ART. HT, § II. — TRAITEMENT
fois d'en éloigner les applications, sous peine de provoquer une courbature électrique. C'est pourquoi ce traitement est en général très-long, et n'exige pas moins de trente à cent séances. Voici le sommaire d'un cas rebelle, qui cependant a guéri assez vite, en rapprochant les séances.
Observation CXX1X. — Paralysie saturnine limitée à l'avant-bras droit. Guérison, à deux reprises, par la faradisation localisée, la première fois, en six seiiiaines de traitement, et la seconde en un mois après le début. — Persistance de l'abolition de la contractilité électro- musculaire, après le retour des mouvements volontaires (1).
La plupart des malheureux ouvriers atteints de paralysie saturnine ne sont pas plutôt guéris qu'ils reprennent l'état qui les expose à de nouvelles intoxications; aussi les rechutes sont-elles fréquentes parmi eux. Ces rechutes toutefois n'apparaissent qu'après une nouvelle intoxication et après de nouvelles coliques, comme chez le sujet de l'observation précédente.
B. — La paralysie saturnine compromet d'autant plus les usages de la main, que ses extenseurs sont plus profondément lésés. Il importe à leur traitement individuel de diagnostiquer exactement l'état paralytique de chacun de ces extenseurs qui, sans compter les extenseurs des doigts, sont, on le sait, au nombre de trois : le premier radial, le second radial et le cubital postérieur. L'exploration électro-musculaire est le meilleur moyen de constater leur état exact, mais je préfère indiquer d'autres signes aussi sûrs, et qui, ne nécessitant pas l'usage d'un appareil, sont d'une application plus pratique. Pour bien saisir la valeur de ces signes et comprendre le degré de gravité des troubles occasionnés dans les usages de la main par la paralysie de ses extenseurs, il faut connaître exactement l'action individuelle de ces muscles et leur importance fonctionnelle, dans les associations musculaires. Je suis obligé ici de faire une excursion dans le champ de l'électro-physiologie.
Si l'on fait contracter alternativement le premier radial, le second radial et le cubital postérieur, voici ce que l'on observe : le premier radial élève le poignet sur l'avant-bras, en le portant dans l'abduction; le second radial élèvedirectement le poignet, sans lui imprimer de mouvement latéral, et le cubital postérieur produit, mais faiblement, l'extension de la main qu'il entraîne dans l'adduction. — Si, ayant placé la main dans l'adduction, on fait contracter le premier radial, alors qu'on s'oppose à l'extension de la main, on voit celle-ci exécuter un grand mouvement latéral jusqu'à ce qu'elle soit arrivée
(I) Voir, pour les détails, Duchenne (de Boulogne), Élect. loc, obs. CXXXV, 1850, et obs. LVI1I,18G1.