‹ De l'électrisation localisée et de son application a la pathologie et a la thérapeutiqueChapitre 34 sur 73 · Paralysie générale cérébrale de l'eufancc · texte numérisé non relu

Paralysie générale cérébrale de l'eufancc

Les considérations précédenies sont parfaitement applicables à la paralysie générale cérébrale de l'enfance. Je n'ai besoin, pour le faire comprendre, cpie de citer un exemple. A la suite d'une lièvre continue plus ou moins longue (de quelques jours à plusieurs semaines), pendant laquelle on a observé des mouvements convnlsifs des membres, du globe oculaii'e, un enfant est atteint d'une paralysie générale. Est-(îe une paralysie par lésion cérébrale ou une paralysie atr()i)liique graisseuse? (J'ai démontré précédemment, on ^e le rappelle, ({u'un assez grand nombre de paralysies atrophiques

(1) Dans l'un des cas dont il vient d'iHre question (chez Eulalie l'errot, Agée de huit mois) les mouvements revinrent après la réduction do la luxation sousacromiale, excepté dans l'index, dont il me fallut faradiscr une di/ainc de fois les faisceaux extenseurs avant que sa première phalanj^e put être étendue par l'enfanl. Quant aux autres, la réduction de la luxation ne modifia pas leur paralysie. La faradiïfation, appliquée |)endant assez lon^çtemps, améliora seulement leur état. CA\c7. tous ces enfants, l'attitude continue du bras, dans la rotation en dedans, avait produit des rétractions fibreuses ou musculaires qui s'op|)osaient à la rotation du bras en dehors ; aussi ai-je dû prescrire certains exercices i^ytiinastiques et Tapplication d'appareils à forces clasli(|ues, dans le bol de vaincre cet obstacle à la rotation du bras en dehors.

',\'y2 IMlAl.YSIi; (.KM.IlAl.i; CKHUnui.K dk i.'knkanck.

j^i'iiiss('iiM'> (le rciiraiicc, i:i'ii('r;ilrs au dt'hiil, se l(Hiilisciit, aprrs un cci'laiii Iciiips, dans les iiirinhics ou dans l'un des membres superieuis ou inleneurs. J'en ai rapporte plusieui's exemples, entri; autics, <lans r(il>servalion \\\l\, ou l'on a vu la paralysie j^ônéniie, pendant plusieurs mois, se localiscM' dans les meird)res inférieurs, <l()nt ellu a détruit la pUipait des nmscics. (Juehputlbis cepfMidanl ces paralysies restent généralisées.) il n'existe pas, dans la syniptomatologie, un antre signe (pie celui (jnc l'on peut tirer de l'état de la contraetilit*'; électro-museulaii'e, (jui, dans la piemière i)éiiode, permette de dilï'érencier ces deux maladies, cm dès le deuxième septénaire l'irritabilitr» est diminuée dans la paialysie atropliique graisseuse, tandis (pi'elle reste toujours intacte dans la |)aralysi(; cérébrale.

Qui ne voit l'importance d'un tel diagnostic, quand il sait ladilïérence de la marche et du pronostic de ces deux maladies? J^'eidant est-il, en eiïet, atteint d'une paralysie générale cérébrale, sa vie est menacée d'une mort !])rocliaine. S'il échapi)e à ce premier danger, on n'a pas moins à craindre pour sa vie pendant plusieuis années, car on sait (\u(t souvent cette maladie se termine d'une manière fatale après ([uatre ou cinq ans de durée. S'il ne succombe pas, rien n'est plus aftligeant pour la famille ({ue de lui voir traîner péniblemoit son existence. En etfet, après être resté entièrement paralysé pendant un temps très long (d'un an à trois ou quatre ans), ses mouvements reviennent progressivement, il est vrai, mais incomplètement, compliqués de contractures et de mouvements réflexes qui empêchent ou gênent considérablement l'exercice de ses fonctions musculaires. Son intelligence quelquefois est normale, mais le plus souvent elle reste très affaiblie ou nulle; sa parole est souvent lente, difficile, etc. Tels sont les principaux traits de cette maladie cérébrale.

Le tableau est loin d'être aussi sombre, lorsqu'au contraire on a diagnostiqué chez cet enfant une paralysie atrophique graisseuse, bien que cette maladie puisse affecter plus ou moins gravement le système musculaire et osseux, puis changer la forme et l'attitude des membres. Ainsi que je l'ai déjà dit, je n'ai pas connaissance que, malgré sa fréquence, elle ait donné une seule fois la mort. Elle ne compromet jamais, connne la paralysie générale cérébrale, l'intelligence de l'enfant. Quoiqu'au moment où on l'examine, la paralysie soit générale et compliquée peut-être de contractures, l'atrophie et la métamorphose peuvent ne menacer qu'un petit nombre de muscles (ce que l'exploration électrique découvre et peut annoncer à coup sûr, comme je l'ai déjà dit). Enfin jamais dans cette espèce

PAUAPr.EOIli HYrKKTUOPIIIODE DE L ENI'ANCK DE CAl'SE CEHEBKAl.K. .)>*

(le pai'alysit; do reiiraiicA; ios contrarions rénex(is ik; vifiiiiciit iiiclti*' obstacU; à l'exercice; des inouveinents volontaires.

La i)aralysie gt';nérale cérébrale est tVé(|uenmH;iitcong<*nitale. Klle se comporte dans c(; cas exactement comme iors(|u'elle alt»*int les entants après leur naissance. Les considéialions précédentes peuvent donc leur être applicjuées.

C. — Paraplégie hy[)t'rlro|)lii(|U(' de r<Mifaiiro do cause cérébrale.

La paralysie giTiérah; cérébrale de renlance, qu'elle soit survenue avant ou a[)rès la naissance, se termine quelquefois (je dirais In-- (|uennnent, si je ne consultais que mes propres observationsj par la paraplé{^ie; en d'autres termes, on voit dans cette paralysuî, aprc^s un t(;jni)S plus ou moins lonj,^ (d'un mois a un an, deux ans), les membres supérieurs recouvrer leurs mouvements normaux, tandis (|ue les membr(;s intérieurs restent semi-paralysés, detbrmcs [)Hr des rétractions ou des contractures, et j^énés ou em}jécli{;s, dans leurs Ibnctions locomotrices, par des contractions rétlexes (pii sont pi'ovoquees par les mouvements volontaires ou instinctils.

Il est rare qu'on ne retrouve pas alors (juelques anciennes traces de la paralysie générale primitive ou un reste de faiblesse dans les mouvements des membres supérieurs, ou une mafadresse manuelle occasionnée par un peu de contraction rétlexe, ou un strabi.sme, ou une faiblesse intellectuelle, ou une sorte d'engourdissement (jui rend la parole traînante, tous ])liénomènes (|ui décèlent une [)aralysie générale primitive par lésion du cerveau.

Cependant ces signes peuvent faire complètement défaut au moment où l'on est consulté pour le jeune; malade. Si l'on n'y i)rend pas garde, on est exposé à attribuer la [)ara[)legie à une lésion de la uïoelle, surtout si les membres inférieurs sont amaigris, (^ette eri'cur de diagnostic est ('(''i)lorable, parce qu'elle fait entrer tlans une fausse; voie tliera[)euti(|ue. C'est ainsi (jue j'ai trouvé sur les côtés du racliis d'enfants atteints de res[)èce de paraplégie dont il est ici (piestion les traces de cautères ou de cautéi'isalions ancicimes cpii iiidi(juaient cjue leur para|)légie avait ete attribuée a une lésion de la moelle. En 1839, j'en ai vu un exenq)k' à riK)[)ital des Enfants (service de M. Bouvier^. L'exploration electro-nmsculaire, ([ui nous montre dans ces cas l'intégrité de rirritabllite, ne perjnet pas de conlondre ce paraplégies cérébrales avec la p.iraplegie atropliiqut; gral.sseuse, et puis, lorsejue les mouvements connnencent à être exécutés, ds sont accompagnés et gènes i)ar des spasmes qui sont l<' pro[H'e de la jtaraplégle; cérebraU».

Lue lésion du cerveau paralyse l-elle (piehpielnis d'eiid)lee les urc.uKNM-.. li i

.'ifl'l l'AUAIM.l.(.li: ilM'I.MIliilMlini I IH-. 1, IM ANCK l)K (,Al SK 1 KUKUIUI.I;.

riiciiihii's iiilV'ru'iir>; «'Il d'iuilrcs trniics, Im |i;iia|>l(j,'i(' jm-iiI-cIIc rire [H'iiiiilivciiiciit (l'i'obraU-? J'ai dcja rcpomlu alliritialiv<iiiriit pai' (i<-s laits observes clicz l'adulte, et (juc; j'ai exposes tlaiis la preciMleiile «MJilion. \)c plus, quc'hpies cas de paiMplej^ies primitives (uiKMlciiiidoir/aiiie) cunyéiiilales et iiicoinple.tes, |)rodnites evideinnieiit par une lésion cérehrale, et ipie j'ai recueillis depuis cette é|)()(pie, viennent doiuier un nouvel a[)pui il c(;tt(î opinion.

.l'ai il sij^naler ici un piiénomène (!<• nutiition niuseidair»' des })lus renianpiahles, et dont je ne connais pas un seul e\eui})l(; dans la science: c'est (jue dans tous ces cas de paraplc'^ie.s (cérébrales cunj;énitalos, la nutrition musculaire, loin d'être en souffrance par le fait de la paralysie, est au contraii'e d'une telle richesse dans les membres iid'érieurs et dans les imis(;les extenseurs du ti'oncc, que ces iiHiscles, (luoique paralysés, y sont [)om' ainsi dire hypertrophiés, tandis que les membres supérieurs, (|ui jouissent de tous leurs mouvements, sont au contraire très grêles. Ce fait m'a paru si extraordinaire que j'en ai photographié deux cas ; j'ai fait dessiner l'un d'eux d'après sa photographie (voy. les fig. 55 et 56). Je vais en relater brièvement l'observation.

Observation LXVIU. — Puniplégie cérébrale, congénitale, hyper Irophique .

Joseph Sarrazin, Agé de neuf ans, demeurant rue Rousselet, n" 7, est né bien conformé et bien portant, remuant bien ses membres. On s'aperçut seulement vers l'âge de cinq à six mois, lorsqu'on voulut lui apprendre à se tenir sur les jambes el à marcher, qu'il avait delà faiblesse dans les membres inférieurs. S'il essayait de se tenir debout, il retombait toujours, et lorsqu'on le plaçait dans un chariot, il n'y pouvait rester longtemps. Cependant ses membres inférieurs étaient forts, et la musculalion était beaucoup plufi riclw qu'on ne l'observe d'ordinaire. Ce n'est que vers l'âge de dix-huit mois iju'il a essayé, mais vainement, de se tenir dans la station ou de marcher sans être aidé ou soutenu. Son intellig^ce était faible et sa parole a été tardive. Les membres supérieurs n'ont pas paru afifectésdans leurs niouvements. Il m'a été présenté pour la première fois en 1 858, à l'âge de neuf ans. Voici ce que j'ai alors constaté : les muscles des membres inférieurs et sacrospinaux étaient tellement développés et faisaient un tel contraste avec les membres supérieurs qui sont grêles, que j'en fis immédiatement la phptographie(voy. les fig. 55 et 56). Tous ses muscles répondaient parfaitement à l'excitation électrique. Ils étaient fermes, comme hypertrophiés et semblaient faire hernie, surtout les sacro- spinaux et les gaslro-cnémiens, à travers la peau amincie et distendue. Aussi nai-je point été médiocrement surpris d'apprendre que ces muscles d'alhlète avaient toujours été privés de force depuis la naissance et qu'ils avaient été très peu exercés, cet enfant ayant

i'AU.vLYMK iiYrKiiTuoi'iiigi i: Dii i.'knka.nck di-: cause ciiRkiiHALE. 355 (lu ia réj)U^iiaiu'e a mouvoir ses meinbros iulùilyurs (?l rcsUinl en consé- (iuei\(.i3 presque toujours assis ou couché, 'l'oiis les mouvements «Jes membres inl'érieurs se loiil, mais la force de clituuii d'eux iii('sur('; intiiNiduclle-

FiG. 56

nieiil, e.-.L très faible. Si, élanl assis, on fait pencher cet enfant en avant, il ne peut se redresser, biiMi (pie ses sacro-lombaires segonll(Mit énornRMnent. Dans la station il doit prendre un i)oinl d'apj)ui pour ne pas tomber. Soutenu, il peut marcher, mais [)end)lement. Ces exercices de slation et de marche le fatiguent énornuiment et ne peuvent être (pie de courte duri^e. H existe de chaque coté un equin varus au premier de^ré ; el dès que Tenfant veut lléchir le ()ied sur la jambe, les muscles lléchisseurs entrent en action, mais son antagoniste, le triceps sural, se contractant en m<>me tiMiips plus('Mieruiquemeiit, le pied s'étend au lieu de se lléchir. Ces contractions rédexes ont lieu aussi pendant la station et la marche qui en sont considérablement gênées. La force des membres supérieurs (St un peu faible, niiiis elle me parait en

:ir>() l'MlAl.YSIKS CKUFHHAI.KS.

r.ippori avoc le peu dt^ dcvclopiicnuMil des uuisclos ; ici, d ,iill«Miis, priml de coiilriuUirc pciidiinL les iikiiivimiumiIs vdidiiliun's. (|iii vioi. rient (Miliiivor leurs usai,'t's. - L iiiUîlli;;(uiccMist oblusc cl la [)arol(( dillicilij; bien (jiio lo crAnc no soit pas bion vohiniiiieux , les rc^'ioiis temporales sont extrAinenienl saillantes, conuiio on l'observe chi;/, certains liydn)cé[)liales.

Irïté^i'ité (le la contractiliU'; électro-imisculaiiv, de la nutrition niusculairo (jui, au coutraiie, est quehiuelois plus active et '})lus riche (1); contractions involontaires réflexes, ])en(lai:t les mouvements volontaires, tels sont les caractères otterts par cette paraplé{j;ie, (pie l'on n'observe pas dans les lésions de la moelle, et cpii appartiennent aux paralysies du cerveau. Mais dans quel point du cerveau siège cette lésion el quelle en est la nature? Les reliefs considérables des temporaux et le peu de développement des facultés intellectuelles que l'on observe dans ces cas, ne peuvent-ils pas être ra[)[)()rtès au même état patholo^iciue du cerveau (|ui a produit la paraplégie?

En résumé, il a été diMnoiitriMlans ce paragraphe (pie la paralysie cérébrale de l'enfance, qu'elle; soit hémiplégique, généiale ou paraplégique, peut toujours et à toutes les périodes de la maladie être distinguée de la paralysie atrophique graisseuse du même âge.

xVivncLE ir.

ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA FARADlSATIOiN LOCALISÉE, APPLIQUÉE AU TRAITEMENT DES PAKALYSIES CÉRÉBRALES.

§ I. — Paralysies consécutives à riiémorrliagie cérébrale.

Est-il rationnel d'appliquer la faradisation localisée au traitement de la paralysie consécutive à l'hémorrhagie cérébrale, c'esl-a-dire d'employer une médication qui n'agit que sur la périphérie, dans une atîection qui est consécutive à la lésion d'un point du centre cérébral? C'est la question que je me suis posée en commençant mes l'echerches électro-thérapeutiques sur la paralysie cérébrale ; et l'on comprend que, envisageant ces recherches sous ce point de vue, je n'en attendais guère de résultats favorables.

(1) Jusqu'à ce jour, la paralysie musculaire et l'hypertrophie musculaire ont été considérées comme deux états morbides qui ue peuvent longtemps coexister. Cependant les faits ci-dessus relatés prouvent le contraire. Bien qu'au premier abord ces derniers paraissent inexplicables, ue serait-il pas rationnel d'attribuer cette hypertrophie des muscles paralysés, que l'on observe dans ces cas, aux excitations réflexes par lesquelles ils sont fréquemment agiles depuis de longues

ACTION llIKHM'Ki rinCK 1)K l,\ K \UAI)I>A IK )N I.) iC M.ISKK. .'i.">7

Il est iiiconlcsliihlo qun une cerlniDo [X'riode, (juoiquos |)aralysi('S ((Mchralcs SDiit gnr'ricsou amcliorf'es par la faradisatioii.

Mil surprise l'ut grjiiulo (luaiid je vis certaines paralysies consécutives à riiérnorrliagie cérébrale guérir ou être niodifiées par des excitations taradiques |)aiTailenient localisées dans les muscles paralysés, excitations qui, (x^rtainernent , n'avaient pu njodilier l'état des centres nerveux. Je reconnus ménne que l'action thérapeutique du laradisme était limitée aux nmsclesdans lesquels j'avais localisé l'excitation électrique. J'en ai raj^porté un exemple remanpiahle dans la précédente édition.

Ce n'est, en général, (ju'après le sixième mois à partir de rattacjuf;, (]ue j'ai vu la faradisaliou localisée exercer son influence thérapeutique. Je prouverai bientôt (ju'on fait courir des dangers inutiles aux malades, en appliquant cette médication à une époque trop rapprochée du début. ^

Après la résorption de répanchement, Tinflux nerveux cérébral peut revenir aux muscles qui ont perdu leur aptitude à réagir ; sous l'influence de ce dernier, la j)aralysie est alors localisée dans les muscles ; la faradisation rend à ces muscles la propriété qu'ils avaient perdue d'obéir à l'excitation volontaire.

Que se passe-il donc dans les différentes phases d'une paralysie consécutive à une hémorrhagie cérébrale? Pendant les premiers mois, la paralysie est symptomatique de la lésion centrale. On comprend que, dans de telles conditions, une excitation, quelle qu'elle soit, ne puisse rendre le mouvement aux muscles paralysés. Plus tard, après la résorption de l'épanchement sanguin, alors que toute compression a disparu et que le foyer hémorrhagique est remplacé par urï kyste ou uîie cicatrice, le stimulus cérébral revient plus ou moins aux muscles, qui peuvent restei' paralysés. Si alors les muscles paralysés recouvrent leurs mouvements volontaires, après avoir été soumis à la faradisation localisée, il est évident que celle-ci leur aura rendu une propriété qu'ils avaient perdue ; celle de réagir sous l'influence de l'excitant nerveux, qui leur arrivait aussi bien avant (lu'après l'opération. En conseciucnce. il existe deux phases bien distinctes dans la paralysie consécutive à l'hémorrhagie cérél)rale : une première, dans lacjuelle la paralysie est symptomatique de la lésion organique centrale, et une seconde, dans laquelle la j)ar.dysie s'est localisée dans Uîs muscles, c'esl-à-dii'(î que, par suite de la suspension trop prolongée de l'excitation cérébrale, les inuscles ont perdu leur aptitude à réagir sous rintluence de l'agent neiveux, alors (pic celui-ci leur revient, a})rès la guérison de la lésion cérébrale. Dans la preniicre phase de la paralysie cérébrale,

'^"ïH P\»AI,YSIKS r.KRFimAr.KS.

la Inriidisalioii n'a rcrtiUDcnK'iit aiicuix^ ('liapro do siico<'»s, tandis (|iic c'est nni(|iicm('ri( dans la seconde <|iie l'on roniple les snccès obteiMis parcelle TniMliode de traitement.

Voici le résumé j^énéral d<'s roclierclies quft j'ai laites sur l'action thérapeutique do la faradisation localisée appliqué»? au traitement de la paralysie consécutive à l'IieFiiorrhapic cén'hnde.

F, a f.iradisatiou loraIis(^(> appliciurc pnulanl la pi^riode de rf^sorplion n'a produit aucun r('sultat favorable; ollo ost alors qupl(|U(Tois «lan^'cronsf.

.le viens de deiiKtiilicr (pTon no pouvait espérer modifier cette paralysie, avant la r<''>oi'ption de répanoliemf^nt san^Miin, on {général, avant le sixième ou le septième mois après l'attaque. Malgré la cjuasicertitude que j'en avais préconçue, j'ai voulu en avoir la preuve expérimentale. J'ai faradisé, à la Charité et à l'Hôtel-Dieu, un assez grand nombre de sujets atteints d'hémiplégies récentes, consécutives à l'hémorrhagiexîérébrale, et, dans aucun cas, je n'ai obtenu la moindre amélioi-ation a[)pr(V'iab]e. J'ai observ('', au contraire, qu'à uneé[UK|ue trop rapprochée de l'atlarpie, la taradisation l.'/calisée n'est pas sans danger.

Quelques accidents produits par ces applications prématurées m'ont rendu très rés-rvé pour l'emploi de la faradisation localisée, dans les premiers temps d'une paralysie par hémorrhagie cérébrale.

On sait que, pendant le travail de la résorption de l'épanchement sanguin, les mouvements reviennent, progressivement dans les membres paralysés, d'abord dans le membre inférieur, puis, beaucoup plus lentement, dans le membre supérieur. Plus rarement le membre supérieur recouvre le premier sa motilité. Si la faradisation localisée était appliquée pendant cette période, on pourrait lui faire l'honneur d'une guérison ou d'une amélioration qui ne serait que la conséquence delà marche naturelle delà maladie, de la résorption de l'épanchement. Il est donc sage (et honnête) de ne recouririr à la faradisation localisée que lorsqu'il est bien établi que la paralysie est restée statioimaire, et après que le temps ordinaire pendant lequel se fait la résorption, est écoulé.

Dans la seconde période {après la résorption de répanchement sanguin) la faradisation a été quelquefois suivie de succès.

C'est presque toujours dans ces dernières conditions fjue j'ai expérimenté l'action thérapeutique de la faradisation localisée. Nonseulement alors je n'agissais que lorsque la paralysie me paraissait depuis longteinps stationnai l'e, mais encore après que les vésicatoires, les purgatifs et la strychnuie avaient été successivement employés. Eh bien, voici ies résultats généraux ijue j'ai obtenus : dans

ACTION THKKAI'KUTiyUE DE L\ t'AKADISATION LOCALISÉE. 359

un très petit nombre de cas (à peiiio dans le vingtième des cas), j'ai vu guérir presque radicalement la paralysie; assez souvent elle a été plus ou moins ani«?liorée (dans le (piart des cas approximativement) ; plus iréquenunent encore, j(; suis forcé de le reconnaître, je n'ai observé aucune; espèce d'intluence appréciable.

Il me semble que la gravité des désordres occasionnés par l'hémorrhagie cérébrale rend parfaitement compte des dittérences de résistance (jue la paralysie oppose alors à la faradisation lo(;alisée. Je suppose qu'un épanchement sanguin, qui s'est fait dans le cerveau, se résorbe promptement et (pi'il soit bientôt renq)la('é par un kyste peu volumineux, et (ju'à la longue le foyer liémorrliagi(|uesoit seulement marcjué par une cicatrice; il arrivera, dans ces cas, l*ou que l'influx nerveux, en revenant aux muscles, les trouvera prêts à obéir à son excitation, et alors la paralysie guérira rapidement par les seuls etîbrts fie la nature (c'est heureusement ce qui arrive quelquefois); T ou que les muscles, trop longtemps privés de l'action cérébrale, auront perdu leur aptitude à réagir, lorsque ce stinmlus leur arrivera librement. C'est dans ce dernier cas que l'on voit triompher complètement la faradisation localisée.

Les dernières conditions dont je viens de supposer l'existence dans une paralysie cérébrale hémorrhagique, sont les plus favorables que l'on puisse rencontrer. Malheureusement, ainsi que je l'ai déjà dit, ce sont les plus rares. Mais voici ce qui arrive ordinairement : une certaineportion du cerveau peut avoir éprouvé soit unealtération plus ou moins profonde, soit une compression exercée par un kyste plus ou moins volumineux. La paralysie étant alors symptomatique de la lésion centrale, on conçoit que la faradisation localisée sera d'autant plus inipuissante que cette lésion sera plus grande. Après la résorption de l'épanchement, ne reste-t-il qu'un kyste peu volumineux, i\u\ gène faiblement l'action cérébrale, la faradisation localisée pourra amender la paralysie ; mais elle ne la guérira pas entièrement. Si le kyste est encore très volumineux ou s'il siège dans un point plus central, et dont la fonction soit plus inq)orlante, si le cerveau a éprouvé une perte de substance considérable, évidenjment la faradisation localisée ne produira aucun résultat.

l)oun(*PS sur lesquelles on peut s'appuyer pour dia^uosliquer approximativemcut Véiiil du foyer hémorrhafj;ique après le terme ordinaire de sa résorption, ou pour prévoir les résultats probables de la faradisation loealisée, appliquée au traitement de l'hémiplégie cérébrale.

Il serait donc très important de pouvoir diagnosticpier ces difTi'rents étals du foyer ln'in<)rrliagi(|n(', lorxpic le temps nécis^aire,

.TfiO l'vuAi.YsiKs (;i;iu;i;u\i,Ks.

<laiis lo cniidilKiiis ordiiiairrs, ;i la rcsnrj^tioii du caillot, ^'c^l «'coul*'. Ainsi, une licmi|)i<''^i(' pcisistaiil apic^ (iiKj, six on huit mois, rstflli^ uni(|U('rii('nt locale, ou, en d antrcîs termes, d(;|)<'nd-(;lie de ce <|ne les nniscles on! perdu leur aptitude motrice, par suite de la suspension de l'excitant (-('rehral? Ou hicn rii(''nn|»le;4i(^ persistant, est-elle syjnptomatiipie d'un kyste (pii exerce tnx; comjiression trop considerabU^ sur les parties envii'omumtes, |)our (|ue Tinllux n<'rveux puisse airivei' lil)reinenl aux muscles, aimonce-t-elle, en un mot, (]ue le cerveau a (''|)rouvé une perte de substance?

Je ne crois pas (ju'il soit jamais [)ossibl(; de déternuner d'uiK; manière exacte (piel est, dans ces difTérents cas, l'état ou le degré de la lésion anatoniicpie du cerveau. Cependant voici des faits (jui peuvent, dans ctîs circonstances, servir à établir approximativement le diagnostic. C'est sur ces données, du moins, que je m'appuie, lorsque j'ai à me prononcer sur l'opportunité ou sur les résultats probables de ra[)i)licalion de la taradisation localisée.

Les malades qui, cinq, six, huit mois et plus après le début d'une liémorrhagie cérébrale, ont conservé une paralysie plus ou moins complète, mais sans la moindre contracture, ont guéri, pour la plupart, rapidement, par la faradisation localisée.

Ceux dont les membres affectés étaient restés contractures d'une manière permanente, et dont certains muscles se contracturaient sous l'intlueuce d'une impression (juelconque, ou lorsqu'ils voulaient faire un mouvement volontaire, n'ont tiré aucun profit appréciable de la faradisation localisée.

Je m'abstiens d'exposer la trop longue liste des insuccès que la faradisation localisée a enregistrés dans ces conditions.

J'ai cru pouvoir conclure de ces faits : 1" que l'hémiplégie consécutive à l'hémorrhagie cérébrale, qui n'est pas compliquée de contractures, après cinq à six mois de durée, n'est plus entretenue par la lésion centrale, mais qu'elle s'est localisée dans les muscles qui ont perdu leur aptitude motrice ; T (jue l'hémiplégie qui, au contraire, présente des phénomènes de contracture, est très probablement entretenue par une perte de substance cérébrale considérable ou par un kyste très volumineux, qui fait obstacle au cours de l'action nerveuse. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de vérifier ces faits par l'autopsie.

Ce diagnostic, tiré de l'existence de contractures actives dans l'hémiplégie cérébrale, est confirmé par les données physiologiques. On sait, en effet, que des phénomènes appelés réflexes se développent chez les animaux auxquels on a eidevé les hémisphères cérébraux. Le simple pincement de la peau suffit pour provoquer alors

ACTION THÉRAPKUriQUE DE LA KARADISATION LOCAI.ISRK. liOl

la contraction d'un j^'rand noinl)ro de inuscles, (lui copciidaiit ont perdu leurs mouvements voloutainîs. On a cherrlié à expli(Hier ces phénomènes de la manière suivante : dans les ((tiiditions physiologi(pies normales, le cerveau dépense l'iiclivité de la moelle épinière, mais l'action cérébrale vienl-ell(; à être suspendue, l'excitabilité de la moelle augmente et devient telle que la nioindre excitation de la sensibilité réagit sur elle et provocpie des contractions involontaires. Si l'on applique ces doimées à l'observation pathologicpie, on s'expliquera facilement pourquoi, dans certaines hémiplégies cérébrales, alors que les mouvements volontaires sont en grande partie revenus, les malades ne peuvent empêcher la contraction involontaire d'un plus ou moins grand nombre de muscles (des fléchisseurs en général), quand ils veulent taire un mouvement ou quand ils sont impressionnés d'une manière quelcoufiue. La moelle épinière acquiert chez eux un tel excès d'excitabilité par le fait du défaut d'action cérébrale nécessaire à l'écoulement de la force spinale, que le cerveau ne peut exciter un point de cette moelle pour produire un mouvement volontaire, sans que l'excitation s'étende bien au delà et provoque ainsi des contractions musculaires involontaires (jui viennent gêner ou neutraliser le mouvement. 11 résulte de ces considérations que les phénomènes réflexes, très développés dans l'hémiplégie, annoncent que le cerveau est très gêné dans son action ; en d'autres termes, ou qu'il a éprouvé une perte de substance considérable, ou qu'un kyste volumineux comprime fortement les parties saines.

Il existe des degrés de lésion du cerveau intermédiaires, dans lesquels on obtient une amélioration plus ou moins prononcée par la faradisation localisée.

Entre les deux extrêmes que j'ai choisis pour établir le diagnostic, ou plutôt le pronostic de l'hémiplégie cérébrale après cinq à six mois de durée, i\ existe, on le conçoit, des degrés intermédiaires ([ui permettent d'espérer de la faradisation localisée une amélioration plus ou moins grande.

J'ai rapporté, dans l'édition précédente (1), un cas de paralysie cérébrale datant de six mois, dans le([uel le sujet (une femme âgée de soixante et un ans) offrait ces phénomènes réflexes à un certain degré et qui cependant a été rapidement et considérablement amélioré par la faradisation localisée.

A l'époque où je lis cette expérience, je ne croyais i)as (piinie

(I) Observation GXXXIX, p. 7i9.

3(i*i r.MiAi.YsiKs (;ki\ki»uai.k>.

('\(il;ili«ui imi^( wlairc localisni |)ùt iiiodilirr une paralysie; doiil la causer nie paraissait sicj^t'r iniicjueuieiil dans h; centre nerveux. J'avais eluMsi avec intention ce cas rehclle aux nx'dications ordinaires, comme un déli jcilc' à la (aradisation localis(';e. Je disais, avec tous ceux qui observaient cette malade, (jue si, dans un cas pareil, l'excitation électro-nius(;ulaiv(; niodiliait l'état de la paralysie, l'action lliérapeutiijue dt; la (aradisation localisée, dans la paralysie cérébrale, serait déllnitivenient juyée. Était-il possible, en ellet, d'agir dans des conditions plus délavoiables? La paralysie était resiée enlièrenient staliomiaire après six mois, maliiré une médic-ation très active, au point ([ue la malade ne pouvait se mouvoir dans son lit, et cela chez une lenjme sexagénaire.

Quel(|ues contractions réilexes s'étaient montrées avant le traitement. Cependant elles n'ont pas empêché l'amélioration considérable de la paralysie par la faradisation localisée; mais si, dans ce cas, la guérison n'a pas été complète, c'est sans doute (jue la lésion centrale était encore trop {grande pour rendre une entière liberté k l'action du cerveau, et cette lésion centrale était annoncée ])ar la persistance de quelques mouvements réflexes.

La contracture permanente dos muscles annonce un travail inflammatoire du cerveau, qui contre-indique remploi de la faradisation localisée.

La contracture permanente des fléchisseurs, contracture quelquefois accompagnée de douleurs, me paraît être, lors(|u'elle est portée très loin, le signe d'un travail inflammatoire cérébral qui se fait dans les parois du kyste; mais il ne taut pas confondre cette contracture avec la roideur que présentent certains muscles (les fléchisseurs, les muscles moteurs du l)ras sur l'épaule) par le fait du raccourcissement dans lequel ils se sont longtemps trouvés. Ainsi, chez la malade dont il a été question ci-dessus, les bras étaient restés constamment rapprochés du corps; l'avant-bras et les doigts étaient dans une demi-flexion continue. Cet état de raccourcissement musculaire avait, à la longue, roidi, pour ainsi dire, les muscles. H m'a suffi d'une élongation forcée et souvent renouvelée pour vaincre leur résistance.

Ce n'est pas certainement par de tels moyens qu'on parviendrait à vaincre la résistance opposée par la contracture continue, occasionnée par un travail inflammatoire du cerveau. Je l'ai vu employer à la Charité chez un jeune étudiant dont l'histoire a été rapportée précédemment (obs. V, p. 113), et qui était affecté d'une hémiplégie avec contracture évidemment occasionnée par un travail inflam-

ACTION TnÉFlAPKTTIQl'K DE I.\ KARADISATION I.OCALISÉK. 'M')'6

matoire du centn; crrrlu'iil. On parvint à iriaintcnirdans rextensioii, à l'aide d'une allell<! et d'une bande roulée, son avant-bras, (|ui était eonstaimnent lléelii depuis i)lusieurs jours ; mais, un (juart d'Iieure après, la douU;ur était devenue intolérable, et lu contracture musculaire avait ^aj>né tout le côté, (jui était comme tétanisé.

L'existence de ces contractures me paraît contre-indiquer l'emploi de toute espèce d'excitation électrique. Je puis affirmer, du moins, qu'il m'est arrivé plusieurs fois des accidents, (juand alors j'ai ap[)liqué la faradisation localisée, et je me suis assuré (jue ce^ accidents ne pouvaient être attribués à une autre cause qu'à ces excitations inop|)ortunes.

La faradisation guérit, on g<^néral, facilemont rhémipléf,'io faciale el la [)aralysip de la langue qui accompa^nont la paralysie des membres; mais cette médication expose, dans ce cas, les malades à des accidents cérébraux nouveaux.

L'hémiplégie faciale et la paralysie de la langue persistent quelquefois après la résorption de l'épancliement sanguin ; la première occasionne une distorsion des traits ; la seconde fait éprouver aux malades une grande gêne pour parler et pour manger.

La faradisation localisée guérit facilement cette paralysie de la face et de la langue. J'en ai rapporté des exemples dans la précédente édition.

Cet heureux effet de la faradisation localisée sur les paralysies de la face et de la langue est contre-balancé par les ris(|ues que cette opération fait courir au malade atteint de paralysie cérébrale, surtout lorsque celle-ci est récente, ou (pie le malade a conservé une prédisposition à la congestion du cerveau (1). En voici un exemple:

OnsKRVATioN LXIX. — Charité, salle Saint-Ferdinand, n' 19, service de M. Cruveilhier, mars 1848. — Ucmiplvqie droite, suite d'hémorrhagic cérébrale, datant de deux ans et demi, chez un homme âgé de trente-huit ans et qui a eu plusieurs attaques.

^'tat du malade avant la faradisation : la commissure des lèvres est plus abaissée du côté droit que du côté gauche, la langue est déviée à droite ; la parole est difficile; contracture active, intermittente du grand pectoral, du fléchisseur du bras, de l'avant-bras et de la main, contracture disparaissant par la chaleur du lit et pendant la nuit, et augmentant lorsque !e mu-

(I) .Te démontrerai, par la suite, ({ue la faradisation des muscles do la face, pratiquée dans les paralysies de la se[»tième paire, ne me parait offrir aucun danger.

:\()!i PMUI.YSIKS « rit i: HUAI. l'.S.

lado osl im[)r«»ssi()tun' : iiiAiiio ronliacliirc i\:\u> li' iijciiihro iii'Vîriour (iroil, orcasionnanl de l;i donlciir et loiirnaiiL N» |)i('(l( n dedans: ahsenco complf'ln (le niouv(MiuMi' dans \v nieinl»ro siiprrionr droit, depuis la prcrnièro attaque; mouvomoiils asso/. étendus dans le iiionihre inférieur ei. rpii pernielt(»nt au malade d(Miiar('lier aver une eroeliette. Peridanlla nuirclie, \r. tnenibre inférieur fauche considérableincnt, et tous les mouvemenis sont roides et saccadés, à cause do la contracture. Le pied ne peut portcîr a plat sur le sol. — Faradisation du Ir.ipèze, du deltoïde et des muscles antagonistes pendant flix séances. Ai)rès (juehjues séances, le malade écarte le bras du tronc, |)resque à angle droit, porte la main au front, étend un peu les doigts, fauche moins en marchant et pose mieux le pied sur le sol. Mais là s'arrête l'influence de la faradisation, malgré dix ou douze séances pratiquées assez régulièrement. Un accident grave et inattendu me fait renoncer détinitivement à ce traitement. La faradisation des muscles de la face el de la langue du côté droit tii/ant été pratiquée avec assez d'énergie, le malade fut presque immédiatement frappé d'une nouvelle attaque d'apoplexie , qui nécessita plusieurs saignées.

La faradisation des muscles de la face me paraît être ici la cause évidente des accidents cérébraux qui ont mis la vie de ce malade en grand danger. Sur dix cas d'iKimiplégie faciale de cause cérébrale, dans lesquels j'ai eu l'occasion d'appliquer la faradisation localisée pendant les années 18^7 et I8/18, trois fois j'ai vu des phénomènes cérébraux plus ou moins graves suivre l'opération.

La faradisation localisée des muscles de la face est une opération des plus délicates, qui exige la connaissance du degré d'excitabilité de ces muscles et l'emploi d'un appareil qui se gradue sur une échelle d'une assez grande étendue. On remarquera que les accidents cérébraux dont je viens de parler sont arrivés à une époque où j'avais encore peu d'habitude de la faradisation localisée.

Quoi qu'il en soit, malgré la connaissance que je possède aujourd'imi du degré d'excitabilité de chacun des muscles de la face, et malgré la précision de mes appareils, qui me permettent de leur administrer exactement la dose qui leur convient, ce n'est jamais sans hésitation et sans crainte que j'excite les muscles de la face ou de la langue, dans l'hémiplégie de cause cérébrale.

Nécessité de distinguer l'hémiplégie faciale, de cause cérébrale, de la paralysie de la septième paire, eu raison de la différence de traitement à opposer à chacune de ces paralysies.

Les dangers auxquels ou expose un malade atteint de paralysie cérébrale, en prati([uant la faradisation à la face, font comprendre

ACTION TIIKIIAPKUTIOI'K DU \.\ FAUADlSATlON LOCALISÉK. oi')')

la iKîcossitédedistiii^UL'r rii(''ini|)l(''^i(; facMiilo, de cause cérébrale, dit la paralysie de la septièrne paire, cpii peut être soumise à la faradisation localisée sans le nioindi'e incoiiV(''iiieiit, et qui souvent même ne guérit cpie par ce mode de trailenir-nt.

Avant que M. le [)rotesseur Bérard eût bien fait connaître, dans un travail publié en 18;V^i dans le Journal cIps connnissancefi médicochù'urgicales (1), les tonctions spf'ciales de la septième paire, et (ju'il eût démontré la fréquence de la paralysie de ce n<'rf, toute hémiplégie faciale, quand elle n'était pas accompagnée de la paralysie des mendjres, était attribuée à une liémorriiagie ou à un ranjollissement du cerveau. Mais, depuis (jue ce travail a vulgarisé la connaissance de la paralysie de la septième paire, un mouvement en sens contraire s'est opéré dans les espi-its, et toute hémiplégie limitée à la face n'est plus considérée que comriie symptomatique d'une lésion (pielconque de la septième paire. C'est une erreur fâcheuse, car l'hémiplégie de cause cérébrale, limitée à la face n'est pas itdiniment rare, et l'erreur est grave, en raison de la différence des indications thérapeutiques à remplir.

Quels sont donc les signes qui distinguent l'hémiplégie de cause cérébrale, de la paralysie de la septième paire?

Dans l'une et l'autre paralysie, on observe une distorsion des traits, pendant le repos musculaire et pendant les mouvements ; la parole et la mastication sont également gênées. Comme signe distinctif, on observe que l'orbiculaire des paupières n'est pas paralysé dans l'hémiplégie de cause cérébrale. En conséquence, toute hr'miplégie faciale dans laquelle l'orbiculaire des paupières est paralysé, ne peut être rapportée à une lésion du cerveau, et dépend uniquement d'un état palhologi(iuedu nerf facial (2). Mais de l'absence de

(1) Sur les fondions du nerf facial et la paralysie faciale {Journal des connaissances médico-chirurgicales, 1834, p. 354).

(2) Récamier a, le premier, dit que l'orbiculaire des paupières u'esl pas paralysé dans l'hémiplégie faciale, de cause cérébrale, et il eu a fait uu siguc distinciif de la paralysie de la septième paire, daus laquelle ce muscle est paralysé. Il est iiu'UDleslable que celte observaliou est très juste daus la grande majorité des cas. Mais le sigue diagnostique indiqué |)ar Uécamier a perdu beaucoup de sa valeur depuis la publication d'un travail publié par M. Duplay [De la paralysœ faciale produite par une héniorrliagie cérébrale chez les vieillards; Union tncduaie, 28 août 1854), daus lequel cet excelleut observateur rapporte plusieurs casdhemiplégie faciale, où la cause cérébrale est démontrée par laulu|)sie , et dans lesquelles ce|)endant Torbiculaire des i)anpières était paralyse.

Ces nouveaux faits font encore mieux ressortir la valeur du si^iie diagncstitiue différentiel de l'hémiplégie cérébrale de la face et de la paralysie de la >epliéme paire, sigue tiré de l'état de la contrartilité électro-musculaire.

I;i |i;iriil\Mr de loi hiculiiin' (lr> |»;iii|ti('i( s, «laii.s une li<'iiii|tlt'^i(î r.icialc, «m ne |>«'iil ciHicluir a r(;\i.-«.l('iH:<j d'iliic paralysie; do cause (•(•rclualc, parla raison suivante: dansunt' paralysie de la srptinur n;,li(' , le lilcl nerveux (pji anime le^ panpicres, n'(;sl pas toujours eoMipris dans la lésion du iwii laeial, ( l celle paialy^ie peut luen alors l'cvèlir les situes exlerieurs de riiéinipléj^it! cciiîhrale. Les paralysies [)arli(îlles de lase[)lièrne paire ne sont pas très rares, en ett'et et [)our ma pari, j'en ai ol)servé (juclcpies-unes, dan^ un couit espace de temps. Je n'en citerai (pi'un cas.

Or.sERVATioN LXX. — Paralysie de la septième paire ^ limitée à la moitié injcrieure de la face du côté droit, comme dans lliémipléyie faciale de cause cérébrale. — Diagnostic établi par l'exploration cleclro-musculaire.

En i 8iG, j'ubsorvai à la Charité, salle Saiiil-Joseph, n" 13, service do M. Bouillaud, un mnlade qui depuis trois mois avait une paralysie partielle du côté droit de la face. H s'élaic réveillé un malin avec une distorsion des traits. Quand je l'examinai, la commissure droite des lèvres était plus abaissée que du côié opposé, mais l'ouverture palpébrale élail aussi grande d'un côté (jue de l'autre ; quand il riait, le côte gauche entrait seul en contraction et atiirait vers lui la joue droite. H ne pouvait froncer les lèvres, du côté droit, pour siffler ; sa joue droite se gonflait alors, et l'air s'échappait par une large ouverture qui se formait entre les lèvres de ce côté. Les aliments tombaient, à droite, entre la joue et les dents; enhn il éprouvait de la difficulté pour articuler les labiales. Mais il rapprochait les paupières, fronçait ou élevait les sourcils aussi bien du côté droit que du côté gauche.

Je trouvai donc chez ce malade tous les signes apparents de 1 hémiplégie faciale de cause cérébrale. Mais l'exploration électro-musculaire dissipa bientôt tous les doutes, car je constatai que les muscles paralysés avaient perdu leur conLractilité électrique, phénomène que l'on trouve toujours dans la paralysie de la septième paire et qui n'existe pas dans l'hémiplégie de cause cérébrale. J'avoue que, sans cette examen, j'aurais été très embarrassé pour poser ici le diagnostic, le malade ne se rappelant pas s'être exposé à un courant d'air. On ne trouvait dans son histoire rien qui pût laisser supposer une compression du nerf. 11 fut soumis à la faradisation localisée, et sorti à peu près guéri quelques semaines après (il n'avait pas voulu attendre la tiii de son traitement).

J'ai vu un bon nombre de paralysies de la septième paire dont il avait été dilticile de trouver la cause. A côté de ce lait, j'en vais placer un autre qui a une grande ressemblance avec lui, et qui, cependant, reconnaissait une cause cérébrale.

ACTION tiiki;a1'ki ri(jLi: dk i.a i vumjI.^ation ldcali^i.k. !M)7 UBsi:nvAii(iN LWI. — Kn 1852, jo visitai atix Néothcnnes, hv( c M.Vijila, niéflefui (k's hôpitaux, un malade âgé do quaraiile-rieiif à ciiKjuante ans, qui, trois scinaiiius auparaviiFil, avait (Hé tout à couj) frappé d'une hémiplégie faciale droite ; sa commissure des lèvres élan abaissée de ce côté, et pendant le rire, sa bouche était entraînée à gauche ; quand il souftlait, sa joue droite se gonflait et l'air sortait entre les lèvres de C(; côté; ses aliments tombaient entre la joue droite et les dents de la mâchoire inférieure II fermait les yeux, fron(;ait les sourcils et le front également des deux côtés.

On voit (juolle analogie existe entni ces tleux iiémiplégies, (juant à leur ai)parence. Il est vrai (jiie, dans le dernier cas, le malade éprouvait de la pesanteur de tète, di'> tournoicmenls (jui pouvaient faire pencher le diagnostic du coté d'une lésion cérébrale, par exemple, d'une iK'morrhagie crTebrale très limitée, (yétait le diagnoslic vers leiptel M. Vigla inclinait, niais il l'eslait pour mui une grande incertitude. L'exploration electro-nnisculaire nous ayant montré ([ue les nmscles paralyses avaient conserv(; leur eonlractililé électrique intacte, il fut bien établi (pie riiémiplé^ie était due à une lésion cérébrale. Je lis alors entrevoir les dangers de la laradisation localisée, appll(iuee, dans de telles conditions, au traitement de cette hémiplégie laciale, et bien m'en a pris, car, peu de temps après, ce malade lut frappé d'une nouvelle attacjue d'apoplexie qui lui paralysa tout le c(Hé droit du corps.

M. Aran a observé un cas d'hémiph'îgie limitée au (ôl(3 gauche de la face; j'ai constaté avec lui (jue les nmscles i)aralys(^s avaient conservé leur contractilité electri([ue normale. Le malade ayant succombé, cm trouva un ramollissement dans la jiaroi intérieure du ventricule latéral droit, autour d'un ancien loyer hémorrhagicpie.

ComniLMit (loit-ou pratiquer la faradisati(ju localisée dans le traitement de la paralysie cuuséculiv(3 à riiérnurrliagie cérébrale?

Cette (jueslion est très importante à examiner, car de la manière d'opérer dépendent non-seulement les rtîsultats plus ou fnoin heureux du traitement, mais aussi les accidents plus ou moins gi'aves qu'il peut provoquer.

A. L'exjXTience a établi (pie tout individu (pii a été une Ibis frappée d'apoplexie est, en général, prédisposé à une nouvelle attaque. On sait, de plus, qu'il s'opiTO dans les parties qui avoisinent le kyste, un travail inllanunaloire, (pii se manifeste [)ar dc<> contractures et des douleurs dans les membres. En conséquence, toute excitation trop vive {\r<> centres nerveux peut provo(pier suit une

368 l'Ail Al YMI'.> (I.UKUHAl.i;-.

iioiiNcIlr r(iii-(vli(»ii on lifiiini rlia;;itî cfri'bralr, soil hik' ;ni;4iiiciilaliuii (In Irasail iiillaniiiialoiic dans les |iar<)is du kyste, (!t a^;^rav<T la sihiatioii du malade.

('.{•- principes uiitî luis pusi's, on se {gardera i)i<'ii (ra|)pli(jiH'r au liailciiKiil de la paralysie cérébrale la métlKKic d'j'leclrisatioii que j'ai appelée électrisalion par action n^tlexe, et (jui consiste a l'aire passer les courants des extr»'niités aux centres n(*rveux. Un lait que j'ai rapporté (obs. V) et dans le(piel ce mode d'électrisation h lou- (lr(>yé, pour ainsi dire, un ]iémiple}^i([ue, en (h-montre le danger, (piand on l'applicpie au traitement de l'Iiemiph-^ie de cause cérébrale.

Pour éviter cette excitation réllexe des centies nerveux, il faut ra|)[)roclier autant cpie possible les rlK'opliores l'un de l'autre, de telle sorte que les recompositions électriques se fassent, sans qu(; les courants aient à })arcourir les membres dans une longue étendue. ()n limite ainsi les recompositions électricjues dans les organes.

Mais cela ne suffit pas ])our localiser l'excitation des courants, c'est-à-dire poui emp<'clier,cette excitation de réagir sur les centres nerveux.

Il faut encore que les intermittences des courants soient éloignées les unes des autres. J'ai démontré, en effet, que la faradisation musculaire provo([ue a la fois des sensations et des contractions; ([ue la force des sensations augrpente en raison directe du rapprochement des intermittences, et ([u'à un degré donné de rapidité de ces intermittences, les sensations devieunent excessivement douloureuses et comme tétani(jues.

Or, on comprend (pie de telles sensations douloureuses produisent inévitablement une excitation générale qui peut réagir sur les centres nerveux, de manière à provoquer, dans certaines conditions, une congestion ou une nouvelle bémorrliagie ou des accidents cérébraux d'un autre ordre.

Les intermittences éloignées ont l'avantage de permettre d'agir à forte dose, sans provoquer de sensations trop douloureuses, surtout lorsqu'on se sert du courant de la seconde hélice, et d'opérer les recompositions électriques dans la couche profonde de chaque muscle aussi bien que dans la couche superficielle, c'est-à-dire de porter l'excitation dans toutes les fibres musculaires. Au contraire, par les courants rapides qui sont trop douloureux pour permettre d'agir a haute dose, les muscles ne sont excités que superficiellement.

Le but qu'on se propose dans la faradisation musculaire appli-

ACTION TnÉRAPEUTIQUE DE LA FARADISATION LOCALISKE. 309

qiiée au traitomciit do rii('*mi[)l(''j5'ie cérôbrale, est de })rovoquer le retour des mouvemciits volontaires, eii produisant des contractions musculaires artificielles. Ce but est atteint par les courants laradiques à rares intermittences.

D'ailleurs, je ne vois pas la nécessité de la'oduirc ici des sensations douloureuses à l'aide d'intermittences rapides, dont l'application est indiquée seulement lors(iue les muscles ont perdu de leur sensibilité, ou lorsqu'ils sont menacés dans leur nuti'ition, connue dans les paralysies traumatiques des nerfs ou dans les paralysies saturnines et dans Tatroplue musculaire.

B. Je crois avoir démontré ([U(;, par le fait de la suspension de l'excitation cérébrale, les muscles paralysés dans l'hémiplégie consécutive à l'apoplexie perdent leur aptitude à réagir ou à se contracter par l'inllux nerveux, qui leur revient librement après la résorption de l'épanchement sanguin; ou, en d'autres termes, que la paralysie, primitivement symptomalique de la lésion du cerveau, s'est localisée dans les muscles. Il ressort aussi des faits exposés cidessus que c'est seulement dans ces conditions que l'hémiplégie consécutive à l'hémorrhagie cérébrale peut être modifiée par la faradisation localisée. La déduction à tirer de ces faits, c'est que l'excitation électrique doit être dirigée alors sur chacun des muscles paralysés, et que les muscles qui ont perdu la faculté d'obéir à la volonté, doivent être soumis plus longtemps et plus souvent à l'excitation électrique. J'ai vu cette proposition confirmée par l'expérimentation.

On voit donc que, dans le traitement de l'hémiplégie cérébrale, il importe d'exciter individuellement les muscles paralysés, i)our rappeler les mouvements d'une manière égale, et pour rétablir l'équilibre des forces musculaires.

C. Lorsqu'il existe chez l'hémiplégique un certain degré de contracture active ou réllexe , c'est sur les antagonistes des muscles contractures (ju'on doit principalement diriger la l'aradisation.

Ici je dois citer un phénomène important, ([ue j'avou(^ ne pas conqirendre: c'est qu'en général l'excitation des nmsclesantagonistes fait cesser ordinairement la contracture à l'instant même et pour un temps plus ou moins long. Les malades éprouvent moins de roideur après l'opération. Malheureusement, les contractures reviennent dans l'intervalle des applications, et bien (^ue je les aie quelquefois vues diminuer après le traitement, je n'oserais pas faire honneur de cette amélioration à la faradisalion localisée.

D. Les séances ne doivent pas être trop prolongées, sous peine

DUCHENNE. 2t

370 PAHAI.YSIES CKH^.BnAI.KS,

de produire de lu courbature ou de Iîi surexcitation, ce (ju'il faut éviter autant ((ue possible dans le traitement de riiéniipl(^gie cér<^brale.

I.a dur<'(' du traitciiiciil doit vive, as.sr/ liiniU'c, conlraireinent h ce cpiOn observe dans les paralysies trauniatiques dos nerfs ou dans les jKii'alN^ics salurnincs. Dans ces dcrnièi-es, où lii nulrition nnisculairc est prolondcinent alttucc, il laul l'el'aiic en (pichpie sorte la libre musculaires et ra[)peler le mouvement, tandis (pie dans la paralysie consécutive à l'iiéniorrlia^ie cérébrale, où les muscles sont peu atrophiés et ne sont |)as altér(';s dans leui* tissu, on a seulement à faire appel à la conlraclilité volontaire. Si, après ces quinze ou vint;! séances, les muscles ne paraissent pas recouvrer leurs mouvements, c'est que la caus(; de la paralysie si(îge ailleurs que dans les muscles, c'est que le cerveau n'a pas encore recouvré sa liberté d'action.

Ce premier insuccès ne doit pas faire renoncer pour toujours à la faradisation localisée, car il peut arriver que le kyste soit assez diminué quelques mois plus tard pour laisser un libre cours à l'action nerveuse cérébrale. Alors une nouvelle tentative pourrait être plus heureuse que la première.

Les considérations électro-thérapeutiques que je viens d'exposer sont, en grande partie, applicables à toutes les espèces de paralysies par lésion organicjue du cerveau.

. Citons des exemples : une tumeur syphilitique ou de toute autre nature peut se résoudre, sous l'influence d'une médication spéciale. La paralysie produite primitivement par la compression qu'elle exerce sur le cerveau, diminue ou guérit en général, par le seul fait de la cessation de cette compression. Mais s'il arrive que la paralysie persiste, ce n'est pas l'action nerveuse centrale qui est alors en défaut; la paralysie est périphérique, en d'autres termes, les muscles seuls, ainsi que je l'ai démontré à l'occasion delà paralysie consécutive à i'hémorrhagie cérébrale, ont perdu leur aptitude à réagir sous l'influence de l'excitant nerveux cérébral. Dans ce cas, la faradisation peut rendre aux muscles paralysés cette aptitude motrice.

Trop longtemps je me suis figuré que la faradisation appliquée au traitement des paralysies cérébrales de l'enfance était dangereuse, en ce sens qu'elle provoquait de nouveaux accidents cérébraux, à cause de l'excitabilité plus grande à cet âge. Conséquemment, bien que chez l'adulte j'eusse conseillé quelquefois ce traitement, dans la paralysie cérébrale, je le proscrivais toujours chez l'enfant.

ACTION TnÉRAPEUTIQnE DE I.A FAUADISaTION I.OCAI.ISKK. 371

Tels étaient les priiieipes i\[w j'enseignais encore dans la précédente édition. Celait un reste* de préjuj^é dont rc^xpéiiincntation ne m'avait pasencon; permis de jn^er le [xmi de londcnient. Celte exp(''rimentation est complète aujourd'hui ; elle a été laite sur un tiès grand nombre d'enfants, delà classe pauvre, «pii me sont adressés des hôpitaux. Eh bien, je déclare (\ue je n'ai pas observé, chez eux, un seul accident cérébral, provoqué par la faradisation nmsculaire, (|uelque jeunes (|u'ils tussent. Mais je mehàtc dédire (|u'il ne m'est jamais arrivé de m'é('arler, pour le procédé t)[)éraloii(;, des principes que j'ai exposés ci-dessus, en traitant de la faradisation appliquée aux paralysies consécutives à l'hémorrhagie cérébrale.

Les résultais produits [)àv la faradisation ai)pli([uée au traitement de paralysies cérébrales de l'enfance sont vraiment encourageants, même lorscju'elles ont été congénitales. Ainsi il m'est démontré par des faits bien observés que certaines paralysies cérébrales (congénitales, restées longtemps stationnaires, ont été singulièrement améliorées par la faradisation musculaire localisée.

Quelque favorables que soient les conditions dans lesquelles on applique la faradisation au traitement d'une hémiplégie cérébrale, on ne doit jamais oublier (|ue les malades sont toujours sous le coup d'une nouvelle hémorrhagie qui peut survenir pendant le traitement ou après que l'on en a obterm les meilleurs résultats. Au moment où j'écris ces lignes, un malheur semblable m'est arrivé.

Observation LXXII. — Vers la fin do 1 859, j'ai élé appelé à donner des soins à une dame âgée de cinquanle-cinq ans, qui depuis sept mois était affectée d'une hémiplégie cérébrale. Eile avait une telle confiance dans réleclricité que dès le quatrième mois de sa maladie elle en demandait l'application à son médecin, M. Gery, à qui j'en lis cnlrovoir les dangers a une époque aussi rapprochée du début, et surtout dans une circonstance défavorable, car celle paralysie était accompagnée do contracture. J'avais conseillé d'allendre le septième mois de la maladie, avant de faire intervenir ce traitement; ce qui ne lui pas oublié par la malade qui me fit appeler, quand le moment que j'avais indiqué fut arrivé. La paraljsie était comi)liquée de contractures uioyennes ; la station el la nuirche étaient, on peut le dire, impossible:?, car la malade ne pouvait se tenir debout sans être soutenue par plusieurs personnes, et portait à peine et péniblement en avant le membre inférieur qui alors se roidissait en masse el dont les extenseurs du pied se conlracluraienl. Lusage du membre supérieur était nul. C'est dans ces conditions que je commençai le Irailemenl par la faradisation localisée, dont le résultai a été heureux au delà de mon allenle. Eu

'Ml PMUI.VslKS CKRKBIUF.ES.

oITot, après iino Ironiaimi do séances 1rs tnoiivenionU, bien que conlrnric'M oiicorc |).ir des spasmes rellexes, avaient i;ii;Mié considéralileiiient ; la malade marcliait seide et sans s appiiyei' sur un bras on >ur nno eanno, cpioiqii'en Irainanl enr.oro la jandx'. V.Wv. portail la main a la t(^le, derrière le dos et coninicnrait à s'en servir.

Ce traitement était à pi.'ine suspendu depuis une (Hiin/.aine do jours, [tour ôtro repris plus tard, que la malade fut frappée du côté opposé d'une nouvelle apoplexie à hujuelloeile succomba en (luelques jours.

Lv traitcMiieiit faradiqiio avait donc sin^nili('rcnicnt amélioré rotte liéini[dégie cérébrale. A|)[)liqué pai moi-méiiic, avec une {grande prudence, il n'avait aucunement surexcité la malade que j'avais laissée dans un état partait. On ne pourrait certes accuser ce traite- UK^nt d'avoir provoipié la seconde liémorrliagie.

Cependant cette nouvelle apoplexie étant survenue peu de temps après l'application de la faradisation (comme elle aurait pu frapper également la malade pendant ce trait(.'ment), je me serais exposé à laisser quelque arrière-pensée dans l'esprit de sa famille et de ses amis, si je n'avais eu la précaution de les éclairer sur l'imminence d'une nouvelle liémorrliagic; cérébrale, par le seul lait d'une liémorrhagie antérieure. En raison de cette imminence d'une nouvelle liémorrliagie qui existe chez tout sujet ({ui a été frappé une fois d'apoplexie, connaissant cette tendance du vulgaire à nous appliquer le post hoc enjo propter hoc^ j'éprouve toujours quel([ue répugnance à intervenir dans les paralysies consécutives à l'héniorrhagie cérébrale.

Aussi n'ai-je jamais négligé, quand il a été de mon devoir d'agir dans de telles conditions, de mettre ma responsabilité à l'abri, en laissant entrevoir à la f^imille du malade la possibilité d'une nouvelle hémorrliagie, indépendamment de toute espèce de traitement.

L'application des courants galvaniqties continus au traitement des paralysies et des contractures de cause cérébrale, a été préconisée, dans ces dernières années, par M. Remak. Si les promesses merveilleuses faites par cet expérimentateur étaient réalisables, l'électro-thérapie lui serait certes redevable d'un grand progrès. 11 prétend que les courants continus peuvent guérir les paralysies et les contractures de cause cérébrale, celles que j'ai déclarées, moi, incurables par la faradisation localisée.

Que l'on veuille bien se rappeler les faits et les considérations êlectro-tljérapeutiques exposés dans le présent article. Il en est

ACIION TllKHAPEUTIOUE DE LA KAKADISATION LOCAMSKK. 37!^

ressorti, 11 est vrai, (|ue dans rii('Minj)I('!^ic cons(*c\itive à riiùrnorrhaj,Me (Uîn-briile, la laradisatioii localisée est utile dans les cas où la paralysies n'est plus enlrtîtenue [)ar la Icsinn centrale, et alors qu'elle est seulement pcripln-riepie ; (jue dans ces cas, la taradisation localisée restitue aux mui-clesleur aptitude à obéira rintluence nerveuse de retour, a[)titud<» (pii était perdue ou [)our ainsi {\\v(t engourdie parle fait de la suspension de l'excitation cérébrale. Mais il est également prouvé par ces faits (jue toute paralysie uniquement syniptomaticpie de la lésion centrale ne peut être modilice par la faradisation praticpiée périphéri(|uement, et que les spasmes qui accompagnent ces paralysies cérél)rales qui, lorsqu'ils sont continus (contractures), sont le signal d'un travail inllammatoin^ du centre •cérébral, et qui, lorsqu'ils sont réflexes, annoncent une insuftisance cérébrale ; il est démontré, dis-je, que ces spasmes ne peuvent pas être guéris par cette métliode de traitement. J'ai même enseigné d'après une expérimentation longue et laite toujours publiquement dans nos liôpitaux que, dans telles circonstances, la faradisation localisée n'était pas toujours sans danger. A l'appui de cette assertion, j'ai rapporté les accidents graves, provoqués quelquefois immédiatement par la faradisation, lorsqu'elle a été appliquée dans ces conditions et surtout de manière à réagir vivement sur les centres nerveux, c'est-à-dire par action réflexe.

Ce sont cependant ces paralysies symptomatiques de la lésion cérébrale et même ces contractures symptomatiques d'un état inflammatoire du centre cérébral que M. Remak a la prétention de guérir par les courants continus! J'ai déjà dit que la métliode de galvanisation ([u'il préconise réagit inévitablement et très fortement sur les centres nerveux par la douleurhorrible qu'elle produitdans les points où sontappli(iués les rliéophores. Bien plus, selon la théorie même de M. Uemak, l'action thérapeutique qu'elle exerce sur cette paralysie et sur les contractures [symptomatiques de la lésion centrale) ne peut s'expliquer que par l'action réflexe du courant continu sur le centre nerveux : « Les contractions galvanotomiques (celles qui sont produites par les courants continus) sont (dit-il) produites par des excitations centrales qui ont leur point de départ dans les nerfs sensitifs (1). «

C'est donc une telle méthode de galvanisation que M. Remak ose conseiller, dans une atTection où le malade, après une première hémorrhagie cérébrale, est incessamment menacé d'une seconde ! Et,

(1) Galvanolhc'rapie ou de l'application du couranl galvanique constant au traitement (les nudadics nervem^cs et musculaires, Paris, 1860, p. 58.

37^ PAKAI.YSIKS CKHKHUAI.KS.

If»iii (\'.' siini'lt-r |)ni(l<'iiini('nt devant les signes «'vidfiits d'un état inl1iniiiii:ilnii-(' (In l'oyci' li('tii(»n'li;i}^i(|ii«', celui (|ui se dit l'autour de cette iiielliode de galvanisation, la pn'conix! pai'ticnlierenient dans ces cas.

Il serait fastiiiieux (rexamincr de nouveau si le cnniant (îontinu, dirif^é dans les nerfs des inend)res paralys«''S consécutivement à l'Iiénioi'ilia^Me e(M'él)rale peut {^Miérir ces [)aralysies et c(!S contractures symptonialicpies de la lésion cérébrale. Quoique j'aie démontré toute excitation électricpie, et surtout ccîlle qui se lait sentir dans les centres nerveux est formellement contre-indiijuée, M. Kemak veut taire appel à re\i)érimentation empiri()ue. (le n'est certes pas moi qui le suivrai dans cette voie périlleuse. L'expérience (jue j'ai ac([uise sur ce sujet a déjà coûté trop cher aux malades pour (jue je consente à expérimenter de nouveau, dans de telles conditions, cette méthode incendiaire ([ui consiste à « faire passer par les troncs nerveux un courant continu très fort et très douloureux. »

Une lois cependant, et cela récemment, j'ai essayé le courant continu contre une paralysie de cause cérébrale et consécutive à un coup reçu sur le côté. On va voir (jue l'état du malade, loin d'être amélioré, a au contraire empiré sous l'influence du courant continu.

Observation LXXIII. — Un jeune officier de notre armée était hémiplégique depuis deux ans. Un coup violent qu'il reçut, sur la tête, d'un soldat contre lequel il avait dû sévir, l'avait laissé sans connaissance pendant plusieurs heures; quand il fui rappelé à la vie, il était hémiplégique du côté droit. Il s'était fait évidemment dans l'hémisphère gauche de son cerveau un épanchemenl sanguin. Ses mouvements étaienten grande partie revenus dans le membre inférieur, lorsqu'il me fut adressé en février 1860, mais le membre supérieur était resté presque entièrement paralysé, et Tavant-bras était maintenu constamment dans la flexion par une contracture un peu douloureuse, de même que le poignet et les doigts de la main. Rien n'avait pu vaincre celle contraclure. ni rappeler les mouvements ; la faradisation localisée avait môme été appliquée par un confrère. Comme Ihémorrhagie cérébrale était due à une cause traumalique, je pensai qu'il n'y avait nul danger d'en provoquer une nouvelle par l'application d'un courant continu, à haute dose, dirigé sur les troncs nerveux du membre supérieur, et je me décidai à essayer sur lui l'action thérapeutique de ce courant continu, après lui avoir donné connaissance des annonces merveilleuses de M. Remak, sans toutefois en garantir l'exactitude. J'ai fait passer dans les nerfs du membre supérieur droit, le courant continu de quinze éléments au sut-

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fate de mercure, et j'ai augmenté graduellement la puissance de la pile jusqu'à trente éléments, en donnant à son courant la direction indiquée j)ar M. Remak pour combattre la contracture. I.aséanceadurécinq à dix minutes; j'ai recommencé ces applications une dizaine de fois. Malgré la douleur horrible produite par ce genre de galvanisation, le malade eut le courage de s'y soumettre. Hélas! loin d'en obtenir quelque soulagement, ses contractures devinrent si fortes et si douloureuses qu'il dut renoncer à ces essais qui peut-être n'étaient pas sans danger.

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