I. — SYMPTOMATOLOGIE
Voici sommairement, d'après les faits que j'ai recueillis, l'étude clinique que j'ai faite sur la symptomatologie de ces contractures,
ART. II, § I. — CONTRACTURES HYSTÉRIQUES. 7 2i
Je lésai presque toujours vues survenir à la suite d'une vive émotion, d'un saisissement, d'une grande frayeur, etc. Elle débute en général par une attaque d'hystérie, suivie de la contracture localisée dans un ou plusieurs membres qui en même temps sont frappés de paralysie ou de parésie musculaire, avec hypéresthésie ou anesthésie cutanée. Quelquefois c'est une parésie suivie ou accompagnée de contractures, qui apparaît d'abord; les crises hystériques ne viennent qu'à une période plus ou moins avancée de la maladie.
Les contractures (dites aussi raideurs) sont ordinairement permanentes, ou bien elles sont temporaires. Dans ce dernier cas, le retour en est provoqué d'une manière réflexe par une émotion ou excitation quelconque, et durent alors de quelques minutes à plusieurs heures.
Observation CXL. — J'ai rencontré une malade dont le membre supérieur droit était considérablement affaibli, ce qui ne l'empêchait pas de s'en servir pour des usages manuels légers, le travail à l'aiguille par exemple ; mais lui fallait-il faire un effort pour lever un fardeau, pour serrer fortement la main, tous les muscles fléchisseurs des doigts, du poignet et de l'avant-bras sur le bras se contracturaient avec une force extrême, d'une manière continue pendant plusieurs heures. Chez cette malade, la contracture des muscles extenseurs du pied sur la jambe durait depuis plus d'une année.
On voit donc que ces deux formes de contracture (les contractures permanentes, et les contractures temporaires par action réflexe), se trouvent quelquefois réunies chez le même individu.
Les contractures affectent habituellement certains ordres de muscles, dans les membres ou dans les segments de membre, où elles se localisent : ainsi elles atteignent aux membres supérieurs, les muscles animés par le nerf médian ; à la jambe par le nerf sciatique poplité interne ; à la cuisse par le nerf crural. Presque toujours, je les ai trouvées siégeant dans le triceps sural, ce qui occasionne un varus équin et à la longue un véritable pied-bot avec déformation des surfaces articulaires. Souvent, lorsque j'essayais de fléchir fortement le pied sur la jambe, les muscles contractures étaient agités de contractions convulsives, de trémulalions qui gagnaient tout le. membre ,si l'expérience durait quelque temps.
Ces phénomènes morbides ressemblent tellement à ceux qui sont symptomatiques de la sclérose fasciculée des cordons latéraux, que l'on est conduit à admettre un état hypérhémique de ces cordons.
La nature de cette hypérhémie est-elle irritative ou neuro-parahjiiqw ? Quoi qu'il en soit, plusieurs faits me portent à croire qu'à la longue cet état morbide des cordons latéraux peut, malgré son origine nu en en iNr.. — ?/ édition. 40