‹ De l'électrisation localisée et de son application a la pathologie et a la thérapeutiqueChapitre 73 sur 73 · I2S IIKUIUI-^ l)K l\ sKNSlIUI ITK l.i IMS .s|:n · texte numérisé non relu

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loujiMirs cil Mtiii, |)tHii' |»i('\('iiir les (ll^|(■(•li(Hl^, de le Ltirc cniilinlcr

par 1rs iiicdcciiis auiislcs les plus cclchics.

On ne sait |)iis cmcoi'c loiil vr, ()Ue pcnl i*(;ii(lit' ce mode de t.iiadisation a|)|>li(|nt' an liaitciiiciit de la siiKli-imititt', pai(<; (pu; iiu;s (îxpci'it'nccs ont vUi lailcs sur un petit iioinhio d(; sujets (je n'ai ni le temps ni le désir de les continuer sur une i)lus grande celKdle). Le tiaitcnient produira peut-ôlre un jour la {^uérison complète do certaines surdi-mutités; mais on a vu cpu; jus(iu'àcc jour je n'ai pu en obtenir ((u'unc; demi-yuérison.

Est-ce un service'reudu? En d'autres termes, la demi-surdité estelle de (luelquc utilité? Si l'on interro^'c ceux qui ont observé l'inlluence de la naissance et du développement de l'ouïe sur le moral et sur l'éducabilité de ces malheureux sourds-muets, la question n'est pas douteuse. Le cas exposé dans l'observation CCLIV répond éloquemment à cette (lueslion. On n'a pas oublié, en effet, combien ont été heureuses et rapides les modifications imprimées par les premières sensations auditives, au moral, aux sentiments aflectifs et à l'éducabilité du jeune Raymond, auparavant sauvage et intraitable, au point que tout le monde, à l'exception de sa mère, le croyait presque idiot.

Il ne viendra certes à l'esprit de personne de soutenir que K le sourd-muet est plus heureux que le demi-sourd, et qu'il vaut mieux en conséquence l'abandonner à son état que de lui donner l'idée d'un sens dont on ne saurait le faire jouir complètement. » Autant vaudrait dire que ces milliers d'aveugles à qui le progrès de l'oplithalmologie ont donné la facilité de percevoir assez la lumière, soit pour se conduire, soit pour distinguer les traits d'un ami, etc., que ces aveugles, dis-je, étaient bien plus heureux lorsque l'ignorance les condamnaient à une éternelle cécité, et cela sous prétexte que l'on ne pourrait rétablir l'intégrité du sens de la vue. Mais, il serait oiseux de discuter un langage aussi absurde et que l'on pourrait caractériser plus sévèrement.

Est-il besoin de dire que pour conserver et pour utiliser la demisurdité acquise, il faut la cultiver et savoir en tirer parti? Tout le monde sait que si l'on n'exerce pas le sens de l'ouie d'un demi-sourd, il perd complètement tôt ou tard le sens qu'il a acquis ou qu'il tient de la nature. C'est ce que l'on observe chez les demi-sourds élevés dans les institutions où Ton enseigne le langage des signes. Celui qui veut apprendre à un demi-sourd la parole par l'intermédiaire de son ouïe doit s'armer d'une grande patience et d'autant de persévérance. Quelques remarques que j'ai faites chezmesjeunes sourdsmuets, vont montrer combien est lente l'éducation de l'ouïe. Dès

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(jue, sons l'iiilluence du traitement, c(; sens a conimoiic»' k dorincisigne de vie, ces sourds-nuiets ofiI articulé vite et facilenieut les mots qu'oïl leur taisait entendre. On comprend (jue chez le jeune Raymond (obs. CCLIV), (jui n'avait jamais rien entendu ni articulé, il ait fallu, comme chez tous les enfants, d'ailleurs, faire l'éducation de l'ouie (ît de la parole en lui apprenant la si^mification de chacun des mots ([u'il entendait ou articulait. iMais chez les deux autres sourds-muets, on le sait, on avait développé déjà la |)arole par la hîcture sur les lèvres; et le jeune Albin, ainsi «pi'il est dit dans l'observation CCLV, parlait à peu près comme tout le monde. . Puis(iu'il connaissait la signification des mots ((u'il articulait, je croyais que l'éducation de son ouïe se ferait beaucoup plus rapidement que chez Raymond, et qu'il sufhrait de lui faire entendre et articuler les mots pour (ju'il en comprît iunnédiatement le sens. A ma grande surprise, il n'en a pas été ainsi. 11 articulait exactement et facilement les mots qu'on lui faisait entendre pour la première fois, mais il n'en saisissait pas la signitication, jjien (ju'il s'en servît habituellement dans le langage. Il fallait alors, pour qu'ilcomprît ces mots, qu'on les lui écrivît ou qu'il les lût sur les lèvres. Il en est résulté que l'on a dû recommencer entièrement pour son ouïe l'éducation du langage.

Avant de soumettre la surdi-mutité au mode de traitement électrique que je propose, le diagnostic et la cause doivent, autant que possible, en être recherchés. A quoi servirait-il, par exeniple, d'exciter ainsi le sens de l'ouïe chez un individu dont la surdi-mutité serait due aune obstruction delà trompe d'Euslache, à un vice de conformation, à un arrêt de développement, etc.?iMalheureusement l'exploration de la trompe d'Eustache et du conduit auditif externe est insuffisante, et dans l'état actuel de la science, la sémiologie ne ])Ossède aucun signe qui permette même de soupçonner l'existence des lésions anatomuiues de l'oreille interne et de certaines altérations de l'oreille moyenne; elles ne nous ont été révélées (jne par l'autopsie.

.l'ai l'espoir que mes recherches électro-physiologiques et pathologiques pourront jeter quelque jour sur ce point obscur du diagnostic de la surdi-mutilé, et en éclairer en même» temps le pronostic.

Si, en effet, chez un sourd-muet, la faradisatimi de la corde du tynq)an (;t des muscles moteurs des osselets [)roduit les phénomènes (jleclro-physiologi(iues (jue l'on obtient à r«'lat normal et (pie j'ai décrits dans le paragraphe précédent (j^ H, p. 9Ul), il est rationnel (fen conclure cpie les orgaiies (pii président à ces fondions sont

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sains clu'/. et» sounl-imirt. Ainsi, sous riiilliicnci' (hî ccitc r\|»l(ir;ition ('It-'ctritinc, l.i >('nsali()ii lin^MiiiUï iiidiijihMa riiilc^^iMl*'! de la cordcî (lu tvm|»aii; le hruil i)r(MlMit dans le lund de rorcillf, à cliafpK! inh-rniitltMicc, annoncera une contrac-lion inusculairo (|iii aura obranlé la nu'nihrane du tympan, la cliaine des osscîlels, la inenibraïKî do la fenêtre ovale, la suceussion du li(|uido tyinpaniciue, ot la sensibilité du nerf auditif provoquée par celte séricMrébranlements. Nous aurons doue ainsi la i)reuve pliysiolo-^^icpie de l'inté- "•ritéauatouiicpio deees dillérentes i)arlies c(jnsliluantes de l'oreille moyenne et interne. Alors si le catliétérisme a déjà démontré (jue la trompe d'Eustaclie est libre, et si ]'exam<;n du conduit audilil' externe n'y a trouvé rien d'anormal, on est fondé à attribuer la surdi-mutité à un état nerveux paralytique, et dans ce (uis, on le conçoit, le pronostic est favorable. — Or la faradisatiou de la corde du tympan et des muscles moteurs des osselets avait, on le sait, produit cliez mes trois jeunes sourds-muets ces symptômes électropliysiologitiues que j'avais considérés comme des signes lieureux pour le pronostic. — La découverte de ces signes diagnostiques et pronostiques de la surdi-mutité est, si je ne me trompe, un progrès qui ne sera contesté par personne.

-Conclusions. — Il existe une espèce de surdi-mutité congénitale ou non, complètement indépendante de toute altération anatomiipie appréciable. Conséquemment, personne n'est fondé à dire que celte espèce de surdi-mutité nerveuse est incurable.

L'exploration de l'état de l'oreille moyenne et de l'oreille interne par la faradisatiou de la corde du tympan et des muscles moteurs des osselets, permet de reconnaître, presque à coup sûr, que la surdimutite n'est pas produite par une altération organique.

H est démontré par les faits, que la surdi-mutité nerveuse peut être améliorée par la faradisatiou de la corde du tympan et des muscles moteurs des osselets; mais jusqu'à présent ce mode de traitement n'a pu amener la surdi-mutité qu'à l'état de demi-surdité.

Cet état de demi-surdité obtenue chez le sourd-muet congénital exerce une influence heureuse et rapide sur le moral de l'enfant, sur ses sentiments affectifs, sur son éducabilité; il permet enfin de développer la parole à l'aide de l'ouïe.

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