C1IAP. XI. — AFFECTIONS MUSCULAIRES HYSTÉRIQUES
lion localisée au traitement des contractures hystériques, et y préparer les malades en simulant d'abord l'opération et en commençant par des doses très-faibles.
B. — Le courant continu descendant stabile peut être toléré dans les contractures hystériques, alors que les courants interrompus (faradisalion ou courant galvanique interrompu) ne sont pas applicables, et faire disparaître les contractures. Cette proposition est la déduction à tirer d'un fait clinique dont voici le résumé.
Observation CXLIII. — En juillet 1869, une jeune personne tombe subitement pour la première fois, à la suite d'une vive émotion, dans une attaque d'hystérie qui ne s'est reproduite que trois fois depuis plusieurs années. (Un de ses proches parents chez lequel elle se trouvait en visite avait été frappé de mort en sa présence.) Le lendemain, contracture des extenseurs du pied sur la jambe droite et parésie des autres mouvements du membre inférieur de ce côté, sans douleur, mais avec affaiblissement de îa sensibilité cutanée; en outre les moindres efforts qu'elle fuit pour mouvoir les segments de ce membre provoquent la contracture létanil'orme du membre entier, qui dure d'une à deux heures. — En janvier 1870, les contractures paralytiques gagnent le membre inférieur opposé, mais à un moindre degré. Aux phénomènes morbides précédents s'ajoute, en février, une parésie des membres supérieurs, qui, sous l'influence du moindre effort, se complique d'une contracture temporaire, durant plusieurs heures, des fléchisseurs des doigts, du poignet et de l'avant-bras sur le bras. Dès le début, la malade soignée par un médecin des plus distingués, M. Crass, professeur à l'École de médecine navale de Drest, a été traitée par le bromure de potassium, par la faradisation des antagonistes des muscles contractures, puis par le courant continu de l'appareil Gaiffe (au chlorure d'argent et à 36 éléments), et enfin par l'hydrothérapie. Pendant ce traitement, la maladie n'en a pas moins marché comme il vient d'être dit et l'éleclrisation a paru même augmenter les contractures.
Tel était l'état de cette malade, lorsqu'elle fut confiée à mes soins en mars 1870. Comme je voulais essayer de faire tolérer le courant continu descendant stabile traversant longitudinalement les nerfs où siégeaient les contractures, je fis passer, dans le crural droit, un courant de 21 éléments de la pile de Ruhmkorff et Duchenne (au proto-sulfate de mercure et à 0 centimètres d'immersion); quelques secondes après le membre se contractura tétaniquement. Ayant alors suspendu l'application du courant continu, jusqu'à ce que cet état de contractures générales eut disparu, je fis passer de nouveau, dans le crural, le même courant continu à 21 éléments à son minimum d'immersion (3 à i> millimètres d'immersion), c'est-à-dire à son minimum d'électricité de quantité ; alors il fut parfaitement toléré pendant 10 minutes sans provoquer de contractures réflexes. Dans les séances suivantes, je fis passer ce même courant continu stabile, pendant quelques minutes, dans chacun des nerfs des membres inférieurs et supérieurs, donnant plus de temps à ceux du côté droit. La tolérance s'établit si bien que je pus augmenter peu à peu la
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tension du courant, c'est-à-dire le nombre des éléments jusqu'à 28, 3a, tout en conservant le courant à son minimum de quantité (d'immersion) et faire deux séances par jour.
Après une dizaine de séances, les contractures avaient notablement diminué, la force avait augmenté dansles membres supérieurs, la malade pouvait s'en servir pour les ouvrages manuels légers, et soulever môme une carafe pleine d'eau, sans provoquer des contractures réflexes, comme auparavant. Enfin après six semaines de ce traitement, les contractures avaient complètement disparu, la force des membres était à peu près normale et les fonctions locomotrices étaient rétablies. — Je dois ajouter que, dans le but de combattre l'excitabilité de cette jeune personne, j'ai administré à l'intérieur, dans la dernière quinzaine de ce traitement, le chloral qui a été continué un mois encore après la guérison.
En résumé, l'action thérapeutique du courant continu descendant stabile sur le centre spinal paraît incontestable, dans le cas précédent : 1° il a combattu l'excitabilité extrême de la moelle, en diminuant peu à peu les contractures permanentes, jusqu'à les faire disparaître complètement et en empêchant les contractures réflexes de se produire pendant les efforts musculaires ; 2° en même temps, il a augmenté progressivement la force musculaire, et rétabli ainsi les fonctions des membres inférieurs et supérieurs.
Un enseignement important ressort aussi de ce fait clinique, au point de vue du procédé opératoire dans l'application du courant continu. On a vu, en effet, non-seulement que la faradisation était contre indiquée dans ce cas, en raison de la trop grande excitabilité de la moelle, mais aussi qu'une première cure par les courants continus stabiles avait paru aggraver les contractures de la malade, au point de devoir y renoncer; que cependant je suis revenu plus tard au courant continu, mais appliqué selon les données de la physiologie expérimentale, de manière à combattre l'excitabilité de la moelle, c'est-à-dire en lui donnant une direction centrifuge; que j'ai réussi enfin à le faire tolérer par la malade, en employant un courant continu stabile, et surtout en lui donnant aussi peu d'électricité de quantité que possible, en graduant sa tension, de manière qu'il pût être toléré. En un mot, dans ce fait, on a vu que le courant continu stabile, administré rationnellement, aurait échoué, s'il n'avait été approprié au cas particulier, si, en d'autres termes, le degré de son électricité de tension, et surtout de quantité, n'avait pas été dosé, en raison de l'excitabilité de la malade.
G. — 11 m'est arrivé de guérir, comme par enchantement, par la faradisation cutanée, certaines contractures hystériformes trèscirconscrites.
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§ III. — Dans les contractures ascendantes réflexes, par traumatisme articulaire; dans la eh orée : dans les tics indolents.
A, — J'ai appelé contractures ascendantes, par traumatisme articulaire, des contractures qui surviennent, en général, à la suite de violences exercées sur certaines articulations, principalement sur celle du poignet après une chute faite sur la paume ou le dos de la main, ou à la suite de violences exercées sur les mêmes jointures, qui produisent une arthrite plus ou moins intense, ou une simple douleur articulaire. J'ai exposé précédemment (lro partie, chap. m, page 199) la description sommaire de cette espèce de contracture, non encore signalée par les auteurs. On y a vu les résultats de mes expériences comparatives sur la valeur thérapeutique des courants continus, et de la faradisalion à intermittences rapides des antagonistes, appliqués au traitement de ces contractures.
B, — j'ai fait comparativement quelques expériences cliniques sur la valeur thérapeutique de la faradisation localisée, et des courants continus appliqués au traitement de la Chorée. Les résultats en ont été exposés dans le même chapitre (lro part., chap. m, p. 204, e).
On a vu aussi dans le même chapitre les expériences électrothérapeutiques que j'ai faites dans quelques cas de tic indolent de la face.
C. — Mais il existe des tics par habitude qui guérissent facilement dans les premiers temps, lorsqu'on les combat de bonne heure. J'en citerai quelques exemples.
J'ai été consulté pou des espèces de pseudo-tics indolents de la face, survenus sans cause connue, ordinairement chez des adolescents, et existant depuis un an ou deux. Ils consistaient dans la contraction, pendant quelques secondes, d'un ensemble de muscles, se reproduisant d'abord plusieurs fois dans la journée, et devenant de plus en plus rapprochés, au [joint de devenir presque incessants. C'est dans ces conditions qu'ils m'ont élé présentés. La volonté pouvait les faire cesser à l'instant ou les prévenir, par exemple, lorsqu'on grondait les jeunes sujets qui en étaient atteints, ou qu'on les menaçait d'une punition; c'est ce qui caractérise principalement ces espèces de tics des tics vrais. Pour cette raison, je propose de les appeler pseudo-tics.
Ceux pour lesquels j'ai élé consulté s'étaient d'abord établis par la négligence des parents; lorsque l'habitude en avait été contractée, les enfants s'y livraient avec une sorte de frénésie, comme pour rattraper le temps perdu, dès qu'ils ne se trouvaient plus en