‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 288 sur 505 · CI1AP. XI. — AFFECTIONS MUSCULAIRES HYSTERIQUES · texte numérisé non relu

CI1AP. XI. — AFFECTIONS MUSCULAIRES HYSTERIQUES

festations morbides : les paralysies du mouvement, leshyperesthésies ou anesthésies cutanées, les paralysies des sens (de la vue, de l'ouïe, de l'odorat, du goût) siègent presque toujours du côté gauche. Cette règle, qui a été formulée dans les thèses publiées par ses élèves, découle des nombreuses recherches de ce savant observateur sur l'hystérie. J'ai vu, en effet, ces phénomènes souvent localisés du côté gauche, aux membres, au tronc et à la face, et quelquefois dans le membre supérieur gauche. Tantôt la paralysie se généralise, et tantôt elle se fixe dans les membres inférieurs. Si, dans ces derniers cas, elle prédomine dans un côté, c'est presque toujours dans le côté gauche. (Je signale ce fait en passant, car il peut éclairer certains cas de diagnostic difficile.) Eh bien ! il ressort des faits que j'ai observés, que c'est le plus ordinairement lorsque la paralysie hystérique s'est fixée dans les membres inférieurs, que la faradisation localisée a échoué.

G. — Comment on doit pratiquer la faradisation, lorsqu'on l'applique au traitement de la paralysie hystérique.

La sensation provoquée par l'excitation électrique, alors môme qu'elle n'est pas douloureuse, est tellement étrange, anormale, qu'elle peut provoquer une attaque d'hystérie chez les personnes qui n'y sont pas habituées. Cette sensation les impressionne d'autant plus que leur imagination leur fait redouter presque toujours l'application de l'électrisation. Dans les premiers temps de mes recherches, il m'arrivait fréquemment de provoquer des accès hystériques que j'attribuais uniquement à l'influence de l'électrisation, et qui ne faisaient qu'augmenter les préventions que les malades et même les personnes qui les entouraient, avaient conçues déjà contre son application. Ayant eu le soin d'habituer graduellement les malades à la sensation électrique, en commençant par des doses très-faibles, et en dissipant ainsi leurs préventions, je n'ai plus vu survenir les crises nerveuses produites évidemment par une influence morale. Je conseille donc de consacrer la première séance à habituer ainsi les hystériques aux sensations électriques. En agissant de la sorte, on ne tarde pas à pouvoir administrer les doses les plus fortes du courant d'induction.

La diminution de la sensibilité musculaire, qui complique la paralysie hystérique, indiquerait l'emploi du courant de la première hélice et des intermittences rapides qui agissent énergiquement sur la sensibilité musculaire, en môme temps qu'elles provoquent le retour des mouvements; mais la faradisation musculaire à intermittences rapides n'est pas toujours applicable chez les hystériques. Ainsi, j'en ai vu un bon nombre qui pouvaient supporter les excitations musculaires les plus fortes, les plus douloureuses, pourvu que les intermittences du courant fussent assez éloignées les unes des

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autres, et chez lesquelles les contractions produites par un courant rapide ne manquaient jamais de produire une attaque d'hystérie. Ce n'était pas que ces malades trouvassent ce mode de faradisation musculaire plus douloureux, car j'avais le soin d'agir avec un courant peu intense; mais la sensation toute spéciale qu'il produisait occasionnaitdes tournoiements, deséblouissements, un malaise général, bientôt suivi d'une crise nerveuse. Je n'en ai pas moins continué d'employer ce mode de faradisation chez quelques-unes de ces malades, qui, loin de s'y habituer, en conservaient une impression si désagréable, que l'idée qu'elles allaient être faradisées de la même manière suffisait pour les faire tomber en convulsions. Mais à l'instant où je recommençais à faire contracter leurs muscles avec un courant à intermittences éloignées, les accès d'hystérie cessaient de se produire, pendant l'opération. Je signalerai encore un phénomène curieux : chez ces mêmes malades, que la faradisation musculaire à courant rapide faisait tomber en spasme nerveux, je pouvais produire les sensations cutanées les plus douloureuses par la faradisation de la peau à courant rapide, sans provoquer le moindre accès nerveux. En résumé, bien que la faradisation musculaire à intermittences rapides soit le meilleur mode d'éleclrisation qu'il convienne d'appliquer au traitement de la paralysie hystérique, il ressort des considérations précédentes, que l'on doit y renoncer, lorsqu'il provoque des crises nerveuses, et le remplacer par la faradisation musculaireà rares intermittences.

Il faut en général diriger l'excitation musculaire sur chacun des muscles paralysés, sans négliger de stimuler les troncs nerveux. J'ai dit, -—et j'en ai donné la preuve, dans des faits dont j'ai exposé la relation,— qu'il suffit quelquefois d'exciter la sensibilité cutanée pour guérir la paralysie hystérique; c'est ce qu'on aura plus de chance d'obtenir, quand la sensibilité cutanée sera considérablement diminuée, dans la paralysie hystérique que l'on aura à traiter. Un devra donc ne pratiquer, dans ce cas, que la faradisation électro-cutanée, pendant les deux ou trois premières séances, afin de juger du degré d'influence thérapeutique que ce mode d'excitation exerce sur la paralysie musculaire. Si cette dernière était ainsi notablement améliorée* on y joindrait la faradisation musculaire localisée, en insistant moins sur celle-ci que sur la faradisation cutanée. Mais, si l'on n'obtenait aucun amendement dans l'état de la paralysie, on n'emploierait plus l'excitation électro-cutanée, qu'autant que cela serait nécessaire au rétablissement de la sensibilité de la peau, et l'on aurait recours seulement à la faradisation musculaire localisée.

Le traitement est beaucoup plus douloureux par l'excitation électro-cutanée: aussi rencontre-t-on quelques malades qui refusent de s'y soumettre. Je n'ai pas besoin de dire que, dans ce cas, on doit

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