‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 240 sur 505 · ART. I. — DÉFINITION ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

ART. I. — DÉFINITION ET HISTORIQUE

rapprochent, au point de ne pouvoir respirer quatre fois, sans avoir un élancement : dans le genou, par exemple, comme si une aiguille à bas le traversait lentement; dans le pied, comme si un cheva! l'écrasait de son sabot; dans les cuisses et les mollets, comme si un râteau de ferles arrachait ; dans les bras, les poignets, la poitrine, comme s'ils étaient comprimés dans un étau. C'est surtout dans la tète que ses souffrances sont inouïos : ce sont tantôt de violenîs coups de marteau sur le cervelet, tantôt des secousses si fortes dans les nerfs du cou, que la tète en est ébranlée, comme une cloche vivement agitée, et qu'il est obligé de se faire tenir dans le sens opposé au tiraillement. Ses souffrances ont été diminuées, à certaines époques, par différents remèdes purgatifs et sudorifiques, et par cette dernière saison des eaux de Bourbon. »

On a trouvé dans cette observation les phénomènes qui caractérisent la maladie dont j'ai esquissé ci-dessus les principaux traits; il est seulement à regretter que le malade ne les ait pas tous classés, suivant Tordre de leurs premières manifestations. Mais en 4858, époque où M. X...est venu me consulter, deux ans après l'envoi de la consultation rédigée par lui, j'ai pu remédier à ce défaut d'ordre et compléter son observation en faisant connaître ce que j'ai observé de visu.

En interrogeant avec soin les souvenirs de M. X. . ., voici, en résumé, les faits que j'ai constatés. l°La diplopie a existé au début de la maladie (vers 1835); l'œil gauche était alors tourné en dedans, sans chute de la paupière; la sixième paire était donc paralysée. Sa diplopie avait duré seulement quelques mois; mais sa vue, autrefois excellente, s'était affaiblie. — A la môme époque, les douleurs, de plus en plus vives, se sont montrées à toutes les péroides de la maladie. — Cet ensemble de phénomènes initiaux constituait une première période, qui avait duré plusieurs années. 2° Une seconde période s'était annoncée (a la fin de 1841) par des troubles de la motililé et de la sensibilité tactile, limités aux membres inférieurs : M. X. . . déclare en effet qu'au moment où il a commencé à perdre son équilibre dans certains mouvements (en valsant, en tournant sur lui-même), la sensibilité était déjà obtuse dans la plante des pieds; il sentait mal le sol, il lui semblait toujours qu'il marchait sur un lapis. Plus lard, le mal s'aggravant, il sentit sous la plante des pieds comme des coussins élastiques qui le faisaient, pour ainsi dire, bondir en marchant; puis l'équilibre devint tellement difficile, qu'il ne pouvait se tenir debout, sans soutien. Dans la progression, il jettait ses membres inférieurs en avant, de la manière la plus désordonnée. Ce fut alors (à la fin de 1843) qu'une paraplégie par lésion de la moelle fut diagnostiquée et traitée en conséquence; il en porte d'ailleurs les traces profondes sur les côtés du rachis. 3° Quelques mois après seulement (en 1844), ont apparu les

troubles de la sensibilité tactile dans les membres supérieurs, troubles caractérisés par un engourdissement dans les quatrième et cinquième doigls de la main gauche d'abord, et ensuite de la main droite ; c'était le passage de la maladie à une troisième période, c'est-à-dire la généralisation des troubles de la coordination des mouvements. Déjà> en effet, les fondions de la main commençaient à être difficiles, non-seulement à cause de la diminution de la sensibilité tactile, mais par le fait d'une certaine difficulté que M. X. . . éprouvait à produire les contractions synergiques, nécessitées par les usages des doigls.

Cet élit s'aggrava rapidement, et bientôt tous les muscles moteurs des membres supérieurs furent atteints à leur tour, à tel point que M. X. . . ne put se suffire, pour les soins de sa personne, et qu'il éprouva de la peine à porter sûrement les aliments à la bouche. Lorsqu'en 1858, j'ai vu M.X .. pour la première fois, il ne pouvait se relever de son siège, rester dans la station, ou marcher sans le secours de plusieurs personnes, et encore ne faisait-il que quelques pas en jetant ses membres de la manière la plus désordonnée; il se servait aussi mal des muscles moteurs des membres supérieurs. J'ai oublié de dire que la vue ne pouvait rectifier les troubles de la coordination de ses mouvements. Il attribuait alors son inhabileté à une diminution de la force musculaire, ou, comme on le lui avait toujours dit, à une affection paralytique; aussi fu!-il bien surpris, quand je lui démontrai, le dynamomètre à la main, que la force de tous ses mouvements partiels était au moins égnleà la mienne. J'ai analysé les désordres qui se produisaient, chez lui, dans les différents temps de la marche ou dans l'usage de la main. Cette analyse est importante, au point de vue du diagnostic différentiel de l'ataxie locomotrice; je me réserve de revenir sur ce sujet, quand je traiterai de la symptomalologie.

Je ne dois pas oublier de dire que la paralysie de la sixième paire, qui, on se le rappelle, d'après l'observation de M. X..., avait à peu près disparu, est revenue complète en 1857, et q l'elle a persisté depuis- lors. — J'ai constaté que les douleurs avaient toujours été aussi intenses et avaient conservé les caractères si bien décrits par M. X... Je signalerai cependant ici une singularité qui n'est pas sans intérêt : les douleurs accusées par M. X... étaient toujours profondes; cependant, lorsqu'on exerçait une pression sur les points douloureux, au moment de l'accès, il éprouvait un grnnd soulagement, tandis que si, au niveau de ce même point douloureux, on exerçait un léger frottement, la douleur devenait atroce et superficielle, comme si on lui déchirait la peau. — J'ai noté aussi que les muscles avaient conservé leur conlraclilité éloctrique, mais que leur sensibilité excitée par la faradisation avait

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