‹ De l'électrisation localisée et de son application à la pathologie et à la thérapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 351 sur 505 · ART. III, § III. — RESPIR. ARTIFICIELLE PAR LA FARAD1SATI0N · texte numérisé non relu

ART. III, § III. — RESPIR. ARTIFICIELLE PAR LA FARAD1SATI0N

offre quelques difficultés, parce que le scalène est recouvert par le sterno-mastoïdien et par le peaucier. Voici cependant comment on parvient à localiser, chez l'homme, l'excitation électrique dans le nerf phrénique.

On s'assure d'abord de la position du scalène antérieur, en déprimant la peau de dehors en dedans, avec deux doigts placés au niveau du bord externe du faisceau claviculaire du sterno-mastoïdien. Alors on écarte les doigts qui, par une pression continue, maintiennent la peau déprimée au-devant du scalène, puis on place un des rhéophores dans leur intervalle et de manière à croiser la direction du nerf phrénique.

Pendant qu'un aide tient le rhéophore ainsi posé, le second rhéophore est placé de la môme manière sur le scalène antérieur du côté opposé. Alors l'opérateur, saisissant parles manches isolés les deux rhéophores, qu'il maintient solidement appliqués sur les scalènes, met l'appareil en action. A l'instant où Ton fait passer le courant dont les intermittences sont très -rapides, les côtes inférieures s'écartent et les parois abdominales se soulèvent pendant que l'air entre avec bruit dans les poumons. Après une ou deux secondes, on interrompt le courant, et aussitôt la poitrine et l'abdomen s'affaissent, comme dans l'expiration. Pour que celte expiration soit plus complète, un aide est chargé de déprimer la poitrine et l'abdomen, pendant ce temps de l'opération. Après une ou deux secondes d'interruption, on fait de nouveau passer le courant pendant le même espace de temps, de manière à produire une succession d'inspirations et d'expirations, qui imitent exactement la respiration naturelle.

La fàradisation des nerfs phréniques, telle que je viens de la décrire, ne réussit pas toujours du premier coup ; car si le peaucier est trèsdéveloppé, ce muscle se contracte au moment de l'excitation et repousse les rhéophores; d'un autre côté, ces nerfs présentent quelquefois des anomalies, et passent plus en dedans des scalènes ; mais ces difficultés ne sont pas insurmontables, car, en appliquant les rhéophores un peu plus haut ou un peu plus bas, on réussit toujours à les rencontrer.

On doit éviter, autant que possible, d'exciter le plexus brachial en même temps que le nerf phrénique.

. Je n'ai recours au mode opératoire que je viens de décrire que lorsque jeveux provoquer la contraction isolée du diaphragme, pour démontrer le mode d'action de ce muscle sur les côtes diaphragmatiques.

Mais voici un moyen plus simple et plus sûr de produire la respiration artificielle. Au lieu de rhéophores coniques on se sert de rhéophores à large surface, d'épongés enfoncées dans des cylindres métalliques par exemple, que l'on pose sur les côtés du cou, dans le point indiqué cidessus, et l'on fait passer le courant d'induction comme je viens de le dire. Par ce procédé, on excite à la fois, avec le nerf phrénique, les plexus cervical et brachial et la branche externe du spinal. Il en résulte un plus grand mouvement de la poitrine avec l'élévation des épaules, qui ne fait que favoriser la respiration artificielle que l'on veut provoquer.

La respiration artificielle produite parla contraction électrique du dia-

phragme fait arriver une masse considérable d'air en agrandissant le diamètre vertical de la capacité thoracique et la moitié inférieure de son diamètre transversal. Puisque l'excitation électrique des nerfs phréniques, qui provoque la contraction du diaphragme, peut faire respirer bruyamment, même le cadavre, quelque temps encore après la mort, que ne doit-on pas attendre d'elle, dans l'asphyxie, alors même que tout paraît désespéré ! Prolonger ainsi la vie, dans l'asphyxie, c'est presque sauver le malade. S'il ne respirait pas, en effet, comment pourrait-on appliquer la médication spéciale, appropriée aux effets généraux de l'intoxication ?

Pour compléter cette étude, j'aurais désiré reproduire ici une note que j'ai publiée, en 1853 (I), sur l'influence de l'excitation électro-cutanée ou de la respiration artificielle par la faradisation des nerfs phréniques, dans l'intoxication par le chloroforme. Je regrette de ne pouvoir, faute de place, en extraire que les deux principales conclusions cidessous applicables à l'homme dans le traitement de l'asphyxie :

« L'électricité, employée comme excitant général du système nerveuv, peut sauver l'animal, si la respiration est seulement suspendue ; elle n'est impuissante que lorsque le cœur a cessé de battre.

« La respiration artificielle, produite par la faradisation des nerfs phréniques, qui imite parfaitement la respiration naturelle, fait pénétrer l'air dans les parties les plus intimes du poumon, en vertu du vide virtuel qu' elle y produit, et cela avec d'autant plus de force, et en quantité d'autant plus grande, qu'on excite plus énergiquement la contraction du diaphragme. — Cette respiration artificielle peut, comme l'insufflation, rappeler les animaux à la vie, alors môme que le cœur a cessé de battre. — Elle est simple et facile à pratiquer. — 11 n'existe aucune raison pour lui préférer l'insufflation, dans le traitement de l'intoxication chloroformique (2). »

(1) Duchenne (de Boulogne). Union médicale, 29 et 31 mars.

(2) Une commission, au nom de la Société médicale d'émulation, à laquelle je suis étranger, m'avait fait l'honneur de m'inviter à m'adjoindre à elle dans le butd'étudiei' sur des animaux l'influence thérapeutique de la faradisation cutanée et de l'électiisation générale, dans l'intoxication chloroformique. Lorsqu'il fut bien démontré que l'excitation électrique générale ou de la peau était impuissante dans les cas où le cœur avait cessé de battre, mon concours cessait d'être utile à la commission dont j'avais rempli les intentions. Cependant, ayant écrit, dans mon mémoire sur /es fonctions du diaphragme {Union médicale 1853), que la respiration artificielle produite par la faradisation des nerfs phréniques pouvait être appliquée avec succès à l'empoisonnement parle chloroforme, » je désirais saisir cette occasion qui m'était offerte d'étudier la valeur démon assertion qui, jusqu'alors, n'était qu'une vue de l'esprit. Comme il fallait, avant tout, examiner s'il était vrai, ainsi que l'avait avancé M. Alph. Robert, membre de l'Académie de médecine; que « les nerfs ont perdu leur excitabilité électrique, dans l'intoxication chloroformique, je priai la commission de me permettre de faire quelques expériences pour vérifier l'exactitude de cette assertion. Il ressortit bientôt de nos expériences que l'excitabilité électrique des nerfs ne diminuait pas d'une manière appréciable sous l'influence du chloroforme, et alors seulement je proposai de pratiquer immédiatement la respiration artificielle par la faradisation des nerfs phréniques, chez les animaux chloroformisés,etdont le cœur avait cessé de battre. On comprend quelle dût être ma joie, quand je vis réussir une opération dont j'avais entrevu le succès et qui venait confirmer les beaux résultats obtenus par la commission ; à savoir, que la respiration artificielle par insufflation

ART. III. — PARALYSIE ET CONTRACTURE DU DIAPHRAGME. 917 § IV. — Contracture du diaphragme.

La contraction spasmodique et clonique du diaphragme produit le hoquet ou une sorte d'aboiement ou de simples secousses sans bruit. Ces symptômes ne sont que des épiphénomènes de différentes affections et ne présentent en eux-mêmes aucune gravité.

Mais si le spasme du diaphragme est continu, la contraction de ce muscle ne durât-elle qu'une ou deux minutes, ce spasme devient évidemment une contracture, et alors on voit survenir des accidents qui n'ont pas encore été décrits, et qu'il importe de faire connaître, d'autant plus qu'ils peuvent se terminer rapidement par la mort.

Je vais essayer d'exposer, aussi fidèlement que possible, la série des phénomènes morbides dont j'ai été témoin, pendant la contracture du diaphragme.

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