‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 32 sur 505 · CJ1AP. II. — ÉLECTRISATION LOCALISÉE · texte numérisé non relu

CJ1AP. II. — ÉLECTRISATION LOCALISÉE

nerf ayant lieu à la réunion du tiers supérieur du muscle avec ses deux tiers inférieurs, et de son tiers postérieur avec ses deux tiers antérieurs, les rhéophoresne doivent rencontrer que sur les bords les dernières ramifications de ce nerf. — Le principe de Remak est, au contraire, applicable au trapèze. Le procédé qu'il a employé dans le but de faire contracter ce muscle en masse est à peu près celui qu'il m'*a vu mettre en pratique, en 1852, (sans le comprendre alors, on le sait). Je dis à peu près, car Remak rapporte que, dans ce cas, il place un rhéophore seulement, sur le rameau du nerf accessoire deWillis, tandis que l'autre est laissé sur un point du muscle. Or, on ne peut produire la contraction de toutes les parties constituantes du trapèze, qu'en plaçant les rbéophores sur les points du bord cervical de ce muscle où pénètrent les deux nerfs trapéziens : l'un sur la branche trapézienne du spinal (5 centimètres au-dessus de la clavicule), et l'autre au-dessous de la branche trapézienne du plexus cervical (3 centimètres au-dessus de la clavicule). Alors, on voit du côté excité la tête s'incliner, l'épaule s'élever, et l'omoplate s'approcher de la ligne médiane; alors aussi les trois portions de ce muscle se gonflent et font un relief considérable sous la peau.

En 1855 (1), j'avais écrit : « Un travail (dans lequel seraient indice qtiés les points anatomiques où les rhéophores doivent être pla- « ces, lorsqu'on a à étudier l'action propre des muscles ou de (( leurs faisceaux) serait certes très-utile ; aussi, dans le désir de « l'abréger autant que possible, et d'en faciliter l'étude, me ré- « servé-je d'exposer, un jour, l'ensemble de ces données dans un « tableau synoptique avec figures. Ce projet ne peut être mis à « exécution que lorsque j'aurai entièrement terminé mes recher- « ches sur l'électro-physiologie musculaire (2). »

S'emparant de mon idée et voulant sans doute la mettre plus tôt à exécution, M. Ziemssen (3;, a indiqué sur des figures anatomiques les points où les rhéophores doivent être appliqués pour produire la contraction isolée des muscles, en déclarant, dans la préface de son livre, qu'il veut rendre facile pour tout médecin la pratique de ma méthode d'éleclrisation musculaire.

On ne saurait trop l'en louer ; malheureusement cet auteur paraît avoir subi l'influence des idées erronées de Remak, car il annonce que cette méthode consiste uniquement à placer toujours

(1) Duchenne, De Vélectrimtion localisée. Paris, 18S5, in-8, p. 58.

(2) On sait que, depuis 18.S5, je n'ai pas cessé d'appliquer toute mon activité à la publication de nouvelles recherches électro -physiologiques. Pourquoi donc nie reproche-t-on si amèrement de n'avoir pas encore fait ce tableau synoptique ? Je ne puis cependant doubler mon existence.

(3) Ziemssen, Die ElectriciUit in der Medizin. 2e édition. Berlin, 18G4.

les rhéophores sur les points d'immersion des nerfs musculaires. Aussi s'est-il contenté d'indiquer sur ses figures les points d'immersion de ces nerfs. — Rien n'était certes plus simple et plus facile que ce travail, et il lui a suffi, pour cela, de se servir de certaines planches anatomiques, ainsi que je l'avais conseillé (1). (Les points d'immersion des nerfs sont indiqués avec la plus grande exactitude par M. Ludovic Hirschfeld. Comme elles représentent la moitié de la grandeur d'un adulte, on peut, à l'aide d'un compas, connaître exactement ces points (2).)

Puisque M. Ziemssen avait pris coqnaissance de ma réponse à Remak, il aurait dû comprendre, ce me semble, après les explications détaillées dans lesquelles je suis entré et que je viens de reproduire ci-dessus :

1° Que ma manière de pratiquer l'électrisation musculaire directe n'est pas celle qu'il a décrite comme mienne ; que si, en effet, je plaçais quelquefois mes rhéophores au niveau des points d'immersion et d'émergence des nerfs musculaires dans le but de provoquer la contraction en masse de chaque muscle, quelquefois aussi je m'éloignais de ces points d'immersion, afin d'obtenir l'action isolée de leurs faisceaux qui souvent constituent autant de muscles indépendants ; , 2° Qu'il ne suffisait pas, en conséquence, de marquer, ainsi qu'il l'a fait, les points d'immersion des nerfs musculaires, mais qu'il fallait encore, comme j'en ai donné un exemple, page 77, indiquer exactement les points où les rhéophores doivent être placés, lorsqu'on désire mettre seulement en action une des portions ou bien l'un des faisceaux des muscles larges ou fascicules (ces points ne sont pas toujours faciles à trouver : j'ai dû quelquefois les chercher empiriquement, comme l'aurait dit Remak) ;

3° Que des figures sur lesquelles les points d'émergence et d'immersion des nerfs musculaires sont marqués par un signe, sont certainement utiles, mais qu'elles ne suffisent pas, au point de vue ' pratique; qu'il faut, en effet, et j'ai cité, comme exemple, la faradisalion de l'extenseur commun des doigts ou de ses faisceaux, — choisir un point de repère fixe et faire connaître les distances qui existent, en moyenne, entre ce point de repère et les points d'élection.

ARTICLE III

ÉLECTK1SATION CUTANÉE.

L'électrisation cutanée peut se pratiquer au moyen de l'éleclrici'é statique ou de l'électricité dynamique.

(I) Duclienne, Réponse à Remak.

veu^Xil^t^éVr0l°9ie,0U DeSCr4pH°n " icono^hie du système ner-

8 fi CDAP. II. — ELECTRISATION LOCALISEE.

§ I". — Klectrisation de la peau par électricité statique.

On sait que, si l'on se propose de localiser l'action de l'électricité statique dans la peau, on doit agir à faible tension. En effet, l'excitation cutanée, par cette espèce d'électricité, ne franchit certains degrés de tension qu'à la condition de pénétrer plus ou moins profondément dans les organes et de produire des effets de commotion. C'est pourquoi l'action thérapeutique de l'électrisalion statique cutanée, qui doit être faible pour rester limitée à la peau, est presque toujours insuffisante et rarement indiquée, comme je crois l'avoir établi précédemment (voy. chap. Ier).

§ II. — Klectrisation de la peau par électricité dynamique ou galvanisation cutanée.

J'ai déjà dit que l'excitation cutanée par l'électricité dynamique se pratique à l'aide de rhéophores secs appliqués sur la peau sèche elle-même, et qu'elle se manifeste par une sensation plus ou moins vive, selon le degré de force du courant, depuis le chatouillement jusqu'à la douleur la plus vive. Mais on sait aussi que le galvanisme ne peut agir sur la peau, sans y occasionner une altération plus ou moins considérable (la vésication ou la cautérisation), tandis que le faradisme n'y produit pas temporairement d'autres phénomènes organiques que l'érection de petites papilles, ou de l'érylhème. 11 s'ensuit que la galvanisation cutanée doit être appliquée seulement dans certains cas, et que la faradisation cutanée, qui au contraire respecte les tissus, est un des agents thérapeutiques les plus précieux et les plus fréquemment indiqués.

§ III. — Klectrisation de la peau par le courant d'induction ou faradisation cutanée.

Ces motifs me déterminent à traiter spécialement de la faradisation cutanée, dont les procédés sont parfaitement applicables d'ailleurs à la galvanisation cutanée,

Page 1