CIIAT. II. — PARALYSIE ATR0P11IOLE DE L ENFANCE
sont complètement privés de l'influx nerveux central; 3° par la rétraction secondaire et lente des muscles donl les antagonistes atrophiés ou dégénérés ne modèrent plus suffisamment la force tonique, et conséquemment par la déformation des parties, par des changements dans l'altitude des memhres et par la formation de pieds bols; 4° par l'atrophie des parties du squelette dont l'innervation fait plus ou moins défaut ; 5° par la destruction des cellules des cornes antérieures de la moelle.
B. ■ — Je désigne cette maladie sous le nom de paralysie atropkique de l'enfance. Si dans le premier mémoire que je lui ai consacré, eu 1855 (1), je lui ai donné celle dénomination (à laquelle j'ajoutais l'épithèle graisseuse, mais h laquelle je renonce aujourd'hui parce qu'elle allonge trop celle dénomination), c'est parce que jusqu'alors elle avait été décrite sous des appellations vagues, et qui n'établissaient pas une distinction suffisamment tranchée enlre elle et d'autres affections musculaires de l'enfance.
Depuis plus de vingt ans, j'ai observé des centaines de cas de celle maladie de l'enfance; aujourd'hui que l'on sait la reconnaître, elle est devenue plus commune qu'elle ne le paraissait au début de mes recherches; il ne se passe pas en elfet de semaine, que je n'en rencontre de nouveaux exemples ; eh bien ! tous ces faits cliniques ont été conformes à la description sommaire que j'en ai primitivement tracée; ils ont justifié la dénomination que je propose de lui conserver.
Cette dénomination est plus pratique, parce qu'elle rappelle ses principaux caractères cliniques : la paralysie, l'atrophie et l'altération des muscles (cette dernière peut, au besoin, être constatée sur le vivant, à l'aide de mon emporte-pièce histologique que je décrirai bientôt). Elle est aussi plus exacte que celle de paralysie spinale infantile, parce que j'ai découvert deux autres affections musculaires de l'enfance (que je décrirai par la suite) : l'atrophie musculaire graisseuse progressive de renfonce, dont la lésion analomique, on le verra, est également spinale et siège dans les mômes éléments anatomiques (l'atrophie ou la destruction des cellules des cornes antérieures de la moelle) et la paralysie pseudo-hypertrophique ou myo-sclérosique, dont la lésion anatomique centrale n'est pas encore trouvée, et qui peut-être est aussi une lésion spinale. Si j'avais à désigner cette affection de l'enfance par une dénomination analomique, je l'appellerais : paralysie aiguë de l'enfance par atrophie des cellules antérieures spinales.
(1) Duchenne (de Boulogne), Paralysie atrophique graisseuse de l'enfance (Gazette liebdomadaire, 18.">i).