A HT. V
Après avoir décrit l'appareil de Pixii, M. Leroux a exposé la théorie suivante des appareils magnéto-électriques qui, en raison de sa nouveauté et de son importance, mérite d'être ici rappelée.
« La courbe des intensités du courant peut donc être représentée comme dans la figure 63 où la distance A0B0 représente le temps qu'un même pôle met à passer de la bobine A à la bobine B, et ainsi de suite.
« En réalité, le passage d'un arc positif a m b à l'arc négatif a' m' b' q i le suit, ne s'opère pas aussi brusquement que cela est indiqué ici ; cela lient à ce que les extrémités des aimants et des bobines ne sont pas des points mathématiques, et possèdent même des dimensions transversales relativement considérables. Nous reviendrons ci-après sur cette question.
«Remarquons immédiatement, quoique ceci soit étranger à l'appareil de Pixii, que, si on faisait agir sur un deuxième circuit le courant engendré, on obtiendrait un induit, lequel serait un induit du second ordra par rapport à l'induction magnétique, et dont la distribution serait celle indiquée par la figure 64.
« Nous ferons remarquer que la courbe supérieure est une représentation idéale de l'intensité du courant induit par les variations de distance des bobines et des aimants, et telle qu'on l'obtiendrait, en ne tenant compte que de l'influence de cette circonstance ; cette courbe offre une forme parfaitement symétrique.
Mais ce courant variable pouvant induire un second circuit induira le sien propre , de telle sorte qu'on aurait trèsapproxirnalivement la vraie courbe des intensités du courant des
bobines en ajoutant algébriquement les ordonnées delà courbe supérieure et celles delà seconde réduites dans un certain rapport. Le résultat final serait de détruire la symétrie et de déplacer les minima, comme s'il y avait un retard (1).
G. Appareil de Saxton. — « On reconnut bien vite qu'il n'était pas utile, et qu'il était peul-être môme nuisible, de rendre l'éleclro-
(I) F. P. Leroux, loc. cit., p. 27.
(•) Dans le tracé supérieur, courant induit dans, les bobines d un appareil de Pixii. — Dans le tracé inférieur, induit auquel le (précèdent donnerait lieu dans un deuxième circuit.
Iig. (ii. — Thiorie de la pile (*)
C11AP. IV. — DES APPAREILS ÉLECTRO-MOTEURS
I'ig. 60. — Appareil de Saxton.
aimant aussi massif que le faisait Pixii, tandis qu'il fallait augmenter, le plus possible, la puissance de l'aimant permanent. Il devenait alors plus commode de laisser le second fixe et de rendre
le premier mobile. C'est ce que fit Saxton, qui rendit l'appareil de Pixii plus près d'être portatif, en plaçant l'aimant horizontal (voy. fig. 65), le laissant fixe et faisant mouvoir l'électro-aimantou bobine induite autour d'un axe parallèle au plan de l'aimant.
« C'est encore le principe de Pixii que nous relrouverons dans l'appareil suivant, qui, tout en offrant une disposition moins heureuse au point de vue théorique, n'en a pas moins commencé le succès des appareils d'induction dans les applications médicales (I). »
La manivelle fait, dans cet appareil, tourner autour de son axe l'arma4ure de fer doux qui porte les bobines. D. Appareil de Clarke. — « Il y avait un moyen de rendre l'appareil encore moins encombrant, sans lui faire perdre notablement de sa puissance : c'était de placer l'aimant A vertical et de faire mouvoir l'électroaimant autour d'un axe horizontal XX' {fig. 66), de façon que ses extrémités effectuassent leur révolution dans un plan parallèle aux branches de l'aimant permanent.
Fig. 6G. — Appareil de Clarke
« Telle est la disposition réalisée par Clarke et représentée dans ta figure 67. 1, 'aimant permanent est en A ; l'axe autour duquel se meut l'électro-aimant est représenté en H. Cet axe porte un pignon sur lequel passe une chaîne à la Vaucanson, entraînée par une grande roue E, que l'on met en mouvement au moyen d'une manivelle.
« L'électro-aimant n'est plus, comme dans l'appareil de Pixii, un même morceau de fer doux recourbé en fer à cheval : ce sont deux bobines distinctes G et F, dont les noyaux de fer doux sont réunis, d'un côté, par une traverse de même matière, et de l'autre par une seconde
(1) F. P. Leroux, lue. cit., p. 28.
traverse d'une matière non magnétique. Celte disposition est équivalente à celle d'un électro-aimant formé d'une seule masse, mais elle est plus facile à réaliser et moins encombrante.
« L'analyse des courants produits par ce dernier appareil est la même que pour l'appareil de Pixii ; les courants changent de sens à chaque demi-révolution des bobines. Quand on veut avoir un courant qui soit toujours de même sens, il faut interposer entre la bobine et le lieu où l'on veut utiliser l'électricité un appareil auquel on donne le nom de redresseur des courants, et aussi de commutateur.
« Voici la description . de cette pièce dans l'appareil de Clarke : un manchon H formé d'une matière isolante est monté sur l'une des extrémités de l'axe autour duquel sont entraînées les bobines ; deux demi cylindres métalliques, laissant entre eux deux légers intervalles diamétralement opposés, sont appliqués sur ce manchon. Chacun d'eux communique d'une manière permanente avec une des extrémités du til des bobines ; deux ressoils sont constamment appliqués sur ces demi-cylindres. Par la rotation du système, chacun d'eux vient successivement se mettre en contact avec chacun des deux ressorts.
Fig. 67. — Appareil de Clarke.
« Quand on veut manifester des effets physiologiques, on peut recueillir les courants sans les redresser, mais les effets sont encore peu énergiques. On augmente l'énergie de la secousse en mettant à profit l'intensité d'un extra-courant finissant que l'on fait naître par l'artifice que voici.
« Les plaques métalliques m et n communiquant, je suppose, avec les conducteurs P»etS que l'on voit représentés dans la tigure 67, et le circuit étant fermé par une portion quelconque du corps humain, si on vient à faire communiquer entre eux par un arc métallique les deux demicylindres, le circuit se fermera de préférence par ce chemin dont la résistance est extrêmement plus faible que celle d'une partie quelconque de notre corps, et celui-ci ne recevra presque rien; de plus, le courant dans les bobines aura l'intensité maximum qu'il puisse acquérir
CUAP. TV.
DES APPAREILS ÉLECTRO-MOTEURS
pour la vitesse donnée de la machine, puisque la résistance extérieure sera à peu près nulle. Si on vient alors à interrompre la communication métallique entre les deux demi-cylindres, l'intensité du courant sera réduite presque à zéro en raison de la grande résistance du trajet offert par le corps humain, et il s'induira dans la bobine un courant de rupture dont l'intensité, comme on le sait, est très-grande, parce que sa force électro-motrice est considérable; il emprunte d'ailleurs à sa faible durée une qualité physiologique nouvelle.
« Cet extra-courant sera d'autant plus fort que le courant dont la rupture sert à l'engendrer sera lui-même plus puissant ; c'est donc vers l'instant de la coïncidence des pôles et des bobines que cette interruption devra se produire (1).
Fie. G3. — Appareil de Cage.
E Appareil de Page . — « Quand on approche ou qu'on éloigne un contact de fer doux des extrémités polaires d'un aimant permanent, on détermine dans ses branches des variations de magnétisme : on peut s'en servir pour induire un circuit, c'est ce qu'a fait le physicien américain qui a donné son nom à l'appareil que nous allons décrire.
« A cet effet, il a entouré de bobines d'un fil long et fin les extrémités des branches d'un aimant permanent; au moyen d'une vis de i appel mue par une manivelle D {fig. 68), on peut avancer cet aimant plus ou moins près d'un contact de fer doux FF monté perpendiculairement sur le môme axe qu'un pignon auquel une roue dentée communique un mouvement assez rapide. C'est un moyen de graduer l'intensité des courants produits. Ceux-ci se recueillent comme dans la machine de Clarke, par
(I) F. P. Leroux, p. 30.
ART. V. — HISTORIQUE ET CRITIQUE DES APPAR. D'iNUUCTION. 283
un commutateur monté sur le môme axe que le contact; on lui adjoint un interrupteur K du même genre que celui qui vient d'être décrit et qui est disposé pour la production d'un extra-courant destiné aux actions physiologiques.
« Dans l'appareil représenté figure 68, la position de ce commutateur peut se régler, relativement à celle du contact, de manière à permettre d'obtenir le mavimum d'effet, et à étudier quelques circonstances delà production des courants induits.
« Il faut remarquer que dans l'appareil de Page, pour une révolution
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Fig. 09. — Appareil de Breton frères.
complète du contact, on a quatre courants induits changeant alternativement de sens, tandis que dans les appareils précédents qui se rapportent au type l'ixii,il n'y en avait que deux. »
F. Appareil de Dujardin. — « Construit sur les mômes principes que le précédent. »
G. Appareil de MM. Breton frères. — « Son principe est aussi le même que celui de l'appareil de Page, mais ce fut l'un des premiers appareils facilement transportâmes qui aient été mis au service de la pratique médicale (fig. 69).
« Les moyens de graduation sont les mômes que dans l'appareil de Page.
« MM. Breton, à l'exemple de M. Duchenne, enroulent deux hélices autour des branches de l'aimant permanent (I); la plus extérieure est formée d'un fil plus fin et plus long que la première, et on peut, à volonté, utiliser les courants induits qui se développent dans l'une ou l'autre de ces deux hélices, et dans les effets
(Il F. P. Leroux, loc. cil., p. 31.