‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 329 sur 505 · CHAI'. XV. — BARIL. ET CONTUACT. DE LA TÈTE ET DU TRONC · texte numérisé non relu

CHAI'. XV. — BARIL. ET CONTUACT. DE LA TÈTE ET DU TRONC

rieure, n'ont lien que d'un côté, ce qui est disgracieux ou gênant. On n'ubticnt la guérison dans ces cas qu'en localisant l'excitation électrique dans chacun de ces muscles. J'ai observé, par exemple, un individu, qui, ayant été affecté d'une paralysie rhumatismale de la face, n'avait pas recouvré tous ses mouvements par la faradisation de la septième paire. Il en résultait une grande irrégularité dans les mouvements et dans l'expression de sa face. Il me fallut alors localiser l'excitation dans les muscles qui s'étaient montrés rebelles à cette faradisation indirecte; mais ce qui gênait le plus ce malade, c'était un larmoiement continuel. L'orbiculaire palpébral avait cependant recouvré assez de motilité pour rapprocher ses paupières, et il n'y avait pas de tumeur lacrymale qui expliquai ce larmoiement. Mais le muscle de Horner était resté paralysé : ce queje reconnus auxsignesquej'aiexposés précédemment(page 853). La faradisation localisée de ce muscle en rétablit bientôt les fonctions, et je vis le grand angle de l'œil reprendre progressivement sa forme normale, les points lacrymaux recouvrer leurs mouvements et Tépiphora disparaître.

Il peut arriver aussi que certains muscles venant à se contracturer, pendant le cours du traitement, il faille alors modifier ou éviter leur excitation. Dans ces cas, la faradisation indirecte (par le nerf) est plus nuisible qu'utile, car elle ne permet pas de localiser l'excitation électrique. Enfin j'ai établi d'une manière générale que les paralysies sont plus heureusement influencées par l'excitation directe des muscles que par l'intermédiaire de l'excitation du nerf qui les anime.

Les considérations qui précèdent démontrent donc l'importance de la faradisation musculaire directe dans le traitement de l'hémiplégie faciale.

b. Rappeler la tonicité musculaire et la contractilité volontaire, tel est le but que l'on se propose dans le traitement de l'hémiplégie rhumatismale de la face. Or, — je l'ai déjà démontré, — les intermittences rapides répondent à cette double indication.

Le retour de la tonicité musculaire, ai-je dit, précède ordinairement l'apparition des mouvements volontaires, de sorte que l'on est forcé de prolonger le traitement électrique quelquefois longtemps encore après que les traits ont repris leur expression naturelle. Il serait imprudent alors de continuera pratiquer la faradisation localisée avec un courant à intermittences rapides, car on doit se tenir en garde contre la terminaison ordinaire de la paralysie de la septième paire par la contracture que l'on peut provoquer en abusant de ces intermittences rapides qui ont la propriété de contracturer artificiellement la fibre musculaire, môme à l'état normal. Il faut donc éloigner les intermittences (d'une à quatre par seconde),

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qui de celte façon agissent sur la contractilité volontaire, sans surexciter la contractilité tonique, ainsi que cela ressort de mes recherches, et comme j'aurai bientôt une nouvelle occasion de le démontrer. La contractilité tonique revient dans les muscles paralysés d'une manière inégale, de sorte qu'il est des muscles sur lesquels on doit continuer à diriger un courant rapide, tandis que d'autres ne doivent plus être excités que par des intermittences éloignées.

Il faut apporter une grande attention dans ce genre d'opération, car on pourrait donner plus ou moins de force tonique aux muscles et fausser la physionomie, si l'on n'y prenait garde. Les muscles qui sont le plus souvent mis en jeu pour l'expression des pensées et des passions les plus habituelles conservent, pendant le repos musculaire, une prédominance de force tonique, et impriment à la physionomie son cachet distinctif. Eh bien! cette physionomie, qui est l'œuvre de cette sorte de gymnastique de l'âme, est souvent détrui te à tout jamais par les contractures consécutives à la paralysie de la septième paire. L'opérateur peut, avec de l'habileté, rétablir l'harmonie entre les deux côtés du visage, en prenant le côté sain pour modèle ; mais je ne saurais dire tout ce qu'il faut de temps pour obtenir une régularité parfaite. Il est peu de malades qui aient la patience de suivre le traitement jusqu'à complète guérison.

G. — Lorsque l'on voit se manifester dans un muscle paralysé les symptômes précurseurs de la contracture, on doit cesser à l'instant de l'exciter avec des intermittences rapides, ou tout au moins ralentir ces intermittences autant que possible, quand bien môme les traits seraient encore affaissés.

Mais la contracture une fois déclarée, convient-il d'abandonner le traitement? J'ai étudié cette question avec le plus grand soin, et je suis arrivé à conclure de mes recherches, qu'en agissant de la sorte on laisse aux malades deux infirmités au lieu d'une. Le sujet de l'observation CLX, 2e édit., en est un exemple frappant : on a vu, en effet, que pendant le repos musculaire, son grand zygomatique droit est contracture, et que, s'il vient à rire, le grand zygomatique gauche se contracte seul, et entraîne de son côté son homologue qui se laisse distendre. Si ce malade avait été traité par la faradisation, il eût très-probablement recouvré ses mouvements volontaires du côté paralysé, comme tous ceux qui se trouvaient dans le même cas, et il aurait aujourd'hui des mouvements expressifs égaux de chaque côté, ou à peu près égaux Je suis convaincu par l'expérience qu'en agissant prudemment, c'est-à-dire en éloignant les intermittences, en ne rapprochant pas trop et en ne prolongeant pas démesurément les séances, on n'aggrave pas la contracture, et qu'on réussit à rappeler les mouvements volontaires; mais alors on arrive plus lente-

ment au but. A l'appui de ce que j'avance, j'ai rapporté comme exemples trois faits dans la précédente édition (1).

Les faits que j'ai observés démontrent que, dans l'hémiplégie rhumatismale delà face, on peut soumettre à la faradisalion localisée les muscles menacés de contracture et même déjà contractures, sans aggraver la contracture, pourvu que les intermittences du courant soient suffisamment éloignées.

M'autorisant de mes recherches, je crois pouvoir affirmer que si, dans les cas que j'ai rapportés, j'avais dirigé un courant à intermittences rapides sur les muscles qui n'étaient que faiblement contractures, j'aurais aggravé les accidents de contracture, comme cela m'est arrivé chez un sujet dont j'ai faradisé longtemps les muscles contractures avec un courant à intermittences rapides. A l'époque où je traitais ce malade, j'ignorais cette action spéciale des intermittences rapides des courants d'induction ; je n'avais pas encore découvert qu'il est possible d'augmenter la puissance tonique d'un muscle à l'état normal, jusqu'à le mettre dans une sorte de contracture; j'en ai cité un exemple (2). Une contracture générale et grave d'un côté de la face, qui a été la terminaison de l'hémiplégie rhumatismale dans un cas dont j'ai publié l'observation (3), me paraît avoir été augmentée, sinon provoquée par les longues et fréquentes séances de galvano-puncture et d'électrisation à intermittences rapides, auxquelles elle a été imprudemment soumise. Ce n'est pas un blâme que je veux déverser sur les confrères qui lui ont donné des soins, puisque les mômes malheurs me sont arrivés, et que ce sont ces malheurs qui m'ont mis sur la voie des faits que je publie aujourd'hui.

Lorsque, pendant le cours de la maladie, la contracture s'est manifestée dans un muscle paralysé, je n'ai pas négligé de la combattre par l'élongation du muscle contracture, tout en continuant à faradiser ce dernier de la manière que je viens d'indiquer. Pour pratiquer cette élongation, tantôt les malades exercent eux-mêmes des tractions sur les lèvres, les joues, les paupières, dans le sens des fibres musculaires; tantôt je leur fais placer, entre la joue et les mâchoires, une bille aussi grosse que possible, de manière à distendre fortement la joue, et conséquemment les muscles contractures. 11 faut que cette élongation soit pratiquée d'une manière continue et plusieurs heures par jour.

La contracture d'un des muscles de la face n'occasionne souvent une difformité, que par le contraste choquant qui ex^te alors entre les deux côtés du visage. Dans un cas de paralysie de la sep-

(1) Duchenne (de Boulogne), Élect. loc. , 1861, ob?. clxiv, clxy et clxvi.

(2) Ibid., obs. CI.W1I.

(3) Ibid., obs. clxvu.

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