‹ De l'électrisation localisée et de son application a la pathologie et a la thérapeutiqueChapitre 16 sur 73 · ÉLECTRISATION DES TERMINAISONS NERVEUSES 1»AR ACTION RÉFLEXE · texte numérisé non relu

ÉLECTRISATION DES TERMINAISONS NERVEUSES 1»AR ACTION RÉFLEXE

Avant d'étudier rinfluence thérapeutique de ce procédé d'électrisation, il est important de bien connaître son mofle d'action physiologique.

Suivant les lois connues de la propagation du principe nerveux dans les nerfs moteurs, la 'force motrice s'exerce uniquement dans la direction des branches qui se rendent aux muscles, et jamais en sens inverse. Il s'ensuit que l'électrisatioii des terminaisons nerveuses des membres ne doit pas faire entrer en contraction les muscles qui reçoivent leurs filets nerveux de nerfs placés au-dessus du point excité.

C'est, en effet, ce qui arrive lorsqu'on localise l'excitation électrique dans les terminaisons des nerfs, en tenant les deux rhéophores d'une batterie galvani(iue ou d'un appareil d'induction dans une seule main (avec la précaution, bien entendu, de ne pas les mettre en contact). On ressent alors quelques contractions dans les muscles des éminences thénar et hypothénar, avec des fourmillements ou des picotements dans les doigts, produits par l'excitation des nerfs collatéraux ou de la pulpe des doigts; les muscles de l'avant-bras n'entrent pas alors en contraction.

Mais si, au lieu de tenir ces deux rhéophores dans une.scule main et à la mémo hauteur, on les éloigne l'un de l'autre, soit en plaçant l'un dans la main et l'autre sur la partie supérieure du membre, soit en tenant un rhéophore dans chaque main, on voit alors entrer en contraction les muscles de l'avant-bras ou dn bras, selon le degré d'intensité du courant. Les contractions musculaires, provoquées par ce procédé d'électrisation, sont incomplètes et irrégulières, et ne sont pas en rapport avec l'intensité de la douleur (jui les accompagne et qui retentit ou dans les poignets ou dans les coudes, ou enfin dans les épaules, quand le courant est intense. Cette sensation, dans ce cas, est très douloureuse, et laisse après elle un brisement dans les jointures.

Dans ces diverses expériences, l'excitation est toujours plus

112 rONSIDKUATlO.NS lUSTORIOlîKS ET CUITIOIJI-S.

tnrlo dans Ifs points (jiii se; trouvent en l'appoit avcr, .c polo iu''j;alir.

De CCS (lcn\ expériences, je tire les (Itkiuctions suivantes. 1'' L'electrisalion localisée dans les terminaisons iierveus(;s d'nn membre, ne i)ro(luit que des phénomènes locaux en rapport avec les lonctions de l'organe excité, c'est-à-dire des sensations limitées au point excité. 2" Pourdévelopixu' des contractions dans les nmscles pla(!és au-dessus des terminaisons nerveuses, il faut éloigner les rliéoj)liores lun de l'autre, de manière cjue les courants parcourent longitudinalement les membres ou plut(U leurs nerfs; c'est l'électrisation par action réllexe. 3" Enfm l'électrisation par action réllexc agit spécialement sur la sensibilité qui retentit sur les racines postérieures, all'ccle les racines antérieures de la moelle, et produit ainsi dans les muscles (lui dépendent des nerls dont les terminaisons ont été excitées, des contractions irrégulières et peu en rapport avec l'intensité des sensations.

L'électrisation des extrémités nerveuses, par action réflexe, se pratique en général en plongeant les extrémités du sujet dans deux bassins remplis d'eau, et mis en rai)port avec les rhéophores. Ce mode opératoire a joui d'une grande faveur parmi les médecins, à cause de sa simplicité, et surtout à cause de l'énergie de son action. Enfin son application n'exige pas l'emploi d'un appareil d'une grande perfection et d'une grande puissance (1).

Il est quelquefois indiqué d'exciter les centres nerveux. C'est dans ce cas qu'on a recours ordinairement à la noix vomique ou à des préparations diverses qui possèdent, on le sait, la propriété spéciale de provoquer des contractions musculaires , en stimulant l'arbre nerveux.

L'électrisation par action réflexe agit d'une manière analogue, bien qu'elle excite évidemment plus la sensibilité que la contractilité musculaire. Je l'ai donc appliquée au traitement de certaines paralysies où je pouvais sans danger porter la stimulation vers les centres nerveux.

Je n'ai malheureusement pas à me féliciter de l'emploi de ce mode d'electrisation; quelques-uns des paralytiques que j'ai faradisés par ce procédé, ont, il est vrai, éprouvé quelquefois une amélioration; mais un plus grand nombre d'entre eux ont ressenti des douleurs profondes dans le trajet des nerfs, dont les ramifications

(l) Ou verra dans le cours de ce livre (troisième partie) que Marshall Hall a eu recours à ce procédé d'éleclrisatiou croyant étudier ainsi l'état de rirritabilité musculaire dans les paralysies.

KI.ECTHISAilON DES IXiUKMlTKS iNKIlVEUSES l'Ail ACTION UÉFLEXE. 113

avaient (Hé excitées; douleurs (jui ont souvent [)ersisté sous forme de névralj^ies. L'excitation énerj^icjue des nombreuses ramifications nerveuses, spécialement destinées à la sensibilité, explicjue la IVéquen(!e de ces accidents.

La laradisation par action rénexccxi)Ose les malades aux accidents les [)lus ^^raves, lorsqu'il existe un travail iiillanimatoire vers leurs centres nerveux.

OiisERVATiON V. — Un éludiant en médecine, M. X..., âgé de vingt- deux ans, avait été frappé d'apoplexie en 1851. L'hémiplégie «pii régnait à gauche et qui était, due à une hémorrhagic cérébrale, s'était dissipée progressivement en une année. Mais les mouvements volontaires élaietil gônés par la contracture continue de quelques muscles, surtout des fléchisseurs do l'avant-bras et de la main, contracture qui sétendait à un plus grand nombre des muscles quand il voulait faire certains mouvements ou quil éprouvait une impression quelconque. Ces phénomènes annoncent un travail cérébral qui, peut-être, favorise la résorption du caillot sanguin, la cicatrisation, etc., mais qu'il faut se garder de surexciter, sous peine d'augmenter la contracture et même de provoquer les plus graves accidents. Telle ne fut pas cependant la pensée du jeune étudiant qui, ayant mal interprété une de mes [)ublications, croyait qu'on pouvait sans danger appliquer, dans tous les cas, la faradisation au traitement de l'hémiplégie cérébrale, de six mois à un an après la résorption de l'hémorrhagie cérébrale. Ce jeune homme n'avait pas compris la différence qui existe entre limiter lexcitation éleclr.que dans les muscles et produire leur contraction au moyen d'une forte électrisalion par action réflexe. Voici ce qu'il fit dans l espoir de hâter sa guérison.

Ayant mis en action une hélice inductive, dont les intermittences marchaient avec une grande rapidité (à l'aide d'un trembleur), il prit dans chaque main un cylindre métallique excitateur, de manière que le courant de l'hélice parcourût ses nerfs brachiaux des extrémités aux centres. Au moment où le courant commença à passer, ses mains se fermèrent avec une grande force, sans qu'il pût lâcher les cylindres. Sentant alors que son membre paralysé se contraclurait très douloureusement, il eut la présence d'esprit de renverser dun coup de pied la pile de Bunsen. Le courant s'arrêta à linstant, mais il était trop tard ; son action, qui n'avait duré que quelques secondes, avait déjà occasionné les plus graves désordres ; la tôte était extrêmement douloureuse, la contracture avait gagné tout le côlé, et une heure après, le pauvre jeune honmie, qui se trouvait seul dans sa chambro, fut trouvé étendu sur le plancher, se roulant dans des convulsions. Il fut transporté à la Charité dans le service do M. Piorry, où je recueillis, de sa proi)re bouche, la malheureuse histoire que je viens de raconter. Sa vie fut pendant plusieurs jours en danger; malgré les saignées réitérées, les pur-

DUCHE.NNE. 8

\\h CONSIDKHATION^ lll> I ( )IUtMi:S Kl CUI linUKS.

galifs t't \u\ vi-sicnloiro à la mniuf. les cofiliacliircs <Ioiiloiironso> cl cniniDo

tétani(iuos piMsislcrciil. pliisKMirs siMiiaiius. \\i\[\\\ cv. ne lui. (luaprcs un

assez lonu sôjour a I liôpilal, (pi'il put sortir, ayant constîrvé dans sou côlt'î

droit d(>s conlractiiics beaucoup plus l,'(' fiera los et hcauc.oui» plus fortes

quavatil (piil mU couru la niulheureuso idéo do s'éleclriser par action

réllexo.

Si, dans ce cas, roxcitatioii ('•JcctriciiK' cfit rU'^, liiiiit(''(! auxmiisclos l^aralysés, nial^rc' les roiiditioiis parliculiri-es où se, trouvait \(t ccnlro cc'îi'ébral de C(î i<Minc, lioimnc, conditioiis <|ui , poiii- moi, ('ontro-iiidi(iueiit ra|)i»rKali(Ui de la laïadisatioii inèiiic loc ilisi'c;, ces acciiicnts i^raves, évidemment dus ici à une surexcitation (îcntraie, énergique, ne seraient très pr(>l)ablemeiit pas arrivés. Je puis l'aflirmer, parce (pi'une liuij^ue expérience me l'a appris. (Combien de lois, en ellet, n'ai-je pas, dans mes recherches, laradisé loc'alement les muscles de sujets (pii se trouvaient dans le mêine état que ce jeune homme, sans observer le moindre inconvénient? J'en suis arrivé à concîlurc! (pie ces applications localisées sont alors seulement imitiles, mais non dangereuses, quand elles sont laites avec circons[)ection. Au début de Hîes recherches, il m'est (piehpietois arrive de faradiser par action réilexe les muscles contractures des sujets hémiplégiques, et j'ai souvent eu lieu de m'en repentir; aussi ai-je renoncé bien vite à une méthode d'éleclrisation aussi dangereuse.

ARTICLE III

ÉLECTROPCNCTUn E.

L'application de Télectropuncture au traitement des paralysies a constitué un véritable progrès à l'épotpie où Sarlandière l'introduisit dans la prati([ue. Pour bien apprécier l'importance des services rendus par cette méthode à la thérapeutique, il Tant se rappeler quel était alors l'état de l'électricité médicale.

On sait (juel enthousiasme cet agent thérapeutique excita dès son origine, à l'époque où tut inventée la machine électrique. On trouve, en effet, des observations deguérisons incontestables, dues à l'électricité de tension, dans les auteurs qui, à cette époque, se sont occupés d'électricité médicale, c'est-à-tlire de 17^7 a 1755. Kruger, professeur à Helmstadt, est le premier qui l'ait employée, comme agent thérapeutique, au commencement de ilkU. Deux années plus tard, en 17/i6, quand on fut familiarisé avec les effets de la bouteille de Leydc, dont les fortes décharges avaient d'abord inspiré une grande terreur, Jacobi, Herman-Klyn guérit, avec cet appareil, une

l'-LEClUOlMNCHIKE. 115

Ibinmc! (iiii (Hait parai ys''(î dc^piiis deux ans. Après eux, viomiciit l'ahlH' Noilet, Privata ((\r. Venise;, Saiiva^o, /induit, inédfcin snc';- (lois, ([ui l'employa dans lo ti'aitciiKnit de la clioive on 17;)d, (;tc. (1).

L'«'l('ctricit(' médicale, injustement ahandoniuîe (jueUjues ann(''es après sa naissance, lut reprise avec une nouvelle ardeur. Mauduit l'ut nonnné rapportcîur d'une eonnnission i)ar la Sociét('i royale de iiié(l(îcine, à l'effet de d('*termiiier la valeur réelle de l'électricité employée contre la paralysie. Malgré le brillant ra[)p()rt dece >avant physicien, laitenl773 e.tdanslecpiel la guérison des paralysies par (îet af^ent (iiectriipie était présentée comme étant la règle; ujalgré les travaux de l'abhé Bertliolon, en 1779, deCavallo en 1780, de James Lari'y, en 1800, et un grand nombre d'écrits qui lurent [)ubliés sur ce sujet en France, en Anglcterrt^, en Allemagne, etc , l'eilectricité ne put supporter l'épreuve du temps. Les résultats n'ayant pas paru en rapport avec les espérances (pi'en avaient conçues queUfues es[)rits ardents, il s'ensuivit une sorte de déconsidération pour cet agent thérapeutique.

Cependant la découverte de Galvani, qui date de 1789, et bientôt après, la ])ile de Volta olFrirent à la médecine une nouvelle source d'électricité bien précieuse et dont on fit, ainsi que je l'ai dit précédemment, de nombreuses applications thérapeutiques, surtout en Allemagne, de 1797 à 180^. iMais, soit que les promesses, peutêtre exagérées, de ces expérimentateurs, n'aient pas été réalisées dans la prati([ue générale, soit qu'on ne sût pas tirer [)arti de cet agent, soit ([ue les ap[)areils alors en usage lussent insufti.sants, d'une action trop irrégulière, ou d'une application trop ditlicile et trop inconnnode, l'électricité galvanique ne put sauver l'électricité médicale d'une indifférencf; générale.

Tel était l'état de l'électricité médicale en France, à l'époque où Sarlandière (2) eut l'ingénieuse idée de faire servir l'acupuncture à diriger et a limiter la puissance électrique dans la profondeur des organes. Cette méthode, (jui supplée à la faiblesse des appareils en augmentant la puissance dv, l'action physiologiipie de l'électricité sans exposer les malades aux elfets foudroyants de la bouteille de Leyde, remplaça bientôt les procédés anciens, et doima une nouvelle vie à l'électricité médicale. M. Magendie contribua puissamment, par son talent et par l'autorité de son nom, à la vulgariser.

(1) On pourrait certainement faire remonter l'électricité médicale au temps les plus reculés, car on sait que réicctricilé de la torpille fut employée dès l'antiquilé, bien avant Galien , comme remède contre nu certain nombre de maladies.

(2) Mémoires sur l'rleclropuncture. Paris, 1825.

i\C) CONMDKIUTIONS lIlsTOUiniiKS KT (HMlnlKS.

Je v;iis (ssnv» 1", ('«^pciidaiit, de (lémoiilrcr (jiio IV'li'cliopniichiic est ioiii (rallt'iiidrc l<i Iml (Hic s'éliiient proiKJsé Surlaiidière et M. Maj^tMidic.

§ I. - |/t>l4cfro|>iiii(Miir<* ne localise pas rxarfciiiciit rcvcllatloii él('c(ri(|iie diiiiM 1rs <»r^aii<>s.

J'osp«>rc t'ournir la preuve de ceth! proposition en aiiaiysaiu successivement les pliéuoinènes de sensibilité électro-ciitaiiée et les l)hénoinèues de conlractilitf'; et de sensibilité électio-niuscuhiires, qui se développent sous l'inlluence de l'électropunclure.

Chez les sujets inaijjjres, ou chez ceux (h)nt le tissu cellulaire souscutané est peu abondant, des aiiiuil les enfoncées dans la jx-au de manière à ne pas aller au delà de l'épaisseur du derme, produisent, même sous l'intluence d'un courant assez faible, l'excitation simultanée de la peau et des muscles ou des nerfs, si ces aiguilles sont placées au niveau ou tle ces muscles ou de ces nerfs. Pour ([ue l'excitation électrique soit arrêtée dans la peau, il faut que le tissu cellulaire soit abondant ou infiltré de sérosité, et que le courant soit très faible.

L'électropunclure ne peut provo(|ucr la contraction musculaire sans exciter en même temps la sensibilité de la peau. Pour empêcher l'action des aiguilles sur la sensibilité cutanée, M. Pétrequin a fait recouvrir le corps de ces aiguilles d'une couche de caoutchouc, ne laissant libres que leurs extrémités dans l'étendue de 1 ou de 2 millimètres, à partir d'un millimètre de la pointe. Mais l'enduit de caoutchouc qui n'est pas assez épais, s'humecte et se ramollit, quanti l'aiguille plonge dans les tissus; alors il se laisse traverser par le courant qui excite la peau presque aussi vivement que si l'aiguille agissait à nu. Les malades sur lesquels j'ai fait l'essai comparatif de ces aiguilles et des aiguilles ordinaires, n'ont observé aucune dittérence entre elles, quant à l'intluence qu'elles exercent sur la sensibilité de la peau.

La sensation cutanée développée par l'électropuncture masque la sensation musculaire produite par l'excitation directe du muscle dans lequel l'aiguille est enfoncée. On pourrait penser que ces deux sensations sont les mêmes et se confondent. 11 n'en est pas ainsi, comme on le verra dans les expériences suivantes. Chez des blessés, j'ai enfoncé des aiguilles dans des parties de muscles dénudés, et dans des points où ces muscles étaient recouverts par la peau intacte; puis je les ai électrisés successivement. Dans la première expérience, la sensation fut sourde comme est la sensation spéciale à l'excitation musculaire : elle tut semblable à celle qui se produit

ÉLtCiUOl'L'NCTimE. 117

ordiiiaii'ciMoiit sous rinfluencc de rhéopliores humides, placés sur la peau intacte. Dans la seconde expérience, la sensation tut très vive; elle eut le caractère propre à l'excitation électro-cutanée par les aiguilles ou par des fils métal li(pjes excitateurs, posés sur la peau sèche.

Peut-on pi"o(luii'e, à volonté, la conlracliou d'un muscle ou d'un laisceau musculaire, ou seulement de quchpies fibres musculaires? Bien que j'aie eu le soin de placer les aiguilles loin des troncs nerv(!ux, les contractions musculaires que j'ai observées dans mes expériences ont presque toujours été irrégulières et imprévues. Tantôt, en efiet, elles étaient librillaires et limitées dans un certain rayon de l'aiguille ; tantôt elles s'étendaient au muscle entier, et (lueUpielbis à plusieurs muscles à la fois. Il est évident que dans ces dinérents cas, les effets ont varié, suivant que l'aiguille a rencontré les filets nerveux qui s'étendaient à un ou plusieurs muscles, ou qu'elle n'était en rapport qu'avec les libres nujsculaires. On voit donc que, dans l'électiisation musculaire par l'électropuncture, le hasard seul préside à la production des phénomènes de contraction et domine la volonté de l'opérateur.

Sarlandière prescrivait de placer les aiguilles loin des troncs nerveux et protéssait que l'influence thérapeutique de l'électropuncture était plus grande en agissant sur les extrémités nerveuses. Contrairement à ces principes, M. Magendie eut la hardiesse de prati(pier l'éleclro-puncture en traversant les troncs nerveux avec des aiguilles. Cette opération peut paraître très facile à ceux (|ui possèdent (juelques connaissances anatomiques; mais elle n'est pas aussi simple qu'on pourrait se l'imaginer, quand on ne l'a pas essayée. S'il est vrai (jne l'on peut attehidre ([uelquefois le médian, le cubital, le crural, il n'en est pas de même du radial, du sciatique et des poplités. A la ftice, il est possible de planter des aiguilles dans les nerfs sous-orbitaire et mentonnier. iMais (lui prétendrait picjuer à (îoup sur le tronc de la septième paire ou les filets de ce nerf? Cette méthode me paraît presque toujours impraticable. D'ailleurs elle ne permet pas de limiter l'action électrique dans les nerfs; car on ne peut arriver à ces derniers sans traverser la peau, qui alors est inévitablement excitée.

§ II. — Dans IcK anc.HlIii^sicH ciilanc***» <>ii «lans les lissions cl<* la weiiNiliiliic tactile, réleclrupnnetuire vst instiffiNante un iiiap|ilieable.

J'établirai par la suite qu'en général, dans l'anesthésie, la faradisalion cutanée rappelle la sensibilité seulement dans les points qui

IIS CONSIDI-UATION^ IIISTOIUOIKS tï CUITIOIIKS.

sont en lappoil avec les rln''»>|)li(»ic-^. il «mi résulte donc (|iit', |khii' ohleiiii' la i^iierisoii des aiiesliii'sicîs cutiillftcs par releeli'ojMiiichn'e, il laiidrail (■oiiviir d'un ^raud noml)r(! d'ai^^uilles touto lu siiitaee de la peau dépourvue (Uî S(!iisil)ilile. Ou couçoil (ju'une paieille op»';ralioii serait impraticable, surtout si(;lle devait être souvent renouvelée. Dans certains cas légers, 11 suffit d'une (îxcitation faite par un tiès petit nombre d'aiguilles, |)our rappcîler la sensibilité; mais ces cas sont exce[)tionnels.

L'électropuncture ne peut servir u rappeler la sensibilité tactile ni (le la main, ni de la plante du pied; car ou ne peut planter des aiguilles dans les doigts ou dans les téguments de la })lanle(lu pi(;(l, sans s'exposer à produire des panaris ou une inilammalion.

g III. — l/élcciropiiiK'dirc. appliquée an iraiConieiit «Ich paralysiew du iii(»uv('iii<'iit, lie parjiit pus produire l<>«<i résiiltat!>4 qu'on obtient par 1 eleetrisation ioeaiisce de eliaenn d>-<4 niiiMcleN fk l'aide <ii'M rliéopliore** liuniidi>s^ placé«« ^nr la peau.

Des succès nombreux et incontestables attestent la puissance tliérapeutique de l'électropuncture, dans le traitement des paralysies. Elle a produit, je le répète, beaucoup plus que les mélliodes qui l'ont précédée. Cependant elle doit céder le pas à la faradisation localisée, pratiquée, on le sait, à l'aide des rbéopbores bumides placés sur la peau intacte, métliode dont j'étabbrai plus tard, par des faits, l'importance au point de vue lliérapeutique.

Il n'existe aucune règle pour la pratique de l'électropuncture, dans le traitement des paralysies. Dans quels points des membres paralysés doivent être placées les aiguilles? En quel nombre faut-il les implanter? A quel degré d'intensité doit-on agir? Tout cela est abandonné a la fantaisie de chaque opérateur.

Quelques praticiens, a l'exemple de M. iMagendie, ont essayé de traverser avec des aiguilles les nerfs qui animent les muscles paralysés. Il ressort de mes recherches que l'excitation électrique des troncs nerveux dans le traitement des paralysies, produit des résultats peu favorables. D'ailleurs, ce mode d'excitation fùt-il excellent, l'éleclrisalion des troncs nerveux est presque toujours impraticable par l'électropuncture, comme je l'ai dit plus haut.

Le procédé généralement adopté, dans la pratique de l'électropuncture, consiste à placer, à la partie supérieure et inférieure du membre, des aiguilles qu'on met en rapport avec les pôles d'un appareil galvanique ou faradique. Par ce procédé, l'excitation électrique est faite d'une manière fort inégale, et ne profite qu'à un petit nombre de muscles. Ceux de ces derniers q\ii n'ont pas reçu direc-

l'Il-KCTUOPl iNClUUE. 1 19

U'iiiriil la slmmlalioii (';lr('lii(|U(' doivent resU-i' le plus suiivcnL paralysi's.

Pour (jue l'cxcitiition lui (lomjjlrfc, dans h; trailomcnt dos paralysies par r«'lectropini(liiiu, il taudrait (juc d(.'S aii^uilhîs l'ussonl iiiiplaiilées dans chacun des muscles paralysés. Ueplus, comme il me parait d(';montré par des laits nond)reux (pje l'action tliérapeuticpie est limitée, en général, aux points (pu sont en contact avec les rliéophores, ou du moins qu'elle se répand seulement dans un petit rayon, il taudrait encore que le nombre d'ai^,nnll(.'s destinées à exciter chacun des muscles lut proportionné à la longueur et à la largeur de ces derniers. Une telle opération serait un véritable supplice auquel les malades ne voudraient jamais se soumettre, surtout lorsqu'il s'agirait de paralysies de ([uelque étendue, à cause de la durée de cette opération et des soulïrances inévitables (ju'elle produirait.

Combien est simple et rapide, au contraire, la faradisation localisée dans chacun des muscles paralysés par les rhéophores humides appliqués sur la peau intacte.

Dans l'éleclropuncture, l'aiguille traverse l'épaisseur du muscle, tandis que dans la faradisation localisée, les rhéophores humides n'agissent (pie sur la surface. On pourrait en induire (jue l'élertropuncture possède plus de puissance thérapeutique ([ue la faradisation localisée par les rhéophores humides. Cette opinion ne serait pas exacte; car j'ai établi précédenunent qu'en appli(}uant un rhéophore humide sur la surface d'un nmscle, l'excitation électrique traverse ce dernier d'autant plus profondément, que les courants sont plus hitenses. On peut tlonc, avec les rhéophores humides, traverser un muscle dans le sens de son épaisseur, aussi bien qu'avec les aiguilles. De plus, en promenant ces rhéophores sur toute la surface des muscles, on les pénètre, pour ainsi dire, d'électricité en tous sens, ce qu'on ne pourrait jamais obtenir avec l'élec'iropuncture.

J'ai vu plusieurs paralysies modiliées heureusement sous l'inlluence de la faradisation localisée par les rhéophores humides, et contre lesquelles l'éleclropuncture avait cei)endant complètement échoué.

L'électropuncture fùt-elle aussi efficace, aussi praticable que la faradisation musculaire, les douleurs qui sont inséparables de son acilion devraient lui faire toujours préférer cette dernière méthode. J'établirai en etlét, par la suite, (jue l'electrisation douloureuse est dangereu>e dans certaines [)aralysies, dans la paralysie cérébrale, par .exemple. L'électropuncture est donc contre-indi(piée dans ces cas, ainsi que dans tous ceux qui exigeraient de nombreuses

120 r.ONSIDKllATlONS msTOUIQlIES ET CUITIQUES.

si'aiKU'S. On verra <|H(^ la ^m'-i'ison (k; cortaiiuîs |)aralysi('.s (I('iiimii(1(; jusqu'à soixante à (juatre-vin^Ms st-anees.)

(Vost sui'lonl dit'/, les eiilanls ([u'il imporUMle pi'al'Kjuei" l'éloctrisation sans douleur. C.onibieu de i)arents, et même coinbiiin do médecins n'osent inllij^er aux jeune> paralytiques I(î sii|)plice de l'éleelropuneture, (jui est toujoui's donlourciise , (|nel(|n(; faible (jue suit l'intensité du courant ! Kt cependant , l'i'îlectricité est appelée à lendre les pins «^lands services, nou-seulement dans le traitement, mais encore dans le diapjnostic et le pnjnostic de la paralysie de ces entants, comme on le verra par la suite.

Il <*st encore d'autres inconvénients (pii s'attaclKMit à l'électropunctur(N et qui ne sont point à craindre d;ins la méthode d'électrisation localisée (\ue je préconise. Je veux parler de la désorganisation des tissus qui sont en contact avec les aiguilles, de leur inflammation, des petits abcès dont ils sont le siège. Je n'insisterai pas sur ces accidents qui sont signalés par tous les observateurs (jui pratiquent l'électropuncture.

Enfin l'électropuncture développe souvent des névralgies graves et opiniâtres. En voici un exemple : Un des élèves de M. Magendie, A. Bérard, consentit un jour à se prêter à une expérience électrophysiologique, et permit à ce célèbre professeur de lui pratiquer l'électropuncture sur la l'ace. Sa complaisance ou plutôt sa curiosité lui coûta bien cher; car l'opération tut suivie d'une névralgie faciale qui le fit souffrir cruellement, pendant cinq à six mois. L'élève auquel nous faisons allusion, devint un des plus brillants professeurs de l'École de Paris; malheureusement il fut trop tôt enlevé à la science. Ce fait m'a été rapporté par son frère, le professeur de physiologie.

Des considérations critiques que je viens d'exposer, il ne faut pas conclure que l'électropuncture doit être exclue de la pratique? Je crois, au contraire, que dans certains cas cette méthode peut être un auxiliaire puissant de la faradisation localisée (1).

(l) L'électropuncture est appelée à rendre encore bien des services surtout dans son application à la chirurgie, soit pour aider à la résolution de certaines tumeurs ganglionnaires et à la destruction de certains kystes du foie ou de l'ovaire, soit pour coaguler le sang dans le traitement des anévrysmes.

APPAREILS FaIIADIQUES. l2l

CHAIMTUE IV.

DI'S \PPAU1.ILS FAP.ADIQLKS, AU 1M)IM 1)10 VLK UK LEUK APPLICATION A LA PIIVSIOLOGIK, A LA rATH()LO(;iI-: KT A LA TMKRAPia'TIQUK.

Fa' clioix d'iiM bon appareil est d'une grande importance dans la l)rali(pie de rélcctrisation localisée. A (jiioi servirait-il, en ellet, de bien posséder cet <irt, si l'appareil (|ui doit servir à son application ne répondait pas aux besoins des études physiologiques et patliologi(jues, et de la thérapeutique?

Je me propose donc, dans ce chapitre, 1" d'examiner les propriétés (pie doivent posséder les appareils fara(li{|ues, au point de vue de la faradisalion localisée et de l'application de cette méthode à la i)hysiologie, à la pathologie et à la Ihérapeuliciue; T d'examiner si les appareils taradiques répandus dans la i)ratique réunissent l'ensemble de ces propriétés; 3° d'exposer la description et les propriétés des appareils taradiques (jue j'ai dû imaginer dans le but de poursuivre mes recherches, et ([ui me paraissent répondre aux progrès de l'électricité médicale.

ARTICLE PREMIER

PROPRIÉTÉS Quh DOIVENT POSSÉDER LES APPAREILS, AU POINT DE VUE DE LA FARADISATION LOCALISÉE ET DE S0I\ APPLICATION A LA PHYSIOLOGIE. A LA PATHOLOGIE ET A LA THÉRAPEUTIQUE,

§ i. — Tout appareil faradiquc d4'.<itiiit> A la pratique niétlioaSe, qui ne possètle pas la première et la seeonde héliees. et dont oelles-ei ne $iont pas construites d'après certaines proportions de section et de lon;;ueurs de leurs fils, ne répond pas i\ tous les liesoins de la thérapeutique.

Cette j)roposition n'est qu'une fléduction tirée des expériences et des faits exposés dans l'article III du chapitre I'', et (\u[\ serait superflu de reproduire ou même de résumer de nouveau. Kllene serait contestable que si les faits sur lescjuclselle repose, étaient euxmêmes contestables. Or, ces faits ont subi l'épreuve de l'expérimentation publique et du temps ; ils ont été sanctionnés par plusieurs coiniuissions académi(jues , contnMés et enseignés par un grand nombre d'expérimentateurs, en France et à l'étranger. Ils sont donc acquis à la science, malgré (piehiues mauvais vouloirs partiels et inex[)licables.

4'ai précisé les conditions dans lesquelles je me suis placé, pour

\T1 .\l'l'\lll.ll..S lAll\|)lQl l.>.

o|)l('iiii' les l'csiillals clccli'u |>liy.si(M(»{.',i(}iH'.s (|nr j :ii exposes. J'îii dit <|ii('lic.s (lcv:ii('iit ('-Ire, ii|)|)i-(i\iiiiiiliv('iii(>iit. la section cl la l()ii;;iieiii- (les iils (!(•> (leiiv lielie<'s ;i double iiidiiclioll, loi'S (jiie l'on \eiil doter ces (Ici iiier> du iiiaxiimiin des j)i-opriel<''s dillVîreiititdles dont t'ilos peiiveiil jouir. Il est cvidont (pje l'on devra se piactu' dans les in«Mnes condilons d'expci'iini'ntution, loiscpi'on ania à Juj^er la valeur de mes rocliurches cleclru-pliysiologiipu s <'i des déductions (pic j'en ai tirées, ou joiscpi On aura à en lau'c l'application piati(|ue. A ce point de vue, les appareils l'aradiijues médicaux doivent donc être construits d'après les principes ijue j'ai posés.

^ 11. — lit*» int<'rnii(t<'n«'('N. l4>iit<'N «m rapidivs, tlvn a|)|»nr4*iK «le laradissifioii piuxliiist'iil iIvh rflVls |»li;»siol<>^i4iii<>*< spi-ciaii.^, ifiii 114' i>4'iiv4'iil !>«4- .sii|>|>l4>4'i* iiiiif U4>ll4'ni4-'iit «laiis lii |irati4|ii(> .

Pour taire ressortir l'utilité ou la nécessité', les inconvénients ou les dangers des intermittences plus ou moins rapides ou plus ou moins lentes des courants laradiciues, il me suffira d'exposeï' les phéiiouiènes physiologiques c[ue l'on voit se développer sous leur iiitluence, et d'en tirer inunédiatement des déductions praticjues, déductions (jui seront toujours justifiées par les laits publiés dans le cours de ce livre.

A. Action des iiilcrmittenccs rapides des courants faradiques.

1. Sur lu coîUractililé é lectro-mnscuiairc . — Le muscle qui reçoit l'excitation d'une seule intermittence d'un courant d'induction, se contracte, puis retombe immédiatement dans un relâchement complet. Si cette intermittence est suivie de i>lusieurs autres, les con tractions musculaires se succèdent, et le muscle se relâche d'autant moins pendant les intervalles des intermittences que celles-ci scjnt moins éloignées, il en résulte que les libres nmsculaires se raccourcissent d'autant plus que le courant d'induction est plus rapide.

Il faut se garder (Van conclure cpi'un courant rapide lait contracter plus energi([uement les nmscles qu'un courant a rare^ intermittences. Ce serait une erreur, comme le prouve l'expérience suivante. Que l'on lasse contracter avec des intermittences alternativement rares et rapides un muscle paralyse, dont l'irritabilité est intacte, par exemple le fléchisseur des doigts, et ({u'on attache un poids à l extrémité des doigts mis en mouvement par la contraction de ce muscle; l'on verra {{ue les intermittences rapides ne donnent pas à ce nmscle la force de soulever un poids plus lourd que les intermittences rares. Si, par les intermittences rapides, l'étendue de la contraction musculaire est augmentée, si alors le mouvement im-

l'KorillKTl'S nil'lLS DOIVKM' l'oSsKDEK. l'i.'i

piiiin; au doi^t, (|iiaiiil ('«'sl un de ses muscles, est plus clcudu ; (ùjsl (|U(; k's libi'cs nuisculaii'es se iM'Iàeliaut p(ui ou point dans liutervalle des eoutractions, chaque ex(alatiou raceoureit d(; plus en plus le muselé. Pour obtenir une eontraclion plus éMier^M((ue, ii faudrait (pu» le courimt lût plus intense.

Les secousses musculaires, produites par l(!s intermittences, diminuent d'autant plus que ces dernières sont plus rapides, et à une vitesse donnée de ces intermittences, les contractions paraissent continues, comme si elles étaient provocpiées pliysiolof,M(piement par un courant nerveux, c'est-à-dire par la volonté; mais il faut pour cela (jue les intermittences se fassent avec une rapidité extrême, car, dans le cas contraire, les mouvements seraient cnnpliqués d'une sorte de tremblement.

II. Sur In sensibilité musculaire. — ,1e viens d'établir (pie la force de la contraction musculaire n'est pas augmentée par la rapidité plus grande des intermittences. 11 n'en est pas de même de la sensation produite par l'excitation électro-musculaire, sensation musculaire qui est, en effet, d'autant plus grande, ([ue les intermittences se succèdent plus rapidement; cette sensation devient des plus douloureuses, pres(|ue tétanique, et s'accompagne de crampes au delà d'une certaine vitesse.

m. Sur lu tonicité musculaire. — Il m'a été (lémontr<'' par mes recherches que les intermittences rapides augmentent la puissance toni(iue des muscles, non-seulement lors(iue cette puissance e."»t diminuée, comme on l'observe dans certaines affections musculaires, mais aussi lorsque les nmscles sont dans leur état normal, dette action spéciale des intermittences rapides, lorsqu'elle est longtenqjs prolongée, i)t!Ut aller juscju'à produire la contracture. Les faits (les(piels ressort la i)roi)ositi()ii (pie je viens de formuler seront exposés par la suite. On verra alors comment j'ai été conduit à l'observation de ce phénomène, et que, pour le produire, les courants d'induction doivent march(!r avec une extrême rapidit(''.

IV. Sur la nutrition musculaire. — La nutrition musculaire se développe infiniment plus sous l'intluence des courants à intermittences rat)i(les. Les faits nombreux d'atrophie musculaire ou de paralysi(js atrot)hi(iues, dans lesquels j'ai employé comparativement les courants à intermittences lentes et rapides, ne i)ermettent pas le moindre doute à cet ('gard.

V. Sur la sensihilitité élcciro-culance. — Il sullit d'expérimenter sur soi-même pour être convaincu que l'excitation électro-cutanée augmente autant en raison directe de la rapiditt' du courant (pi'en raison de son intensité.

l'2'l AI'l'AllKU.S l'AHAblOnKS.

I*()iir complclcr celle (''tii(l<! de riiillueneu des iiil(!i'inittenc(îs l'apides d'un ('(niraiit élec.tri(|Me sur la sensibilité, je dirai (ju'eii f^énéral toul oi-f^aiie (lui reçoit des nerfs de la vie animale, <'st d'antanl plus excité donlourcuseinont |)arun e;)uraiil, (pie ses inlermittenees se sucet'dent avec plus de rapidité.

KnJin les njuseles (h; la vi<> orj;ani(pie, les inlestins, par exemple, se contractent d'autant j)lus fortement et vite (jue les intermittences sont plus raj)ides.

1? Indications et contrL'-indiralions des inlcrnnllcnccs ra|)id('S.

La connaissance îles faits (pic je viens (rex[)oser laisse entrevoir les indications ou les contre-indications nondjreuses (pie les intermittences rapides des courants laradicpies doivent souvent rencontrer. Je vais faire connaître ce qu'une expérience longue et journalière m'a appris sur ce sujet.

I. Cas ddus lesquels reiuploi des intermittences rapides est indiqué. — o. \a\ propriété que possèdent les intermittences rapides de produire des C()ntractions artificielles imitant parfaitement les mouvements volontaires, permet d'en faire l'application à l'étude de l'action individuelle des muscles. Mais on conçoit que ce genre de recherches exige l'emploi d'un courant d'une grande vitesse, surtout pour les muscles de la face. Ainsi les appareils électro-magnétiques, dont les intermittences sont à peine assez rapides pour produire sur les membres et le tronc des contractions musculaires sans tremblement, n'ont pu me servir à l'étude des fonctions musculaires, à la face. Les frémissements continuels dont sont agités les muscles de cette région par les courants de ces appareils, empêchent d'observer exactement l'influence que l'action individuelle des muscles exerce sur l'expression du visage.

b. L'étude de l'action physiologique des intermittences rapides ou lentes a démontré qu'on peut, à l'aide de ces dernières, agir avec plus ou moins d'énergie sur la contractilité ou la sensibilité musculaire. Ainsi, bien que toute excitation électrique d'un muscle produise nécessairement à la fois une sensation et une contraction, on diminue à volonté la force des contractions et l'on augmente la sensation, en combinant un courant de la première hélice dont on connaît l'action spéciale sur la sensibilité musculaire avec des intermittences rapides, et vice versa.

Cette faculté de réveiller énergiquement la sensibilité musculaire, à l'aide des intermittences rapides, peut trouver de très heureuses applications dans les cas où les muscles ont perdu leur sensibilité, et ces cas sont assez fréquents, comme j'aurai l'occasion de ie dé-

l'UOi'UltTt^ Qli ILS IJUIVENT PO->i-DI«ll. 125

nioiitior. .1»; vais en citer plusieurs exemples : j'ai trouvf' iK'cpieinment des muscles (|ui, privés ou non de mouvements volontaires, étaient complètement insensibles à l'excitation électri(jue. Ainsi je pouvais dans ces cas provoquer les (X)ntraclions les plus énergiciues et avec les courants les plus rapides, sans que les malades en eussent la conscience. Tantôt aussi la peau qui recouvrait ces muscles, était rrappéed'anestliésie; tantôt elle jouissait de sa sensibilité normale. Les sujets privés seulement de la sensibilité de la peau (anestliési(pies ou analgési(iues) conservent encore la conscience des mouvements qu'ils exécutent ou qu'on imprime à leurs membres, ils ressentent les coups (ju'ils reçoivent et qui atteignent les tissus profonds; (piand leurs pieds reposent sur le sol, ils leur semblent })lacés sur un corps mou, sur un tapis, pas exemple. C'est pourquoi on leur voit frapper fortement le sol en marcliant, comme pour mieux le sentir. Sont-ils à la fois privés de sensibilité cutanée et de sensibilité musculaire, comme dans ces derniers cas les os sont aussi privés de sensibilité (ce que l'on constate par l'excitation électrique des surfaces osseuses), ils ne perçoivent pas les coups les plus violents, ils n'ont plus la conscience de leurs mouvements; ils ne peuvent se tenir dans la station verticale sans regarder le sol qu'ils ne sentent pas; au lit, ils ne retrouvent pas leurs membres s'ils no les voient pas.

Odskiivation VI. — J'ai observé à la Charité, salle SainteMarthe. n" 28, une, malade complètement anesthésique qui se croyait comme suspendue dans l'air quand elle ne voyait pas le lit sur lequel elle reposait. Cela lui occasionnait des terreurs continuelles au moment du réveil ; ne sentant pas son lit, elle se croyait menacée d'une chute et n'était bien rassurée que lorsqu'elle avait constaté par la vue qu'elle reposait sur un lit solide.

Eli bien, les courants faradiques les plus intenses seraient impuissants contre ces anestliésies profondes, si leurs rh('?opbores ne marchaient pas à grande vitesse. La malade dont il vient d'être (piestion, et qui était frappée d'anestbésie générale depuis plusieiu's semaines, fut très vite guérie, grâce aux courants a intermittences rapides dont j'opérais la recomposition dans ses nmscles, ses nerfs et ses os. Je dois dire ([ue je l'avais vainement faradisée avec des intermittences rares, l'appareil étant au maxiuuim.

C'est surtout dans Tanesthésie cutanée, affection si connnune, (pic les intermittences rapides sont nécessaires pour l'influence électrotliérat)euti([ue (pi'on veut exercer avec les courants d'induction. Sans elles, on échouerait presque toujours, malgré l'emploi du courant de la deuxième hélice, gradué au maximum.

\2^ \!M'.vin:ii.s i'\HAi)inui:s.

('. J'ai iililis(', cil lli<'i;ij»('iili(iii(', la |)r()|)i'i(''l('' siii^ulu'r(M|U(' jiossr- (Iciit les cniiraiils (l'iiKliidioii rapides, (raii-iiiciilcr la puissance (l(! la tdnicil»' imiscMlairc, ('()ll(; Inrcc (|ui ne Noiniiicillr jamais, cl (|ui, dans l'absence des contraclions V(»lniilaircs. coiistilniî la ])hysi(iiioinic, à la face, cl inainlient les iiieiiihres dans hnir alliliidc naturelle, (pii, cnlin, si clic venait à diminuer (»n a an^Miiontcr, d(!l'angerait le 'iiccaiiismc le niituix combiiK*, comme cela arrive» (!m |)a(li()l()5;ic innscidairc. On voit, en t'ilet, des muscles s(; contrarturer on pcrdrt; |)lus on moins lenr lorce toniejiie. (^(! sont dos ressorts qui S(; tcndenl on se l'clàchent ; (pi'on nu; [tardomic cetti; comparaison triviale, mais juste. Alors la physionomie perd son cachet individuel; les niemhrcis prennent des attitudes vicieuses, etc. (yest dans ees circoustauces (|ue, i)()ur rétablir riiarmonie des traits du visage, ou pour cou: battre certaines flilformités, on me verra teiuh'e, pour ainsi (bre, les ressorts musculaires, tantôt en agissant sur les nuiscles relàclics, tantôt eu opposant une contracture artificielle des nuiscles antagonistes à la contracture morbide, et cela au moyen de courants d'induction d'une extrême rapidité. Ce sujet important et entièrement nouveau sera traité avec soin dans le cours de ce livre.

d. Enfin l'expérience m'a démontré que l'emploi des courants à intermittences rapides est nécessaire au traitement des atrophies musculaires, qu'elles soient ou non compli(}uées de paralysies.

II. Cas dans lesquels les intermittences rapides sont conlre-indiquées. — L'utilité et même la nécessité des courants d'induction rapitles me paraissent parfaitement établies par les considérations précédentes. Malheureusement toutes les médailles ont leur revers : on va voir que les propriétés mêmes de ces courants rapides en rendent, dans certains cas, l'emploi dangereux ou difficile.

a. 11 existe une époque à laquelle les paralysies de cause cérébrale peuvent être avantageusement traitées par la faradisation localisée, c'est lorsque la lésion primitive est disparue ou diminuée. L'épanchement sanguin, par exemple, est résorbé en tout ou en grande partie, après six mois, un an. Il peut ne rester, dans le cerveau, qu'une cicatrice ou kyste peu volumineux. L'intluence cérébrale arrive librement ou moins difficilement aux muscles; mais ceux-ci ne réagissent plus. Dans ce cas, la paralysie est localisée dans les muscles, et alors la faradisation localisée leur rend leur aptitude motrice, c'est ce que je démontrerai. Mais comment diagnostiquer exactement l'état du cerveau? Est-il jamais possible d'atfirmer à coup sûr qu'il n'existe plus autour du kyste cérébral un reste de travail inflammatoire, résolutif, qu'une étincelle pourrait rallumer?

puoi'lUi'TKs qu'ils Doivent posséder. 127

N(! sait-on pas d'aillours (|iruii(; j)i'(M])i(''ro lu'morrliagio ('('n'brale j)i'(''(lis|K)so à une secundo, cl (juc loiitc; e\cilali(jii générale trop forte peut retentir sur lo centre nerveux et [)rovo(pier des accidents du même; ordre? L'application d'un ap|)areil dont les intermittences sont rapides, n'en est donc (iu(; plus danjjjereux, dans l(î traitement des paralysies cérébrales. Je dois avouer (pie j'en ai fait la triste expérience, au conunencemenl de mes reclierclies.

De tout ce qui précède il ressort cpje, pour les paralysies cérélu'ales, on doit être très circonspect dans l'emploi de la (aradisation localisée et (pi'il faut éviter d'exciter trop vivement alors la sensibilité générale, sous peine d'exposer le malade aux [)lus giaves a(;cidents. Or, on le sait, la faradisatiou par les intermittences rapides pi'()V0([ue vivement la sensibilité.

De ce (pie les courants à intermittences rapides sont dangereux ou inapplicables dans le traitement des paralysies cérébrales, il ne faudrait pas (;n conclure ([ue ces paralysies ne doivent pas être soumises à la faradisatiou localisée. Qu'on se rappelle, en effet, ([u'il est possible de provoquer par la faradisatiou localisée les contractions les plus énergiques, sans produire des sensations trop douloureuses, pourvu que les intermittences soient suffisamment éloignées les unes des autres (une ou deux par seconde, par exemple). Praticpiée ainsi avec de rares intcu'mittences, la faradisatiou localisée ne fait courir aucun danger au malade, et elle t)eut lui être d'une grande utilité.

La fiiradisation musculaire rapide est nécessaire seulement lorsque les muscles ont perdu à des degrés divers leur sensibilité, ou lorsqu'ils sont menacés dans leur nutrition. Or, la sensibilité des muscles est rarement atteinte dans la paralysie cérébrale, et quant à leur nutrition, j'établirai plus tard cpie la fibre musculaire reste intacte dans cette affection ; car on ne peut pas considérer comme une lésion dénutrition, l'amaigrissement (pii se traduit (pieUjuefois alors, à la longue et uniipiement [)ar (h^faut d'exercice.

b. Quand bien même l'état des ccMitres nerveux ne contre-indiciuerait pas l'emploi des int(;rinittences rapides, il n'est jamais indifférent (1(; pratiquer la faradisatiou musculaire avec ou sans douleur, car il est des sujets qui soit |)ar défaut d'énergie, soit en raison de leur excitabilité nerv(nise, ne peuvent la supporter. Je citerai connue exemple les fennnes et les enfants.

Si, d'un côté, la propriété que possèdent les intermittences rapides d'augmenter la puissance tonicpie des muscles et i\e produire souvent leur contracture;, est (piehpiefois utilis('»e en tlKM'apeulicpie, d'un autre côté, elle |)eut occasionner de grands désordres. Ainsi j'établirai, par des faits, (|u'appliquée à la face, elle produit, dans cer-

12S AriVMlKlI.S FAUADIQDKS.

taiiis cas , des coiitractiiics (lui ciilraiiicnt aprc^ cIIl'^ des (lilloriiiilcs incurables.

r. Kiiliii il est iiih; loiile de circonslaiiccs où les besoins ibeiM- |)eulit|iie^ ne demandent (jue l'application d'un très pcitit nombre dintcnnitlences isolées, connne iorsiju'il s'agit d'exciter la membrane du tympan, dans le traitement de la surdité, etc.

Ces considérations démontrent surabondamment (jue la laradisation à intermitten(îes rapides trouve de nombreuses et utiles applications en pliysiolo^de et en tliérapculicpie, mais (pie dms certains cas où elle est appli({uée à l'excitation nmsculaire, elle est dan^'ereuse, à cause des accidents ou dv> dillbrmil(!s qu'elle peut occasionner et (ju'alors elle est remplacée avantageusement [)ar la Taradisalion à rares intermittences.

s III. — Usinn un ;;ranil nomhre dv cas, les appareils faradiques ne sauraient être trop puissants.

Que doit-on entendre par puissance d'un appareil d'induction? Conmient mesurer cette puissance?

Un appareil est puissant s'il agit avec une grande énergie sur la contractilité musculaire, sur la sensibilité de la peau, des muscles et d'autres organes sous-cutanés, sur la sensibilité de la rétine, et s'il peut traverser une grande épaisseur de tissus, c'est-à-dire si ces recompositions peuvent se faire profondément dans les organes.

On sait maintenant, après les faits et les considérations qui ont été exposés précédeoiment (art. III, chap. V], que les propriétés différentielles des courants d'induction, applicables à la pratique, ne se trouvent réunis que dans un appareil à double induction, dont les hélices sont construites d'après certaines proportions, j'ajouterai que la puissance de ces propriétés différentielles est en raison directe de la longueur des fils, c'est pourquoi la puissance d'un appareil d'induction est nécessairement proportionnée à son volume et à son poids. (On n'a malheureusement pas encore découvert le moyen de produire une mduction très puissante avec une petite quantité de iil de cuivre.)

Cependant on s'exposerait à se laisser tromper par l'apparence en jugeant de la force d'un appareil sur son volume et sur son poids, si l'on ne mesurait pas sa puissance réelle. Nous ne sommes plus au temps où, pour décider de la force d'un appareil, on se contentait de prendre un rhéophore dans chaque main. Il faut, pour cela, diriger et limiter tel ou tel courant de cet appaieil dans les organes dont on veut rechercher le degré d'excitation produite par ce cou-

PlloPlUrrÉS Ol^'lI^S DOIVENT POSSRDKR. 1 Î'O

mut, et procôilcr, (lansco{^ciire (l'oxpérif^nco, comme jo l'ai iiirlifiiir précédemment.

.le vais prouver rapideinciit, p;ir (piehpies exemples, la vérité de celte proposition écrite; cm t('te de ce |)ara';raplie : Dans certo.im cas les apparciis d'indurlion ne sauraient être trop puissants.

.l'ai démontré, dans le cliapitre II, (jue, lorscpi'on localise l'excitiition électri(|iie dans les tissus ou dans les orj,Mnes placés sons la j)eau, la recomposition du courant se l'ait d'autant plus profondément (pie ce dernier a plus de tension. Il en résultiî (pi'un courant dont l'intensité est trop faible ne peut pénétrer jusqu'aux inuscles, si la couche cellulaire sous-cutanée otïre une trop grande épaisseur, ou par suite de l'abondance de la graisse ou d'une infiltration séreuse. Eli bien, les cas dans lesquels le tissu cellulaire sous-cutané oppose par son épaisseiu' une grande résistance aux courants lu; sont pas rares, surtout aux membres inférieurs. Il m'est même arrive, dans certaines circonstances où la tension de mon plus puissant appareil faradique ne pouvait vaincre la résistance que lui opposait l'épaisseur des tissus sous -cutanés pour arriver aux muscles, de me voir forcé de recourir à la tension plus pénétrante de la bouteille de Leyde. C'est en présence de cas semblables qu'on peut dire qu'un appareil faradique ne saurait être trop puissant. On sait d'ailleurs que, quel é[uesoit son degré de tension, on pourra toujours en faire l'application, sans produire trop de douleurs, i)Ourvu ([u'on ait le soin d'éloigner suffisamment les intermittences.

Il existe aussi des états palhologi(pjes contre lesquels les appareils faradiques ne sauraient être trop puissants. Parmi les i)aralysies consécutives aux lésions traumati(iues des nerfs, il en est quehiuesunes (pii enlèvent aux muscles toutes leurs propriétés; ceux-ci perdent alors complètement leur contractilité et leur sensibilité; la peau et même les os sont aussi frappés d'insensibilité; enfin les membres paralysi's se dessèchent et semblent frappés de mort. Dans les cas de ce genre ({ue j'ai observés en assez grand nombre et qui ont fait l'objet d'un travail spécial, il m'a fallu recourir à un appareil faradi([ue d'une intensité énorme, et j'ai eu quelquefois a regretter de n'avoir pas à ma disposition un a})pareil plus puissant. C'est seulement lors(jue j'ai commencé à rapi)eler un pende vie dans les membres, (pie j'ai pu diminuer l'intensité des courants et (pi'un appareil d(î force moyenne est devenu suflisant. D'autres alfections musculaires d'une autre nature, dont il sera question dans le cours de ce livre, exigent renq)!oi des^appareils les i)lus puissants.

Les anesthésies cutanées hystéri(|ues [)euvent guérir, en geiieial, avec un appareil de force ordinaire, pourvu (jue ses internuttences dlchlnm:. 9

l.'iO AlMV\l\i:iI.S VOI.TA-FARADIQI'KS.

inaiclieiil avec u\w ^laiidr rapidit*' ; mais j'en ai l'cncoiitrc parmi rrs (It'i'iiièit's et parmi les aiicsllicsics ciitaïK'cs (riiiic anti'{! iiatiirr un assez fçra 11(1 nombic (jui, l'cbclics aux courants iVuwc iiilciisit('' moyenne, nonlccdi! (pi'anx a|)par«!ils <pii aL:is^ai('nl le plus puissamment sur la sensil)ilit('* eutanj'c.

§ IV. 'I'<»ii< :i|»|»:ir4'il 4l<' farafii.Halion duil |»4»HH«>4l<>r un nio«l<' «le ;;ra«luali4»ii «gui |i4'riii4'lf<' 4I4' iii4*Miir4'r Icn 4Ion4'n 4''l4>4>tri4|ii4'H rxa4*l4'iii4'ii( 4>l |>r4»|i4>rli4>iin4>ll4>iii4>iit tiii 4l4';;r4'' «l'4'.\4'i(;il»ililc 4I4VS or;;anc«<. varial»l4' 4l;iii.s l't-fal 4l4> saiMt'* «'1 4l«* iuiila4li4v

I^es considérations dans Icsijucllcs je suis entré dans le deuxième (^liapitre, pcuir ce (pii a trait au d(>^ré d'excilabilitf' sp('ciale dont jouissent chacun de nos ort^anes, chacun des muscles et des nerl's, chacune des r('*i;ions de la peau, excital)ilit<''qui varie ^'ncore suivant l'état do santé et de maladie, ces considérations, dis-je, devraient suffire; pour démontrer l'importance et l'exactitude de la proposition que je viens de tbi-muler.

Connnent, en etïet, Hmiter la puissance électrique dans les organes, si l'appareil n'est pas construit de manière à pouvoir distribuer à chacun de ces organes la dose qui lui convient? Pour me faire mieux comprendre, je citerai encore quelques exemples. A l'état normal, la sensibilité du col de l'utérus, de la vessie, du rectum, sont peu excitables ; les courants les plus faibles excitent, au contraire, énergiquement la sensibilité des muscles de la face. Entre ces extrêmes, il existe des degrés d'excitabilité intermédiaires, propres aux autres organes. Pour s'en convaincre, que l'on compare seulement les différences d'excitabilité, qui existent entre les muscles de la face dont le moins excitable l'est encore infiniment plus que les muscles des autres régions, et l'on verra que chacun d'eux est doué d'un degré d'excitabilité, spéciale, qui exige une dose électrique au delà de laquelle on ne doit pas aller, si l'on veut obtenir des contractions partielles ou ne pas provoquer de trop vives douleurs. (Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai déjà dit, dans le cliapitre II, du degré d'excitabilité individuelle des muscles de la face.) Qu'on se rappelle enfin que le degré d'excitabilité de la sensibilité varie dans chacune des régions et même dans chacun des points de la face. Si ensuite, en outre de ces différences d'excitabilité des organe^, on considère les différences qui existent dans l'état anatomique des tissus sur lesquels on agit (la plus ou moins grande épaisseur du derme, de la couclie cellulo-graisseuse, sous-cutanée et des aponévroses à traverser, ou de la couche musculaire dans laquelle on veut localiser l'excitation), état anatomique qu'il faut connaître pour opérer à coup

PROPRIETES OIJILS DOIVENT POSSEDER. 131

sûr If's locoîiipositions électriques à telle ou telle profondeur, on (MHiiprcndra la nécessité absolue de donner aux appanîils faradiciues une {^^'adualioii exacte et ([ui se lasse sur une échelle d'une étendue suffisante.

Mais pour (ju'une graduation soit exacte, il laut cpi'il y ait proportionnalité arithmétique eiilrc le.s divisions du graduateur et la force progressive de l'appareil ; il faut encore, si c'est un appareil volta-électrique, que la for(fe initiale de la pile agisse au même degré d'intensité, ou du moins qu'elle soit connue de l'opérateur. On sait, en ett'et, que la pile qui anime les appareils volta-faradiques est plus ou moins constante, suivant que ses acides sont plus ou moins concentrés, suivant ((u'elle se polarise ou qu'elle s'épuise plus ou moins vite, ou qu'elle s'engorge plus ou moins de sels cristallisés et mauvais conducteurs. On conçoit qu'avec de telles variations dans la force initiale, la mesure des doses électriques devienne illusoire, et en conséquence qu'il soit impossible de formuler les doses électriques qu'il convient d'administrer à chacun des organes.

Enfin la graduation s'opère sur une échelle d'une étendue suffisante, quand elle mesure tous les degrés d'intensité des courants, proportionnellement au degré d'excitabilité de chacun des organes, ou, en d'autres termes, quand l'appareil faradique peut également distribuer ses courants à des doses très fortes ou à des doses très laibles, ou à toutes les doses intermédiaires entre ces deux extrêmes.

Telles sont les propriétés principales qu'on doit trouver reunies dans tout appareil faradique destiné à l'étude des sciences UK'dicales et à la thérapeuti(jue. 11 est d'autres conditions encore (ju'il est très important de rechercher dans les appareils faradiques. Ainsi ils doivent être portatifs, d'un maniement facile et d'un prix modéré. Comme ces questions n'ont rien de scientifique, je n'ai pas jugé opportun de les discuter dans cet article, me réservant d'y revenir par la suite. Quoicpie secondaires, elles intéressent, au plus haut (h'gré, la vulgarisation de l'électricité médicale.

Dans la précédente édition, j'avais fait suivre l'étude des propriétés dilTérentielles du courant des hélices des appareils d'induction, de l'examen critiipuî des appareils faradi(iues alors en usage dans la pratique médicale, et j'avais démontré que ces derniers ne réunissaient pas l'ensemble des conditions nécessaires à la faradisation localisée ou à l'application de cette méthode d'électrisation à mes recherches électro-physiologi([ues.

Cette criti(|ue ne me parait plus indispensable et m'entraînerait trop loin.

132 MM'viniis \ni,i A-i \ii\i)ini i;s.

Kllc n'est jMs iiHlispciisaltlc, i);ii'(i' (jur riililitc |irali(|ih' (1rs jin»prit'U'S (If lu j)i(.'iul('r(.! i-l de; la (Iciixicnic lidiccs, (|(;s inl(.'riiiiltenctîs lentes ou lapides, (ruiie i^radnation cNacle et laite sur une longue ei'lielle, est suriisammeiit ('lahlK' et \ ii!;,^ari:-.(''e, et en eon- S('»(|uenee parce (lue eliacun peut l'aire cette criti(pi(; ou s'assurer si l'appareil (|u'il a deniainh'; à un ral)ri(!anl, reinj)litou non toutes les conditions dont Texperience et la piati(p:e ni'diit dcniontn; la ik';cessilé.

Cet examen critiipie, ai-je dit aussi, m'entriiiner.iil l!'(»p loin. En ellet, l'utilité do raj)plicati()n de la l'aïadisation localis(''e à IN'tude (l(; la physiologie et de la patliolo^ii; inusculaii'es, et la vuli^arisation de; 1 électrothérapie ont imprimé une ^^rande activité au commerce des appareils d'induction. Il en est msulté (jue les physiciens et les labricants, les uns dans un but de })r(>i;r('s, les autres pour s'attirer la préférence des médecins, se sont appliquc'-s à perfectionner les appareils. Aussi le nombre de ces appareils d'induction, perfectionnés ou mochfiés, s'est-il tellement accru en France et à l'étranger, ([ue, pour les examiner ou les criticpier, il me faudrait entrer dans des développements qui me feraient sortir des limites que je suis forcé de m'imposer. Ces efforts très louables ont produit quelques appareils très ingénieux. Malheureusement les inventeurs s'étant attachés particulièrement à diminuer leur volume et leur prix, ne se sont pas assez pénétrés des nouveaux besoins de la science et de la thérapeutique, besoinsnésde la création de lamcHhode defaradisation localisée et de la découverte des propriétés différentielles des courants de diverses hélices.

Les observations critiques que j'avais faites sur les appareils répandus en général dans la pratique, m'avaient été inspirées par la longue expérience de ceux qui alors étaient les plus usités. Mais j'avais pensé qu'un nouveau devoir m'était imposé par la sévérité même de cette critique, celui d'essayer de faire mieux. C'est pourquoi je m'étais livré avec ardeur à un nouveau genre de recherches peu en harmonie avec mes habitudes, et qui m'eussent été bien pénibles, si je n'avais eu quelque aptitude et quelque goût pour la mécanique, et surtout si je n'avais eu constamment présente à l'esprit la réalisation d'une idée, la localisation de la puissance électriciue dans les organes et son application aux sciences médicales.

Je m'étais donc rais à fréquenter les ateliers où j'avais appris bientôt les secrets de la fabrication, et après bien des essais j'avais pu produire des appareils construits de mes propres mains, quoiqu'auparavant je n'eusse jamais manié la lime ni le marteau. C'est d'après ces modèles que j'avais tracé le plan des appareils volta-

(iii.vM) AiM>Anr:ii, volta-fakadiocr de i/acikiu. 133

fara(li(jiies et iiiagnéto-raradiciiics, (|ui ont été exécutés avec tal«;iit par i)nL Clianière et Deleuil. Depuis loi's ils ont subi de nouvelles et iinportaiilcs niodilicalions ; i'(;îi vais doiiiier la description dans l'arlicle suivant.

AKTICLK II.

OnAMJ AI'rAP.I'.II, VOLTA-FAHADIQL'K A DCI ULE COUHANT.

Mon appareil volta-raradi(iue à double courant était assez compliqué à son origine; il subissait le sort de tout appareil nouveau. La multiplicité de ses contacts en rendait la description difficile à comj)rendre, et bien rpie sa mise en action lut très simple, elle occasiormait de fréquents dérangements. L'usage de cet appareil primitif m'ayant bientôt fait connaître tous ses défauts, je lui ai fait sfd/ir successivement des modifications iuîportantes qui l'ont ramené à une grande simplicité, et ont diminué conséquemment la fréquence des accidents qui pouvaient en arrêter la marche ou en affaiblir la force.

De plus, l'appareil modifié offre aujourd'hui un système de graduation plus parfait, des moyens plus variés de produire des intermittences plus ou moins rapides.

Pour faiie n)ieux ressortir l'importance de ces modifications, j'ai re[)résenté dans la figure 19 ra})pMreil primitif et dans les figures *iO

FiG. 10.

el iM les ap'parcils perfectionnt's, l'un (fig. 20) dont les hélices sont cachéos par une enveloppe, et l'autre (tigiiie 21), dont les hélices sont à découvert, ('.es figures en faciliteront la description.

AIM'AHlilLS VOLTA-KAUADK^llES.

|i I. — Dcflcriplton.

A. CiiniKl appareil volta-fiira(li(|ii(' rcruiivorl. Le premier modèle de l'appareil vulta-laïadiinic 1i^. 19) (1) se

composait : 1° d'une pile plate 0; 2° de deux hélices superposées; 3" d'un graduateur formé par l'hélice externe mobile et que l'on taisait marcher sur l'hélice interne au moyen de la lige R; U" d'un rhéométre V; 5*" d'une roue dentée D fixée sur une petite planche enfermée dans le tiroir U, qui, lorsqu'on voulait s'en servir, pouvait être relevée comme dans la figure 1; 6" d'un Irembleur A.

Le dernier modèle (2) (fig. 20 et 21) diffère du premier : 1° par la suppression de la roue dentée D (fig. 1), qui est remplacée par une pédale rhéotome Y (fig. 2), dont le mécanisme sera expliqué bientôt; cette modification a permis de supprimer les contacts trop multipliés de la figure 1 et de simplifier la fabrication de l'appareil ; 2 " par la

(1) Cet appareil a été présenté à rAcadémie des sciences de France par M. le professeur Despretz en 1848. •

(2) Cet appareil modifié a été présenté en 1850 à l'Aradémie de médecine de Paris,

(JRAND APl>AUi:iL VOi.TA-KAHADIQUE DE i/A( TEL'H. 135

gradualioM opérée au moyen d'un tube de cuivre rouj^e B recouvrant plus ou moins les deux hélices (jui constituent la double induction ; 3" par l'emploi d'un tube F rempli d'eau, •d\y\)i'{é modéi-atew, et qui, {:()nd)iné avec les tubes j^raduateurs, permet de mesurer les doses électricpu^s plus ou moins petites comme les doses les plus élevées; V par l'emploi d'un conmiutateur des hélices E (li^. 21), dont l'usage

FiG. 21.

FiG. 21.

sera bientôt exposé; 5*entin, par une modification do la pile considérable et toute récente (datant de 1859).

Voici la description de l'appareil qui a subi les plus récentes modifications. Je me servirai des figures 20, 21, 22, 23, 26, 25 et 26 pour en décrire toutes les parties.

1° L'appareil est mis en action par une pile composée de trois éléments. Ces derniers, placés dans des bacs de caoutchouc durci, sont rentermés dans les tiroirs U et U' (fig. 20); il va deux éléments

FiG. 23

FiG. 24

pour le tiroir supérieur (lig. 23), et seulement un élément pour le tiroir inférieur (fig. 26).

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