‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 306 sur 505 · ART. II, § II. — DIAGNOSTIC DIFF. DES AFF. CÉRÉBELLEUSES · texte numérisé non relu

ART. II, § II. — DIAGNOSTIC DIFF. DES AFF. CÉRÉBELLEUSES

J'ai constaté ce même fait, mais à un degré moins prononcé, chez un autre sujet. 11 serait intéressant de rechercher s'il se produit souvent dans les affections cérébelleuses, et s'il n'en serait pas un phénomène symptomatique spécial.

A la suite des précédents, je pourrais relater encore plusieurs cas d'affections cérébelleuses. Ainsi, j'en ai observé un, en 1863, à l'hôpital Saint-Antoine (service de M. Mesnet). — Cette affection avait été produite par un coup violent porté sur la nuque; — un autre, en mai 1864, à l'hôpital Lariboisière (service de M. Hérard); — un troisième, à l'Hôtel-Dieu, dans le service clinique de M. Rostan, fait provisoirement par M. Parrot, et plusieurs autres dans ma pratique ou dans ma clinique civile. Mais, au point de vue de la titubalion vertigineuse qui les caractérise, ces faits ressemblaient tellement à ceux que j'ai relatés, qu'en les exposant, je fatiguerais mes lecteurs inutilement.

Pour me résumer, je dirai qu'il ressort de mes observations cliniques que les troubles de la locomotion, dans les affections cérébelleuses, semblables à ceux de l'ivresse alcoolique, sont occasionnés uniquement par des vertiges, en d'autres termes, qu'ils sont caractérisés par une titubation vertigineuse.

§ II. — Diagnostic différentiel .

Les faits cliniques, relatés ou résumés dans le paragraphe précédent, ont été observés et analysés uniquement dans le but d'établir exactement le diagnostic différentiel des affections cérébelleuses d'avec les maladies du système nerveux, mises en lumière par mes recherches pathologiques et qui sont exposées dans cette troisième édition. Dans les phénomènes morbides qui ressortent des faits cliniques que j'ai recueillis, on trouve des éléments de diagnostic qui distinguent ces affections cérébelleuses, des phénomènes sym-

passe les limites de l'accommodation. « Ainsi, en plaçant la bougie à 5 ou 6 mètres, « dit M. Giiaud-Teulon (Annales d'ocuiis tique, t. XL1X, p. 21), l'œil myope verra « la flamme se multiplier. »

« Une autre circonstance devait contribuer considérablement à la vision double : c'était l'infiltration localisée de la rétine, qui dépendait de l'affection cérébelleuse. Nous savons, en effet, que l'affection cérébelleuse se communique aux corps quadrijumeaux postérieurs, et de là, par les corps genouillés externes, aux parties externes de la rétine de l'œil correspondant. L'image d'un objet qui sera projetée sur la parne infiltrée de la rétine sera dès lors faiblement perçue, tandis que les fibres voisines, et, notamment celles qui viennent des corps quadrijumeaux internes et de l'hémisphère opposé, percevront l'image nettement et distinctement. Par l'effet de la contraction spasmodique du muscle accommodateur, l'œil est devenu myope et se trouve prédisposé au dédoublement des objets à une plus grande distance. L'affection de la rétine ci-dessus mentionnée rendait l'apparition des images doubles plus complète. »

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ptomatiques de lésions du cerveau, du bulbe, de la moelle, ou de lésions périphériques des nerfs.

Cependant l'un de ces éléments de diagnostic, la titubation vertigineuse qui occasionne les (roubles de la locomotion semblables à ceux que l'on observe dans l'ivresse ou dans certaines lésions du cerveau, pourrait, au premier abord, être facilement confondue avec l'incoordination des mouvements caractéristiques de l'ataxie locomotrice progressive. C'est le diagnostique différentiel de ces deux espèces de troubles de la locomotion qu'il importe d'agiter ici.

Les affections cérébelleuses sont, à coup sûr, celles que l'on peut confondre le plus facilement avec l'ataxie locomotrice. La ressemblance apparente des troubles fonctionnels qu'elles occasionnent dans la locomotion, avec ceux qui sont produits par cette dernière affection, sont la cause principale des nombreuses erreurs de diagnostic qui ont été commises. Moi-même, on le sait, avant que l'anatomie pathologique de l'ataxie locomotrice fût assez avancée, et après avoir exposé l'étude clinique de cette espèce morbide, j'ai attribué les désordres qu'elle produit dans l'équilibration et dans l'harmonie des muscles antagonistes, pendant l'exercice des mouvements, à une lésion cérébelleuse probable, quelle qu'en fût la nature.

Cette vue de l'esprit s'appuyait sur les expériences qui paraissaient confirmées parles faits pathologiques observés chez l'homme.

Mais le jour où il fut bien démontré par l'examen microscopique que le cerveletresie parfaitement indemne dans l'ataxie locomotrice, et que la lésion anatomique de cette maladie siège dans d'autres points des centres nerveux, j'ai pu entrevoir que très-probablement les troubles fonctionnels de la locomotion, propres aux lésions cérébelleuses, pouvaient être distingués de ceux qui sont produits par l'ataxie locomotrice, et j'ai prévu que, par une analyse plus sévère, je devais en trouver les signes diagnostiques différentiels. Eh bien ! ces signes existent. Après les avoir observés depuis assez longtemps, et sur un assez grand nombre de sujets; après avoir constaté que les lésions cérébelleuses produisent une titubation, et non une incoordination motrice, comme on l'enseignait en physiologie, j'ai été convaincu qu'à l'avenir il ne serait plus possible de confondre les troubles fonctionnels de la locomotion occasionnés par des lésions cérébelleuses avec ceux qui caractérisent l'ataxie locomotrice. D'autres troubles fonctionnels viennent encore en aide au diagnostic différentiel de ces deux affections.

I. — DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL, TROUBLES FONCTIONNELS DE L'ÉQUILIBRE STATIQUE ET DE LA MARCHE DANS LE.» AFFECTIONS CÉRÉBELLEUSES ET DANS L'ATAME LOCOMOTRICE.

Dans mes premières recherches, je confondais, ainsi que j'en ai fait l'aveu, les symptômes de l'incoordination motrice qui carac-

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térisent Palaxie locomotrice progressive, avec les troubles observés dans la station et la marche chez les sujets atteints de troubles locomoteurs occasionnés par des affections cérébelleuses. Je n'aurais certainement pas commis une telle erreur si, ne m'en tenant pas iiux apparences, j'avais analysé plus minutieusement les désordres fonctionnels qu'ils présentent, lorsqu'ils sont debout et pendant les temps de la marche. Je puis aujourd'hui décrire exactement les troubles de la locomotion qui caractérisent ces états différents.

A. — Voyons-les d'abord dans la station debout. Dès que le malade cérébelleux commence à. tituber, son. corps, pendant la station debout, oscille en tous sens, soit latéralement, soit d'avant en arrière, et vice versa. L'étendue de ces oscillations est en raison directe du degré de la lésion. Il semble se balancer et s'y abandonner mollement et tranquillement.

Chez les sujets atteints d'ataxie locomotrice, les oscillations du corps, pendant la station debout, ont un caractère bien différent ; elles sont brusques, plus courtes et plus rapides. J'ai déjà comparé l'ataxique debout à un danseur qui, sans balancier, veut se tenir sur une corde roide:rien n'est plus juste que cette comparaison. Les contractions musculaires qui, dans la station verticale, produisent alors ces oscillations brusques du tronc, ressemblent à des spasmes. Pour constater ce fait, il faut que les membres inférieurs soient nus et à découvert ; alors on voit, quand le corps est agité plus ou moins vivement par ces oscillations, certains muscles de ces membres se contracter fortement et brusquement, et pendant un espace de temps très-court. Ce sont ces contractions qui impriment au tronc ces petits mouvements oscillatoires, brusques.

Ces contractions cependant ne sont pas seulement spasmodiques ; elles sontaussi fonctionnelles, car elles ont toujours lieu pour maintenir le corps dans la ligne de gravité. J'ai constaté, en effet, que, lorsque le sujet oscille dans un sens, ce sont toujours les muscles qui le ramènent dans un sens opposé, qui entrent vivement en action.

Ces contractions sont autant instinctives que volontaires. Il arrive en effet quelquefois, surtout au début de l'incoordination musculaire, que le malade oscille très-légèrement, sans qu'il en ait conscience ; et l'on peut constater déjà des contractions petites et courtes parmi les muscles qui meuvent les pieds et ies orteils. J'ai vu faire dernièrement une observation fine par la femme d'un malade atteint d'ataxie locomotrice, auprès duquel j'étais appelé en consultation par mon ami le docteur Contour. Pendant quelques mois, disait-elle, avant que son mari s'aperçût qu'il conservait difficilement son équilibre, elle avait remarqué que, lorsqu'il se tenait debout, et sans être chaussé, ses pieds, au lieu de rester tranquille-

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