ART. I. — PARALYSIE GÉNÉRALE SPINALE ANT. SUBAIGUE
ment, car dans un autre casd'alrophie musculaireavectransformation graisseuse, qui se trouvait, en même temps que ce malade, dans les salles de la Charité (1), dont on voyait les muscles des membres inférieurs bien plusémaciés et dontia marche était encore possible.
«La lésion du mouvement s' est montrée, au début, dans les extrémités inférieures, et, suivant une marche ascendante, a envahi peu à peu toutes les régions, même la langue et une partie de la face.
« L'autopsie a démontré que certains muscles étaient profondement altérés dans leur tissu et qu'ils étaient, en grande partie, graisseux, mais que cette lésion de nutrition était moins générale que dans l'atrophie musculaire avec transformation graisseuse. Enfin, et c'est un phénomène important à noter, les muscles qui, pendant la vie, n'avaient pu se contracter par l'excitation électrique, ont été cependant trouvés, quoique atrophiés, dans la plus parfaite intégrité quant à leur coloration et à leur texture. »
Telles étaient les réflexions dont je faisais suivre cette observation en 1849, époque à laquelle je professais des opinions que je défends encore aujourd'hui, à savoir, que ce cas est un exemple d'une paralysie subaiguë à marche envahissante jusqu'à la généralisation, atteignant successivement toutes les régions du corps où elle atrophie en masse les muscles dont elle affaiblit et éteint, à des dégrés divers, la contractilité électrique, et dont quelques-uns seulement sont altérés dans leur texture. Cette observation est un spécimen de paralysie générale spinale ascendante
Mais en voici encore une autre dont la marche est au contraire descendante, après avoir débuté par les membres supérieurs.
Observation LXXXII. — En septembre 1847, madame D... s'aperçut pour la première fois d'un affaiblissement de son membre supérieur droit et. un peu plus tard de ses membres inférieurs. En octobre 1848, elle ne put plus se servir du bras droit. La paralysie gagna bientôt le membre supérieur gauche, et, en novembre 1848, elle fut entièrement percluse. La parole devint difficile, en août 1849, ainsi que la déglutition.
Appelé par mon confrère M. Charrier, à examiner cette dame, au point de vue du diagnostic, à l'aide de la faradisan'on localisée, je constate les phénomènes suivants : l'excitation électrique, même par l'électropuncture, ne peut provoquer la contraction des muscles de la région antérieure et externe de la jambe; à la région postérieure de la jambe, l'électropuncture ne produit que des contractions fibrillaires. La contractilité électrique, affaiblie à la cuisse, est encore assez développée, quoique au-
(1) Quand j'écrivais ces réflexions, je faisais allusion à un malade dont j'ai rapporté l'observation dans la première édition de l'Électrisation localisée (obs. LUI p. 459, 1851). C'était un capitaine au long cours, qui était un véritable squelette vivant, et qui, le troisième de sa famille, était atteint d'atrophie musculaire progressive.
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dessous de l'état normal. Les rhéophores appliquas sur la région postérieure de l'avant-bras droit ne provoquent que la contraction affaiblie de l'extenseur du pouce. Les muscles de la région antérieure ne se contractent un peu que par l'excitation du nerf médian; cette contraction n'a lieu que sous l'influence d'un courant très-intense. Les muscles du bras sont plus contractiles, mais il leur faut un courant assez intense. A gauche, les muscles du membre supérieur ont conservé plus de contraclilité électrique. Les muscles de l'abdomen se contractent moins qu'à l'état normal; ceux du tronc paraissent avoir conservé toute leur contraclilité électrique. A la face, certains muscles ont perdu, à un léger degré, cette propriété musculaire. Tous les muscles du corps et des membres étaient atrophiés en masse et les mouvements n'avaient pas été atteints partiellement, pendant la marche envahissante de la maladie. — L'intelligence est intact eainsi que la sensibilité des Fonctions digestive.--, la miction et la défécation. — Deux mois après celte exploration, celte dame mourut tout à coup, sans agonie, ayant conservé avec une parfaite intégrité ses facultés intellectuelles.
Depuis la publication des deux observations précédentes, rédigées en 18'i8 el 1849, j'en ai recueilli un grand nombre d'autres, qui présentent la paralysie générale spinale antérieure sous les formes ascendante et descendante; j'en rapporterai plusieurs autres, actuellement en voie d'évolution dans le cours de ce chapitre.
Les deux cas types que je viens de relater, présentent le tableau exact et complet de la paralysie générale spinale antérieure subaiguë dans son entier développement; ils permettent de la suivre dans sa marche, ascendante et descendante, jusqu'à sa dernière période caractérisée principalement par des troubles de la parole et de la déglutition. (Je me rappelle parfaitement aujourd'hui que ces troubles fonctionnels surtout chez le sujet de la dernière observation étaient de ceux qui caractérisent la paralysie glosso-labio-laryngée.) Celte paralysie fera le sujet du chapitre VI.
Mais ce tableau donnerait une idée inexacle de la maladie, et laisserait croire que sa terminaison est toujours fatale, si je ne plaçais, à côté des précédents, un cas dans lequel la nutrition est revenue peu à peu dans la plupart des muscles, après que cette paralysie est restée stationnaire et généralisée pendant plus d'une année, sans toutefois avoir atteint la langue et la face.
Voici la relation de ce cas que j'observe en ce moment dans ma clinique civile.
Observation LXXX11I. — Paralysie générale spinale antérieur subaiguè. — Retour progressif des mouvementSj treize mois après le début. — Foucault, Agé de 51 ans, sellier, habituellement bien portant. En février I86S, sans cause connue, sans fièvre, fourmillements et engourdissement du doigt de la main droite, sentiment de faiblesse dans les mouvements de la main