V . — l'édalc rhéotoine et Uoiuhleur
Pendant la faradisalion, les intermittences doivent être rares ou fréquentes, lentes ou rapides, selon l'indicaiion physiologique ou lhérapeuti(pie à remplir, ainsi (jue je l'ai prouvé au commencement de ce chapitre. Tout appareil qui ne peut remplir ces conditions variées est incomplet et même dangereux. C'est dans le but de ré- [)()n(lre à toutes ces conditions que j'ai adapté à mon appareil deux systèmes de rhéotomes : une pédale et un trembleur.
Pédale. — La pédale (Y, iig. 20) répond à ces dilférentes conditions, puisque, selon la volonté de l'opiM-aleur, elle donne de< solutions plus ou moins rapprochées.
150 M'ivMii.ii.s \()i;rv-i akadioci'S.
Je MIC Miis Itui^lcmi»^ srivi, poiii' priilifjiicr a volouii' lr> iiilciMiiiltoiuu's plus ou moins lentes, d'une lone dénier ii(la|)tée a ra|)j)ared (voy. 1), \v^. 1 D) ; niais la inanreuvre de rc\Ut roue nie privait de l'usay[e de la main (pii dev.iif èli'c léserv/'c pour (udle du ^radualeui", du modérateur, des ('onnnulatems des Ih'liees, des pôles, etc. C'est pour(|uoi j'ai (l(4)nis plusieurs anné(,'s préfeii' la pédale à cette r»)ue dentée, qui d'ailleurs eumplitjuait la fahriralion de raj)pareil, ou (pjehpiefois était une; cause de sa détérioialioii.
J'estime peu, en général, les systèmes d'intermiltenee (jui ne sont pas réglés selon les besoins de l'expérimentation ou de la tliérapeuti(pie. J'ai construit i)lusieurs petits a|)pareiis rlii'otomes, et dont le moteur était un ressort tendu (pii produisait des intermittences pendant plusieurs heures. L'expérience m'a bien vite appris que ces mouvements m(''cani(pies ne pouvaient pas remplacer ceux qui sont nms par la volonti' du médecin; et, malgré la (M)unnodité de leur emploi, j'en suis revenu à la roue dentée, et pôstérieurernent à la pédale.
Je dirai cependant que je me sersquehpicfois avec avantage (dans les applications où il faut de la précision) d'une pendule à laquelle j'ai fait adapter un rbéotome (|ui me donne exactement, à volonté, un, ou deux, ou trois, ou quatre intermittences par seconde (1).
Trembleur. — Quelque rapprochées que puissent être les intermittences d'une roue dentée ou d'une pédale, elles ne peuvent jamais atteindre la rapidité du trembleur, rapidité telle que c'est presque un mouvement continu. Les propriétés spéciales de ce mouvement rapide, l'énergique inlluence qu'il exerce sur la sensibilité, me l'ont fait adopter comme moyen précieux pour l'étude de certains phénomènes électro-physiologiques, pour le traitement de certaines lésions dynamiques. Mais ce mécanisme ne saurait toujours remplacer la roue ou la pédale, car il peut occasionner, dans quelques cas, des accidents d'une certaine gravité. Je pense donc qu'un appareil doit être muni d'une pédale et d'un trembleur.
Les trembleurs, et j'en ai étudié de toutes les formes, se dérangent si souvent, s'arrêtent si capricieusement, pour ainsi dire, qu'il faudrait renoncer à les appliquer aux appareils d'induction, si l'on n'y portait remède. Ainsi, il m'est souvent arrivé, avec certains appareils, de ne ponvoir faire une expérience ou une application thérapeutique, à cause de l'arrêt, de l'irrégularité ou d'un caprice de leur trembleur, caprice dont je ne trouvais pas immédiatement la cause.
(1) Ce rliéotonie, adapté à une pendule électrique avec aiguille à secondes, a élé construit par M. A. Mathieu, mécanicien.
(ilUND AIM»\UKIL VOLTA-FAKADIQIJK DK f/'AlTI-liU . 151
lui augi)i(3iilant la j)uissiii\co H'aiinaritatioii du fer doiiv de la bobine et de la plaque de fer mobile qui exéout(; les intermittences, eti rendant plus facile et plus simple le jeu du trembleur au moyen de la force combinée de son ressort et du poids de son fer doux mobile, j'ai si bien régularisé son action, (pi'il ne m'a jamais fait défaut, dans mes appareils, pourvu (|ue la force de ia pile fût suffisante.
On peut faire des trenibleurs avec ou sans vibrations. (Les trembleurs sans vibrations sont ceux qui, entre chacjue intermittence, sont agités par plusieurs ressauts ou rebondissem(Mils très rapides qui rendent la faradisation très désagréable.)
La sensation plus douloureuse occasionnée par le trembleur à vibrations rend plus difficiles certaines (expériences électro-musculaires, même quand j'agis à un degré modéré. Cependant le trembleur à vibrations peut être très utile dans les cas où il est indiqué d'exciter très vivement la sensibilité et la nutrition.
J'ai imaginé un trembleur dont les battements peuvent être ralentis ou accélérés à volonté: ainsi, il peut ne donner que quatre intermittences par seconde, ou bien produire un nombre incalculable d'intermittences dans le mémo espace de temps, en passant par tous les degrés de vitesse intermédiaires. J'ai adapté ce trembleur à mon appareil découvert (tig. 21).
La figure 25 repré.sente le plan antérieur de cet appareil où se trouve le trembleur à intermittences lentes ou rapides, dont voici le mécanisme. L'une des extrémités du til de la première bélice communique, l'une avec le bouton E, l'autre extrémité avec la visC- la pièce mobile de cuivre A, (jui est repoussée par un ressort placé au-devant d'elle contre la vis ('., communique avec le bouton F. On comprend qu'à l'instant où les boutons E et F sont mis en rapport avec les pôles d'une pile, le courant passe dans le fil de la première hélice, et aimante le fer doux central de celle-ci, qui attire le fer doux mobile G. Ce fer doux en- ,. ^..
traîne avec lui la pièce mobile de
cuivre A qui était appliquée contre la vis C. Il en résulte une solution de continuité, et con^^équemment la cessation de l'niman-
I;VJ MM'AUKII.S VOMV-IAUAI)I0rK«.
tiitioii cl le icloiir (le la pièce A contre lu vis C Alors le courant passe (le nouveau dans l'iiélice, produit les pln-nointmes ci-dessus décrits, et ainsi de suite.
.Ius(iu'à présent, on le voit, ce trend)leur diHeic [)eu de? celui de l'appareil représenté dans la figure 20. Mais voici les modifications qui l'en distinguent. Le 1er doux mobile (i (li^'. 25) est assez éloigné du Ter doux placé au centre d(; l hélice pour avoir une course beaucoup plus grande à parcourir, (piand il est allirt- par l'aimant temporaire de la première iK'lice. Dans cet (Hat, il ne bal (pie (piatre lois par seconde. Waisen tournant graduellement de droite àgauclie la vis C, l'étendue de la course du Ter mobile (i diminue d(! plus en plus; consécpiennnent la rapidité du trembleur va progressivement au gré de l'opérateur, ([ui peut, par ce moyen simple, régler la marche du lrend)lenr, seloii les effets qu'il désire obtenir. Pour que l'action magnéti(pie put s'exercer avec assez de force à une telle distance entie l'aimant temporaire de l'hélice et le ter doux mobile G, il m'a lallu augmenter la masse de ce dernier. C'est ce que j'ai obtenu en articulant le fer mobile G avec un barreau de fer doux de \U centimètres de longueur, et qui s'étend sur la face supérieure de la bobine, comme on peut le voir dans la figure 21. I/aimantation de la plaque mobile G par l'influence du fer de l'hélice augmente alors considérablement, comme si elle faisait corps avec le barreau sur lequel elle est articulée. Lorsque la vis C est serrée, le ressort qui repousse la pièce A contre cette vis C est assez tendu pour que les intermittences se fassent sans vibrations. Mais (juand on relâche ce ressort en détournant la vis C, chaque battement ou intermittence est suivie d'une vibration dont j'ai exposé plus haut l'action spéciale sur la sensibilité. Cette vibration est telle au maximum de relâchement du ressort de la pièce A, que les intermittences les plus rares du trembleur (quatre intermittences par seconde) produisent des contractions musculaires douloureuses, quoique éloignées. Ces intermittences éloignées à vibrations sont très utiles, quand il est indiqué d'agir à la fois sur la contractilité, la sensibilité ou la nutrition des muscles, et alors que les intermhtences rapides ne peuvent être supportées par les malades. Ainsi, quand les intermittences rapides produisent des crampes et ne peuvent être appliquées, je les remplace par les intermittences éloignées à vibrations qui, sans offrir cet inconvénient, agissent encore avec assez d'énergie sur la sensibilité et la nutrition.
Ces intermittences rares à vibrations sont contre-indiquées dans les cas où il est dangereux de surexciter la sensibilité. En conséquence, l'appareil pourvu d'un tn^mbleur qui les produit, doit avoir
(JRAND APPAREIL VOl.TA-FAHADIQUE DE L'aUTEUK. 15!i
en outre un rliéotome qui «loniic des inlermitlences éloignées sans vibrations.
Dans les trembleurs, la pointe de la vis est platinée et se trouve en contact avec une pla(|ne également platinée, soudée à la pièce qui bat contre elle, afin cpie l'oxydation nuise le moins possible au (tontact parfait de ces conducteurs: mais le platine, brûlé par l'élincell(; électrique, s'oxyde à la longue, quoi ((u'on lasse; l'oxyde déposé sur les surfaces platinées s'oppose au passage du courant, d'où il résulte un affaiblissement de la puissance de l'appareil ; le jeu du trembleur, ou se ralentit, ou s'arrête tout à fait. J'ai remédié à ce dclaut en augmentant l'épaisseur de la plaque de platine et en la rendant mobile, de sorte que lorsque, après quelques mois d'un travail de plusieurs heures par jour, elle a été oxydée dans un point, on peut la déplacer un peu à droite ou à gauche. 11 faut aussi avoir soin de frotter de temps à autre, sur du drap ou du linge, l'extrémité platinée de la vis du trembleur, pour en enlever l'oxyde. Enfin, pour diminuer l'oxydation du platine, j'ai augmenté la surface de l'extrémité du trembleur; je lui ai donné 2 à o millimètres de diamètre transversal.
G. — Pile.
Jusqu'en ces derniers temps, la pile de Bunsen avait été la source initiale de mon appareil volta-faradique, parce qu'elle joignait à la puissance une constance assez grande. Je l'avais seulement convertie en pile plate, afin de la mettre dans un tiroir; et au lieu de plonger le charbon dans l'acide azotique, j'avais versé cet acide sur sa surface jusqu'à ce qu'il en fût pénétré par endosmose, et je le plaçai dans un bac de zinc qui contenait une certaine quantité d'une solution de sel marin, n'ayant pour diaphragme qu'une couche très mince du li([uide salin, ce qui diminuait considérablement la résistance de la pile et augmentait proportionnellement sa puissance.
Cette pile était parfaitement en rapport avec la force de l'appareil primitif. Mais depuis que j'ai dû doubler au moins la longueur des hélices et de leurs fils, elle est devenue insuffisante et ne peut développer toute la puissance que possède l'appareil. J'ai donc cherché à obtenir de la pile beaucoup plus de tension. Pour cela, j'ai diminué de moitié la surface de l'élément, et mon appareil a été alimenté par une pile composée de trois et même de cpiatre éléments semblables.
/^jVe avec acide sulfurique. — Il n'est pas un appareil électromédical (pii, dans la pratique, puisse résister longtenq)s, à moins
•15^1 AiMvuiEii.s V(ii;iA-KAUAi)igiii:s.
des plus grands suiiis, à l'ciiiplui de l'acide azolKjin-. Le dcgaguiiiciil inévitable de son ^mz uilreux iilta(|ii(' lelleiiieut les diiïérenles pièc(îs des appareils, (|u'à la inoindre ii* ^li^eiiec, celles (pu ii'cmi sont pas garanties par un niaslie cm par un autre moyen analogue, ne conduisent plus ou couduisenl mal h; couiant dans les points lie coutact. Ces inconvénients pouvaient èti'e certainenuMit é-vili's (Jans mon appareil, comme je l'ai dit, en laison de ses di.spositions; mais les praticiens, en général, ne prenaient aucune des précautions (^ue j'avais recommandées, et il en lésullait de lapides diHériorations. Le remplacement de l'acide azotiipie par l'acide suiruii(|ue a l'ait disparaître ces graves inconvénients (1).
La construction de cette nouvelle pile est plus simple, car le bac de zinc est remplace' par une phupie de mènie métal qui est placée au-dessus du charbon , dont elle est séparée par un drap épais trempé dans une solution d'acide snU'urique au dixième (2).
On remarquera que ce diaphragme humide suffit pour entretenir l'action chiinicpie de l'appareil, sans qu'il soit nécessaire de plonger le charbon et le zinc dans un liquide acide, qui était gênant dans la pratique, surtout pour le transport de l'appareil.
Cette pile, ainsi disposée, est beaucoup plus constante que la pile ordinaire de Bunsen, pourvu que l'amalgame du zinc soit bien entretenu, ce (}ui est très facile. Elle a pu l'aire, en effet, marcher mon appareil deux jours entiers, sans que sa force ait diminué d'une manière très appréciable.
La puissance de cette pile, composée de trois à quatre de ces éléments, a dépassé vraiment mon attente. Jadis, quand il me fallait agir avec une grande force, par exemple lorsque j'avais à explorer, au point de vue du diagnostic, l'état de la contractilité et de la sensibilité musculaires, dans les cas où ces propriétés étaient perdues ou considérablement aHaiblies, et lorsque je devais porter l'excita-
(1) L'idée de remplacer l'acide azotique par l'acide suifurique ma été donnée par mon honorable ami M. le docteur Erdraann (de Dresde), le savant traducteur allemand de ma première édiiion {De Vélectrisalion localisée, et de son appUcaiion à la physiologie, àlapalhologie et à la thérapeutique, Paris, 1855, in-8 . Depuis plusieurs années il s'en sert avec avantage pour faire marcher la pile de sou appareil d'induction, pile plate en forme de tiroir comme la mienne, et qui est composée d'un ctiarbon et d'un zinc.
(2, Dans mon appareil primitif, alors qu'il fut présenté à l'Académie des sciences, le charbon était aussi séparé du zinc par un drap humide; mais le poids du charbon, au-dessous duquel il était placé, en exprimait le liquide. D'ailleurs il n'était pas nécessaire, car il suffisait de la couche très mince de liquide qui restait toujours entre le charbon et le zinc pour former diaphragme.
GHAM) ArPARElL VOLTA-FAHADIOdK DK I/aIJTKI'H. 155
tion électrique à unegrcande profondeur ou traverser des tissus épais et moins bons conducteurs, dans tous ces cas, dis-je, je ne pouvais opérer que dans mon cabinet, où mes appareils sont mis en action par une pile de Daniell de 10 éléments en été et de 12 à 15 éléments en liiver. Aujourd'hui, avec les fi éléments de mon appareil, j'ai toujours à ma disposition, et applicable au lit des malades, une puissance d'induction presque toujours suffisante (j'estime (jue trois de ces éléments valent 6 à 8 éléments de Daniell) (1). C'est un grand avantage, au point de vue pratique ; car trop souvent mon appareil était insuffisant, quand je devais me transporter chez les malades.
En résumé, les avantages de ces nouvelles piles sont faciles à saisir : 1" plus de vapeurs nitreuses, et par conséquent plus de détérioration de l'appareil; 2" plus de danger de renverser le liquide de la pile en transportant l'appareil, puisque avec le nouveau système l'humidité des draps suffit pour mettre les piles en action ; 3" l'augmentation du nombre des éléments, dont la surface est moindre, augmente la puissance de l'induction beaucoup plus que ne pourraient le faire 1 et 2 éléments, et double au moins la force de l'appareil.
Il est entendu que les vis de contact doivent être propres et décapées. A la longue, l'acide dont le charbon est saturé s'affaiblit en absorbant de l'eau : il faut, dans ce cas, le faire sécher à un feu modéré, et le charger de nouveau d'acide sulfurique concentré. Une fois ou deux par an, on le plonge pendant une heure dans l'eau pour le débarrasser des sels qu'il contient, et quand il est bien sec, on le chai'ge de nouveau d'acide sulfurique.
Les pièces de communication avec le charbon, composées autrefois d'une lame de cuivre platinée dans leur point de contact avec !«• charbon, étaient assez rapidement oxydées et détruites par l'acide ; maintenant elles sont remplacées par des fils de platine rivés sur nii niorceau de caoutchouc durci et foisant ressort, et aplatis dans les points de contact. Ces pièces de communication sont donc inaltérables.
Pile au deutosulfate de mercure. — Depuis plus de six mois, je faisais usage de la pile multiple avec acide sulfuricjue, dont je viens de faire ressortir les avantages, lorscjue M. Marié-Davy fit connaître sa })ile au sulfate de mercure; mais dans son procédé ou dans celui
(I) Je ferai observer, toutefois, que rinduction de mon appareil n'est pas encore, pour ainsi dire, saturée par ces quatre élémeuls, car j'obtiens de mon grand appareil une force bien plus firandeavec les douze piles de Daniell que je lui applique dans mon cabinet.
ir)f) MM'AUKII.S VOl.TA-rAHADIOUES.
(|ni a rtt'sinxi \n\v les ral)ri(';mls (MM. Kiilmikoriret Gœfl], I(î sultale (If incicuit' |)l()ii;4(' dans l'eau (|iii l'sl. vei's»''(î (l;ii)s nii cliarlM)!! de (■oi'iMic crciix', et le /inc csl iiiiscii contaci avec la surlaccMlu li(jiii(l(î. J'ai niodilic heureusement cette pile à lirpiide sans litMi (-lianger a la disposition antérieure des différentes pièces de mes couples. LesuU'ule de mercure étendu sur le charbon tiouve, dans ce dernier (jui est 1res poreux et dans les draps <pii lonl l'ollice de; (lia|)hra;^me, une quantité sulfisante d'eau pour (pie l action cliinii(pi(; de la piUt ait lieu d'une manière assez constante jx-ndant i)lusieurs lieures. (.ette pile humide offre l'avantaf-e de pouvoir être trans[)ortée sans que l'on ait à craindre de renverser le liquide, comme cela peut arriver dans l'autre manière de préparer la pile au sulfate de mercure, et d'exiger moins de manipulations. Kn effet, on a seulement à mettre, dans l'intervalle des applications, le caoutchouc durci entre le drap et le zinc essuyé avec soin, et puis, lorsque l'on veut remettre la pile en action, de verser sur les draps un peu d'eau, s'ils sont secs, et d'enlever les plaques de caoutchouc. Le même sulfate de mercure peut servir de quinze jours à trois semaines.
La pile avec acide sulfurique m'a paru plus puissante que celle au sulfate de mercure. Cependant je donne la préférence à cette dernière, parce qu'elle exige moins de manipulations que la première. Les personnes qui auraient de la répugnance à se servir d'un réactif aussi dangereux que le sulfate de mercure préféreront peut-être la première.
Quoique M. Marié-Davy ait conseillé de n'employer que le protosulfate, je me sers cependant du deutosulf'ate pour en obtenir plus de puissance. Je n'emploie le protosulf'ate, comme je l'ai dit, que dans les piles à 30 et ^0 éléments qui servent à l'application des courants continus et les plus constants.
Fabrication des charbons plats. — Après de nombreux essais sur la qualité de la houille grasse et du coke, sur les proportions de leur mélange, sur la manière de tasser ces mélanges dans les moules, sur la forme de ces derniers, et enlin sur le degré de cuisson nécessaire, je suis parvenu à fabriquer des charbons plats, durs et sans fissures.
La fabrication de ces charbons étant difficile et dispendieuse, j'avais songé à les remplacer par des charbons sciés dans le coke qui provient des usines à gaz. Le coke qui tapisse la paroi interne des cornues des usines à gaz hydrogène est formé, on le sait, par la matière bitumineuse connue sous le nom de pétrole. Cette matière se carbonise et se dépose couche par couche sur la face interne des cornues dans lesquelles on distille la houille grasse. Elle y forme à
PETIT APPAREIL VOI/I A-FAHADIQUE l)L l'aIITKIU. 157
la lou^Mio une croûte épaisse dont il tant les débarrasser de temps en temps. Mallienrenseinent les cliarbons tonnés avec le coke des appareils à distillation dn gaz liydro^'ène, excellents qnand ils plongent dans l'acide nitri([ue, et (jui, étant très pnrs et ne contenant pas (h; matière terreuse comme les piles de Bunsen, paraissent augmenter la puissance des piles, ne conviennent pas an système que j'ai adopte pour mes appareils; car, en (juelques minutes (d(nix ou trois), le courant qu'ils fournissent s'affaiblit de plus des trois quarts, à peu près, quand il est fermé. On observe alors ce singulier plu-nomène qui se produit dans les piles composées de zinc et de cuivic, de recouvrer son intensité première en peu de temps, quand le courant est ouvert. J'ai attribué cet affaiblissement rapide à la densité extrême de ce coke dont les interstices sont obstrués par les sels dus à l'action chimique de la pile, sels qui se dissolvent rapidement, quand le courant reste ouvert assez longtemps. Les charbons que j'ai tait fabriquer, sans être trop mous, ce qui les rendrait peu durables, sont cependant assez durs. Ce n'est qu'à la longue (après cinq à six mois d'un usage fréquent) que, les sels résultant de l'action chimique intérieure de la pile se déposent dans ses interstices et en diminuent la puissance en s'opposant au passage du courant. Il est important d'en être prévenu, car la puissance de l'appareil diminue considérablement.
H. — Commutateur des pôles.
Il est avaidageux de pouvoir changer la direction des courants rapidement et sans déplacer les rhéophores posés sur les organes. C'est dans ce but que j'ai adapté à mon appareil découvert un commutateur des pôles (H, fig. 21), qui, en tournant à droite ou à gauche, change la direction des pôles. Son mécanisme est le même que celui du commutateur des courants.
AUTICLE III.
PEirr APPAREIL VOLTA-FARADIQUE A DOLBLL COLRAM.
La valeur thérapeuti([ue de la faradisation localisée est aujourd'hui solidement établie sur une vaste expérimentation cpii, (♦epui^ queUiues années, s'est faite en Europe et aussi en Amérique. Il faudrait être véritablement aveugle ou prévenu pour la contester. EI1<^ est tellement vulgarisée, que la fabrication des appareils en a éprouve' une grande itnpulsion. Mais les praticiens, en général, recherchent les appareils de petit volume, très p()rtalil'> et peu lisptMidieux.
158 vrPAHKiis voLTA-FAnvniyrF.s.
Aussi l«;s liihiicinits se sont-ils ingéniés à coDslniirn <l<;s apfnin'ils (jui ivpoiwlriit le minix il (•rsluîsoiiisoii j)li;t<')t{i resoxi^cTiws. Parmi U's |)ln> liMl)il«'s, «Ml France, je citerai MM. I.e^'eiidre et Moriîi, GœlV, Uiiliinkdriï. Kiilre leurs mains les petits appareils volta-lara- (liqiiesonl subi d'imporlaiites niodilicalions. Ils |)«»ssèflonl, en effet, 1" une première et une s(HX)iiHe hélice disposj'cs de manière fi pouvoir f^tre ai)i)rKiuées individueilem(Mit; T ils sont j;iadu«'»s par les tubes môtalli(|ues interne ou externe, procédé préférable à tous les antres ; 3" leurs intermittences j)euvent éire, à volonté, lenles ou rapides, ou ])roduiles par un trenibleur. Os appareils sont inj^énieux et très habilement construits. Cependant je leur trouve encore des déCauts ou desiderata (jui me t'ont donner la j)référence à mon petit appareil dont j'ai exposé la descriplion dans la précédente édition et auquel j'ai fait subir d'importantes améliorations, au point de vue pratique. Ci' petit appareil, de force moyenne, jiossède l'ensemble des propriétés (|ue l'cm doit trouver réunies dans tout appareil médical. C'est une réduction de mon gros appareil volta-faradique a double courant, qu'il peut remplacer dans la pratique, en ^^énéral.
A. — Descriplion.
J'ai donné à ce petit appareil la forme d'une boîte plate et d'un carré long, ou d'un volume in-octavo, comme dans la figure 26. Lorsqu'il est ouvert, comme dans la figure 27, on voit qu'il est divisé
en deux parties. A droite, se trouve l'appareil d'induction proprement dit; à gauche, sont placés la pile, dans le compartiment inférieur A, et les rhéophores, avec leurs conducteurs, dans le compartiment supérieur B.
Le système d'induction se compose : 1° d'une bobine longue de
PI-TIl APPAREIL VOMA-FAHADinUE I)L i/aL'TELTH. 1:)9
6 centimètres, forint) par deux hélices superpos<^es et dont les fils de cuivre ont une section ci une longueur différentes (le fil de la première hélice a 60 mètres de longueur sur un demi-centimètre de section, et le fil de la deuxième héljrc 300 mètres de longueur sur un sixième de millimètre de section); 2" d'un 1er doux constitué par
FiG. 27
iHiiiniMi
l'IG. 29.
FiG. 30.
une large plaque de l'er-blanc, roulée eu iK'lice de manière à être placée au centre de la lx)biue; 3" d'un commutateur des hélices C (toutes les pièces précédentes sont cachées dans le compartiment de droite); U" d'un tube graduateur D; 5" d'un trembleur E et d'un rheotome L pour les intermittences lentes.
B. — Manière de mettre l'appareil en action.
Un couple électromoteur au deutosulfate de mercure (fig. 30), semblable à l'un de ceux démon gros appareil, est introduit dans le compartiment A; alors les contacts L' et N' du couple se trouvent en rapport avec les extrémités platinées FF' (fig. 27) des fils de la première hélice, et en fermant la porte G du compartiment A, comme dans la figure 26, ces contacts se trouvent pressés par les ressorts H et H' contre les extrémités platinées FF' de la première hélice. Les solutions de l'electromoleur, générateur de l'induction, sont pro-