‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 170 sur 505 · CDAP. III. — PARALYSIES SPINALES DE L'ADULTE · texte numérisé non relu

CDAP. III. — PARALYSIES SPINALES DE L'ADULTE

certain d'une lésion anatomique (d'une inflammation de la partiecentrale de la région inférieure de la moelle) : que si elle s'éteignait. ainsi que la sensibilité, le pronostic serait grave, et qu'alors il y aurait rapidement gangrène du sacrum, suivie très-probablement d'une mort prochaine. On a vu que mon jugement n'était que trop fondé.

§ III. — Procédés à employer dans l'exploration «le la contraetilité électro-musculaire, au point de Tue du diagnostic. — Examen critique de l'opinion de Marshall-Hall ; mes recherches sur l'état de contractilité électro-musculaire dans le» paralysies.

I. Il importe de donner quelques explications sur le mode d'exploration électro-musculaire que l'on doit employer, lorsqu'on veut suivre les modifications diverses apportées dans l'état de l'irritabilité électro-musculaire par la lésion anatomique de la moelle ou des nerfs mixtes. Une fausse interprétation des préceptes que j'ai enseignés et pratiqués a rendu nécessaires ces explications.

La faradisation par les rhéophores humides permet de constater la diminution plus ou moins grande de la contractilité électro-musculaire. Lorsque, par ce procédé d'éleclrisation et avec un appareil d'induction très-puissant, un muscle ne répond plus d'une manière appréciable à l'excitation électrique, je puis affirmer que son irritabilité est h peu près éteinte. Cependant, pour plus de certitude et surtout si je n'ai à ma disposition que les appareils à faible tension généralement en usage, j'ai recours à l'électropuncture. C'est d'après ces procédés que l'exploration électro-musculaire a été pratiquée, dans les faits que j'ai rapportés.

Qu'on lise, dans la première édition de mon livre, le chapitre intitulé : Recherches sur quelques ■propriétés musculaires, à l'aide de la faradisation localisée (4) ; on y verra que Téleciropuncture a été appliquée dans tous les cas qui y sont relatés. J'ai toujours eu reccuis à ce procédé, quand il a été nécessaire de rechercher exactement si le tissu musculaire était ou non encore contractile; j'en ai l'ait une règle pour ces cas particuliers.

De ce que les aiguilles implantées dans un muscle à travers la peau ne s'agitent pas sous l'influence d'un courant électrique trèsfort, je n'ose même pas encore en conclure, d'une manière absolue, que l'irritabilité est complètement éteinte. J'ai écrit en effet (2e édit., page 333 de mon livre), à la suite d'une observation : « Pour être physiquement certain que, chez ce malade, la contractilité électromusculaire était complètement éteinte (ses muscles ne se conlrae-

(1) Duchenne (de Boulogne), De Vélectrisation localisée. Taris, 1855, p. 402.

taient plus parl'électropuncture), il faudrait que j'eusse pu les voir

à nu, au moment de la récomposition électrique Il me paraît

sage de faire quelques réserves à ce sujet. »

Tels sont les préceptes et les procédés d'électrisation que j'ai mis en pratique, dans mes recherches électro-pathologiques.

II. Je terminerai celte étude sur l'état de la contraclilité électromusculaire et dans lts paralysies aiguës, consécutivement a l'altération anatomique des cornes antérieures de la moelle, par quelques remarques critiques sur des recherches 'de Marshall-Hall, qui ont précédées miennes. Ces remarques seront les conclusions de ma réponse à la note publiée par ce célèbre physiologiste (1). Je les ferai suivre d'un résumé de mes recherches sur la pathogénie de la paralysie de la contraclilité électro-musculaire dans les lésions de la moelle.

A. Voici les principales propositions extraites des mémoires que Marshall-Hall a publiés sur ce sujet :

Dans les paralysies des membres, la différence d'irritabilité entre le côté malade et le côté sain peut servir à établir un diagnostic différentiel entre les paralysies cérébrales et les paralysies spinales.

Dans les paralysies spinales, l'irritabilité diminue dans les muscles paralysés.

Dans les paralysies cérébrales, l'irritabilité augmente (2). ^ Les cas desquels Marshall-Hall a déduit ces importantes propositions, à savoir que, dans les paralysies spinales, l'irritabilité diminue dans les muscles paralysés, ces cas, dis-je, sont des paralysies partielles des membres où l'on ne trouve jamais de lésion appréciable des centres nerveux ni des nerfs qui en émanent. Il n'a pas cité une seule observation dans laquelle la lésion de la moelle épinière ait été confirmée par l'autopsie. N'en résulle-t-il pas qu'en admettant môme l'exactitude des propositions formulées par cet expérimentateur, on ne pourrait cependant pas en trouver la preuve rigoureuse dans ses observations.

Mais c'est principalement sur le mode d'expérimentation employé par Marshall-Hall que doit porter la critique. Ce mode d'expérimentation est, à mon avis, tellement défectueux, qu'il conduit infailliblement à des illusions; aussi ne suis-je point étonné de la dissidence qui a existé entre les observateurs qui ont répété ses expériences.

Dans le but de vérifier les faits énoncés par Marshall-Hall, j'ai répété ces mômes expériences sur une grande échelle, chez des pa-

(1) Marshall-Hall, De l'irritabilité musculaire {Archiv. gén. de médecine, 1850, 4 e série, t. XIV, p. 489).

(2) Marshall-Hall, On the condition of the muscular irrilability in the paralytic limbs. 1839-1843, London.

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ralytiques, et comparativement sur des sujets sains, choisis dans différents services de la Charité, en me conformant au procédé indiqué par l'auteur. Voici ce procédé : on fait mettre les deux mains du malade dans un bassin contenant une solution de sel marin, et les deux pieds dans un second bassin rempli par une solution semblable; on fait ensuite passer le courant intermittent d'une batterie de Cruikshank (plus connue en France sous la dénomination de pile à auges), en variant le nombre des plaques de quinze à vingt, et en commençant l'opération par un courant extrêmement faible. Attribuant les contractions produites, pendant les premières minutes de l'opération, à des influences étrangères à l'action du courant, Marshall-Hall conseille de ne pas en tenir compte dans l'expérience. Des expériences que j'ai répétées, je me crois autorisé à conclure : 1° Que, par le procédé de Marshall-Hall, on connaît seulement l'état de l'excitabilité des terminaisons nerveuses des membres, et que l'état de la contractilité électrique (de l'irritabilité) de leurs muscles reste parfaitement inconnu, l'action galvanique n'ayant pas été portée directement sur leur tissu ;

2° Que, dans ce procédé, l'excitation électrique des extrémités nerveuses, exclusivement destinées à la sensibilité, provoque des contractions très-irrégulières dans les muscles placés au-dessus du point excité, c'est-à-dire dans un sens contraire à la marche de la force nerveuse motrice, par une action réflexe, ainsi que je l'ai démontré précédemment (voy. première partie, chap. i) ;

3° Que, dans les paralysies cérébrales, soumises à ce procédé de galvanisation, les contractions musculaires sont plus développées tantôt dans les membres paralysés, tantôt au contraire dans le membre sain ;

4° Que, sur les sujets sains, soumis à ces mêmes expériences, on observe aussi que la contractilité musculaire est inégalement développée dans les deux côtés du corps, et cela sans cause connue; 5° Enfin, comme dernière conséquence des deux propositions précédentes, je dis que la diminution ou l'augmentation de l'excitabilité électrique des terminaisons nerveuses, dans l'un des côtés du corps, ne peut même pas servir au diagnostic différentiel entre les paralysies spinales et les paralysies cérébrales.

Toutefois, en soutenant que, dans les lésions de la moelle épinière, l'irritabilité diminue, réminent physiologiste anglais a annoncé Vexi^tmice d'un phénomène que j 'ai trouvé d'une exactitude merveilleuse seulement dans l'altération de certains points de cet organe, lorsque, me plaçant au point de vue clinique et su ri 'mit du diagnostic, j'ai examiné alors l'état de la contractilité électrique, en portant l'excitation sur chacun des muscles (1).

(1) Marshall-Hall avait exprimé clairement la distinction qu'il a essayé de fondersur

Dans quelle espècede lésion spinale, la contractilité électro-musculaire dimmue-t-elle ? A l'époque où je publiais l'examen critique précédent des recherches de Marshall-Hall, sur l'état de la contractilité électro-musculaire dans les paralysies cérébrales et spinales ie n avais pas rencontré l'altération de cette propriété musculaire flans un cas de parésie compliqué de mouvements choréiformes et considéré alors comme une des variétés graves de la chorée Ce cas, dans lequel existait une lésion spinale, offrait les symptômes de i espèce morb^e appelée aujourd'hui sclérose en plaques. J'avais opposé cette exception au théorème que Marshall-Hall avait présenté comme une loi. Voici la relation de ce fait.

Observation LXXIX.-En 1847, était couché, au n-6 de lasalle Saint-Félix

un homme âgé de 38 ans, vigneron, atteint depuis sept ans d'une chorée' générale avec affaiblissement musculaire. Cette affection était survenue l'état de l'irritabilité musculaire dans les paralysies qu'il a appelées, principalement au pomt de vue physiologique, paralysie cérébrale et paralysie spinal (') I r for mutée de nouveau très-nettement, en 18G0, dans une réclama, ion adres e Dar Z

fluence du cerveau et de celle de la moelle épinière respect veme, (*** Tiutil

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