‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 19 sur 505 · I. — PILES MÉDICALES · texte numérisé non relu

I. — PILES MÉDICALES

A. — Piles à grande surface et à courants non constants.

Pendant longtemps on n'a employé en médecine que des piles à courants non constants, dans lesquelles l'électricité était produite par l'action de l'acide sulfurique étendu sur une lame de zinc dont l'élément collecteur était une lame de cuivre. C'était la pile de Volta sous les différentes formes qui ont été adoptées successivement.

Toutes ces formes de piles dont on s'est longtemps servi exclusivement, sont aujourd'hui abandonnées en médecine, parce qu'elles perdent leur puissance au bout de peu d'instants, et qu'en général leur force est très-variable, pendant la durée d'une expérience, alors même qu'elle ne dépasse pas 10 à 15 minutes. Aussi me contenterai-je pour les rappeler de représenter ci-dessous leurs

CDAP. 11. — ÉLECTR1SATI0N LOCALISÉE.

figures empruntées, pour la plupart, au beau traité de M. de la Rive dans lequel on trouvera leur description (i).

a. La pile à colonne de Volta (fig. 3) est célèbre parce qu'elle représente la première forme sous laquelle l'illustre inventeur réalisa son idée. Elle a été rapidement abandonnée à cause de la dessiccation rapide des rondelles de drap ou de carton qui séparaient les disques.

b. La pile à auge en bois et à coupes métalliques fixes, dite pile de Cruikshank, parce que son mode de construction a été indiqué par ce physicien (fig. 4), est la forme sous laquelle fut construite la grande pile donnée en 1806 à l'École polytech-

fig 3. — Piieàco- nique par Napoléon ; c'est avec celte pile que Gay-

onne e voita. Lussac et Thénard firent leurs expériences en 1808.

Elle avait plusieurs inconvénients, notamment celui de demander

beaucoup de temps pour monter l'appareil, et celui de laisser s'établir, lorsque les plaques n'étaient pas bien scellées, une communication entre les liquides des cellules.

c. La pile de Cruikshank a été remplacée par la pile à couronne de Fosse (fig. 5), déjà indiquée par Volta, et connue sous le nom de pile à couronne de tasses, ou

Fie. 4. — Pile à auge de Cruikshank.

Fig. 5. — Pile à couronne de Fosse.

par la pile à auge en porcelaine, avec couples métalliques mobiles (fig. 6).

L'Institution royale de Londres possède une pile construite sur le modèle précédent, et composée de deux mille couples; c'est avec celte pile que Davy et Faraday ont fait leurs belles expériences.

d. La pile de Wollaslon (fig. 7) diffère principalement de la précé-

(I) De la Rive, Traité d'électricité théorique et pratique. Paris, 1854, t. I,

dénie en ce que la surface du cuivre est double de celle du zinc, ce qui en augmente la force.

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Fig. 6. — l'île à auges en porcelaine (*). Fig. 7. — pile de Wollaston.

e. Dans la pile de Berzèlius (fig. 8), le cuivre qui enveloppe le zinc,

Fig. 8. — Pile de Berzèlius.

sans le toucher, sert à renfermer le liquide. Sa manipulation présente des inconvénients qui ont empêché qu'elle fût généralement adoptée. Celle pile a servi essentiellement aux premières expériences de l'électro-magnétisme.

B. — Piles à grande surface et à courant constant.

a. Pile de Daniell (fig. 9).— En 183G, Daniell a imaginé une pile (fig. 9) dans laquelle il est parvenu à éviter l'affaiblissement rapideet

Fig. 9. — Pile de Daniell.

(*) Disposition intermédiaire à celle de la pile à auge proprement dite et de la pile en couronne de tasses.

duchenne. — 3« édition. i

CUAP. II. — ELECTKISATION LOCALISÉE.

les variations de puissance, pendant le passage de son courant. C'est une pile avec diaphragmes organiques, poreux et à deux liquides, l'un une solulion de sulfate de cuivre pour le cuivre, et l'autre de l'eau acidulée ou sa- / lée pour le zinc. Celle forme de pile est - éminemment utile pour les expériences de longue durée et, en particulier, pour celles qui concernent l'étude des effets chimiques du courant.

b. La pile à force constante de Groves (fig. 10), dans laquelle, comme dans celle de Daniell, on fait usage de deux liquides et d'un diaphragme, avec celte différence que le cuivre est remplacé par le platine, le sulfate de cuivre par l'acide nitrique, et que le diaphragme poreux est de terre dégourdie non vernie. Celle pile est la plus propre à la production du courant électrique, à cause de son énorme puissance réunie à une constance qui est moindre que dans la pile de Daniell.

Fig. 10. — Pile de Groves.

Fig. 11. — Pile de Bunseu.

c. La pile à force constante de Bunsen (fig. 11) n'est qu'une modification de celle de Groves par la substitution du charbon au platine ; elle est plus longtemps constante, mais moins énergique dans ses effets que celle de Groves. Elle est également très-usitée, surtout en Allemagne.

La pile de Bonijol et celle de Deleuil ne diffèrent d'e celle de Bunsen que par la forme et la place donnée au charbon.

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