CI1AP. IX. — FARALYSIES SATURNINES ET VÉGÉTALES
au maximum d'abduction. Si alors on fait contracter le cubital postérieur, en empêchant également l'extension du poignet, celui-ci exécute un grand mouvement latéral en sens contraire. Le premier radial est extenseur abducteur, le cubital postérieur exlenseur adducteur, et le second radial extenseur direct.
Voici maintenant ce que l'on observe, lorsquecesmusclesviennent à être paralysés ensemble ou partiellement. Les trois muscles précédents sont-ils paralysés simultanément, le poignet tombe dans la flexion, sans que le malade puisse le relever, quelque effort qu'il fasse et de quelque manière qu'il s'y prenne. — Si le cubital postérieur est intact, alors que les deux radiaux sont paralysés, non-seulement le poignet reste constamment fléchi sur l'avant-bras, comme dans le cas précédent, mais déplus il est attiré dans l'adduction; de sorte que le cinquième métacarpien fait alors avec le cubitus un angle rentrant beaucoup plus prononcé qu'à l'état normal. Avec les données électro-physiologiques exposées ci-dessus, on doit comprendre le mécanisme de cette attitude du poignet: l'action adductrice du cubital postérieur n'étant plus modérée par celle du premier radial, son antagoniste pour le mouvement latéral, elle doit nécessairement changer l'attitude normale du poignet, en le plaçant dans une adduction forcée. — La paralysie du second radial occasionne aussi la chute du poignet sur l'avant-bras, mais le sujet peut, en fermant la main, c'est-à-dire en neutralisant l'antagonisme des fléchisseurs des doigts ainsi placés dans le raccourcissement, relever le poignet que le plus léger effort d'extension des doigts ferait retomber à l'instant. — Si la paralysie du second radial est compliquée par celle du cubital postérieur, le premier radial, qui n'est plus modéré par son antagoniste latéral direct, maintient le poignetdans l'adduction forcée.
11 n'est sans doute pas besoin d'insister pour faire saisir l'importance des signes diagnostiques et pronostiques que l'on peut tirer de la connaissance de ces phénomènes électro-physiologiques et pathologiques.
La première fois que j'ai à examiner une paralysie saturnine limitée aux avant-bras, j'engage toujours le malade à porter en avant ses deux membres supérieurs, et à la seule altitude de ses poignets, je juge si tous leurs extenseurs sont paralysés ou s'ils ne le sont que partiellement. 1° Ne peut-il relever son poignet , celui-ci n'est-il pas plus dans l'abduction qu'à l'état normal, je suis certain que ses radiaux et son cubital postérieur sont paralysés; 2° si le poignet, ne pouvant être relevé par le malade, se trouve entraîné dans l'adduction, j'en conclus à l'intégrité du cubital postérieur et à la paralysie des deux radiaux; 3° lorsque le malade peut relever son poignet seulement après avoir fermé la main, je vois que la para-