‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 143 sur 505 · CI1AP. I. — PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NEUFS MIXTES · texte numérisé non relu

CI1AP. I. — PARALYSIES CONSÉC. AUX LÉS. DES NEUFS MIXTES

lies. La sensibilité de la peau était également éteinte à l'avant-bras et à la main, et elle était considérablement diminuée au bras. Je déclarai alors à Houx l'inutilité absolue de la faradisation, et j'annonçai que tous ces muscles allaient s'atropbicr rapidement. Me souciant peu de faire une nouvelle expérience (c'est-à-dire de donner huit à neuf mois de soins inutiles), je conseillai à Roux de renvoyer ce malade et d'attendre que le moment de le traiter avec des cbanees de succès fût venu. Mais, le malade étant sans asile, Roux dut le garder encore un mois. Pendant le temps qu'il resta à l'Hôtel-Dieu, on vit ses muscles s'atropbier rapidement, ainsi que je l'avais prédit. — Renvoyé de l'Hôtel-Dieu, il fut reçu presque immédiatement à la Charité, dans le service de M. Cruveilhier, salle Saint-Ferdinand, n° 10. M. Cruveilhier désira que la faradisation lui fût appliquée, afin de se convaincre de l'inutilité de ce traitement. Pendant trois mois, ce malade fut régulièrement et vigoureusement faradisé, mais sans aucun résultat. Enfin, M. Cruveilhier dut, à son tour, le renvoyer de l'hôpital, en lui conseillant, comme je le désirais, de revenir dans neuf à dix mois.

En résumé, 1° toute paralysie consécutive à la lésion Iraumatique des nerfs, et dans laquelle la contractilité électro-musculaire n'est pas abolie, doit ôtre soumise le plus tôt possible au traitement par la faradisation localisée ; 2° lorsque la contractilité électro-musculaire est perdue, ou que, du moins, elle n'est plus appréciable à nos moyens d'investigation, — ce qui annonce que la force nerveuse spinale n'arrive pas aux muscles, — il faut attendre que la lésion nerveuse soit guérie, c'est-à-dire que la régénération des nerfs ait eu le temps de se faire, et cela d'autant plus tard que la sensibilité musculaire est plus diminuée. Alors seulement la faradisation a des chances de succès ; son application est même nécessaire.

§ VIII. — Procédé opératoire par la faradisation localisée.

Chaque muscle doit être faradisé d'une manière spéciale, suivant qu'il a plus ou moins souffert dans sa contractilité électrique et dans sa nutrition. Il importe donc d'en connaître exactement l'état.

Ainsi, plus un muscle est atrophié et plus sa contractilité et sa sensibilité sont diminuées, plus il doit être longtemps soumis à l'excitation électrique, et plus le courant dirigé sur lui doit être intense. Mais lorsqu'on voit la sensibilité s'exalter, il est prudent de n'agir qu'avec des intermittences de plus en plus éloignées et avec un courant modéré, et même d'éloigner les séances, sous peine de provoquer des névralgies difficiles à réprimer et quelquefois même des phénomènes inflammatoires. Pendant tout le cours du traitement faradique que j'ai fait subir aux malades dont les observations ont été exposées dans ce travail, j'ai excité la sensibilité muscu-

laire, autant que possible, au moyeu des intermittences plus ou moins rapides, parce que j'ai trouvé que c'était le meilleur moyen d'agir sur la nutrition des muscles atrophiés. Le courant de la première hélice est celui qui convient le mieux dans ces cas.

Néanmoins les séances trop longues et des intermittences trop rapides, peuvent fatiguer et môme épuiser le muscle, de môme que l'exercice forcé produit l'atrophie, au lieu de favoriser la nutrition, comme le fait l'exercice modéré. Je crois pouvoir fixer la durée de chaque séance à dix ou quinze minutes au plus. Je donne rarement plus d'une minute à chaque muscle. Afin d'éviter la fatigue ou la courbature électrique, je passe rapidement sur les muscles, ayant soin de revenir plusieurs fois dans une même séance sur chacun d'eux, et de laisser un temps de repos entre chaque excitation. En môme temps, j'éloigne les intermittences du courant d'induction, de manière à rendre l'application très-peu ou point douloureuse, et à ne pas m'exposer, en les excitant trop vivement, à paralyser les nerfs qui président aux circulations locales et à la nutrition des muscles.

§ IX. — Mes recherches sur la valeur thérapeutique «les courants continus appliqués au traitement des paralysies trauniatiques des nerfs mixtes.

J'ai dit antérieurement (première partie, chap. m, art. 4, § G) que l'action thérapeutique des courants galvaniques interrompus, dans le traitement des paralysies Iraumatiques des nerfs mixtes, est à peu près la même que celle des courants d'induction. Or, les prétendus courants continus, tels que je les ai vus appliquer par Hemak lui-môme, ne sont pas, ainsi que je l'ai déjà dit (n. 179), autre chose que des courants galvaniques intermittents, mêlés plus ou moins à des courants continu-, M. le professeur Gavarret, qui avait été témoin, à l'hôpital de la Charité, de ces applications du courant galvanique, me dit un jour : « Mais ce n'est pas là ce que l'on doit appeler un courant continu ; c'est un courant galvanique interrompu. » En effet, Remak changeait incessamment ses rhéophores de place, en les détachant de la peau, après les avoir laissés quelques secondes sur le môme point. Je pourrais citer d'autres témoignages qui prouvent qu'à Berlin, il procédait souvent de la môme manière. Sa pratique, on le voit, différait beaucoup de la méthode qu'il a enseignée dans ses écrits, et qui consiste, comme je le répète, à faire passer, à travers les organes, les membres ou les nerfs, des courants qu'il a appelés labiles ou stabiles.

Admettons cependant qu'il ait réellement appliqué des courants labiles (quant aux courants stabiles, personne ne les lui a vu em-

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ployer a Paris); je soutiens que ces courants dits labiles se produisent avec de véritables intermittences, qui sont seulement moins intenses que les précédentes. — Tout le monde est d'accord sur ce point. — Par ce procédé, on fait donc de la galvanisation localisée intermittente qui, d'après mes expériences, guérit (je l'ai dit D, page 190) à peu près aussi bien les paralysies que la faradisation localisée. C'est pourquoi j'emploierais indifféremment la galvanisation localisée intermittente, sans les inconvénients inhérents aux appareils qui dégagent le courant galvanique et sans ceux de son action électrolytique. Il est vrai que,- par ce procédé de gavanisation, les rhéophores ne restant pas longtemps en contact avec les mêmes points de la peau, cette action électrolytique n'a pas le temps d'y produire de vésications ni d'escharres, môme lorsque la tension (puissance électro-motrice) du courant est très-grande (en raison directe du nombre des éléments). Mais alors l'excitation cutanée est inséparable de l'excitation musculaire, et elle est si douloureuse que les malades la supportent difficilement.

Ce qui caractérise encore la méthode de galvanisation musculaire de Remak, par courants labiles, c'est l'application des rhéophores sur les points d'immersion des nerfs musculaires. Cet auteur y a attaché une telle importance, que l'un de ses élèves, M. Ziemsen a cru devoir indiquer par de nombreux points, sur une figure, les lieux d'immersion de ces nerfs musculaires.

Remak, à qui j'avais montré ces points d'immersion, dans des expériences d'électro-physiologie musculaire, qui ont excité, a-t-il dit, son admiration, m'avait accusé d'en avoir fait un secret et de ne les connaître qu'empiriquement, tandis que lui les avait découverts anatomiquement! On a pu lire précédemment (p. 82), comment j'ai répondu à ce reproche si étrange, surtout parce qu'il s'adressait à un anatomisie.

Quoi qu'il en soit, je reconnais que M. Ziemsen a fait une chose utile en indiquant sur des figures les points d'immersion des nerfs ; mais Remak leur a attaché une importance exagérée. J'ai, en effet, traité une série de paralysies par les courants labiles, dans la moitié desquels je plaçais les réophores sur les points d'immersion des nerfs, tandis que, dans l'autre moitié, je promenais ces réophores sur tous les points de la surface des muscles. Il y a eu seulement une petite différence dans les résultats thérapeutiques, et il m'a paru que l'avantage a été pour le second procédé ; c'est heureux pour la pratique, car il est plus simple et des plus faciles, puisqu'il n'exige pas de notions anatomiques spéciales sur ces points d'immersion des nerfs musculaires.

Les partisans exclusifs des courants continus ont avancé, à l'exemple de leur chef, Remak, que les courants continus guérissent beau-

coup plus vite et plus sûrement que les courants d'induction, les paralysies atropliiques par lésion des nerfs. Mais quels faits ont-ils donc à opposer à ces cas de guérisons par la foradisalion localisée, que je compte aujourd'hui par centaines? Et comment ces faits ontils été observés? Suffit-il de me dire : « Nous avons guéri, en un petit nombre de séances, une paralysie traumatique d'un nerf mixte, tandis que vous avez mis plus de deux années à en guérir une (par exemple celle qui est rapportée dans l'observation CXI, lre édition (1). » Non certes; avant, tout, mes contradicteurs auraient dû établir exactement comme je l'ai fait, le pronostic de ces paralysies, les catégoriser et comparer ensuite entre eux les cas semblables; alors seulement il eût été possible d'apprécier la valeur de leurs observations.

Ce qu'ils ont négligé , je l'ai fait dans mes recherches sur la valeur thérapeutique de l'action de la galvanisation, non-seulement par courants continus labiles, mais aussi par courants continus stabiles; je ne puis que répéter ici ce que j'ai déjà écrit précédemment (A, page 191) : « Les résultats de ces recherches sont loin de répondre aux prétentions de Remak et de son école.

Je conseille néanmoins, dans le traitement des paralysies graves par lésion des nerfs mixtes, de combiner et d'alterner la faradisation localisée avec la galvanisation par courants continus labiles et stabiles. C'est ce que j'expérimente, en ce moment.

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