‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 264 sur 505 · II. — PARALYSIE SATURNINE GÉNÉRALISÉE · texte numérisé non relu

II. — PARALYSIE SATURNINE GÉNÉRALISÉE

La paralysie saturnine frappe quelquefois d'emblée tout le système musculaire. J'ai vu, dans ce cas, le diaphragme également atteint. J'en rapporterai des exemples en traitant de la paralysie du diaphragme (chap. XV).

Lorsque je fis mes recherches sur l'état de la contraclilité électro-musculaire, dans la paralysie saturnine du membre supérieur, je ne négligeai pas d'étudier aussi l'état de cette propriété musculaire dans la paralysie saturnine généralisée, et je découvris qu'alors même que la lésion des mouvements volontaires s'était étendue à tout le système musculaire, la lésion de la contraclilité électromusculaire avait aussi son siège d'élection, comme lorsque la paralysie saturnine est localisée dans le membre supérieur. En voici un exemple :

Observation CXX1. — Ce phénomène singulier que j'avais noté dés 1847, sans en être frappé d'abord et sans en tirer de déductions, je l'ai observé de

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nouveau chez un nommé Schrœder, menuisier qui, privé de travail en 1849, fut forcé d'en aller demander à la fabrique de blanc de céruse de Clichy. Il y étaita peine employé depuis dix jours, qu'il éprouva des coliques de plomb el des douleurs dans tous les membres ; il dut alors se faire transporter à la Charité (salleSaint-Ferdinand, n° 16), service deM. Cruveilhier, où je le vis quelque temps après son entrée. Sa paralysie était alors généralisée; il n'avait conservé que les mouvements de la face. Son système musculaire, qui était assez développé avant samaladie, s'était atrophié avec une grande rapidité. J'explorai alors, sous les yeux de M. Cruveilhier, l'état de lacontractililé électro-musculaire, et je constatai les phénomènes suivants : 1° Aux membres supérieurs, perte de cette propriété dans les extenseurs des doigts, dans les radiaux, dans les extenseurs du pouce, dans les cubitaux, et sa diminution dans le long abducteur du pouce. Les supinateurs et les muscles de la région antérieur de l'avant-bras et de la main possédaient leur contractilité électrique normale; les deltoïdes ainsi que les muscles du bras, réagissaient très-peu sous l'influence du courant ; 2° aux membres inférieurs, les extenseurs de la jambe sur la cuisse et les extenseurs des orteils se contractaient moins bien qu'à l'état normal par l'excitation électrique; 3° au tronc, les grands pectoraux et les muscles droits de l'abdomen avaient perdu une faible partie de leur contractilité électrique. Après cinq à six semaines de traitement par les bains sulfureux, les muscles des membres inférieurs, du tronc et du cou avaient recouvré leurs mouvements volontaires; mais aux membres supérieurs, les muscles qui avaient perdu leurs contractilité électrique étaient restés paralysés et atrophiés. M. Cruveilhier me livra alors ce malade, afin d'expérimenter sur lui l'influence thérapeutique de la faradisation localisée, qui obtint un succès complet. (Lorsque ce malade fut guéri, quelques-uns des muscles qui avaient recouvré leur motilité volontaire, ne se contractaient pas sous l'influence de l'excitation électrique la plus intense. — Ce singulier phénomène fera le sujet d'une étude spéciale dans l'un des chapitres, suivants) (Chap. XI).

Observation CXX11. — J'ai eu l'occasion d'examiner deux autres sujets exerçant l'état de peintre, et qui, après avoir eu des coliques saturnines, avaient été atteints d'une paralysie généralisée. L'un d'eux était entré à la Charité, en 1852 (salle Saint-Jean de Dieu, n° 1, service de M. Bouillaud) ; l'autre, en 1851, à la Pitié (salle Saint-Ferdinand, n° 10, service provisoire d'Aran). Je constatai que, chez ces deux malades, la lésion de la contractilité électro-musculaire avait établi son siège d'élection dans certains muscles des membres supérieurs et inférieurs, comme dans l'observation précédente. Je forai remarquer encore que les mouvements volontaires revinrent assez vite dans les muscles qui n'avaient pas été atteints dans leur contractilité électrique, et que la paralysie persista longtemps, ainsi que l'atrophie, dans les muscles de la région postérieure de l'avant-bras, qui avaient perdu la faculté de se contracter par l'excitation électrique.

En résumé, lorsque l'intoxication saturnine frappe en masse et d'emblée de paralysie tout le système musculaire, la contractilité

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