‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 124 sur 505 · CDAP. I.— PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NERFS MIXTES · texte numérisé non relu

CDAP. I.— PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NERFS MIXTES

g HI. Pronostic des paralysies Iraumatiques des nerfs mixtes tiré de l'état de la contractilité et de la sensibilité électromuscnlaires.

I.Si le diagnostic différentiel de ces paralysies est en général facile, il n'en est plus de môme dès qu'il s'agit de connaître exactement l'état de chacun des muscles qui sont sous la dépendance du nerf lésé. C'est ici que l'emploi de la faradisation localisée est absolument nécessaire. Pour s'en convaincre, il suffira de se rappeler les phénomènes électro-pathologiques si variés que j'ai exposés précédemment, dans la symptomatologie électro-musculaire. Faisant, un instant, l'application de la connaissance de ces phénomènes, si l'on suppose que plusieurs malades se présentent avec un membre entièrement paralysé, on apprend par l'histoire de la maladie que, chez tous, la paralysie a été consécutive à la lésion traumatique d'un nerf ou du plexus brachial, par exemple; les mouvements volontaires étant également abolis, on en déduit un diagnostic semblable pour tous. Eh bien! si l'on fait contracter chacun des muscles paralysés, on trouvera des différences énormes entre ces malades : chez l'un, les muscles de l'épaule auront conservé leur contractilité électrique, laquelle sera, au contraire, complètement détruite dans les muscles du bras, de l'avant-bras et de la main (obs. XVM); chez un autre (obs. XX), les muscles du bras et de la région antérieure de l'avant-bras et de la main sont les seuls qui jouissent encore de leur contractilité électrique normale; chez untroisième(obs. XIX), ce sont les muscles de l'épaule qui ont le plus souffert dans leur contractilité électrique; enfin, un dernier malade (obs. XVIII) a perdu complètement les mouvements du deltoïde, et tous les autres mouvements de son membre supérieur sont conservés, bien qu'il y accuse un peu de gène. Paralysie du nerf circonflexe : tel est le diagnostic rigoureusement porté dans ce dernier cas. On examine plus lard, par la faradisation, l'état individuel de chacun des muscles du membre, et l'un découvre que le tiers postérieur du deltoïde a été moins lésé, dans son irritabilité électrique, que les autres parties du môme muscle; que le long supinateur a perdu une grande partie de cette môme propriété. Ce malade fléchissait bien l'avant-bras sur le bras; mais on observa, à un examen plus attentif, qu'il contractait le biceps et le brachial antérieur, tandis que le long supinateur qui concourt à la flexion de l'avant-bras restait flanque et inactif. C'est donc la faradisation localisée qui, dans ce cas, a mis sur la voie de la paralysie du long supinateur, et a fait connaître le pronostic de cette paralysie.

En somme, lorsque l'on sait que les muscles ou les fonctions de

muscles qui, dans les paralysies traumatiques des nerfs mixtes, ont perdu leur contraclilité électrique, restent longtemps paralysés, s'atrophient et sont menacés dans leur texture, tandis que les muscles qui ont conservé leur irritabilité électrique, recouvreront rapidement leur molilité, on comprend l'importance de l'exploration électro-musculaire, au point de vue du pronostic de ces paralysies traumatiques des nerfs mixtes.

II. Il ressort des considérations précédentes, que le pronostic des paralysies consécutives aux lésions traumatiques des nerfs ne saurait être établi exactement, sans V exploration électro-musculaire.

Celle proposition est démontrée par les faits déjà exposés. Les observations que je vais résumer, en établissent beaucoup mieux encore l'exactitude et 'importance. J'ai eu à poser le pronostic des deux cas suivants de paralysie des mêmes muscles du membre supérieur droit, produite par une chute sur l'épaule.

Observation XXXI. — Chute sur l'épaule droite contre le pavé, et paralysie immédiate de tous les mouvements du bras sur l'épaule, et de flexion de l'avantbras sur le bras. — Pas de douleurs ; seulement un peu d'engourdissement de la main. — Deux 7nois après l'accident, constatation de la paralysie du deltoïde, du trapèze, des muscles des fosses sus et sous-épineuses, du grand dentelé, des fléchisseurs de l' avant-bras sur le bras, du long supinateur, et abolition de leur cohtractililé électrique. — Perte de la sensibilité électrique. — Longue persistance de la paralysie, et atrophie rapide et coinjilète des muscles privés de contractilité électrique, malgré la cautérisation ponctuée, pratiquée au niveau du plexus brachial, et malgré la faradisation localisée appliquée plusieurs fois par semaine.

Observation XXXII. — Chute sur l'épaule droite de la hauteur d'un wagon; douleur vive et tuméfaction du moignon de cette épaule; paralysie consécutive du deltoïde, des rotateurs de l'humérus en dehors et des fléchisseurs de l'avantbras sur le bras, persistant six semaines après l'accident. — Intégrité de la contractilité électrique dans les muscles paralysés. — Guérison rapide par la faradisation localisée. (Voy., pour les détails de l'observation précédente, Électrisat. local. , 2e édit., observations XX et XXI.)

Les maladesdont il est question dans les deux observations précédentes, présentaient une paralysie datant de plusieurs semaines, siégeant dans les mômes muscles du membre supérieur droit et produite par une môme cause (une chute sur le moignon de l'épaule). Le pronostic paraissait devoir être plus grave chez celui (obs. XXXI) qui avait été violemment jeté contre le sol, de la hauteur d'un wagon, et qui en avait éprouvé une forte contusion de l'épaule. On pouvait craindre que le circonflexe et d'autres nerfs du plexus brachial et cervical eussent été plus profondément lésés que chez celui (obs. XXXI) qui était tombé, de sa hauteur, sur son épaule, et n'y avait aucune douleur, aucune blessure apparente. Eh bien !

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