S8 CHAI'. XII. — AFFECTIONS CÉRÉBRALES ET CÉRÉBELLEUSES
rnent posés à plat sur le tapis, étaient agités de petits mouvements continuels, et que ses orteils étaient incessamment et alternativement abaissés et relevés. Alors aussi elle voyait son corps osciller faiblement.
Mais à ces contractions instinctives viennent bientôt se mêler des contractions volontaires. Dès que le malade a conscience de la perte de son équilibre, on le voit s'en préoccuper sans cesse, dès qu'il se tient debout, et faire, pour le conserver, des efforts qui Pcpuisent bientôt. Aussi ne peut-il se tenir longtemps debout sans éprouver de la fatigue.
B. — A la marche seulement, on peut distinguer un malade cérébelleux de celui qui est atteint d'alaxie locomotrice arrivée à la période d'asynergie musculaire. Le premier, comme je l'ai déjà dit, marche en décrivant des courbes alternativement à droite ou à gauche, ou en zigzags, et ne peut aller droit devant lui. Il se penche doucement du côté où il dévie; il semble alors qu'il soit entraîné latéralement par le poids de son corps. Il arrive quelquefois môme que celte inclinaison du corps est telle qu'il se laisse tomber de ce côté. Bien qu'il marche ainsi en titubant, il accomplit normalement les différents temps de la marche, et le membre qui oscille alors d'arrière en avant ne va point au delà du pas et ne retombe pas en frappant du talon le sol avec bruit; au contraire, il marche souvent en traînant ses jambes.
Analysons maintenant comparativement la progression, chez l'ataxique arrivé à la période d'asynergie musculaire. Il marche habituellement droit devant lui, en vacillant, mais sans décrire des courbes ni des zigzags, comme l'homme ivre. Les oscillations dont il est agité conservent le môme caractère que lorsqu'il se tient dans la station debout, bien que la progression les augmente; elles sont d'autant plus étendues que l'incoordination des mouvements règne à un plus haut degré. Le malade est très-inquiet pendant la marche; il craint tellement de perdre son équilibre, que son regard abaissé vers le sol ou fixé sur ses jambes n'ose l'en détourner dans la crainte de tomber. — C'est ce que je n'ai point observé dans la titubation cérébelleuse. — Enfin il arrive un moment où, ayant perdu à des degrés divers l'harmonie de ses muscles antagonistes, l'ataxique ne peut plus modérer les mouvements des différents temps de la marche. C'est ainsi que, dans le second temps de la marche, le membre oscillant avec trop de force d'arrière en avant dépasse la limite ordinaire du pas, et retombe en frappant le sol du talon. En outre, pendant celte môme oscillation des membres inférieurs, la flexion du pied sur la jambe est exagérée. — La marche de l'homme atteint d'une lésion cérébelleuse n'offre rien de semblable.