ÉLECTRO-PATHOLOGIE DES PARAPLÉGIES SPINALES AIGUËS
§ I. — Paraplégies aisui'N consécutives aux lésions traumatique» de la partie inférieure de la moelle.
Toutes les paraplégies aiguës, que j'ai eu l'occasion d'observer et qui étaient consécutives aux lésions traumaliques de la partie inférieure de la moelle, qui intéressaient, à des degrés divers, toutes ses parties constituantes et avaient provoqué des phénomènes inflammatoires plus ou moins intenses, ces paraplégies, dis-je, m'ont offert, quant aux troubles de la contractilité volontaire ou électrique et de la nutrition des muscles placés sous la dépendance du point lésé, un ensemble de phénomènes absolument identiques avec ceux qu'on observe dans les lésions traumatiques des nerfs mixtes. Les signes diagnostiques et pronostiques, tirés de l'état delà contractilité et de la sensibilité électro-musculaires sont les mêmes. Ainsi, comme dans la paralysie traumatique des nerfs, ces paraplégies sont d'autant plus rebelles à l'action thérapeutique de la faradisalion localisée, et l'atrophie est d'autant plus grande, que la contractilité et la sensibilité électro-musculaires ont été plus profondément altérées ; dans ces cas, les muscles paralysés, dont la contractilité électrique est peu affaiblie, ne s'atrophient pas ou presque pas, et ils recouvrent promptement leurs mouvements par l'excitation électrique ; ceux, au contraire, qui ont entièrement perdu leur contractilité et leur sensibilité électriques, restent inévitablement paralysés et s'atrophient, quoi que l'on fasse, jusqu'à ce que la lésion de la moelle soit guérie, jusqu'à ce que l'innervation spinale puisse revenir aux muscles. Alors l'intervention de la faradisalion localisée devient nécessaire et peut rappeler la nutrition dans les muscles et leur rendre la faculté d'obéir à la volonté.
Ces principes, on le voit, sont absolument les mômes que ceux qui découlent de mes recherches sur les paralysies consécutives aux lésions traumatiques des nerfs mixtes, et qui viennent d'être exposés (2e partie, chap, Ier).
J'ajouterai seulement que l'absence complète de la contractilité et de la sensibilité électro-musculaires, à laquelle s'ajoute l'anesthésie de la peau, m'a paru être un signe beaucoup plus grave, à la suite de la lésion traumatique intéressant toutes les parlies constituantes de la moelle, que consécutivement à la lésion traumatique des troncs nerveux mixtes.
A l'appui des considérations précédentes, je me bornerai à exposer sommairement le fait suivant.