‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 123 sur 505 · U8 CJJAP. I. — PARAL. CONSÉC. AUX LÉSIONS DES NERFS MIXTES · texte numérisé non relu

U8 CJJAP. I. — PARAL. CONSÉC. AUX LÉSIONS DES NERFS MIXTES

osseux e( aux rég'ons thénar et hypothénar, à une dose aussi forte que possible et de manière à produire des douleurs. Apres la dixième séance, Musset conserva à la main la sensation d'une chaleur brûlante qui remplaça ses anciennes douleurs. Mais les doigts lui semblaient toujouis glacés, engourdis et douloureux; la main était moins desséchée, les espaces interosseux se remplissaienl ; les premières phalanges étaient moins renversées; les secondes commençaient à s'étendre. Le traitement fut suspendu pendant trois semaine?, à cause d'une fièvre continue au début, intermittente à la fin, .après laquelle on observa que la main de Musset n'avait rien perdu , quant à l'amélioration de l'altitude des phalanges, amélioration qui s'était montrée pendanHa première péiiode du traitement; on conslata, au contraire, que la calorificatiou avait gagné les doigts et principalement les deux derniers, au point de le gêner, et que les douleurs et l'engourdissement qu'il y éprouvait constamment avaient presque entièrement disparu. Le traitement étant repris, je joignis à la faradisation musculaire l'excitation de la sensibilité électrc-cutane'e par les fils métalliques, et bientôt je vis la sensibilité de la peau de la main augmenter très-notablement et en même temps les veines se dessiner et grossir sur la face dorsale de la main, enfin la peau de cette région reprendre sa coloration normale. Les applications faradiques, renouvelées presque chaque jour, développèrent assez rapidement les petits muscles de la main, dont il était impossible de constater jadis l'existence, et Ton vit les phalanges et principalement celles de l'index et du médius se rapprocher de plus en plus de leur attitude normale, sous l'influence du retour de leur Ibrce tonique. On conslalait alors que les tètes des métacarpiens, moins saillantes en avant, permettaient la flexion des premières phalanges. L'action tonique des muscles interosseux sur les phalanges se montra longtemps avant la manifestation de quelques mouvements volontaires. En effet, à l'époque où Musset sortit de la Charité (le 15 mars 18o0), les mouvements volontaires des phalanges étaient à peine apparents; ainsi fléchissait-il les deux dernières phalange?, il ne pouvait les étendre; mais, dès qu'il cessait de contracter ses fléchisseurs après avoir fermé sa main, ces mûmes dernières phalanges s'étendaient un peu et lentement d'elles-mêmes, c'est-à-dire sous l'influence de la contraclilité Ionique des interosseux (I).

Tel était l'état du malade lorsqu'il sortit de la Charité, état assurément meilleur, mais qui ne lui permettait pas encore l'usage de sa main. Comptant sur une guérison progressive et spontanée, Musset suspendit encore une fois son traitement, pendant deux mois et demi; mais il fut trompé dans son attente; car, lorsqu'il vint réclamer de nouveau mes soins, il n'avait rien gagné pour les mouvements volontaires, et sa main était absolument dans le même état qu'à l'époque de sa sortie de l'hôpital.

Le traitement fut repris, au commencement de juin ISoO; les applications faradiques ne fuient faites que deux ou Irois fois par semaine. Dès lors, les premières phalanges, surtout celles des deux premiers doigts,

(I) Je rappelle que. j'ai démontré que ces petits muscles sont extenseurs des deux dernières phalanges et fléchisseurs des premières. (Voy. Duchenne 4dc Boulogne), Physiologie des mouvements, etc., chap. vi, p. 169.)

Fig. 89 — Main de Musset vue par sa face pa'maire, après le traitement, pendant qu'il essaye de la placer dans l'attitude vicieuse (voy./ï</. 88) qu'elle avait avant le traitement (*).

prirent une attitude encore plus fléchie sur les métacarpiens, et les deuv dernières s'étendirent davantage; en même temps, les mouvements volontaires de ces phalanges et les mouvements alternatifs de rapprochement et d'écartement des doigts commencèrent à se manifester. Cette amélioration des mouvements volontaires se montra principalement dans l'index et le médius, comme pour l'attitude des doigts. A partir de ce moment, l'amélioration delà main fut si rapide, que Musset put, au mois d'août, écrire et dessiner,

et, bien qu'il eût interrompu son traitement pendant plusieurs mois et à plusieurs reprises, les premières phalanges de l'index et du médius se fléchirent à angle droit sur les métacarpiens; les deux dernières s'étendirent complètement ; quant à l'attitude et aux mouvements volontaires des deux derniers doigts, ils entrèrent aussi en voie d'amélioration. Il put alors se servir de sa main malade pour exercer l'état d'expéditionnaire, comme ou le voit dans la figure 93 qui représente sa main dessinée, d'après nature, après le traitement et tenant une plume pour écrire.

En raison de la longueur de cette observation, j'ai dû négliger de mentionner les phénomènes thérapeutiques qui se manifestèrent dans les muscles des éminenecs thénar et hypothénar. 11 suffira de dire que ces éminences sont à peu près aussi développées qu'à l'état normal (voy. C D, fig. 89) el qu'on ne voit plus saillir, dans la paume de la main, les tendons fléchisseurs comme dans la figure 87, et enfin que les mouvements commandés par les muscles de ces mêmes éminences sont revenus rapidement et presque complètement. Laguérison de Musset s'e^t maintenue.

Fig. 90. — Attitude de la main de Musset tenant une plume pour écrire, après le traitement.

(*) J'ai engagé Musset à essayer de placer sa main dans l'attitude pathologique qu'elle conservait avant le traitement, pour que la comparaison de l'état antérieur avec l'état actuel fut plus exacte. Dans la figure 89, qui présente la main guérie dans cette altitude, on voit que Musset ne peut parvenir à renverser ses premières phalanges sur les métacarpiens, comme elles s'étaient placées malgré lui avant le traitement : que les têtes des métacarpiens ne fout pas plus de saillie qu'a l'état normal ; enfin, que les tendons des fléchisseurs ne sont plus visibles dans la. paume de la main. De plus, les éminences thénar et hypothénar C, D, furmeut les reliefs naturels dus aux masses musculaires aujourd'hui bien développées. — Le tissu cellulaire est plus abondant; la pulpe a reparu; enfin, les phalanges n'ont plus cette apparence osseuse comme dans la ligure 87.

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Je l'ai revu en mai 1809, el il m'a appris qu'il a pu se servir si bien de sa main, qu'il esl employé comme expéditionnaire dans un chemin de fer, et qu'il sollicite, en ce moment, l'emploi de sténographe de la chambre.

Réflexions. — Il est évident que le nerf cubital a dû se trouver compris dans les tissus divisés par l'instrument qui s'est enfoncé dans l'avant-bras de Musset. Mais si le fait avait pu être douteux, la perle de la contractililé électrique des muscles placés sous la dépendance de ce nerf établirait incontestablement ce diagnostic.

La difformité de la' main qui avait été la conséquence de la lésion du nerf cubital était certainement .inexplicable autrefois. C'est seulement par la connaissance des faits qui ressortenl de mes recherches sur les fonctions des muscles de la main, qu'il est permis d'en expliquer le mécanisme.

Je dois rappeler que le retour de la force tonique musculaire, qui ramena les phalanges de Musset à leur altitude normale, se manifesta quelque temps avant les mouvements volontaires. C'est un phénomène que j'ai observé dans d'autres paralysies. Ainsi, j'ai vu, dans la paralysie saturnine et dans la paralysie de la septième paire, comme dans la paralysie consécutive aux lésions traumatiques des nerfs mixtes, la tonicité musculaire précéder le retour des mouvements volontaires.

L'action thérapeutique de la faradisation localisée sur la nutrition el sur les mouvements des muscles qui meuvent les doigts et le pouce, a été très-rapide chez Musset, comparativement à ce que cette même médication a produit chez le malade de l'observation XVII, dont les nerfs n'étaient certainement pas divisés. J'en ai déjà donné l'explication : j'ai dit que, dans la paralysie par lésion traumatique des nerfs mixtes, la faradisation ne peut guérir qu'après la guérison de ces nerfs, alors que l'influx nerveux arrive librement aux muscles malades. Or, celle guérison des nerfs lésés exige un temps plus ou moins long. C'est pourquoi, la guérison du malade de l'observation XVIII s'est fait longtemps attendre, tandis que chez Musset, dont la lésion nerveuse datait de quatre ans, l'excitant cérébro-spinal s'élait frayé une voie, soit a travers la cicatrice devenue nerveuse el à travers le bout périphérique du nerf régénéré. On peut affirmer qu'avant la faradisation, la force nerveuse arrivait à ses muscles paralysés et atrophiés, qui avaient, sans aucun doute, besoin de cet excitant électrique pour réagir sous l'influence de l'excitant cérébro-spinal.

Qui oserait révoquer en doute, dans cette observation, l'action thérapeutique de la faradisation? Certes, la nature avait eu le temps d'agir, d'opérer spontanément la guérison, si elle eût élé possible sans la faradisation. Il n'est pas nécessaire de dire ce qui serait arrivé, si cette dernière médication n'était pas intervenue. Un fait qui

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sera exposé dans l'arlicle suivant, fera connaître les suites déplorables de la temporisation.

J'aurais dû rappeler plus tôt l'heureuse influence que la faradisation localisée a exercée sur la calorification et sur la circulation de la main, chez Musset, parce que ce fut un des premiers effets de cet agent thérapeutique ; mais j'ai déjà signalé ce phénomène important qui s'est manifesté dans toutes les observations précédemment rapportées, et que l'on constatera encore dans les suivantes.

Observation XXV. — Paralysie atrophique par compression du radial , survenue consécutivement à une nécrosa de l'humérus siégeant et sur le trajet de ce nerf, et datant de six mois. — Diagnostic de l'état de chacun dcsinuscles animés par ce nerf, au moyen de la faradisalion localisée. — Guérison plus rapide des muscles dont la conlraclilité électrique est moins lésée. (Voir, pour les détails, Électrisqtion local., 2e édit., obs. XIII.)

Réflexions. — Une paralysie survenue dans les muscles animés par le nerf radial, consécutivement a une nécrose d'une portion de l'humérus, située sur le trajet de ce nerf, pouvait faire craindre que ce dernier ne lut complètement détruit (c'était l'opinion de Roux) : l'examen par la faradisalion, fait plusieurs mois après le début de la paralysie, démontra qu'il n'en était pas ainsi, puisque les muscles n'avaient perdu qu'une partie de leur conlraclilité électrique. De plus, cet examen me permit de connaître le degré de lésion de chaque muscle, ce qui me fit porter un diagnostic et un pronostic favorables, dont l'exactitude fut justifiée, plus tard, parles résultats thérapeutiques. On vit, comme je l'avais prédit, les mouvements et la nutrition revenir d'autant plus vile que les muscles avaient moins souffert dans leur conlraclilité électrique* Les muscles de l'avantbras, donlles nerfs étaient cependant sains (le médian et le cubital), avaient subi, dans une certaine proportion, une intluence paralytique, ce qui tendrait à démontrer encore, comme dans l'observation XXI, qu'il existe une espèce de solidarité entre tous les nerfs d'un membre, et que la suppression subite de l'un d'eux porte une perturbation considérable dans l'innervation générale de ce membre ; mais ce trouble disparut bien vite par la faradisation localisée, puisque, chez notre malade, quelques séances ont suffi pour rendre leur force normale aux muscles qui jouissaient de toute leur conlraclilité électrique. La guérison du malade a été plus rapide qu'elle ne l'est habituellement, lorsque le traitement électrique est appliqué à une époque aussi voisine du début de la paralysie. C'est que la lésion du nerf (une compression, sans doute) était peu considérable, ce qui fut annoncé par la faible diminution de la contractilité électrique dans les muscles placés sous sa dépendance. Que serait devenue cette paralysie, si la faradisation n'eût pas été pratiquée ? Il est possible qu'avec le temps, les mouvements seraient revenus pre-

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gressivement, parce que les muscles avaient peu souffert dans leurs propriétés (la contractilité électrique et In nutrition) ; cependant deux faits et que je rapporterai plus loin (obs.XLVI) prouvent combien il est imprudent de s'en rapporter au temps pour la guérison de ces paralysies, dans lesquelles les nerfs ne paraissent pas profondément lésés.

OiisEitVATiON XXVI. — Paralysie air ophique des muscles interosscux et lombricaux, consécutive à la contusion ou à la commotion du nerf cubital, produite par la charge d'un fusil de chasse tiré à bout portant dans la paume de la main. — Action thérapeutique rapide et heureuse* de la faradisation localisée appliquée dix mis après le début. (Voir, pour les détails, Électris. localisée, 2e édit., obs. XV.)

Réflexions. — Le sujet de cette observation étant à la chasse avait eu l'imprudence de saisir son fusil chargé par l'extrémité du canon, pendant qu'il franchissait un fossé; le coup étant parti à bout portant, la charge avait fait balle, et, pénétrant au niveau du coude, elle avait glissé au-devant de ce dernier et était allée se loger sous la peau de la face dorsale de l'avant-bras.

Si le nerf cubital avait été détruit par la charge de son fusil, M. F... n'aurait pas pu faire exécuter à ses doigts des mouvements d'abduction ou d'adduction, immédiatement après la blessure. Il faut donc admettre que ce nerf a été seulement contus ou qu'il a éprouvé une commotion.

J'étais porté à croire que la lésion du nerf cubital n'intéressait pas également toutes ses libres, puisque les deux premiers doigts ont été moins affectés que les deux derniers, soit pour leurs mouvements, soit pour l'attitude de leurs phalanges; mais la faradisation localisée a fait voir que la contractilité électrique était aussi profondément atteinte dans les muscles des deux premiers espaces interosseux que dans les deux derniers, ce qui prouve que les libres du cubital étaient toutes lésées au môme degré. Dès lors, comment se fait-il que les mouvements des deux premiers doigts et que l'attitude de leurs phalanges en aient moins souffert? C'est que, le nerf médian n'ayant pas été blessé, les deux premiers lombricaux qui reçoivent l'influx nerveux de ce dernier nerf, avaient conservé leur action sur les phalanges des deux premiers doigts, et que cette action des lombricaux est la môme que celle des interosseux, pour ce qui a trait aux mouvements en sens inverse de flexion et d'extension des phalanges (I).

(I) Ces nouveaux faits physiologiques ressortent de mes recherches électro-physiologiques et pathologiques sur les fonctions des muscles delà main. — J'ai fait îessortir, dans mon Mémoire sur les fonctions des muscles moteurs de la main, combien il est heureux que les doigts destinés à conduire la plume et le crayon (l'index et le médius) jouissent de cette richesse d'innervation.

Le nerf cubital n'ayant pas été détruit par le coup de feu, M. F... était en droit d'espérer que la paralysie et l'atrophie de ses inlerosseux guériraient avec le temps. Il a été cependant trompé dans son attente; car, quatre ans plus lard, non-seulement ses muscles étaient restés dans le même état, mais'encore la vitalité de sa main était considérablement affaiblie. Ainsi, la calorification y était diminuée ; la circulation y était moins active, au point qu'on n'y voyait pas de veines dorsales ; enfin, la transpiration habituelle en était supprimée. L'excitant nerveux spinal arrivait sans obstacle à celte main, mais il était insuffisant pour réparer, à lui seul, les désordres qu'avait causés la suspension momentanée de son influx. Il a fallu, comme on l'a vu, le concours de l'excitant faradique pour rendre à celte main sa vie et ses fonctions. Ce fait, en établissant la puissance de l'action thérapeutique de la faradisation localisée sur les circulations locales et la nutrition , dans la paralysie atrophique déjà ancienne par la lésion traumatique des troncs nerveux mixtes, démontre qu'il ne faut pas s'en rapporter au temps pour la guérison de ces paralysies, lors même que la lésion du nerf n'est pas très-grave. C'est ce que démontrent encore mieux les deux faits suivants.

Observation XXVII. — Paralysie des interosseux, consécutive à une contusion du nerf cubital droit et perle de la sensibilité tactile de la main, dapmt de cinq ans. — Guérison par la faradisation localisée en cinq séances. (Voir, pour tes détails, Électris. local., 2e (5dit., obs. XVI.)

Réflexions. — Celte observation très-imporlanle , en raison de la guérison merveilleuse par sa rapidité, a été recueillie avec un grand soin et rapportée dans tous ses détails. Il en est ressorti, en résumé, que le malade a été privé, pendant cinq ans, de l'usage de sa main, à la suite d'une contusion qui a dû être légère, du quart inférieur et interne du bras droit, puisque les muscles interosseux étaient à peine atrophiés, que la contractilité électrique en était faiblement diminuée, et que cinq séances ont suffi pour obtenir une guérison complète qui s'est bien consolidée.

Ce fait prouve que les paralysies traumaliques des nerfs, alors môme qu'elles sont légères, ne guérissent pas toujours avec le temps.

Observation XXVIII. — Paralysie atrophique des muscles placés sous la dépendance du nerf sciati que poplité externe, par compression de ce dernier, datant de six mois et suivie d'un pied bot consécutif à l'absence d'antagonisme des muscles paralysés et atrophiés. — Guérison rapide par la faradisation localisée. (Voir, pour les détails, Èlectr. local., 2e é<lit., obs. XVI.)

Réflexions. — Chez la malade dent il est question, dans cette ob-" servation, la lésion du nerf sciatique poplilé externe était beaucoup moins grave que celle du nerf cubital, observée chez le sujet de

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gressivement, parce que les muscles avaient peu souffert dans leurs propriétés (la contractililé électrique et la nutrition) ; cependant deux faits et que je rapporterai plus loin (obs.XLVI) prouvent combien il est imprudent de s'en rapporter au temps pour la guérison de ces paralysies, dans lesquelles les nerfs ne paraissent pas profondément lésés.

Observation XXVI. — Paralysie alrophique des muscles interosseux et lombricaux, co)isécutive à la contusion ou à lu commotion du nerf cubital, produite par la charge d'un fusil de chasse tiré à bout portant dans la paume de la main. — Action thérapeutique rapide et heureuse-de la fat adisation localisée appliquée dix ans après le début. (Voir, pour les détails, Électris. localisée, 2e édit., obs. XV.)

Réflexions. — Le sujet de celle observation étant à la cbasse avait eu l'imprudence de saisir son fusil chargé par l'extrémité du canon, pendant qu'il franchissait un fossé; le coup étant parti à bout portant, la charge avait fait balle, et, pénétrant au niveau du coude, elle avait glissé au-devant de ce dernier et était allée se loger sous la peau de la face dorsale de l'avant-bras.

Si le nerf cubital avait été détruit par la charge de son fusil, M. F... n'aurait pas pu faire exécuter à ses doigts des mouvements d'abduction ou d'adduction, immédiatement après la blessure. 11 faut donc admettre que ce nerf a été seulement contus ou qu'il a éprouvé une commotion.

J'étais porté à croire que la lésion du nerf cubital n'intéressait pas également toutes ses libres, puisque les deux premiers doigts ont été moins atfectés que les deux derniers, soit pour leurs mouvements, soit pour l'altitude de leurs phalanges; mais la faradisation localisée a fait voir que la conlraclililé électrique était aussi profondément atteinte dans les muscles des deux premiers espaces interosseux que dans les deux derniers, ce qui prouve que les libres du cubital étaient toutes lésées au môme degré. Dès lors, comment se fuit-il que les mouvements des deux premiers doigts et que l'allilude de leurs phalanges en aient moins souffert? C'est que, le nerf médian n'ayant pas été blessé, les deux premiers lombricaux qui reçoivent l'influx nerveux de ce dernier nerf, avaient conservé leur aclion sur les phalanges des deux premiers doigts, et que celle aclion des lombricaux est la même que celle des interosscux, pour ce qui a trait aux mouvements en sens inverse de flexion et d'extension des phalanges (I).

(I) Ces nouveaux faits physiologiques ressortent de mes recherches électro-physiologiques et pathologiques sur les fonctions des muscles delà main. — J'ai fait î assortir, dans mon Mémoire sur les fonctions des muscles moteurs de la main, combien il est heureux que les doigts destinés à conduire la plume et le crayon (l'index et le médius) jouissent de cette richesse d'innervation

Le nerf cubital n'ayant pas élé détruit par le coup de feu, M. F... était en droit d'espérer que la paralysie et l'atrophie de ses inlerosseux guériraient avec le temps. Il a été cependant trompé dans son attente; car, quatre ans plus tard, non-seulement ses muscles étaient restés dans le môme état, mais'encore la vitalité de sa main était considérablement affaiblie. Ainsi, la calorification y était dimi~ nuée; la circulation y était moins active, au point qu'on n'y voyait pas de veines dorsales : enfin, la transpiration habituelle en était supprimée. L'excitant nerveux spinal arrivait sans obstacle à cette main, mais il était insuffisant pour réparer, à lui seul, les désordres qu'avait causés la suspension momentanée de son influx. Il a fallu, comme on l'a vu, le concours de l'excitant faradique pour rendre à cette main sa vie et ses fonctions. Ce fait, en établissant la puissance de l'action thérapeutique de la faradisation localisée sur les circulations locales cl la nutrition , dans la paralysie atrophique déjà ancienne par la lésion traumatique des troncs nerveux mixtes, démontre qu'il ne faut pas s'en rapporter au temps pour la guérison de ces paralysies, lors même que la lésion du nerf n'est pas très-grave. C'est ce que démontrent encore mieux les deux faits suivants.

Observation XXVII. — Paralysie des interosseux, consécutive à une contusion du nerf cubital, droit et perle de la sensibilité tactile de la main, daPmt de cinq ans. — Guérison par la faradisation localisée en cinq séances. (Voir, pour les détails, Éledris. local, 2e édit., obs. XVI.)

Réflexions. — Celte observation très-importante , en raison de la guérison merveilleuse par sa rapidité, a été recueillie avec un grand soin et rapportée dans tous ses détails. Il en est ressorti, en résumé, que le malade a élé privé, pendant cinq ans, de l'usage de sa main, à la suite d'une contusion qui a dû être légère, du quart inférieur et interne du bras droit, puisque les muscles interosseux étaient à peine atrophiés, que la contractilité électrique en était faiblement diminuée, et que cinq séances ont suffi pour obtenir une guérison complète qui s'est bien consolidée.

Ce fait prouve que les paralysies traumatiques des nerfs, alors môme qu'elles sont légères, ne guérissent pas toujours avec le temps.

Observation XXVIII. — Paralysie atrophique des muscles placés sous la dépendance du nerf sciati que poplilé externe, par compression de ce dernier, datant de six mois et suivie d'un pied bot consécutif à l'absence d'antagonisme des muscles paralysés et atrophiés. — Guérison rapide par la faradisation localisée. (Voir, pour les détails, Électr. local., 2e édit., obs. XVI.)

Réflexions. — Chez la malade dent il est question, dans cette ob-k servation, la lésion du nerf sciatique poplilé externe était beaucoup moins grave que celle du nerf cubital, observée chez le sujet de

33 4 CI1AT. I. — TAÏUL. CONSEC. AV.X. LESIONS DES NERFS MIXTES.

l'obscrvalion XXIII, puisque l'excilation électrique de ce nerf poplilé provoquait encore des contractions (faibles, il est vrai) dans les muscles qu'il anime. Cependant la paralysie de ces muscles n'en était pas moins complète, et la perle de leur furce tonique n'en avait pas moins jtilé un grand trouble dans l'altitude du pied qui avait été entraîné par leurs antagonistes, au point d'occasionner un pied bot équin, au troisième degré. Lacalorilicalion était diminuée et la circulation capillaire difficile; enfin, les douleurs étaient intolérables et continues, et le temps n'avait modifié en rien l'état de celte pauvre fille.

Ce fait démontre encore, comme le précédent, qu'il ne faut pas s'en rapporter au temps pour la guérison des paralysies consécutives à la lésion traumalique des nerfs, alors même que l'examen par la faradisation annonce que cette lésion n'est pas des plus graves.

Il ne peut exister ici aucun doute sur l'action thérapeutique de la faradisation, car la paralysie est sortie de son état stationnaire dès l'instant où cet agent a été dirigé sur le tissu musculaire.

La faradisation du nerf poplilé externe, on l'a sans doute remarqué, n'a exercé aucune influence thérapeutique sur la paralysie, bien qu'elle produisît la contraction des muscles placés sous la dépendance de ce nerf, et la guérison n'a pu être obtenue que par l'excilation individuelle de ces muscles. Ce fait démontre encore une fois, comme je l'ai déjà établi par des faits nombreux, la nécessité defaradiser individuellement les muscles, dans le traitement des paralysies.

Souvent, dans les paralysies anciennes par lésion traumatique des nerfs, le membre paralysé devient douloureux, les muscles et les articulations sont très-sensibles aux mouvements mécaniques qu'on leur imprime; c'est ce qu'on a observé aussi dans le cas qui vient d'être rapporté. Il a suffi de quelques excitations musculaires pour faire disparaître ces douleurs si vives et si continues chez la malade.

Enfin, ce qui est le plus important dans cette observation, c'est la rapidité du retour des mouvements sous l'influence de la faradisation musculaire. Il est évident que la lésion nerveuse n'existait plus, et que l'influx nerveux, arrivant librement aux muscles avant l'opération électrique, ne pouvait, à lui seul, rendre la vie aux museks qui avaient été momentanément privés de son concours. L'excitant électrique a rendu à ces muscles, qui sommeillaient, pour ainsi dire, l'aptitude a réagir sous l'excitant nerveux. Il a en même temps rétabli leur nutrition cl leur calorilication. C'est un fait de plus en faveur de cette proposition déjà émise par moi, à l'occasion de quelques observations précédentes, à savoir: « que dans les para-

iysies anciennes par lésion traumatique des nerfs, la guérison an moyen de la faradisalion musculaire, lorsque toutefois les muscles n'ont pas été détruits, est plus rapide que dans les paralysies récentes de même nature, parce que, la lésion du nerf étant guérie, la force nerveuse arrive librement aux muscles paralysés. »

Bien que j'aie déjà exposé dans ce premier article les fiiits principaux qui ressorlent de chacune des observations ci-dessus relatées ou rappelées sommairement, je vais démontrer dans les deux articles suivants combien ces faits intéressent le diagnostic, le pronostic et le traitement des paralysies traumatiques des nerfs.

ARTICLE II

SYMPTOMATOLOGIE, DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC DES PARALYSIES CONSÉCUTIVES A LA LÉSION DES NERFS MIXTES, ÉCLAIRÉS PAR LA FARADISATION LOCA- LISÉE.

Afin de faire mieux servir la faradisalion localisée à l'étude du diagnostic et du pronostic des paralysies traumatiques des nerfs mixtes, il me paraît essentiel de rappeler, avant tout, les phénomènes électro-pathologiques que l'on observe, dans ces cas, à l'aide de ce moyen d'investigation. Je vais donc exposer ces phénomènes, qui constitueront ce que j'appellerai la symplomatologie électrique des paralysies traumatiques, en m'appuyant sur les faits qui ont été relatés dans l'article précédent.

§ I. — Symptomatologie électrique «les paralysies traumatiques îles nerfs mixtes.

La contusion, la compression, l'allongement et même la commotion, toute lésion traumatique, en un mot. d'un nerf mixte occasionne un [rouble plus ou moins grave dans l'état des mouvements volontaires de la sensibilité et de la nutrition des muscles qui sont sous sa dépendance et enfin dans la calorification du membre on siège ce nerf. Mais ces mêmes paralysies offrent d'autres symptômes qui n'intéressent pas moins le diagnostic, et dont on doit la connaissance à l'emploi de la faradisalion musculaire, je veux parler de la diminution ou de la perte de la conlraclilité et de la sensibilité que l'on constate presque toujours dans les muscles paralysés, quand on les soumet à la faradisation localisée. C'est particulièrement à l'étude de ces derniers phénomènes, que seront consacrés les sous-paragraphes suivants.

336 CIIAP. T. — TARAI. C0NSEC. AUX LESIONS DES NERFS MIXTES. A. — Lésion de la contractilité électro-musculaire.

Lorsque la lésion d'un nerf mixle est tellement profonde que toutes les fibres en ont été atteintes, les muscles qui reçoivent les filets nerveux de ce nerf perdent à un degré égal leur contractilité électrique.

Il arrive quelquefois que des muscles frappés, au même degré, de la paralysie des mouvements volontaires ont perdu forl inégalement leur aptitude à être mis en contraction par l'excitation électrique. Un seul muscle peut môme être atteint dans cette dernière propriété d'une manière inégale dans les faisceaux dont il se compose, bien qu'il soit frappé de paralysie dans son entier. J'ai rapporté, comme exemple, l'observation d'un sujet qui ne pouvait exécuter aucun mouvement volontaire avec son deltoïde, lequel pourtant se contractait encore assez énergiquement dans son tiers postérieur, sous l'influence de la faradisation localisée.

D'autres fois, certains muscles qui ne paraissent pas affectés dans leurs mouvements volontaires, ont perdu cependant une partie de leur contractilité électrique.

Enfin, il n'est pas rare de voir, dans ces sortes de paralysies, des muscles posséder leur contractilité électrique normale, bien qu'ils soient paralysés plus ou moins complètement. Je ne crois pas que, dans ces cas, les nerfs aient été réellement lésés; aussi les muscles paralysés recouvrent-ils rapidement leur motililé. Mais comment se fait-il que les nerfs qui n'ont pas été intéressés par la lésion Iraumatique, soient cependant paralysés? Ce phénomène pathologique ne conduit-il pas à admettre l'existence d'une sorte de solidarité entre tous les nerfs d'un membre? Dès lors, si l'un d'eux vient à être gravement lésé, est-il étonnant que la motililé ne soit pas toujours uniquement troublée dans les muscles qui sont sous sa dépendance, mais encore dans d'autres muscles dont les nerfs sont intacts?

D. — Lésion de la sensibilité.

Parmi les paralysies qui font l'objet de ce chapitre, celles qui sont produites par une élongalion, une commotion, une contusion ou une compression de nerfs mixtes présentent, en général, moins de troubles dansla sensibilité desmusclesquc dans leur contractilité. Ainsi, par exemple, une luxation de l'épaule ayant occasionné la lésion des nerfs qui animent le bras, l'avanl-bras et la main, j'ai vu le malade accuser une sensation musculaire assez notable, alors même que ses muscles ne se contractaient pas le moins du monde par l'excitation électrique la plus intense. Il faut que la lésion des nerfr soit

profonde pour que les muscles aient perdu complètement leur sensibilité.

La sensibilité cutanée est encore moins affectée cjue la sensibilité musculaire, dans ces mômes lésions nerveuses.

Ces faits semblent démontrer qu'en général les lésions des nerfs mixtes troublent moins la sensibilité que la contractilité volontaire et électrique. Mais il est des cas où la sensibilité de la peau et des muscles est complètement éteinte. C'est qu'alors il n'existe plus de communication nerveuse entre la moelle épinière et le membre paralysé.

§ II. — Diagnostic différentiel «les paralysies traumatiques tirs nerfs mixtes, tiré de l'état tle la contractilité et tle la sensibilité électriques des muscles paralysés.

Les pbénomènes électro-pathologiques que je viens d'exposer sont précieux pour le diagnostic des paralysies traumatiques des nerfs mixtes, car la séniéiologie est presque toujours impuissante pour l'éclairer complètement. Celte assertion est démontrée par tous les faits que j'ai relatés.

Je ne prétends pas toutefois que l'on puisse confondre facilement une paralysie cérébrale, hystérique ou saturnine, avec une paralysie traumalique des nerfs mixtes, dont la cause occasionnelle est rarement cachée. Ainsi, lorsque la paralysie est consécutive à une luxation, à une contusion, à une commotion, à une compression, à une destruction ou enfin à un travail morbide quelconque des nerfs, une telle erreur de diagnostic différentiel doit être rarement commise. Mais la cause de la paralysie n'est pas toujours évidente; une tumeur ou une exostose profondément cachée, par exemple, peut comprimer un tronc nerveux, et produire lentement ou subitement des phénomènes de paralysie. On comprend que, dans ce cas, le diagnostic devienne plus difficile; c'est alors qu'il est nécessaire de recourir à la faradisalion localisée. Elle fait reconnaître, en effet, que la contractilité électro-musculaire est diminuée dans les muscles dont le nerf est comprimé. En conséquence, ce signe (la diminution de la contractilité électro-musculaire) ne permettra pas de confondre la paralysie traumatique des nerfs avec les paralysies cérébrale, rhumatismale et hystérique, dans lesquelles celte contraclililé électro-musculaire est toujours normale.

Afin de fiiire mieux ressortir l'importance et l'exactitude de cette proposition, je rapprocherai, en les comparant, deux faits pour lesquels j'ai été appelé à établir un diagnostic différentiel, à l'aide de la faradisation localisée. Ils étaient, en apparence, les mêmes,

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3 38 CUAP. I. — PAItALYSIES CONSEC. AUX LES. DES NERFS MIXTES.

et, cependant, ils différaient essentiellement entre eux par leur cause et par leur nature, comme on le verra plus loin.

Les malades, sur lesquels j'ai observé ces faits, étaient entrés, l'un à l'hôpital de la Clinique, dans le service de M. Nélaton (son histoire a été rappelée sommairement (obs. XXI11), l'autre à la Charité, dans le service de M. Bouill îud. Chez ces deux malades, la plupart des muscles qui meuvent l'épaule sur le tronc et le bras sur l'épaule avaient été frappés subitement de paralysie. Celte paralysie locale dont les muscles homologues du môme côté avaient été atteints, par une coïncidence singulière, pouvait être attribuée, dans l'un et l'autre cas, à une môme cause, a une hémorrhagie cérébrale, parce qu'elle avait débuté d'une manière subite. Mais l'exploration de la conlractililé électrique des muscles paralysés montra bientôt qu'un tel diagnostic eût été erroné. En effet, l'un (le malade de la Clinique) avait perdu, à des degrés divers, la contractilité électrique de la plupart des muscles paralysés, l'autre (le malade de la Charité) avait au contraire conservé intacte cette propriété musculaire; la paralysie, chez le premier, ne pouvait ôtre rapportée qu'à une lésion de certains nerfs des plexus cervical et brachial, tandis que, chez le second, elle devait ôtre le produit d'une lésion de la substance cérébrale. Telle fut du moins la déduction que je tirai de la connaissance de ces phénomènes électro-pathologiques. Ce diagnostic basé sur l'état de la contractilité électro-musculaire était d'une grande exactitude, comme le prouve l'histoire de ces deux malades.

Ainsi, il est dit, dans l'observation XXIII : 1° qu'il existait, du côté paralysé, au niveau des plexus cervical et brachial, un point douloureux qui plus tard augmenta et s'irradia dans l'avant-bras ; 2° que les muscles paralysés s'atrophièrent rapidement et profondément, comme je l'avais, du reste, annoncé immédiatement après l'examen parla faradisation musculaire; 3° que le malade présentant à la surface du corps des traces d'accidents syphilitiques tertiaires, une exoslose pouvait bien avoir comprimé certains nerfs du plexus, et produit conséquemment la paralysie; 4° enfin, que cette paralysie a été guérie sous l'influence d'un traitement spécifique (du prolo-iodure de mercure). L'ensemble de ces phénomènes démontre donc l'exactitude du diagnostic porté dans l'observation XXIII. — Le diagnostic différentiel de la paralysie du malade de la Charité ne fut pas moins exact. En effet il avait été frappé, un an auparavant, d'une hémiplégie cérébrale légère (hémorrhagie moyenne), dont il avait été guéri presque complètement par la faradisation localisée, appliquée, sept mois après le débul; et il est évident que la dernière paralysie, dont il avait été atteint, était aussi de môme nature. Il fui soumis à mon observation, pendant cinq mois, après lesquels les muscles ne parurent pas avoir souf-

fert dans leur nutrition ; ce qui n'a pas lieu dans la paralysie traumatique des nerfs mixtes.

Les seules paralysies qui puissent être confondues, à la rigueur, avec celle qui résulte de la lésion traumatique d'un nerf mixte, c'est la paralysie saturnine, et certaines paralysies spinales circonscrites.

La paralysie traumatique du nerf radial a, en effet, beaucoup de ressemblance avec la paralysie saturnine limitée à l'avant-bras. J'en agiterai le diagnostic différentiel, dans les chapitres qui seront consacrés à l'étude de ces dernières paralysies.

Il est cependant des paralysies traumatiques, périphériques, dans lesquelles la contractilité électro-musculaire est intacte, par exemple, les paralysies par compression des membres. Dans ces cas cependant, le diagnostic ne saurait être douteux, car elles se manifestent immédiatement après cette compression. Je vais en citer sommairement deux exemples.

Observation XXIX. - Paralysie des extenseurs du poignet et des doigts et des supmateurs, consécutive à la compression de l'avant-bras, pendant une attitude fausse et prolongée. — Intégrité de la contractilité électro-musculaire et sensibilité cutanée un peu affaiblie, à la face postérieure de l'avant-bras '- Guérison, en seize séances, par la faradisation localisée, appliquée quatre mois après le début. (Voy. pour les détails Électrisat. local., 2e édit., observ.

. Ici, la cause était évidente; cétait la fausse position du membre qui avait produit immédiatement la paralysie. La compression de l'avant-bras, qui s'exerçait principalement sur les muscles de la ré-ion postérieure, a-t-elle gêné momentanément l'arrivée de l'influx nerveux ? Ces cas ne sont pas excessivement rares. En voici un second exemple.

• Observation XXX. - Paralysie du membre supérieur fortement comprimé par un eboulement de terre. - Conservation de la contractilité électrique dans les muscles paralysés. - Guérison rapide par la faradisation localisée appliquée un mois après le début. (Voy. pour les détails Électrisat. local 2« édil observation XIX.) ' '

Bien que, dans les paralysies par compression du membre, la contractilité électro-musculaire ail été trouvée normale, il est possible d'en reconnaître la cause et la nature, parce qu'elles sont le résultat immédiat de la compression. Ne peut-on pas cependant les rapporter à une lésion traumatique, probablement circonscrite dans les houppes nerveuses qui s'irradient dans le tissu musculaire comprimé, et qui est trop légère, sans doute, pour porter un grand trouble dans l'état de la contractilité électro-musculaire?

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