sont placés des balais frotteurs multiples (qui remplacent avantageusement les secteurs d’étain de l'avant dernier modèle, comme nous le verrons plus loin), au lieu d’un seul, «ttachés à chaque conducteur diamétral. Ces deux plateaux sont animés, l’uh par rapport à l’autre, d'un mouvement de rotation en sens inverse ; dans ce mouvement coux-ci sont amenés en contact avec les balais frotteurs qui

sont supportés par une tige appelée conducteur diamétral ou porte-

balais, puis ils passent en regard des Peignes (tige recourbée en U que vous voyez) dont les dents sont ici remplacés par deux petites lames de clinquant. Les peignes constituent avec les excitateurs, et les condennateurs qui peuvent y étre adjoints, les conducteurs ou pôles de la machine ; ils sont soutenus par deux manches isolantsen verre adaptés au socle de l'appareil. La position des balais est importante : ils doivent être placés de fagon que le sens de rotation des plateaux tiille du peigne au balai qui est le plus rapproché de lui : le conducteur diamétral doit être incliné de manière que sa partie supérieuze se trouve placée à gauche, en regardant séparément les faces extérieures des plateaux.

MN APM

Maintenant quelles sont les conditions que doit remplir une bonne machine statique médicale ? les voici: 1° elle doit pouvoir fonctionner à toutmoment, elle ne doit donc pas être sensible aux variations de l’état hygrométrique de l'air ambiant ; 2° elle ne doit pas exiger une forte dépense d'énergie mécanique ; 3° elle doit avoir un grand débit et porter ses conducteurs à un haut potentiel. Il ne faut jamais uon plus perdre de vue que les effets thérapeutiques produits par la franklinisation dépendent de la quantité d'énergie électrique appliquée au malade. On doit donc chercher à augmenter le débit autant que possible et à obtenir des étincelles qui, quoique longues, ne soient pas microscopiques comme épaisseur, la machine n'étant pas pourvue de ses condensateurs. C'est pour cette raison que la machine Wimshurst modifiée par Bonetti, modèle que vous voyez ce soir, mérite la préférence. Cette modification consiste à supprimer les secteurs d'étain et à mettre des balais frotteurs multiples à chaque conducteur diamétral, au lieu d’un seul ; dars ces conditions, dit M. d’Arsonval en présentant la machine ainsi transformée à la Société française de physique (février 1894), le débit de la machine et son potentiel sont augmentés. Si l’on prend, en effet, deux machines semblables, une avec secteurs, l’autre sans secteurs, on constate à la bouteille électrométrique de Lane que le débit dela machine sans secteurs est de deux à quatre fors plus fort que celui de la machine primitive. De plus, le renversement de la polarité en marche n'est nas à craindre avec ce dispositif. La machine ne s'amorce pas seule, nais c’est là un avantage qui permet de changer sa polarité. Pour l’amorcer, en effet, quand elle est en mouvement, il suffit de placer le doigt à la partie supérieure d’un des plateaux ; si l'on veut renverser instantanément la polarité de la machine, il suffit de placer le doigt au même endroit sur le plateau opposé. ‘Cette propriété, dit encore M. d’Arsonval, offre donc un grand avantage en électrothérapie car elle permet de changer la polarité, en marche, sans avoir rien à changer dans les connexions reliant le malade à la machine.”

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