‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 266 sur 505 · ART. I, § II. — TARALYSIE CONSÉCUTIVE A LA COLIQUE VÉGÉTALE · texte numérisé non relu

ART. I, § II. — TARALYSIE CONSÉCUTIVE A LA COLIQUE VÉGÉTALE

de l'Élat. Voici le sommaire de trois de ces observations qui ont été relatées dans la première édition (1).

Observation CXXIV. — Le premier malade était entré à la Charité en 1847, au n° 20 de la salle Saint-Charles, service du professeur Fouquier. Il arrivait de la Martinique, avait eu des coliques avec constipation, pendant la traversée; puis ses bras s'étaient paralysés. J'explorai l'état de la contractilité électrique de ses muscles de l'avant-bras, en présence de M. Hérard, alors chef de clinique et maintenant médecin des hôpitaux. Nous constatâmes alors ensemble que la lésion des mouvements volontaires et de la contraclilité électrique avait établi son siège d'élection dans les mêmes muscles que dans la paralysie saturnine. Le diaphragme de ce malade avait été également atteint, ce que l'on observe fréquemment à la suite de la paralysie saturnine ou de la colique végétale. Je reviendrai sur ce fait en traitant de la paralysie du diaphragme.

Observation CXXV. — Le second était un marchand de journaux qui stationnait en 1849 dans le voisinage de la Charité; il avait longtemps exercé l'état de cuisinier sur un navire marchand qui faisait le voyage des Antilles. Mais ayant été paralysé de ses deux mains à la suite de coliques qu'il essuya pendant la traversée en passant sous la ligne, il dut abandonner sa profession. Je retrouvai encore, chez ce malade, les signes électro-pathologiques qui sont propres à la paralysie saturnine.

Observation CXXVI. — Le troisième, enfin, était aussi un cuisinier delà marine de l'État, nommé Brebion, qui était entré en 18o2 à la Charité, dans la salle Saint-Charles, n° 18. 11 avait eu également des coliques en passant sous la ligne et avait été frappé consécutivement de la parahsie de certains muscles situés à la région postérieure de l'avant-bras, avec perte de la contractilité électrique et diminution de la sensibilité dans les muscles paralysés. On remarquait aussi, chez lui, le liséré des gencives qui existe chez ceux qui ont subi l'intoxication saturnine.

Observation CXXVII. — Des quatre faits précédents je rapprocherai un cas de paralysie généralisée (qui sera rapporté dans ce chapitre), survenue chez un homme qui avait eu aussi antérieurement des coliques végétales ainsi qu'un grand nombre d'hommes de l'équipage, alors qu'il passait sous la ligne. Les signes tirés de l'état de la contractilité électro-musculaire de ses muscles me firent diagnostiquer, chez lui, l'existence d'une paralysie saturnine ou végétale générale, ainsi qu'on le verra par la suite.

La similitude parfaite des phénomènes électro-musculaires observés dans les cas précédents, avec ceux qui caractérisent la paralysie saturnine, est un nouvel et puissant argument en faveur de l'opinion de ceux qui ont fait remonter la paralysie végétale et la paralysie saturnine à une origine commune, à l'intoxication par le plomb. (Je rappellerai, en outre, que plusieurs des malades offraient sur le collet des dents le liséré caractéristique de l'intoxication saturnine.) On sa:t qu'à une certaine époque cette opinion a

(i) Ducbemie (de Boulogne}, Élect. /oc, 1855, Obs. LXX, LXXI, LXXII.

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