‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 11 sur 505 · ART. I. — PRINCIPES FONDAMENTAUX · texte numérisé non relu

ART. I. — PRINCIPES FONDAMENTAUX

de traverser ce tissu, sans l'intéresser, pour concentrer cette puissance dans un nerf, dans un muscle, de faire pénétrer enfin l'agent électrique dans les organes profondément, situés.

§ I. — Comment gouverner l'électricité à travers les organes? Comment lui imposer des limites?

Ce problème, si difficile en apparence, était cependant des plus simples. Il suffisait, pour le résoudre, d'analyser avec soin des phénomènes que l'on produit chaque jour dans la pratique, en appliquant sur la peau sèche et humide , les rhéophores d'un appareil d'induction d'une force moyenne.

Voici les principaux faits qui m'ont permis de remplir avec succès la tâche que je me suis imposée. Ils servent de base à la faradisalion localisée.

1° Si la peau et les rhéophores métalliques sont parfaitement secs et l'épiderme d'une grande épaisseur, comme cela s'observe chez certains sujets exposés souvent par leur profession au contact de l'air, le courant se recompose à la surface de l'épiderme, sans traverser le derme, en produisant des étincelles et une crépitation particulière, et sans donner lieu à aucun phénomène physiologique.

2° Met-on ensuite sur deux points de la peau l'un des rhéophores humide et l'autre sec, le sujet soumis à l'expérience accuse, dans le point où ce dernier rhéophore n'avait développé que des effets physiques, une sensation superficielle, évidemment cutanée. Les électricités contraires, dans ce cas, se sont recomposées dans le point de l'épiderme sec, mais après avoir traversé le derme à l'aide du rhéophore humide.

3° Mouille-t-on très-légèrement la peau, dans une région dont l'épiderme offre une très-grande épaisseur, il se produit, dans les points où sont placés les rhéophores métalliques secs, une sensation superficielle, comparativement plus forte que la précédente, sans étincelles ni crépitation. Ici la recomposition électrique a lieu dans l'épaisseur de la peau.

A° Enfin, la peau et les rhéophores sont-ils très-humides, on n'observe ni étincelles, ni crépitation, ni sensation de brûlure ; mais on produit des phénomènes de contractilité ou de sensibilité très-variables, suivant qu'on agit sur un muscle ou sur un faisceau musculaire, sur un nerf ou sur une surface osseuse. Dans ce dernier cas, on détermine une douleur vive, d'un caractère tout particulier : aussi doit-on éviter avec soin de placer les rhéophores humides sur les surfaces osseuses (1).

(1) Je vais essayer de théoriser ces phénomènes. On sait que l'électricité de ten-

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