‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 303 sur 505 · ART. I, § II. — COURANTS CONT. DANS LES AFF. CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

ART. I, § II. — COURANTS CONT. DANS LES AFF. CÉRÉBRALES

tentative de traitement par la faradisation. La guérison obtenue dans ce cas a heureusement trompé mon attente.

II. — Valeur thérapeutique des courants continus dans les paralysies consécutives A UNE HÉMORRHAGIE CÉRÉBRALE.

L'application des courants galvaniques continus au traitement des paralysies et des contractures de cause cérébrale a été préconisée, dans ces dernières années, par Remak. Si les promesses merveilleuses faites par cet expérimentateur étaient réalisables, Pélectro-thérapie lui serait certes redevable d'un grand progrès. Il a prétendu que les courants continus pouvaient guérir les paralysies et les contractures de cause cérébrale, celles que j'avais déclarées, moi, incurables par la faradisation localisée.

Que l'on veuille bien se rappeler les faits et les considérations éleclro-thérapeutiques exposés dans le présent article ; il en est ressorti, il est vrai, que, dans l'hémiplégie consécutive à l'hémorrhagie cérébrale, la faradisation localisée est utile dans les cas où la paralysie n'est plus entretenue par la lésion centrale, et alors qu'elle est seulement périphérique; que, dans ces cas, la faradisation localisée restitue aux muscles leur aptitude à obéir à l'intluence nerveuse de retour, aptitude qui était perdue ou, pour ainsi dire, engourdie, par le fait d'une longue suspension de l'excitation motrice cérébrale. Mais il est également prouvé par ces faits que toute paralysie uniquement symptomalique de la lésion centrale d'une sclérose spinale secondaire ne peut être modifiée par la faradisation pratiquée périphériquement ; que les spasmes qui accompagnent ces paralysies cérébrales, qui, lorsqu'ils sont continus (contractures), sont le signal d'un travail irritalif du centre cérébral, se propageant à certains faisceaux des cordons anléro-latéiaux et y produisant une prolifération nucléaire interstitielle, il est démontré, dis-je, que ces spasmes ne peuvent pas être guéris par cette méthode de traitement. J'ai môme enseigné, d'après une expérimentation longue et f.iite toujours publiquement dans nos hôpitaux, que, dans telles circonstances, la faradisation localisée n'était pas toujours sans dangers. A l'appui de celle assertion, j'ai rapporté les accidents graves, provoqués quelquefois immédiatement parla faradisation, lorsqu'elle a été appliquée dans ces conditions et surtout de manière à réagir vivement sur les centres nerveux, c'est-à-dire par aclion réflexe.

Ce sonl cependant ces paralysies symptomaliques d'une lésion cérébrale et môme ces contractures symptomaliques d'un travail hypérhémique du centre cérébral, consécutivement à la sclérose encéphalique et spinale, que Remak a eu la prétention de guérir par les courants continus ! J'ai déjà dit que la mélhode de galva-

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nisation qu'il préconise réagit inévitablement et très-fortement sur les centres nerveux par la douleur qu'elle produit dans les points où sont appliqués les rhéophores. Bien plus, selon sa théorie même, l'action thérapeutique qu'elle exerce sur cette paralysie et sur les contractures (symptomatiques de la lésion centrale) ne peut s'expliquer que par l'action réflexe du courant continu sur le centre nerveux : « Les contractions galvanotoniques (celles qui sont produites par les couranlsconlinus) sont (dit-il) produites par des excitations centrales qui ont leur point de départ dans les nerfs sensilifs (1). »

C'est donc une telle méthode de galvanisation que Remak a osé conseiller, dans une affection où le malade, après une première hémorrhigie cérébrale, est incessamment menacé d'une seconde! Et, loin de s'arrêter prudemment devant les signes évidents d'un état irritatif inflammatoire du foyer hémorrhagique, celui qui s'est dit l'auteur de cette méthode de galvanisation, la préconise particulièrement dans ces cas.

11 serait fastidieux d'examiner de nouveau si lecourant continu, dirigé dans les nerfs des membres paralysés consécutivement à l'hémorrhagie cérébrale peut guérir ces paralysies et ces contractures symptomatiques de la lésion cérébrale. Quoique j'aie démontré que loute excitation électrique, et surtout celle qui réagit sur les centres nerveux, est formellement contre-indiquée, Remak a voulu faire appel à l'expérimentation empirique. Ce n'est certes pas moi qui le suivrai dans cette voie périlleuse. L'expérience que j'ai acquise sur ce sujet a déjà coûté trop cher aux malades, pour que je consente à expérimenter de nouveau, dans de telles conditions, celte méthode incendiaire qui consiste à « faire passer par les troncs et les centres nerveux un courant continu très-fort et très-douloureux ».

Une fois cependant, et cela récemment, j'ai essayé le courant continu contre une paralysie de cause cérébrale et consécutive à un coup reçu sur le côté. J'ai relaté ce fait clinique (2), dans lequel on a vu que l'étal du malade, loin d'être amélioré, a au contraire empiré sous l'influence du courant continu.

Cette opinion que j'ai exprimée en 1861, dans la précédente édition, sur la valeur thérapeutique des courants continus par la méthode de Itemak, a été justifiée par de nouvelles expériences que j'ai faites depuis lors sur des malades de ma clinique civile.

Ayant fait connaître en outre les procédés que j'ai employés dans le but d'appliquer les courants continus constants, sans mélange

(1) Remak, Galvanothérapie ou de l'application du courant qalvanique constant au traitement des maladies nerveuses et miiscu /aire*. Paris, 1SC0, p. ôS.

(2) Duohenne (de Boulogne), É/ect. loc, Obs. LXXIII, p. 37 i.

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