‹ De l'électrisation localisée et de son application a la pathologie et a la thérapeutiqueChapitre 35 sur 73 · ÉLECTRO-PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

ÉLECTRO-PATHOLOGIE

La farad isation localisée appliquée à l'étude des paralysies hystériques m'a démontré l'existence de certains troubles dans l'état des propriétés nmsculaires. Ces signes morbides concourent à établir le diagnostic différentiel de ces paralysies.

La contraclilitè élech^o-muscnlaire est normale dans la parai ijsie hystérique ; la sensibilité électro-mnsculaire est, au contraire, diminuée ou abolie dans cette même affection.

La proposition que je viens de formuler est déduite d'une très longue expérimentation. Contrôlée par d'autres observateurs, elle me paraît aujourd'hui si bien établie, qu'il serait oiseux de rapporter des observations à l'appui de leur -exactitude.

Grâce à l'exploration électro-musculaire, il n'est plus possible de confondre aujourd'hui la paralysie hystérique avec les paralysies caractérisées par l'abolition ou la diminution de la contractilité électro-musculaire (les paralysies par lésion de la moelle ou des nerfs, les paralysies saturnines végétales, etc.).

Si l'augmentation de l'irritabilité était un signe propre à la paralysie cérébrale, comme Marshall-Hall l'avait inféré de ses expériences, il serait difficile de confondre cette dernière avec la paralysie hystérique ; malheureusement je n'ai que trop bien démontré qu'il tant renoncer à ce signe diagnostique, puisque j'ai dû conclure de mes expériences que dans la paralysie cérébrale, l'irritabilité n'est ni augmentée ni diminuée.

^IC) l'AlULYSIKS IlYSTKRIOri'S.

Il«'iir«'iis('iiicii( lii cocxislciicc (l<! I;i (liininulion on (!<' ral)r»lilioM de la M'ii^ilMlilt' cleclio-miisciilaiic ri de riiiN'^^iit/' de l'ii rilal)ilit<'', que l'on obscivc; dans la paralysie liy.sIcricjiHî, disliii;^Mi(! piv-srinc toujours crllc-ci do la ])ai-alysi(' (M'n'bralc, ou la sciisiltilitô ôlertro' jiiuscuiaire est en fçénéral iiilaclc.

Faisons maintenant rai)i)li('ation de ces principes.

Il n'est ])ersonn(Mpii n'ait vu la paralysie liystriicpie revêtir quelquefois la forme liémiplégi(jue. En consé(tuenee, riiôiniplégie n'étant pas seulement produite par une lésion eérél)rale, une paralysie qui reconnaît pour cause une tumeur, un kyste, etc., siégeant dans un des hémisphères du cerveau, pourrait, dans certains cas, être pris pour une hémiplégie hystérique. En voici un exemple :

Observation LXXIV. — En 1 852, une jeune fille était entrée à la Cliarilô (salle Sainle-^Iadeleine, n" 5), pour s'y faire traiter d'une hémiplégie gauche datant de six mois, et qui était survenue graduellement. Sa paralysie était incomplète, c'est-à-dire qu'elle consistait dans un affaiblissement des mouvements. Klle était habituellement bien portante avant sa paralysie, mais depuis lors elle était mal réglée. On constatait chez elle l'existence d'un souffle carotidien. Bien qu'elle n'eût jamais eu d'accès d'hystérie, M. Beau, qui dirigeait alors provisoirement le service, pensa que son hémiplégie pouvait bien être sous la dépendance d'un état hystérique, et m'engagea à l'examiner, au point de vue de mes recherches. A l'exploration électro-musculaire, je constatai l'intégrité de la contractilité et delà sensibilité électriques dans les muscles paralysés. Ce dernier phénomène (l'intégrité de la sensibilité musculaire) ne me permit pas de partager l'opinion de M. Beau sur la nature de la paralysie. On se rappelle, en effet, que la paralysie hystérique présente une perturbation dans l'état de la sensibilité qui est ordinairement diminuée dans les muscles ou quelquefois augmentée à la peau. En l'absence de ce dernier signe, et en présence de l'intégrité de la contractilité électro-musculaire, je diagnostiquai chez cette jeune fille une lésion cérébrale, par exemple un tubercule occupant le côté droit de la base du cerveau ; la possibilité de la présence d'un tubercule cérébral me paraissait s'appuyer encore sur l'existence d'une expiration prolongée au sommet du poumon gauche. Celte jeune fille mourut rapidement pur suite d'une suffusion séreuse dans les méninges et les ventricules. On trouva à l'autopsie un tubercule du volume d'un haricot dans le j)édoncule cérébral droit.

Je crois que dans la plupart des cas analogues à celui que je viens de rapporter, on pourrait diagnostiquer l'existence d'une tumeur cérébrale sans l'exploration électro-musculaire, car on observe alors en général une hémiplégie faciale du côté correspondant à

VALElIll DE l\ KAKADISATION LOCALISÉE. 377

riiémiplégio des membres : pli-'iiomène (|ue je n'ai jamais rencontré dans rii(''inii)lé^i«' liyslériciue, (jui présente senleinent quehiuefois nne dimirmtion de la sensibilité de ce coté de, la lace. Mais il est incontestable (jue, lors(|iril existe alors (jn('l([ue iiieerlitudr dans le diaj^nostic, les si{^mes liri'S de l'état des'propriétés nuisculaires sont d'une grande utilité.

On ]K)urrait également confondi'e nne btMniplé^ie l)yst(''ri(pie avec une liémiplégie de cause cérébrah;. Les mêmes signes (pii, dans lo cas précédent, ont servi à distinguer l'bémiplégie cérébrale de riiémiplégie liystérique, éclaireront alors le diagnostic. Je ne rapporte pas les faits dans lescjuels j'ai eu l'occasion d'établir le diagnostic différentiel d(! l'hémiplégie hystériquf; par l'exploration électro-nuisculaire. J'ai frécpiemment mis ce moyen de diagnostic à ré[)reuve, dans des circonstances semblables, à la Cbarité, parliculièrement dans le service de M. Briquet, où se trouve réuni un très grand nombre d'iiystériciues. Voici comment nous avons procédé clans ces reciierches : M. Briquet me signalait les sujets atteints de paralysies qui entraient dans son service après qu'il les avait examinés et qu'il avait établi son diagnostic sur les signes fournis par la symptomatologie. J'explorais alors l'état de la contractilité et de la sensibilité des muscles paralysés, sans interroger les malades, et c'^'tait uniquement des signes fournis par l'état de ces propriét(''S musculaires (jue je déduisais mon diagnostic. Est-il besoin de dire encore que l'on doit toujours rattacher les signes fournis par rex[)loration électro-musculaire, aux autres symptômes de la maladie? Si j'ai procédt'; autrement à la Charité, c'était i)our démontrer aux confrères et aux élèves (pii fréquentaient cet hôpital l'utilité des signes diagnosti(pies tirés de l'état de la contractilité et de la sensibilité électro-musculaires, et pour m'éditier de plus en plus moimême sur leur valeur réelle.

AllïICLE II.

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