GALVANISATION PAU COURANTS CONTINUS
(l'«''l('('tii.satioii a|)i)licjil)Ii; aux paralysies an gnix-ral. .le savais, en en('l,(|ue,(lès 179'), Al. de Iluiiil)ol(l avait oiiv(;rt la voie de la ^'alvaiiolliéiapie par une expérience (pi'il lit sur lui-même et (jui est trop coimiie pour la relater ici (l], et [)ar rim[)ulsioii (ju'il imprima à ces ex[)eriences. Je savais ([u'immédiatemeiit après la découverte de la pil(î de Volta les courants galvanicjues avaient été appliciués, en xVIlcmagne, au traitement de (juektues paialysii-s et alleclions nerveuses jusqu'en 180^ ou 1805, et que ces essais lliérapeuti([ues avaient été repris en 1823 par Aldiin et ensuite par Nobili et Matteucci(2j.
Il me seml)lait (pie les découvertes des Galvani, Volta, Ritter, llumbolt, Leliot, et, depuis 1827, celles des Marianini, Nobili, Matteucci, pouvaient, seules, fournir les éléments d'une électrothérapie rationnelle. Ces travaux nous avaient appris (jue chez les animaux on peut anéantir ou diminuer l'excitabilité d'un nerf, et en même temps paralyser un membre placé sous sa dépendance, en prolongeant pendant un temps doimé le passage d'un courant continu et d'une certaine intensité dans ce nerf; que par un courant intermittent direct ou inverse, dirigé sur ce nerf ainsi modifié dans son excitabilité par le courant continu, on peut agir sur la contractilité ou sur la sensibilité; ([ue l'on peut enfin rétablir l'excitabilité de ces mêmes nerfs en les taisant traverser par des courants en sens contraire (alternatives voltianes).
De ces faits principaux établis par une série d'expériences faites sur les animaux, M. Matteucci avait cru pouvoir tirer des déductions électro-thérapeutiques. Je n'en citerai que les plus importantes. En parlant de l'application des divers courants galvaniques au traitement des paralysies, cet habile expérimentateur dit : « Nous pou- » vous admettre ([ue dans quelques cas de paralysies les nerfs du » membre sont altérés d'une manière analogue à celle (jui y serait » produite par le passage continu d'un courant électrique. Nous
le pôle positif étant rapproche des centres nerveux, et le pôle négatif étant plus près des extrémités nerveuses. Pour le courant inverse (centripète , ascendant) les pôles sont intervertis.
(1) 11 l'a rapporté dans une brochure intitulée : Versuche iibcr die gereisle mnykel und ncrven faser. Posen et Berlin , 1797, p. 324.
(2) Voici les principaux auteurs qui, de 1797 à 1823, ont expérimenté Taclion thérapeutique des courants galvaniques. — Loder, Journal fur chirurgie, t- lïl ; — Grappengiesser, Versuche des galvanismes zurheilung einiger Krankheilen auzuitucnden, Ucrlin, 1801; — Augustin, Versuch cincr Volslacndigen System. Gcschichie ; — Struvc, System Jer medicinischen eleclricitiit Ihcre mit liitckisicht auf den Galvanismus, Breslau et Leipzig, 1802;— '.1. Aldiui, Essai Ihcoriiiuc et e.rperimeiUal sur le galvanisme^ Paris, 1804.
lOi r.()NSii)i:iuTi(i\s iiisr()ui(Mii:s i;r cuitioiiks.
» avons vu (pic ])()iir rcndi-c à un nci-f (pii a poi-dn, par 1(* passaj^'^ '» (In courant, son ('xci(al)ilit«'; par iv courant, il tant a^^ir sur lui » ovrr un courant ilirifjr en sens anUniirt'. De UM'inc, pour taii'c cesser » la j)arnl\sic, on devra faire passer un courant en sens contiaire ji » relui (pii aurait pu l(; produire. On voit |)ar la (pK; nous sup])osons » (pu' la i)aralysie (pi'on doit sctuniclliv au Ir.nlenient électrique est » de Fuouvement ou de sensihilite séparément. Ainsi, pour la j)ara- » lysi(; du mou veinent c'est I(î nnnuint inverse cpii seia ap[)li(pu'*, « tandis que })our la paralysies du sentiment on devra np[)liquer le » courant direct. Dans le cas de i)aralysie complète, il n'y a |)lus » aucune raison pour se décider à applic^uer le courant plutôt » direct ({u'inverse (1). »
§ I. — Action |»li2rNiolo;;i(jiic des courants continus, directs ou inverses, diri;;cs dans les nerfs «le l'Iioninie sur la Hcnsihilitc ou «îur la coniractilitc musculaire.
Je vais exposer les reclierclios expérimentales que j'ai faites pour juger la valeur des déductions thérapeutiques précédentes (2).
Avant de conclure des expériences faites sur les animaux, à l'action thérapeutique des courants continus sur l'homme malade, il m'a paru ({u'il était plus rationnel d'examiner si les phénomènes électro-physiologiques, observés dans les vivisections, se produisent chez l'homme sain. Mais comment diriger un courant dans un nerf, sans le mettre à nu? Personne n'oserait tenter assurément une pareille opération chez l'homme, dans le but unique de se livrer à des recherches scientifiques. L'électro[)uncture traversant des organes de nature différente et produisant des phénomènes complexes, ainsi que je l'établirai bientôt, ne peut servir à l'étude de l'action des courants continus sur les troncs nerveux. Il est aujourd'hui parfaitement établi, d'après mes rechercbes, que sans piquer ni inciser la peau, on peut limiter à volonté l'action électrique, ou dans la peau, ou dans les organes sous- cutanés; que par certains procédés l'excitation électrique peut arriver dans un nerf, sans agir sur la peau qu'elle traverse.
Certain, dès lors, de limiter l'action électrique dans les principaux troncs nerveux, j'ai étudié, sur un assez grand nombre de sujets, l'influence des courants continus sur la contractilité et sur la sensibilité. J'ai agi principalement sur les nerfs médian ou pophté
(1) Loc. cit., p. 266.
, (2) Ces reclierches publiées dans un mémoire adressé en 1852 à la Société de médecine de Paris, ont été reproduites dans la précédente édition.
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iiilcriKîoii externe, en variant les expérieiKU's. Tantôt les rliéopliores étaient placés sur le ti-ajet de ces nerfs dans les points on ils sont sous-( iitanés, à 2 ou ii centimètres de distance l'un de l'autre, et tantôt ils étaient aussi éloignjs (pie possible, en mettant, par exemple, l'un sur le plexus brachial ou sur le plexus ^acré, à travers la paroi posl»M-ieure du rectum, et l'autre sur la continuité des nerl's. Les l'Iiéopliores étaient placés de manière à ne se trouver en rapport (ju'avec la surface des nerfs.
Il est démontré, par de nombreuses expériences faites sur des animaux, qu'un courant continu manifeste son intluence spéciale sur la contractilité ou sur la sensibilité, selon la direction dans hicpielle il parcourt un nert dans le sens longitudinal, lors(pie l'excitabilité du nerf a été diminuée antérieurement par l'action plus ou moins prolongée d'un courant continu.
Pour connaître l'influence d'un courant continu, chez l'homme sain, il faut donc (jue l'excitabilité de ses nerfs ait été préalablement modihée par ce courant continu. Dans ce but, je me suis d'abord servi d'une pile à auges (de Cruikshank), composée de soixante couples, et j'ai fait passer dans les nerfs, pendant vingt à trente minutes, les courants qui en provenaient. Cet essai n'ayant produit aucun résultat, j'ai pensé qu'un courant plus puissant et plus constant pourrait diminuer l'excitabilité des nerfs de l'homme; j'ai employé alors une batterie composée de trente piles de Bunsen. Dans toutes ces expériences, j'ai toujours eu soin d'éviter la contraction de fermeture en procédant comme je l'ai déjà dit précédemment (voy. la note de la page 10). Après vingt à trente minutes d'action du courant continu de cette puissante pile, quelle qu'en fût la direction, je n'ai pas remarqué que l'excitabilité des nerfs eût diminué. En effet, les contractions des muscles animés par ces nerfs étaient aussi énergiques, sous l'influence du courant intermittent, après qu'avant l'expérience; les sensations étaient toujours aussi fortes et les mouvements volontaires étaient restés intacts.
Dans toutes ces expériences pratiquées sur l'honnue sain, je n'ai pas obteim de contractions sans sensations, et vice versa.
Depuis bientôt quinze ans que je pratique chez l'homme la l'aradisation avec des courants intenses et avec des intermittences rapides, tantôt sur des nerfs, tantôt sur des muscles, je n'ai pas remarqué une diminution notable de l'excitabilité de ces nerfs ou de ces organes, bien que souvent je n'aie pas interverti les pôles ; jamais je n'ai affaibli les mouvements volontaires.
Si je n'ai pu diminuer artificiellement l'excitabilité des nerfs de l'homme, j'ai eu du moins roccasion d'observer certaines paralysies
10() rONSIDKHATIONS niSTOUIQljKS KT CIUTIOUKS.
dans l('S(iuellcs les iicrls et nu'nxî les iniis(;lcs avaient j)(;i(lii uno partie de leiirexeitahilité. Kli hieii, dans ecs cas, le courant inveis(; li'afîit pas plus snr la contraetilil^'^ (jne le eoinanl direct sur la sensibilité. Kn soumettant C(!s nerfs à l'aclion d'ini courant continu, je n'ai [)as menu; aboli leur excitabilité. Si je diri^a-ais sur ces mêmes nerfs un courant intermittent rapide, la païaUsKî des mouvements volontaires ne paraissait pas auf^nnentee.
Imi résumé, chez riiomme il l'élat normal : 1° un ((jurant continu prolongé dans un nerf, pendant vingt à trente minutes, ne diminue pas son excitabilité; 2" si l'on dirige un courant intermittent, centrifuge ou centripète, dans un nerf dont rexcital)ilité est normaUî ou dont l'excitabilité est diminuée sous l'influence de certaines paralysies, on observe toujours les mêmes phénomènes, savoir : des contractions et des sensations. Jamais l'un ou l'autre de ces deux courants direct ou inverse n'agit d'une manière spéciale sur la sensibilité ou sur la contractilité (1).
Je ne cberclierai pas à expliquer la différence des résultats obtenus dans les vivisections et dans mes recherches faites sur l'homme à l'état normal. Il me semble que les faits que j'ai observés tendent à démontrer qu'on ne peut pas toujours conclure des animaux mutilés â l'homme sain.
Ces résultats m'ont causé un véritable désappointement, car je m'attendais à observer chez l'homme les phénomènes signalés par Marianini, Nobili et Matteucci , et leurs prédécesseurs, dont les expériences me paraissent cependant des plus concluantes.
On dira, sans doute, que si j'avais dirigé sur les nerfs de l'homme un courant continu plus intense, j'aurais pu diminuer ou anéantir leur excitabilité. Mais cette objection pourrait m'étre faite encore si j'avais expérimenté sans succès avec une batterie puissante. Et qui voudrait tenter une pareille expérience sur l'homme? Qui voudrait se prêter à des expériences aussi douloureuses, capables de produire à la peau des vésications et des eschares?
On m'objectera encore que je n'ai pas expérimenté dans les mêmes conditions et que j'aurais dû faire passer les courants dans des nerts mis à nu. Mais j'ai démontré que j'agis aussi sûrement à travers la peau que sur les nerfs dénudés et isolés. Mon procédé me paraît même préférable à celui qui a été employé par Matteucci et
(1) J'ai formulé des conclusions presque semblables dans un mémoire que j'ai présenté eu 1848 à rAcadémie des sciences. Mais alors je n'avais pas encore essayé, dans mes expériences, de diminuer l'irritabilité des nerfs en les soumettant à l'influence d'un courant continu puissant.
GALVANISATION PAU COUUANTS CONTINUS CHIiZ i/nOM.ME. 107
ses prédérossours; cai* la mutilation (l'iiii nerf et son coiita('t avec l'ail' ])('iiV('Mt avoir une certaine inlluenee sur sa vitalit('; ou son excitabilité.
§ II. - Action thérapeutique des eoiirantN eontiniiN, dirl;;é»> sur les nerf»« de riioiiiiiie.
En présence de ces résultats négatifs, on conçoit que les déductions électro-tIiérapeuti([ues de Matteucci n'aient ])lus de valeur. Cependant j'ai voulu en avoir la preuve, en soumettant les paralysies du mouvement à l'influence des courants continus, inverses, ainsi (pi'il le conseille. Par l'observation sévère de ces principes de galvanisation musculaire, je n'ai pas modifié plus heureusement les paralysies, <[ue lorsque j'excitais les troncs nerveux dans leur continuité, sans m'astreindre à aucune règle sur la diiection des courants.
Il ressort aussi de mes recherches, que le courant direct est complètement impuissant contre l'anesthésie musculaire et cutanée, de même que j'ai vu ce courant n'exercer dans l'état normal aucune influence spéciale appréciable sur la sensibilité.
Les considérations critiques que je viens de consacrer à l'influence de la direction des courants sur les nerfs de l'homme, soit dans l'état physiologique, soit dans l'état pathologique, étaient d'autant plus nécessaires que les doctrines de M. Matteucci et des physiologistes, en général, ont eu un grand retentissement et ont exercé quelque influence sur la pratique de l'électrisation. En eflét, les médecins, ceux surtout qui se livrent à des recherches scientifiques, attachent une grande importance, pour la galvanisation pratiquée chez l'homme, à la direction des courants dans la continuité des nerfs.
En résumé, l'action physiologique ou thérapeutique de la direction d'un courant conthui dans les nerfs est complètement illusoire chez l'homme.
Faisant aJ)3traction de la direction des courants, peut-on es[)érer, du moins, que la galvanisation musculaire, pratiquée })ar l'intermédiaire des troncs nerveux, modifiera l'état de la paralysie? Les recherches que j'ai faites sur ce sujet m'ont démontré ([u'eii général ces paralysies ne sont pas modifiées d'une manière très notable i)ar ce mode de traitement.
Les faits et les considérations électro- physiologiques et électrothérapeutiques exposés dans cet article, ont fait le sujet d'un travail publié en 1852, et ont été reproduits dans la précédente édition. Mais depuis lors, M. Remak a de nouveau expérimente l'action des
lOS r.oNSiDKiiAïioNs iiisToiiigiii'S i.T ciirrinrK-;.
coiiniiils contiiiiis et coiistanls sur les iici fs de riioiniiic sain et (Ir riKtiimic inal;((l<': il dit avoir (Ic'coiivcit des lails cIcclio-pliy^M)l()i;i(jii('s (|iii \w me paraissent [)as ciicorr (h'-Mioiitiés, et (jiii, si l(îur existence était réelle, n'ont ni la pnilée ni rinijxntance prati(|iie (pi'il leui' donne.
On savait (pie rélertrieité j^^alvaiiicpie jouit (l<' la propriété de provixpier une contraction lîiusculaire ii lu lerrnetui'e et il l'ouverture du courant, la preniière plus forte que la seconde. On avait dit (jue dans l'intervalle de ces deux temps le contant continu ne produisait pas de contractions. Quant à moi, j'avais seulement constaté l'existence de contractions tibrillaires, oscillatoires et irrégulières, dans les muscles du membre parcouru par un courant continu, constant et puissant. Lorscjue j'avais applicpié des rhéoplioies humides sur le nerf médian, l'un au niveau du bord interne du biceps, l'autre à son passage au pli du bras, j'avais noté, outre la vive douleur cutam^e et pi'ogressive au niveau des rliéopliores, au point d'être bientôt intolérable, outre des fourmillements et des picotements qui se taisaient sentir dans le trajet de ce nert, jusqu'à ses dernières ramifications dans les doigts, j'avais noté, dis-je, l'existence de ces mêmes contractions oscillatoires dans les muscles animés par le médian.
M. Remak a été plus loin : il croit avoir observé dans des expériences analogues aux miennes et faites sur le nerf médian de l'homme sain, avec une pile de trente couples de Daniel, des contractions continues qu'il a appelées contractions galvano-toniques , tantôt dans les muscles placés sous la dépendance de ce nerf, tantôt et ordinairement dans les muscles animés par Vantagoniste du nerf médian, le nerf radial !
Pourquoi donc n'a-t-on pas observé ce singulier phénomène dans les expériences galvaniques que j'ai faites publiquement sur les nerfs de l'homme? C'est que, sans nul doute, j'ai toujours vu la douleur vive et croissante, produite par le contact des rhéophores, provoquer des mouvements involontaires de tlexion ou d'extension des doigts, comme si les sujets avaient voulu se soustraire instinctivement à cette douleur, mouvementsquidevaient masquer les contractures galvaniques, quand elles existaient. Et puis ces dernières ne se seraientelles pas développées, dans mes expériences, parce que j'ai toujours évité la contraction de fermeture, comme je l'ai déjà dit, ou parce que les rhéophores étaient trop rapprochés l'un de l'autre ? M. Remak, en effet, applique l'un de ces rhéophores au niveau du poignet et l'autre au pli du coude, tandis que, en général, je les ai tenus éloignés l'un de l'autre seulement de 2 ou 3 centimètres.
r.ALVANISATION PAR COURANTS CONTINKS CUKZ L'iIOMME. 109
Pour apprécier lu valeur (h; celle explication, j'ai j^alvaiiisé bien des fois le nerf niédiaii, d'après l(^ [)roc«''(lé iii(li(pié par iM. Hernak, et en nie plaçant dans les mêmes (conditions que lui, et je déclare que je n'ai pas observé autre cliose (pie les mouvements instinctifs de flexion ou d'extension des doi^^ts ou du poignet, et (piehiuefois de flexion de l'avant-bras sur le bras, les mêmes qui s'étaient produits dans mes expériences antérieures, et qui s'expliquent très bien par la douleur liorril)le et intolérable causée par l'action locale des rliéopliores sur la peau. M. Remak reconnaît si bien (pie ces mouvements instinctifs se produisent dans cette expérience qu'il a écrit (1) : « Il est, à la vérité, difficile pour beaucoup de personnes de pouvoir s'abstenir de faire agir leur volonté de manière (jue l'action reste privée des influences qu'une telle innervation (engendre au moment de l'entrée de ce ménic courant. »
J'ai voulu, ainsi que d'autres personnes qui se sont prêtées à cette expérience, me roidir contre la douleur et empêcher ces mouvements instinctifs; mais alors nous n'avons pas vu se manifester dans les mus(!les animés par l'antagoniste du nerf excité, les prétendues contractions galvano-toniques de M. Remak. Une fois seulement, dans une des exp(Tiences (pie j'ai faites publiquement, nous av(^ns vu la contraction de fermeture se prolonger dans les muscles pla(;és sous la dépendance du nerf médian excité dans la science, phénomène qui n'est pas aussi nouveau qu'on semble le dire.
« Le développement de contractions toniques est (dit M. Remak) ordinairement favorisé par les mêmes circonstances qui facilitent la contracion de fermeture, c'est-à-dire une appli(;ation subite et prompte des rliéopliores sur les nerfs. » J'ai vu, en effet, les mouvements du poignet et des doigts se montrer au moment de la fermeture du courant, persister quel([uefois, mais pendant un temps assez court (phénomène antérieurement observé par Ritter). Il y avait certainement alors complication de phénomènes, à savoir : la contraction due à la fermeture du courant et la contraction produite par la douleur, ou par le passage du courant selon M. Remak. Pour éviter la contraction de fermeture, j'ai fait passer le courant à travers une couche épaisse de li(pnde, de manière (pie sa fermeture ne produisait pas de contraction; puis j'ai augmenté progressivement ce courant, à l'aide du procédé indiqué précédemment (page 10), jusqu'à ce ([u'il arrivât dans tonte sa force; et jamais alors, si nous ein[)êchions les mouvements instinctifs occasionm^s par la douleur, nous n'avons observé d'autres contractions ([ue des contractions fibrillaires, oscillatoires.
(I) Galvanotlicrapie. Paris, 18(i0, in-8, p. o6.
110 CONSIDÉnATlONS IIISIOHIOUKS F.i CHIiiyUKS.
Im) it-simu', il rcssorldr mes propiv s (:\jH''ri('iic(!s (laites pour la plupart j)iil)rKiiH'in<Mit) et des (H)ii.si(l(''rati()iis j)r<''C('!(iiMit(!s, (jue l'exist(Mi('o dos roiitractures par courants j^alvairupies continus, contiaclnres dites contractions ^'alvano-toni(|ues fl), (jue leur existence n'elle, dis-je, n'est ])as encor(! (l(''rnonlr<'!e.
.le lais f»rà(H; ;i mes leciteurs des liypotlièses nondjreuses hasardées l)ar M. Keniak, pour théoriser des laits aussi complexes, aussi irrét;aliers.
(^est cependant sur de tels laits, sur de telles tlicoiies, que ce physiologiste a prétendu avoir édili»; une nouvelle méthode de galvanisation thérapeutique !
Oh ! certes, personne ne Cijiiteslera la nouveauté de ses théories. Mais en (juoi donc consiste la nouveauté de sa manière d'exciter les muscles de l'homme en emj)l()yant le courant galvanique x'ontinu? N'a-t-on pas vu dans cet article, v^ I et § II, que, dans mes recherches déjà anciennes (et bien d'autres l'avaient pratiqué avant moi), j'ai lait passer un courant continu, constant et puissant (20 à 25 éléments de Bunsen) dans la continuité des nerls do riiommc. Il est vrai que le plus ordinairement j'ai tenu mes rhéophores uP- peu plus rapprochés l'un de l'autre que ne l'a ("ait M. Remak. Mais cette petite diH'érence dans le procédé ne constitue pas à elle seule une nouvelle méthode galvano-thérapeutique. Et puis, qui croira (ju'une dillérence aussi minime entre ce procédé employé par M. Remak et le mien, ait pu donner des résultats thérapeutiques si différents?
D'ailleurs, j'ai commencé depuis plusieurs mois de nouvelles expériences électro-thérapeutiques sur la galvanisation des nerfs par courants continus et les plus constants, en me conformant exactement au procédé de M. Remak, comparativement avec la faradisation localisée ; et je déclare que, pour ce qui a trait au traitement des paralysies, je n'ai jusqu'à présent aucune raison pour modifier les conclusions que j'ai déduites de mes recherches antérieures.
Quoi qu'il en soit, en présence du magnirKjue programme des
(1) Pourquoi donc M. Remak a-t-il appelé ces contractures par courants continus : Contractions g alvanu- toniques? Qu'on ne croie pas cependant que la force tonique joue un rôle dans leur production. L'auteur a-t-il voulu prévenir cette méprise en disant {lac. cit., page 57) : « Il était probable qu'on ne pouvait pas (pour lexplication de ces phénomènes) se reporter à un trouble de l'équilibre d'innervations centrales. » Est-il besoin d'ajouter aussi que les faits électro-physiologiques que M. Remak croit avoir observés, n'ont aucune espèce de rapport avec les phénomènes électro-musculaires découverts par M. Dubois-Regniaud, et qui constituent l'électrotonos?
KI.KCTIUSATION DES EXTRliMITKS NERVEUSES PAH ACTION UKrf.EXK. 111
^iit'i'isons (jne M. Ueinak dit avoir ol)t<jnuos par les courants continus cl constants (cet haliile gucrisscnr traite même les iluimalisnies arliculair(\s et d'aiities affections inllammatoires par les courants coiitinnsî), il est (\r. mon dcivoir de recommencfu' mes expériences j;ai\aiio-tliérapcutiques par cette méthode que j'avais abandonnée. J'en lerai connaître les résultats en temps opportun.
ARTICLK If.